Delphine et Carole, insoumuses

Delphine et carole insoumuses

Documentaire réalisé par Callisto Mc Nulty, 2019, France

L’actrice Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos se rencontrent à la fin des années 60. Le mouvement de libération des femmes est dans l’air et ces deux femmes engagées allieront leurs talents pour filmer les femmes, leur donner la parole et raconter leurs histoires.

Ce documentaire revient non seulement sur leur amitié mais aussi sur leur travail et militantisme en commun, pour aller filmer les femmes. Dans des extraits d’interviews et de films, elles abordent tour à tour la légitimité des femmes dans le milieu très masculin qu’est le cinéma, le regard des hommes sur les femmes (male gaze), la créativité des femmes manifestantes des années 70, etc. bref, que de sujets toujours d’actualité ! Une bonne façon de découvrir ces deux figures importantes du matrimoine français (dont les deux héroïnes du film La Belle saison portent le nom) qui ont créé le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir.

Liyana

Liyana film

Documentaire et partiellement film d’animation réalisé par Aaron et Amanda Kopp, 2017, Eswatini

Liyana est une jeune fille, personnage d’une histoire créée par des enfants orphelins lors d’un atelier thérapeutique, mené par l’artiste militante Gcina Mhlope.

Liyana est un film surprenant. D’après certains résumés, on pourrait croire qu’il s’agit d’un film d’animation pour enfants, or ce n’est pas exactement cela. Ici, c’est le processus collaboratif de reconstruction de soi par la création d’une histoire, pour mettre les mots sur les maux, qui est raconté. Les enfants sont impressionnants de force quand elles et ils racontent certains passages des aventures de Liyana, en utilisant des mots très durs et en évoquant des faits de violence. Ils et elles sont aussi très drôles quand ils se prennent à faire les bruitages du film en cours de création, ou encore quand la joie, le soulagement ou la satisfaction se lisent sur leurs visages en racontant d’autres passages. Pour couronner le tout, les graphismes illustrant les aventures de Liyana sont magnifiques.

#MeToo entre dans la danse

documentaire metoo entre dans la danse

Documentaire réalisé par Lena Kupatz et Lina Schienke, 2019, Allemagne

Sexisme, harcèlement, violences sexuelles… Il semble évident que le milieu de la danse ne soit pas épargné. Pourtant, on en entend bien peu parler.

Les 2 documentaristes décryptent en quoi la danse est si singulière : en quoi les permanents contacts entre les corps, la compétitivité, la hiérarchie hyper présente et l’absence de frontière entre privé et professionnel créent un contexte favorisant les abus de pouvoir et les violences. Des témoignages émaillent le film, ainsi que des interviews d’expert.e.s. On a apprécié le focus fait sur le manque de diversité dans la danse. On a par contre regretté que le documentaire n’insiste pas davantage sur l’importance de croire les victimes.

Les espionnes racontent

Les espionnes racontent

Série documentaire animée réalisée par Aurélie Pollet, 2018, France

Pouvez-vous donner les noms de 3 espions ? Et ceux de 3 espionnes…? Dans « Les espionnes racontent », découvrez une histoire d’espionne du XXème siècle par épisode !

Voilà une série utile pour connaitre encore plus de femmes aux actions extraordinaires ! De la Russie à Israël, de Paris à Washington, ce sont 6 portraits de femmes fascinantes qui sont dressés ici. Des épisodes de 6 minutes environ, inspirés de l’essai du même titre écrit par Chloé Aeberhardt.
Tous les épisodes sont en accès libre sur le site d’Arte.

Dans le même style et même format, on vous conseille également la série Les Culottées.

Lorena, la femme aux pieds légers

Film documentaire réalisé par Juan Carlos Rulfo, 2019, Mexique

Lorena Ramírez, jeune femme autochtone, vit à Chihuahua au Mexique. Elle devient célèbre à 22 ans pour avoir remporté l’ultra marathon de Puebla, en robe et en sandales.

Ce court documentaire d’une demi-heure a le mérite de nous faire découvrir cette femme extraordinaire. Par contre, Lorena ne semble jamais très à l’aise devant la caméra en interview : ça poserait presque question sur les conditions de tournage et son envie d’être filmée ou non.

