Hot Girls Wanted

Documentaire réalisé par Jill Bauer et Ronna Gradus, 2014, Etats-Unis

Elles ont entre 18 et 25 ans, à peine majeures, certaines vivent encore chez leurs parents. En répondant à des petites annonces, elles tombent dans le piège du milieu de la pornographie dite « amateur ».

Hot Girls Wanted est un documentaire essentiel et glaçant qui déconstruit l’industrie de la pornographie : conditions de travail violentes, absence de consentement, racisme… Le film suit plusieurs jeunes femmes, qui racontent leur entrée dans ce milieu toxique, leur parcours, leur sortie, les relations avec les autres jeunes femmes et avec leurs « supérieurs ». Des témoignages extrêmement courageux, alors que plusieurs expriment justement les difficultés d’en sortir. Attention, plusieurs scènes et témoignages sont difficiles : ce documentaire n’est pas à voir par toutes et tous.

Une série documentaire en 6 épisodes a également été réalisée à la suite du film.

Méduse, cheveux afro et autres mythes

Méduse cheveux afro et autres mythes

Documentaire réalisé par Johanna Makabi et Adèle Albrespy, 2018, France

Des tresses à l’afro, du lissage au tissage, Cyn, Romy, Louise et Kami nous racontent leurs cheveux afro et ce qu’ils leur ont appris de leur identité.

Des coiffeuses et coiffeurs au politique, ce court documentaire nous parle de l’histoire et de la perception des cheveux des hommes mais surtout des femmes noires, à la croisée du racisme et du sexisme. On y apprend plein de choses et les témoignages des 4 personnes interviewées sont éclairants.

Même sujet, autre style, nous vous conseillons le court métrage Hair Love et l’album jeunesse Comme un million de papillons noirs.
Et pour plein d’informations autour de ce film, lisez l’article de la revue Atayé.

A secret love

Documentaire réalisé par Chris Bolan, Etats-Unis, 2020

Pendant 65 ans, Terry et Pat ont expliqué à leurs familles qu’elles vivaient ensemble par convenance, parce que la vie est chère. Pendant 65 ans, elles ont caché qu’elles vivaient en réalité en couple lesbien, qu’elles s’aimaient, depuis 1947 et leur premier baiser. Jusqu’à la révélation…

Quelle histoire incroyable que celle d’un couple lesbien qui a traversé toutes ces décennies… on avait envie d’en savoir plus, de découvrir leurs histoires, leurs ressentis, en savoir plus sur les lieux de rencontres lesbiens et homosexuels, sur le fait de vieillir en tant que personne LGBT aussi. Quel dommage : le film loupe le coche. C’est le petit-neveu de Terry qui a réalisé le documentaire, et ça se sent : le parti-pris est clairement celui de la famille, souvent au détriment du couple lui-même. On voit notamment la nièce de Terry insister (très lourdement, et à plusieurs reprises) pour que les deux femmes déménagent plus proches d’elles, s’éloignant ainsi de leur ami.e.s… qui connaissaient très bien leur situation, avec lesquel.le.s elles pouvaient être elles-mêmes, hors du placard. Ce qui irait presque à l’encontre du pitch de départ et de ce que tente de démontrer le réalisateur : oui, une vie lesbienne et gay était possible dans ces années-là ! Malaise aussi : on a souvent l’impression que la famille en veut à Pat de leur avoir « enlevé » leur tante. Homophobie/lesbophobie ? La question se pose. Et pendant ce temps, les 2 héroïnes n’ont presque pas leur mot à dire…

Si vous lisez l’anglais, ce long article parle plus en détails de ce malaise que nous avons pu ressentir en regardant le film.

Roe v. Wade : La véritable histoire de l’avortement

Wendy Davis Reversing Roe

Documentaire réalisé par Annie Sundberg et Ricki Stern, 2018, Etats-Unis

Ce documentaire (Reversing Roe en anglais) retrace 50 ans de lutte pour le droit à l’avortement aux Etats-Unis (depuis l’affaire Roe v. Wade qui l’autorise en 1973) en racontant les stratégies, notamment des conservateurs (soit disant « pro-vie ») pour en faire reculer l’accès.

S’il fallait un mot pour décrire ce documentaire, peut-être que « effrayant » serait approprié. Le film déroule, année après année, les efforts (massifs !) et mobilisations des anti-avortements aux Etats-Unis pour faire interdire (ou au moins empêcher) ce droit. La parole est donnée aux deux parties, même si on retiendra principalement celle des « pro-choix », notamment celles de gynécologues, de militantes, et l’intervention, plus qu’héroïque, de la sénatrice Wendy Davis qui a pris la parole pendant 13 heures d’affilée en 2013, sans boire, ni manger, ni se soulager, si se reposer, pour bloquer le vote d’une loi anti-avortement dans son état du Texas.

Fervente défense du droit à l’avortement, Gloria Steinem ne pouvait pas ne pas apparaître dans ce documentaire : pour en savoir plus sur elle, nous vous conseillons son autobiographie Ma vie sur la route.

