Tamara de Lempicka

Tamara de Lempicka bd féministe

Bande dessinée écrite par Virginie Greiner et dessinée par Daphné Collignon, 2017, France

Dans les années 20, Tamara de Lempicka est l’artiste du moment. En pleine gloire, elle est aussi une figure majeure des soirées parisiennes des années folles.

Cette bande dessinée dresse un portrait de la célèbre peintresse sur une bonne décennie. On y découvre ses inspirations, notamment amoureuses (pour les hommes, comme pour les femmes), son rythme de vie effréné et son indépendance d’esprit. L’ouvrage a la bonne idée de se terminer par un texte complémentaire pour en apprendre plus sur elle et son œuvre.

Anaïs Nin, sur la mer des mensonges

Anaïs Nin sur la mer des mensonges bd féministe

Bande dessinée écrite et dessinée par Léonie Bischoff, 2020, France

Au début des années 30, Anaïs Nin vit en banlieue parisienne avec son mari, anciennement poète, désormais banquier. Dans cette vie déprimante, Anaïs veut plus. Plus de passion, plus d’amour, plus de jouissance, plus d’écriture et de littérature.

Anaïs Nin, sur la mer des mensonges est une bande dessinée biographique d’une autrice méconnue du grand public. Au cours de sa vie, Anaïs Nin a écrit des dizaines d’œuvres (notamment érotiques) et de carnets intimes, dans lesquels elle transcrit ses désirs et s’invente une double vie. La BD s’attarde surtout sur l’éveil de sa période de créativité et le début de sa vie sexuelle. De fait, de nombreuses scènes de relations sexuelles échelonnent le récit, dont certaines, dérangeantes ou directement liées à des traumatismes antérieurs (relation incestuelle notamment), ne sont pas vraiment expliquées ou déconstruites (vous êtes prévenu.e.s). Point fort de cette BD néanmoins : son trait et son ambiance colorée, magnifique (tout l’album est dessiné au crayon à la mine multicolore).

La bande dessinée a remporté le Fauve prix du public au festival d’Angoulême 2021.

Âpre coeur

Apre coeur

Roman écrit par Jenny Zhang, 2019, Etats-Unis, Chine

Elles s’appellent Christina, Frangie, Annie… elles ont à peine 10 ans et vivent avec leurs parents, immigrés chinois, dans des appartements minuscules et des situations déplorables du New-York des années 1990. Voilà quelques bribes de leurs enfances.

Âpre cœur est un roman qui vous laissera probablement une forte impression (peut-être positive, peut-être négative). Les récits, multiples, s’attardent sur les joies et les bonheurs, mais aussi des situations absolument malaisantes et inquiétantes de plusieurs petites filles et leurs familles. On n’a pas tout de suite compris que chaque chapitre change de narratrice (donc on vous le dit hein) mais le rythme et le style de l’écriture (et de la traduction) sauront probablement vous embarquer à travers la foule d’anecdotes que comporte le roman.

Tata a de la barbe sous les bras

Album jeunesse écrit par Anne-Gaëlle Morizur et illustré par Florence Dollé, 2020, France

Voici une tata qui fait de délicieux gâteaux, qui conduit un tracteur, qui joue au foot avec talent… et qui a des poils sous les bras !

Les deux autrices ont imaginé un album plein de joie, aux illustrations rondes et vives, résolument féministe. Une approche tout en subtilité et en positivité : les poils, tout le monde en a… sauf les enfants finalement (mais pas de panique, ça viendra) !

Le sujet de la pilosité est aussi abordé dans l’album jeunesse Princesse moustache et dans l’essai Parlons poil ! Le corps des femmes sous contrôle.

L’âge d’or

bd médiéval fantastique utopie révolution

Roman graphique écrit par Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, illustrée par Cyril Pedrosa, 2018-2020, Belgique

A la mort du roi, sa fille Tilda s’apprête à monter sur le trône. Mais c’est sans compter sur un complot mené par son frère… Commence alors un exil, qui mène Tilda et ses proches Tankred et Bertil à la recherche d’un utopique âge d’or.

