Princesse Mononoké

Princesse Mononoke film féministe

Film d’animation réalisé par Hayao Miyazaki, 1997, Japon

Le jeune Ashitaka quitte les siens à la recherche du Dieu-Cerf qui pourrait le guérir d’une blessure causée par un sanglier devenu flou par les démons. Sa quête le mènera auprès de Dame Eboshi, qui utilise la forêt pour mener ses activités et protéger diverses communautés au détriment de la préservation de la nature. Une forêt diablement défendue par San, dite “Princesse Mononoké”, élevée par les loups et gardienne de l’âme et des esprits de la forêt.

Princesse Mononoké est un classique du cinéma d’animation porté par une (des !) héroïne(s) inoubliable(s) et avec un message écologique fort. Que dire de plus ? Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de le regarder, on vous le conseille vivement. Attention, si le film peut avoir plusieurs niveau de lecture, on le déconseille cependant aux plus jeunes de la famille.

Petite forêt

Petite forêt film féministe

Long métrage réalisé par Yim Soon-rye, 2018, Corée du sud

Après plusieurs échecs, dont un examen important, la jeune Hye-won décide de quitter Séoul sur un coup de tête pour revenir temporairement dans le village où elle a grandit. Les semaines passent, elle retrouve ses ami.e.s d’enfance Jae-ha et Eun-sook, elle prépare les saisons agricoles… et ne semble pas prête à repartir.

Petite forêt est l’adaptation coréenne du manga japonais du même nom. Assez fidèle, on y retrouve une héroïne attachante (la lumineuse actrice Kim Tae-ri, beaucoup plus à son avantage que dans Mademoiselle), perdue, qui se plonge corps et âme dans un quotidien rural pour échapper à ses problèmes. Comme dans le manga, elle cuisine beaucoup (attention ça donne faim !). On aime que dans cette adaptation, ses ami.e.s soient plus présent.e.s et qu’elle semble plus entourée. Un film feel good, une ode à la slow life (ça fait beaucoup de mots anglais pour terminer ce résumé !). Inédit en France après sa brève sortie au cinéma, une édition DVD est enfin disponible aux éditions Borealia.

Bombay Begums

Bombay Begums série féministe

Série créée par Alankrita Shrivastava, 2021, Inde

Rani, cinquantenaire, est cheffe d’une grande banque. Lily, quarantenaire, doit se prostituer et rêve d’un avenir plus digne. Fatima, trentenaire, travaille avec Rani et a du mal à équilibrer ses ambitions professionnelles et la vie de famille voulue par son mari. Ayesha, dans sa vingtaine, galère au travail à la banque tout en découvrant sa bisexualité. Et enfin Shai, adolescente et belle-fille de Rani, essaie de trouver sa place.

5 femmes, 5 générations, et pourtant des préoccupations communes. Parmi celles-ci : comment trouver sa place en tant que femme dans la société patriarcale ? A travers ces 5 personnages, de nombreux sujets sont abordés, notamment autour du travail : comment avoir des ambitions et mener carrière quand on est une femme, et plus généralement affirmer ses désirs (professionnels, personnels, sexuels), les agressions sexuelles au travail, la sororité… bref, des thèmes d’actualité pour une série au final sympathique.

Maggie a un plan

Maggie a un plan film féministe

Long métrage réalisé par Rebecca Miller, 2016, Etats-Unis

Maggie, trentenaire célibataire, veut absolument un enfant. Alors qu’elle trouve dans son entourage un donneur de sperme, elle tombe amoureuse (et réciproquement) de John, un universitaire déjà marié avec Georgette, universitaire également, et père de deux enfants. Quelques années plus tard, Maggie, mère d’une petite fille, partageant son conjoint John avec sa première famille, a un plan : remettre John et Georgette ensemble.