Audre Lorde: the Berlin years 1984 to 1992

Documentaire réalisé par Dagmar Schultz, 2012, Allemagne, Etats-Unis

Ce documentaire s’attarde sur les années berlinoises de la poétesse, femme de lettres afro-américaine et lesbienne, 20 ans après son décès.

La force de ce film est de nous offrir deux histoires : celle d’Audre Lorde lors de sa vie à Berlin, et celles de ces femmes afro-allemandes qui se sont réunies et organisées sous les conseils de la poétesse militante. Le film est ponctué de poèmes de l’autrice, une belle porte ouverte pour découvrir son oeuvre et sa vie.

Ni les femmes ni la terre

Film documentaire réalisé par Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy, 2019, France, Argentine, Bolivie

A Buenos Aires, un groupe de femmes se mobilise dans un quartier populaire contre les violences patriarcales. A quelques centaines de kilomètres de là, d’autres femmes luttent contre Monsanto et les extractions de minerais, qui provoquent la destruction de leurs villages. Plus loin encore en Bolivie, une femme raconte la spoliation des terres autochtones par les colonisateurs d’hier et d’aujourd’hui.

Ni les femmes ni la terre est un voyage, dans lequel les réalisatrices montrent la symétrie entre les appropriations capitalistes, patriarcales et coloniales des corps des femmes et des terres. Une belle entrée vers l’écoféminisme, avec des portraits superbes de femmes combatives !

Delphine et Carole, insoumuses

Delphine et carole insoumuses

Documentaire réalisé par Callisto Mc Nulty, 2019, France

L’actrice Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos se rencontrent à la fin des années 60. Le mouvement de libération des femmes est dans l’air et ces deux femmes engagées allieront leurs talents pour filmer les femmes, leur donner la parole et raconter leurs histoires.

Ce documentaire revient non seulement sur leur amitié mais aussi sur leur travail et militantisme en commun, pour aller filmer les femmes. Dans des extraits d’interviews et de films, elles abordent tour à tour la légitimité des femmes dans le milieu très masculin qu’est le cinéma, le regard des hommes sur les femmes (male gaze), la créativité des femmes manifestantes des années 70, etc. bref, que de sujets toujours d’actualité ! Une bonne façon de découvrir ces deux figures importantes du matrimoine français (dont les deux héroïnes du film La Belle saison portent le nom) qui ont créé le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir.

Liyana

Liyana film

Documentaire et partiellement film d’animation réalisé par Aaron et Amanda Kopp, 2017, Eswatini

Liyana est une jeune fille, personnage d’une histoire créée par des enfants orphelins lors d’un atelier thérapeutique, mené par l’artiste militante Gcina Mhlope.

Liyana est un film surprenant. D’après certains résumés, on pourrait croire qu’il s’agit d’un film d’animation pour enfants, or ce n’est pas exactement cela. Ici, c’est le processus collaboratif de reconstruction de soi par la création d’une histoire, pour mettre les mots sur les maux, qui est raconté. Les enfants sont impressionnants de force quand elles et ils racontent certains passages des aventures de Liyana, en utilisant des mots très durs et en évoquant des faits de violence. Ils et elles sont aussi très drôles quand ils se prennent à faire les bruitages du film en cours de création, ou encore quand la joie, le soulagement ou la satisfaction se lisent sur leurs visages en racontant d’autres passages. Pour couronner le tout, les graphismes illustrant les aventures de Liyana sont magnifiques.

#MeToo entre dans la danse

documentaire metoo entre dans la danse

Documentaire réalisé par Lena Kupatz et Lina Schienke, 2019, Allemagne

Sexisme, harcèlement, violences sexuelles… Il semble évident que le milieu de la danse ne soit pas épargné. Pourtant, on en entend bien peu parler.

Les 2 documentaristes décryptent en quoi la danse est si singulière : en quoi les permanents contacts entre les corps, la compétitivité, la hiérarchie hyper présente et l’absence de frontière entre privé et professionnel créent un contexte favorisant les abus de pouvoir et les violences. Des témoignages émaillent le film, ainsi que des interviews d’expert.e.s. On a apprécié le focus fait sur le manque de diversité dans la danse. On a par contre regretté que le documentaire n’insiste pas davantage sur l’importance de croire les victimes.

Les espionnes racontent

Les espionnes racontent

Série documentaire animée réalisée par Aurélie Pollet, 2018, France

Pouvez-vous donner les noms de 3 espions ? Et ceux de 3 espionnes…? Dans « Les espionnes racontent », découvrez une histoire d’espionne du XXème siècle par épisode !

Voilà une série utile pour connaitre encore plus de femmes aux actions extraordinaires ! De la Russie à Israël, de Paris à Washington, ce sont 6 portraits de femmes fascinantes qui sont dressés ici. Des épisodes de 6 minutes environ, inspirés de l’essai du même titre écrit par Chloé Aeberhardt.
Tous les épisodes sont en accès libre sur le site d’Arte.

Dans le même style et même format, on vous conseille également la série Les Culottées.