M’entends-tu ?

série féministe québec sororité amitié

Série créée par Florence Longpré, 2018-2021 (3 saisons), Canada (Québec)

Ada doit suivre une thérapie de gestion de la colère après avoir (encore) frappé quelqu’un. Fabiola bosse dans un fast-food et rêve de chanter dans une chorale. Carolanne parle peu, tente tant bien que mal de gérer des événements passés. Leur amitié les aide à surmonter les obstacles de la vie quotidienne… envers et contre tout ?

Des épisodes courts (22 min), percutants, voire trash : voici ce qui vous attend avec M’entends-tu ! Il faut parfois avoir le cœur bien accroché pour suivre le quotidien de ces trois copines, engluées dans les galères. Grossesse non désirée, violences sexuelles et conjugales, prison… leur vie n’est pas franchement marrante, mais elles surmontent chaque épreuve ensemble, dans une grande sororité qui est le fil rouge de la série. C’est drôle parfois, émouvant souvent, en tous cas ça ne laisse pas indifférent.e !

Cruella

Cruella film disney

Long métrage réalisé par Craig Gillespie, 2021, Etats-Unis, Royaume-Uni

Avant d’être Cruella d’Enfer du film d’animation les 101 dalmatiens, cette fameuse méchante de Disney s’appelait Estrella. Elle était jeune, pleine de rêves, escroc de génie et passionnée de mode. Lorsque la baronne de la mode londonienne s’intéresse à une de ses créations, tout change.

Portée par les fantastiques Emma Stone et Emma Thompson, cette visite dans le passé de Cruella est une réussite. C’est frais, punk-rock et dynamique (dans un style cinématographique proche de celui de Birds of Prey), avec des costumes superbes et plein de clins d’œil au film d’origine. Certes, l’histoire ne dit pas tout à fait comment elle est arrivée à être une aussi méchante de Disney dans les 101 Dalmatiens mais voilà une héroïne qui dépote et un film très chouette !

Pour retrouver Emma Stone dans un autre registre, on vous conseille Battle of the Sexes.

Kim Ji-young: Born in 1982

Kim ji young born in 1982 adaptation film roman féministe corée

Long métrage réalisé par Kim Do-young, 2019, Corée du sud, adaptation du livre Kim Ji-young née en 1982 écrit par Cho Nam-joo

Kim Ji-young est une jeune femme trentenaire parfaitement banale. Après des études et un début de carrière prometteur, elle se marie et accouche d’un premier enfant. L’arrivée de ce dernier lui fait perdre pied peu à peu…

Suite au succès en librairie du roman du même nom, le film est arrivé très vite. On attendait beaucoup de l’adaptation et, si la première partie du film est intéressante, la 2ème est assez décevante et dénature le propos principal du roman selon nous (l’héroïne, illustration parfaite du parcours d’une femme dans une société patriarcale, est de plus en plus culpabilisée et la toute fin n’a pas du tout le même sens que celle du livre). Les retours dans le passé ne sont pas toujours faciles à suivre (surtout si vous n’avez pas lu le roman). Comme un exemple supplémentaire du patriarcat, en Corée du sud, l’actrice principale du film, Jung Yu-mi, ainsi que d’autres célébrités sud-coréennes qui se sont exprimées sur le sujet, ont subi des vagues de cyber-harcèlement lors de la sortie du film.

Encore inédit en France, on adresse un grand merci au Festival du Film Coréen à Paris qui nous a permis de le voir !

Nomadland

Nomadland film van aménagé nomade

Long métrage réalisé par Chloé Zhao, 2020, Etats-Unis, d’après le livre Nomadland: Surviving America in the Twenty-First Century de Jessica Bruder

Pendant la crise économique de 2008, Fern, veuve sexagénaire, a tout perdu. Alors elle se décide à prendre la route à bord d’un van aménagé et de vivre la vie de nomade. Sur sa route, elle rencontrera d’autres nomades modernes avec lesquel.le.s elle partagera le mode de vie.

Multi-nominé et récompensé dans les grands festivals de cinéma, Nomadland est un bijou. Des paysages, une lumière et une réalisation magnifiques, et une héroïne comme on en voit peu au cinéma. Un beau portrait de femme épuisée à la recherche un nouveau souffle à sa vie. A mi-mots pendant tout le film, on devine la vie monotone de Fern, conditionnée par son mari. Nomadland est aussi un aperçu d’une certaine forme de pauvreté aux Etats-Unis illustrée par des scènes de films quasi de science fiction (les entrepôts Amazon où travaille l’héroïne à certains moments) et des personnages secondaires aux passés variés.

Pour d’autres héroïnes qui voyagent à travers les Etats-Unis, on vous conseille le film Juanita et l’autobiographie de Gloria Steinem Ma vie sur la route.

Baseball girl

Baseball girl film féministe coréen sport

Long métrage réalisé par Choi Yun-Tae, 2019, Corée du sud

Soo-In est la seule fille de l’équipe de baseball de son lycée. Elle rêve d’intégrer une équipe professionnelle mais le nouvel entraineur de son équipe lycéenne n’a pas l’air de vouloir l’entendre de cette oreille.

Baseball girl, que nous avons découvert grâce au Festival du Film Coréen à Paris 2021, est un film intéressant sur le sexisme dans le milieu du sport. A travers les yeux d’une adolescente, on constate nombre d’obstacles que des jeunes femmes peuvent affronter dans le milieu compétitif du sport, notamment dans des disciplines traditionnellement pratiquées par les hommes. L’héroïne s’accroche, finit par convaincre ses proches, et même si elle semble très isolée pendant une grande partie du film, des lueurs d’espoir s’allument tout au long du récit. A voir si vous en avez l’occasion !