Maggie a un plan est un film assez déroutant, qui aborde avec légèreté et détermination les désirs féminins. Maggie n’a aucun problème à vouloir concevoir un bébé toute seule et d’ailleurs, la vie de famille avec l’énorme charge mentale et organisationnelle qui s’en suit les années passant lui font réfléchir à nouveau à la possibilité d’être mère célibataire, sans aucun complexe. On a également trouvé intéressant le traitement de l’infidélité masculine du point de vue des femmes, infidélité tournée en ridicule avec le personnage de John, finalement mené en bateau par les deux “femmes de sa vie” (jouées par Greta Gerwig et Julianne Moore) dont il ne s’occupe absolument pas.

Bonne nouvelle, vous pouvez voir le film en accès libre sur le site de France tv jusqu’au 28 février 2022.

Maid

Image de la série Maid

Mini-série créée par Molly Smith Metzler, adaptée des mémoires Maid: Hard Work, Low Pay, and a Mother’s Will to Survive de Stephanie Land, Etats-Unis, 2021

Une nuit, Alex s’enfuit de chez elle avec sa fille de 2 ans et demi, quittant un conjoint violent psychologiquement. Sans revenu, sans logement, elle devient femme de ménage dans l’espoir de redémarrer une vie meilleure.

Maid suit le parcours de cette jeune femme qui lutte pour s’en sortir, et le fait très bien. On a vraiment trouvé très juste cette série qui documente le parcours d’une femme qui quitte un conjoint violent, puis d’une mère célibataire : galères administratives, accès au logement, combat judiciaire pour la garde de l’enfant, sororité dans un centre d’accueil pour victimes de violences dans le couple… Notez qu’Alex quitte son compagnon très tôt, ce qui permet à la série de ne montrer que très peu de scènes de violence physique. La série montre aussi le très frappant contraste entre les maisons incroyables où Alex travaille et les lieux successifs où elle (sur)vit… Inspirée de l’histoire vraie de Stephanie Land, qui en a fait un livre, Maid est portée superbement par son actrice principale Margaret Qualley. On a aussi beaucoup aimé le rôle de la mère d’Alex, d’ailleurs jouée par la mère de l’actrice, la toujours formidable Andie MacDowell.

Trop noire pour être française

Trop noire pour être française documentaire

Documentaire réalisé par Isabelle Boni-Claverie, 2015, France

Isabelle Boni-Claverie interroge le racisme ancré dans la société française en partant de son histoire personnelle, et notamment celle de ses grands-parents, l’un des premiers couples mixtes mariés en France.

Trop noire pour être française est la réflexion à la fois intime, familiale et résolument politique d’une femme française, noire, élevée dans un milieu privilégié et très blanc qui ne lui a pas empêchée de subir des discriminations au cours de sa vie. Elle interroge son passé et la construction d’un contexte raciste en France, notamment à l’aide d’entretiens avec des intellectuel.le.s spécialistes de la question.

Un documentaire précurseur des également incontournables Mariannes noires, Ouvrir la voix, Regard noir ou encore La Parisienne démystifiée.

Bonne nouvelle, le documentaire est disponible en accès ligne sur la chaine Youtube d’Arte.

La parisienne démystifiée

La parisienne démystifiée documentaire

Documentaire réalisé par Rokhaya Diallo, 2021, France

La parisienne est-elle forcément blanche, mince, chic et hétéro ? L’idée est réductrice mais persistante dans la culture populaire en France et à l’international. Et s’il était temps de s’arrêter un instant sur ce stéréotype et de trouver qui sont les vraies parisiennes ?

A l’aide de nombreux entretiens avec des parisiennes de naissance ou d’adoption (dont Alice Coffin, Elisa Rojas ou encore Grace Ly avec qui elle a créé le génial podcast Kiffe Ta Race qu’on vous recommande chaudement) portant des histoires personnelles diverses, Rokhaya Diallo déconstruit le mythe, hautement publicitaire (coucou les publicités Air France) de la figure de la parisienne à travers un documentaire accessible au plus grand nombre. Simple, intelligent et efficace !