Chambre 1

Documentaire court réalisé par Leila Thiam, 2017, République centrafricaine

Dans un hôpital communautaire de Bangui, 10 femmes installées pour plusieurs semaines dans une même pièce partagent leurs histoires.

Entre le court métrage et le documentaire, Chambre 1 est un fragment du quotidien de ces femmes, blessées, parfois mutilées. La scène d’ouverture est assez dure à supporter tant la douleur de la femme à l’écran est palpable, mais très étonnamment la suite est relativement joyeuse et vive, les femmes à l’écran ayant parfois beaucoup d’humour et de philosophie sur leur situation. Réalisé dans le cadre d’un atelier de soutien à de jeunes cinéastes organisé par l’Alliance française de Bangui et les Ateliers Varan, Chambre 1 est disponible sur Vimeo.

CHAMBRE N°1 de Leila Thiam from ateliersvaran on Vimeo.

Amal

Documentaire réalisé par Mohamed Siam, 2019, Egypte

Amal a 14 ans quand la révolution égyptienne commence. Cagoule sur la tête, elle se faufile place Tahrir, retrouve ses amis, provoque les policiers et n’a définitivement pas la langue dans sa poche. Le film suit 6 ans de sa vie et est entrecoupé d’archives personnelles.

Si au début, le format peut être déroutant, une fois la narration comprise, ce documentaire est assez bluffant. C’est ici un extrait inédit de la révolution égyptienne qui est montré, à travers la vie de cette adolescente puis jeune femme incroyable. En plus des réflexions politiques, tour à tour pleines d’espoir pour le futur ou fatalistes, le film (qui a été interdit en Egypte) insiste également sur ce qu’est être une femme au sein d’une révolution et après une révolution comme celle-ci. Pas le film documentaire du siècle, mais intéressant tout de même ! Une suite est envisagée sur la vie d’adulte de la jeune femme.

A thousand girl like me

Documentaire réalisé par Sahra Mani, 2019, Afghanistan, France

Dans la banlieue de Kaboul, Khatera, enceinte, vit avec sa mère et sa fille. Cette dernière, ainsi que son enfant à naître, sont issus des viols de Khatera par son propre père. Khatera est déterminée à faire entendre la vérité, elle veut que son père soit puni de ces viols commis depuis de longues années. Elle saisit la justice, médiatise l’affaire, tout en déménageant régulièrement avec sa famille pour se protéger de la famille du père.

La documentariste Sahra Mani a rencontré Khatera en 2014 et a commencé à la suivre, à filmer son combat épuisant et souvent dangereux, avec beaucoup de sensibilité, de bienveillance. On découvre une héroïne survivante de viols par inceste, au courage incroyable, qui reprend le contrôle sur sa vie. Il y a aussi sa mère, victime elle aussi, qui doute parfois mais la soutient toujours. Et puis la petite fille, qui grandit dans cet univers chaotique. Ce très beau film donne envie de se battre, pour toutes les femmes, contre toutes les violences des hommes.

Whitney: can I be me?

Long métrage documentaire réalisé par Nick Broomfield et Rudi Dolezal, 2017, Royaume-Uni et États-Unis

Un documentaire qui retrace la carrière de la chanteuse pop Whitney Houston par des images d’archives et interviews récentes de ses proches, notamment à travers son addiction à la drogue.

Le film balaie toute sa vie, avec une grande diversité de personnes interviewées (ami.e.s, famille, collègues, garde du corps…). Une place importante est faite à son homosexualité. Dommage que la chronologie soit assez difficile à suivre ; de nombreuses images sont issues de la tournée de 1999, ce qui est chouette, mais on ne comprend pas forcément tout de suite la raison de ce choix.

What happened Miss Simone?

Documentaire réalisé par Liz Garbus, 2015, États-Unis

A partir d’images d’archives et d’interviews de proches (notamment sa fille), ce documentaire retrace la vie de Nina Simone, iconique chanteuse noire américaine du 20ème siècle.

Passionnant documentaire, à l’image de la vie survoltée et engagée de l’artiste. Évidemment, la musique est au top ! Un gros regret : le manque d’analyse des actes violents de son mari, qui ont évidemment transformé Nina durablement.