Pour une autre jeune héroïne dans le milieu du sport, on vous conseille le film Slalom.

Voyage vers la Lune

Voyage vers la Lune film enfant chine

Long métrage d’animation réalisé par Glen Keane et John Kahrs, 2020, Etats-Unis, Chine

Lors de la fête de la lune, Fei Fei et ses parents confectionnent ensemble des gâteaux de la lune (mooncake) pour tout le village. A cette occasion, Fei Fei apprend la légende de Chang’e, une déesse immortelle qui vit dans la lune. Bien décidée à prouver son existence, elle construit une fusée pour lui rendre visite.

Inspiré d’une légende chinoise, Voyage vers la Lune est un film coloré et familial qui met en scène une petite fille ordinaire prête à tout pour rencontrer une déesse lunaire (se découvrant ainsi une vocation pour les sciences et l’aérospatial !). Elle rencontre sur son chemin des tas de personnages et créatures improbables et attachantes. Certes, il y a beaucoup (oui, beaucoup) de chansons mais celle chantée par la déesse (“Ultraluminary“), une parodie de tube de musique pop chinoise, suffit à supporter toutes les autres.

#SalePute

Sale pute documentaire cyberharcèlement

Documentaire réalisé par Florence Hainaut et Myriam Leroy, 2021, Belgique

Deux journalistes belges, victimes de cyberharcèlement, mènent l’enquête et recueillent les témoignages d’une dizaine de femmes elles aussi victimes de cyberharcèlement.

Sur les réseaux sociaux et plus généralement sur internet, qui harcèle (spoil : des hommes) ? Quels effets entraine ce cyberharcèlement chez les victimes sur le court, moyen et long terme ? Que représente le cyberharcèlement contre les femmes notre société représente ? Voilà un aperçu des nombreuses questions abordées dans cette enquête. Les femmes qui témoignent sont journalistes, activistes, humoristes, politiques, créatrices de contenu sur le web, et tous leurs témoignages sont plus forts les uns que les autres (certains sont même très durs à entendre). Un documentaire efficace et indispensable.

Disponible en ce moment sur Youtube et le site d’Arte.

Anne with an E

Série créée par Moira Walley-Beckett d’après le roman de Lucy Maud Montgomery, 2017-2019 (3 saisons), Canada

Canada, fin du XIXème siècle. Matthew et Marilla Cuthbert, frère et sœur, décident d’adopter un garçon orphelin pour les aider dans les travaux de la ferme. Mais c’est Anne qui se présente à la gare, une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche…

Certes, la durée du premier épisode (89 min) peut rebuter (ce fut notre cas pendant longtemps !). Mais cette série a été pour nous un vrai coup de cœur ! On a été transportées par ses personnages ultra-attachants et particulièrement sa formidable héroïne (excellente prestation d’Amybeth McNulty). On la suit dans ses péripéties amicales et familiales, on passe du rire aux larmes, le tout dans un cadre magnifique. La série est également une véritable tribune de défense de la parole et des droits des enfants et aborde des sujets de société importants : homosexualité, racisme…

Shadow and Bone : La Saga Grisha

Shadow and bone la saga grisha

Série créée par Eric Heisserer, 2021, Etats-Unis, d’après les romans de Leigh Bardugo

Alina, cartographe, est recrutée par l’Armée pour traverser le mystérieux et terrifiant brouillard qui sépare le royaume de Ravka en deux. Quand Mal, son ami d’enfance embarqué sur le même bateau qu’elle, est attaqué, Alina dévoile des pouvoirs insoupçonnés.

La série fantastique pour ado de Netflix de 2021 présente plein d’atouts classiques mais suffisamment accrocheurs pour regarder la saison 1 avec plaisir : une héroïne, des pouvoirs magiques, des personnages secondaires bien travaillés, un environnement inspiré de la Russie (ça change !)… Les huit épisodes passent très vite, presque trop vite, ce qui donne un peu l’impression d’avoir survolé plein de personnages sans avoir eu le temps de complètement découvrir et s’imprégner de l’univers. De plus, malgré la répartition paritaire de personnages ultra-secondaires (dans l’armée par exemple) et la présence d’héroïnes intéressantes, elles sont pour le moment, éloignées les unes des autres, et Alina a peu d’alliées féminines lors de cette première saison. Il y aurait également beaucoup à dire sur la figure du héros-beau-et-ténébreux, en bref, le héros classique des films et romans pour ado, qui se révèle ne pas être si gentil que ça (mais on ne vous spoile pas trop). Un début tout de même prometteur : on a hâte de voir la suite… et de lire les romans dont la série est adaptée ! (résumé écrit d’après la 1ère saison)

Petite maman

Petite maman Céline Sciamma scène des crêpes

Long métrage réalisé par Céline Sciamma, 2021, France

Nelly a 10 ans quand sa grand-mère décède. Alors qu’elle aide sa maman, Marion, à vider sa maison d’enfance, elle fait la rencontre dans les bois, d’une fille de son âge. Cette dernière s’appelle Marion, comme sa mère.

Après Naissance des pieuvres, Tomboy ou encore Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma nous invite à une nouvelle aventure, celle-ci à travers les yeux d’une jeune héroïne. Toujours avec une lumière sublime et plein de poésie, les spectatrices et spectateurs sont embarqué.e.s dans ce rêve éveillé où l’héroïne rencontre sa mère au même âge qu’elle. Certaines scènes entre les deux jeunes filles sont très belles et les jeunes actrices extra ! Un film à voir et à revoir.