A la vie

A la vie documentaire

Documentaire réalisé par Aude Pépin, 2021, France

Chantal Birman est une sage-femme, féministe, qui a consacré sa vie à défendre les femmes et leurs droits. A bientôt 70 ans, elle passe le relais sous l’œil attentif d’une jeune apprentie sage-femme.

On pleure, on rit, on vibre… c’est sûr, A la vie est fort en émotions ! Il y a une force incroyable qui se dégage de Chantal Birman, des femmes qu’elle rencontre et du film dans son ensemble. Un beau portrait militant d’une héroïne contemporaine !

Découvrez aussi A la vie dans notre chronique sur Euradio !

Le bal des folles

Long métrage adapté du roman de Victoria Mas, réalisé par Mélanie Laurent, 2021, France

Fin du XIXème siècle, à Paris. Eugénie Cléry est une jeune fille de bonne famille. Mais elle possède un don inhabituel : elle entend et voit les morts. Après avoir fait part de ce don à sa grand-mère, elle est enfermée par sa famille à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, au “service des hystériques” dirigé par le célèbre neurologue Charcot. Là, elle subit de nombreux traitements censés la guérir : examens gynécologiques forcés, séances d’hypnose, bains froids, enfermement dans le noir…

Adapté du roman du même nom, ce long métrage en propose une adaptation qu’on a trouvé plus violente. Certaines scènes sont particulièrement impressionnantes, marquées par la cruauté de plusieurs personnages. La réalisatrice a fait le choix (mais c’est aussi le jeu lors d’une adaptation cinématographique) de montrer davantage, plus frontalement, les expériences menées par le professeur Charcot et ses équipes sur des femmes souvent fragiles, traumatisées. Un film fort et une démarche, avec le recrutement d’actrices en situation de handicap, à saluer.

On vous conseille aussi, évidemment, le roman de Victoria Mas. A lire aussi, la belle adaptation du roman en BD, ainsi que le récit, en BD également, de Nelly Bly dans un asile psychiatrique de New-York.

Respect

Long métrage réalisé par Liesl Tommy, 2021, Etats-Unis

Fille d’un pasteur baptiste, Aretha commence très jeune à chanter dans l’église de son père C. L. Franklin, militant des droits civiques et proche de Martin Luther King, à Detroit. Après la mort brutale de sa mère alors qu’elle n’avait pas encore 10 ans, Aretha accompagne de plus en plus fréquemment son père dans ses tournées dans tout le pays. Celui-ci décide aussi de la présenter à un producteur pour qu’elle enregistre ses premiers disques… C’est le début de sa renommée qui deviendra internationale.

Respect est un film très complet sur la vie d’Aretha Franklin, qu’on a beaucoup aimé. De son enfance jusqu’au début des années 70, il retrace sa carrière mais s’arrête également sur plusieurs faits marquants de sa vie personnelle : son viol quand elle était enfant, qui a mené à deux grossesses alors qu’elle avait 12 et 14 ans ; les relations compliquées avec son père ; les violences conjugales qu’elle a subies… Si le film aurait pu être très difficile (à l’image de celui sur Billie Holiday qui comporte plusieurs scènes très violentes), on a apprécié ici la façon dont ces violences sont suggérées sans être montrées de manière trop frontale. La performance de Jennifer Hudson, d’ailleurs choisie par Aretha Franklin elle-même pour ce rôle, est impressionnante. Evidemment, on a aussi adoré la musique et la manière dont les chansons sont mises en regard de la vie de la chanteuse, de son émancipation progressive et de ses engagements politiques. Bref, 2h15 de film qui passent très vite !

Pour compléter ce biopic, on vous conseille aussi le documentaire Aretha Franklin – Soul Sister. Et pour (re)découvrir d’autres chanteuses noires-américaines incontournables pour l’histoire de la musique, on vous conseille Billie Holiday, une affaire d’Etat et Nina.