Yes or no

Film réalisé par Saratswadee Wongsomphet, 2010, Thaïlande

C’est la rentrée à l’université pour Pie. En s’installant dans sa nouvelle chambre d’étudiante, elle découvre qu’elle la partagera avec Kim, une jeune femme au look très « masculin »… Kim serait-elle lesbienne ?!

Si vous cherchez une comédie romantique lesbienne un peu mielleuse et mignonne comme tout, voilà ce qu’il vous faut ! Un peu rétro, parfois surprenant, Yes or no est un bon film du genre si vous l’aimez, et l’un des premiers films lesbiens grand public en Thaïlande. On aime bien la construction de l’amitié puis de l’amour entre les deux personnages principales, la « tante » plus âgée réconfortante quand il le faut, et le fait qu’une personnage secondaire tombe éperdument amoureuse d’une autre femme… sans pour autant que ce soit questionné par son entourage.

Tomb Raider

Long métrage réalisé par Roar Uthaug, 2018, États-Unis, Royaume-Uni

A 21 ans, Lara Croft vit seule à Londres. 7 ans ont passé depuis la disparition de son père, un célèbre explorateur, mais elle refuse de reprendre les rênes de l’entreprise familiale. Persuadée que son père n’est pas mort, elle part à sa recherche sur une île au sud du Japon.

Alors que les jeux vidéo et les précédents films avec Angelina Jolie en avaient fait une icône hypersexualisée, ce n’est pas du tout le parti pris de ce nouveau film. Lara Croft (jouée par la convaincante Alicia Vikander) est ici sportive, téméraire, mais elle n’est pas pour autant une super-héroïne invincible : elle reste très humaine, ce qui la rend très attachante. Même si le film ne nous plonge pas dans des aventures hyper originales (c’est très Indiana Jones !), c’est quand même prenant ! Une suite est prévue pour mars 2021.

Derry Girls

Derry Girls

Série créée par Lisa McGee, 2018, Irlande du Nord (2 saisons)

Erin, Michelle, Clare et Orla (et James, le cousin anglais) sont une bande de copines, lycéennes dans la modeste ville de LondonDerry, Irlande du Nord. On suit leurs aventures d’adolescentes dans les années 1990 sur fond de conflit nord-irlandais.

Une bande de copines, beaucoup d’humour (pas celui qui vous fera rire aux éclats, mais celui qui repose sur une bonne couche d’absurde et de situations drôles malgré elles), un contexte historique fort : voilà de quoi apprécier cette série, basée sur des éléments de récits personnels de la réalisatrice ! On aime l’harmonie entre les personnages féminins, le personnage hilarant de la Sœur Michael, directrice de leur école, les relations enfants-parents, notamment dans la famille d’Erin, qu’on voit le plus et dont la panoplie de personnage est insolite et savoureuse à souhait, et surtout cet accent irlandais qu’on a si peu l’habitude d’entendre dans les séries !

Chambre 1

Documentaire court réalisé par Leila Thiam, 2017, République centrafricaine

Dans un hôpital communautaire de Bangui, 10 femmes installées pour plusieurs semaines dans une même pièce partagent leurs histoires.

Entre le court métrage et le documentaire, Chambre 1 est un fragment du quotidien de ces femmes, blessées, parfois mutilées. La scène d’ouverture est assez dure à supporter tant la douleur de la femme à l’écran est palpable, mais très étonnamment la suite est relativement joyeuse et vive, les femmes à l’écran ayant parfois beaucoup d’humour et de philosophie sur leur situation. Réalisé dans le cadre d’un atelier de soutien à de jeunes cinéastes organisé par l’Alliance française de Bangui et les Ateliers Varan, Chambre 1 est disponible sur Vimeo.

Ali Wong: Hard Knock Wife

Spectacle de et avec Ali Wong, 2017, États-Unis

Ali Wong revient dans ce deuxième One Woman Show, remplie d’énergie, à nouveau enceinte, et bien sûr pleine d’anecdotes sur son premier accouchement, l’allaitement et la charge mentale.

Que penser d’Ali Wong ? A la fois super drôle et super vulgaire (voire trash), c’est dur de trouver un équilibre entre les deux. Déjà, on ne vous conseille pas forcément son premier spectacle (Ali Wong: Baby Cobra), moins drôle, et même quelques fois problématique selon nous. Son deuxième spectacle vaut plus le coup : la première partie sur sa vie post-accouchement est hilarante et certains sketchs sont presque politisées (ce qui faisait malheureusement défaut dans son 1er spectacle). Si vous êtes hétéro (oui, c’est un spectacle TRÈS hétéro) et que vous aimez les femmes qui n’hésitent pas à parler de tout (notamment de sexe), jetez-y un œil. Si vous voulez découvrir l’aura d’Ali Wong de manière plus policée et romantique, on vous conseille le film Always be my maybe.