Voici un conte médiéval fantastique qui se dévore, en 2 tomes (400 pages !) aux couleurs magnifiques. Aux côtés d’une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, vivez une aventure qui parle de pouvoir, de liberté, de légitimité, de révolution…

Princesse princesse

bd princesse lesbienne jeunesse

Bande dessinée jeunesse écrite et illustrée par Kay O’Neill, 2020, Nouvelle-Zélande

La princesse Sadie est prisonnière dans une tour et attend d’être libérée par un prince… mais ils échouent tous ! C’est alors que la princesse Amira arrive…

Une BD certes assez peu subtile à notre avis, mais qui a le grand mérite de transposer un conte traditionnel en conte lesbien ! On aime aussi les dessins punchy de K. O’Neill, qui a également écrit un album jeunesse qu’on adore : Le cercle du dragon-thé.

Ne m’oublie pas

bd amour deuil maladie vieillesse

Roman graphique écrit et illustré par Alix Garin, Belgique, 2021

La grand-mère de Clémence, qui souffre de la maladie d’Alzheimer, a encore fugué de sa maison de retraite… Face à cette situation, la décision est prise : des médicaments lui seront administrés pour la « calmer ». Clémence décide alors d’enlever sa grand-mère et de l’amener jusqu’à sa maison d’enfance…

Quel coup de cœur ! Ce roman graphique, qui prend la forme d’un road trip intergénérationnel, est plein d’émotions et de délicatesse. Il aborde des thèmes importants : la vieillesse, la maladie, l’oubli, le temps qui passe… et puis l’amour. Le tout porté par les couleurs et lignes toutes douces des dessins d’Alix Garin. Une autrice à suivre !

Blanc autour

Blanc autour BD féministe antiraciste

Bande dessinée écrite par Wilfrid Lupano et illustrée par Stéphane Fert, 2021, France

En 1832, dans une petite ville du Connecticut, une institutrice décide d’accueillir une petite fille noire dans sa classe. Aussitôt, la population blanche locale est scandalisée, imaginant les pires insurrections si les enfants noir.e.s accèdent à l’éducation… La décision est prise : les filles seront retirées de l’école si l’institutrice persiste ! Sauf que celle-ci les prend au mot… et décide de n’accueillir que des filles noires.

Cette BD raconte l’histoire inspirante de Prudence Crandall, l’institutrice, et de ses élèves : Sarah et Mary Harris, Mary Miles, Julia Williams, Eliza Glasko, Theodosia DeGrasse, Gloriana Catherine Marshall et Ann Eliza Hammond. On a d’ailleurs beaucoup aimé que la BD se termine par une postface contenant leurs biographies, par la conservatrice du musée Prudence Crandall à Canterbury. Une histoire méconnue de sororité et de solidarité, contre le racisme de la société américaine du XIXème siècle.

La dictature des petites couettes

Album jeunesse écrit et illustré par Ilya Green, 2014, France

Olga, Sophie et Ana organisent un concours de beauté… Mais quand Gabriel et le chat demandent à y participer, elles refusent d’abord : ni un garçon, ni un chat ne peuvent être beaux ! Mais selon quels critères ?

Faut-il avoir des couettes et une belle robe étoilée pour être beau ou belle ? Et puis finalement, qui décide des critères de beauté ? On a particulièrement adoré la chute de La dictature des petites couettes, quand les enfants (et le chat !) défilent devant une assemblée de fourmis qui les trouve bien trop grand.e.s et coloré.e.s pour être joli.e.s ! Une histoire amusante qui évoque intelligemment les stéréotypes de genre et les diktats de la mode.

L’adoption internationale, mythes et réalités

Essai écrit par Joohee Bourgain, 2021, France

Dans cet essai important, Joohee Bourgain témoigne de son expérience d’adoptée sud-coréenne et détricote les idées reçues sur l’adoption internationale. Geste d’amour, qui permettrait de « sauver » un « orphelin.e » ou un.e enfant voué.e à la misère ?

Pour en finir avec ces mythes coloniaux, l’autrice analyse finement les pratiques et enjeux internationaux, en montrant notamment les rapports de pouvoir asymétriques entre pays dits « du nord » (adoptants) et pays dits « du sud » (d’où proviennent les adopté.e.s). Une perspective antiraciste, décoloniale, féministe et anticapitaliste permettant d’ouvrir les yeux sur un système qui provoque des ruptures avec les familles et pays d’origine, normalise le modèle occidental de la famille et ouvre la porte aux dérives (trafics d’enfants).