Homoscope

Web-série créée et réalisée par Margot Bernard, 2019, France (un seul épisode disponible)

Amane est parisienne, amoureuse, elle organise des soirées chez elle avec ses copines lesbiennes… et cache son homosexualité à sa famille, qui vit au Maroc. Mais lorsque sa petite soeur lui apprend qu’elle va se marier, Amane panique : que faire pour éviter les reproches ?

Homoscope, c’est drôle, bien pensé, très bien réalisé, super bien joué… mais attention : un seul épisode est disponible, les autres ne sont même pas encore tournés. Vous risquez donc une intense frustration en le regardant ! On vous aura prévenu.e.s ! Pour d’autres webséries avec des lesbiennes dedans, on vous conseille Féminin/Féminin et La théorie du Y !

La théorie du Y

Web-série créée par Caroline Taillet et Martin Landmeters, depuis 2016, Belgique (adapté de la pièce de théâtre de Caroline Taillet) 

Anna s’ennuie dans son couple avec Matteo. Après une dispute, elle débarque dans un bar fréquenté par des gays et des lesbiennes, et embrasse Claire…

Dans cette très chouette web-série, on suit Claire, qui se cherche après cet événement remettant en question ses certitudes de vie hétéro bien rangée. Les épisodes sont courts et dynamiques (7 min pour la saison 1, 15 min pour la saison 2), abordant l’homosexualité et la bisexualité à travers de nombreux personnages très attachants : on a envie de connaître la suite de leurs vies ! Pour d’autres webséries avec des lesbiennes dedans, découvrez Homoscope et Féminin/Féminin !

Funan

Film d’animation réalisé par Denis Do, 2018, Cambodge, Belgique, France, Luxembourg, à partir de 12 ans

En 1975, Chou, Khuon et leur famille sont chassés par les Khmers rouges et doivent quitter Phnom Penh. Mais sur la longue route qui les mène jusqu’à un camp de travail, la famille est séparée : Sovanh, le fils de 4 ans, et sa grand-mère, sont emmenés dans un autre camp. Commencent alors des années de lutte pour Chou, qui refuse de perdre l’espoir de retrouver un jour son fils.

Un excellent premier film, très beau (autant les personnages que les paysages), dans lequel on suit une famille détruite par les crimes du régime totalitaire des Khmers rouges. Même si ces crimes et le génocide ne sont pas le sujet principal du film, on comprend très bien le déroulé des événements et les conséquences pour les habitant.e.s. Un autre point très fort du film : Funan se centre sur les émotions des personnages face à la violence, sans montrer la violence directement (ou très peu). N’hésitez pas à lire des interviews du réalisateur sur internet, sa démarche est vraiment très intéressante !

Les chatouilles

Long métrage réalisé par Andréa Bescond et Éric Métayer, 2018, France (adapté de la pièce de théâtre Les chatouilles ou la danse de la colère)

Odette a 8 ans et elle adore danser. Mais un jour, un ami de la famille la suit dans sa chambre et la viole. S’ensuivent alors des années d’agressions sexuelles et de viols. Adulte, Odette lutte contre le traumatisme.

La narration nous emmène dans les souvenirs d’Odette, qui raconte à sa psychologue ce qu’elle a subi. On visite donc le passé, parfois déformé, d’Odette. On rencontre les personnes qui l’entourent : son meilleur ami, ses collègues danseuses, son petit ami, ses parents. Les personnages des parents montrent d’ailleurs la violence du déni et rappellent que les victimes doivent être crues. Si vous avez l’occasion, la pièce qui a inspiré le film est à voir, absolument.

Fatima

Long métrage réalisé par Philippe Faucon, 2015, France (inspiré de Prière à la lune et Enfin, je peux marcher seule, deux livres de Fatima Elayoubi)

Fatima est née en Algérie. Elle vit aujourd’hui seule avec ses 2 filles de 15 et 18 ans. Pour subvenir à leurs besoins, elle enchaîne les ménages chez des particuliers ou dans des entreprises. Alors que ses filles parlent parfaitement français, Fatima le parle peu, elle s’exprime surtout en arabe. Elle tient un journal intime qu’elle remplit chaque soir.

Un film sobre, mais néanmoins beau et touchant. On suit le parcours de cette femme dans ces combats quotidiens contre le racisme et la précarité. On devine ses aspirations, notamment à travers ses écrits. Et puis le film parle aussi de la famille, de ce lien qui unit la mère et les filles, avec parfois de la colère mais surtout beaucoup d’amour. Les 3 actrices sont d’ailleurs fantastiques ! Le film a reçu 3 Césars en 2016.