Chambre 1

Documentaire court réalisé par Leila Thiam, 2017, République centrafricaine

Dans un hôpital communautaire de Bangui, 10 femmes installées pour plusieurs semaines dans une même pièce partagent leurs histoires.

Entre le court métrage et le documentaire, Chambre 1 est un fragment du quotidien de ces femmes, blessées, parfois mutilées. La scène d’ouverture est assez dure à supporter tant la douleur de la femme à l’écran est palpable, mais très étonnamment la suite est relativement joyeuse et vive, les femmes à l’écran ayant parfois beaucoup d’humour et de philosophie sur leur situation. Réalisé dans le cadre d’un atelier de soutien à de jeunes cinéastes organisé par l’Alliance française de Bangui et les Ateliers Varan, Chambre 1 est disponible sur Vimeo.

Ali Wong: Hard Knock Wife

Spectacle de et avec Ali Wong, 2017, États-Unis

Ali Wong revient dans ce deuxième One Woman Show, remplie d’énergie, à nouveau enceinte, et bien sûr pleine d’anecdotes sur son premier accouchement, l’allaitement et la charge mentale.

Que penser d’Ali Wong ? A la fois super drôle et super vulgaire (voire trash), c’est dur de trouver un équilibre entre les deux. Déjà, on ne vous conseille pas forcément son premier spectacle (Ali Wong: Baby Cobra), moins drôle, et même quelques fois problématique selon nous. Son deuxième spectacle vaut plus le coup : la première partie sur sa vie post-accouchement est hilarante et certains sketchs sont presque politisées (ce qui faisait malheureusement défaut dans son 1er spectacle). Si vous êtes hétéro (oui, c’est un spectacle TRÈS hétéro) et que vous aimez les femmes qui n’hésitent pas à parler de tout (notamment de sexe), jetez-y un œil. Si vous voulez découvrir l’aura d’Ali Wong de manière plus policée et romantique, on vous conseille le film Always be my maybe.

Homoscope

Web-série créée et réalisée par Margot Bernard, 2019, France (un seul épisode disponible)

Amane est parisienne, amoureuse, elle organise des soirées chez elle avec ses copines lesbiennes… et cache son homosexualité à sa famille, qui vit au Maroc. Mais lorsque sa petite soeur lui apprend qu’elle va se marier, Amane panique : que faire pour éviter les reproches ?

Homoscope, c’est drôle, bien pensé, très bien réalisé, super bien joué… mais attention : un seul épisode est disponible, les autres ne sont même pas encore tournés. Vous risquez donc une intense frustration en le regardant ! On vous aura prévenu.e.s !

La théorie du Y

Web-série créée par Caroline Taillet et Martin Landmeters, depuis 2016, Belgique (adapté de la pièce de théâtre de Caroline Taillet) 

Anna s’ennuie dans son couple avec Matteo. Après une dispute, elle débarque dans un bar fréquenté par des gays et des lesbiennes, et embrasse Claire…

Dans cette très chouette web-série, on suit Claire, qui se cherche après cet événement remettant en question ses certitudes de vie hétéro bien rangée. Les épisodes sont courts et dynamiques (7 min pour la saison 1, 15 min pour la saison 2), abordant l’homosexualité et la bisexualité à travers de nombreux personnages très attachants : on a envie de connaître la suite de leurs vies !

Funan

Film d’animation réalisé par Denis Do, 2018, Cambodge, Belgique, France, Luxembourg, à partir de 12 ans

En 1975, Chou, Khuon et leur famille sont chassés par les Khmers rouges et doivent quitter Phnom Penh. Mais sur la longue route qui les mène jusqu’à un camp de travail, la famille est séparée : Sovanh, le fils de 4 ans, et sa grand-mère, sont emmenés dans un autre camp. Commencent alors des années de lutte pour Chou, qui refuse de perdre l’espoir de retrouver un jour son fils.

Un excellent premier film, très beau (autant les personnages que les paysages), dans lequel on suit une famille détruite par les crimes du régime totalitaire des Khmers rouges. Même si ces crimes et le génocide ne sont pas le sujet principal du film, on comprend très bien le déroulé des événements et les conséquences pour les habitant.e.s. Un autre point très fort du film : Funan se centre sur les émotions des personnages face à la violence, sans montrer la violence directement (ou très peu). N’hésitez pas à lire des interviews du réalisateur sur internet, sa démarche est vraiment très intéressante !

Les chatouilles

Long métrage réalisé par Andréa Bescond et Éric Métayer, 2018, France (adapté de la pièce de théâtre Les chatouilles ou la danse de la colère)

Odette a 8 ans et elle adore danser. Mais un jour, un ami de la famille la suit dans sa chambre et la viole. S’ensuivent alors des années d’agressions sexuelles et de viols. Adulte, Odette lutte contre le traumatisme.

La narration nous emmène dans les souvenirs d’Odette, qui raconte à sa psychologue ce qu’elle a subi. On visite donc le passé, parfois déformé, d’Odette. On rencontre les personnes qui l’entourent : son meilleur ami, ses collègues danseuses, son petit ami, ses parents. Les personnages des parents montrent d’ailleurs la violence du déni et rappellent que les victimes doivent être crues. Si vous avez l’occasion, la pièce qui a inspiré le film est à voir, absolument.

Fatima

Long métrage réalisé par Philippe Faucon, 2015, France (inspiré de Prière à la lune et Enfin, je peux marcher seule, deux livres de Fatima Elayoubi)

Fatima est née en Algérie. Elle vit aujourd’hui seule avec ses 2 filles de 15 et 18 ans. Pour subvenir à leurs besoins, elle enchaîne les ménages chez des particuliers ou dans des entreprises. Alors que ses filles parlent parfaitement français, Fatima le parle peu, elle s’exprime surtout en arabe. Elle tient un journal intime qu’elle remplit chaque soir.

Un film sobre, mais néanmoins beau et touchant. On suit le parcours de cette femme dans ces combats quotidiens contre le racisme et la précarité. On devine ses aspirations, notamment à travers ses écrits. Et puis le film parle aussi de la famille, de ce lien qui unit la mère et les filles, avec parfois de la colère mais surtout beaucoup d’amour. Les 3 actrices sont d’ailleurs fantastiques ! Le film a reçu 3 Césars en 2016.

Amal

Documentaire réalisé par Mohamed Siam, 2019, Egypte

Amal a 14 ans quand la révolution égyptienne commence. Cagoule sur la tête, elle se faufile place Tahrir, retrouve ses amis, provoque les policiers et n’a définitivement pas la langue dans sa poche. Le film suit 6 ans de sa vie et est entrecoupé d’archives personnelles.

Si au début, le format peut être déroutant, une fois la narration comprise, ce documentaire est assez bluffant. C’est ici un extrait inédit de la révolution égyptienne qui est montré, à travers la vie de cette adolescente puis jeune femme incroyable. En plus des réflexions politiques, tour à tour pleines d’espoir pour le futur ou fatalistes, le film (qui a été interdit en Egypte) insiste également sur ce qu’est être une femme au sein d’une révolution et après une révolution comme celle-ci. Pas le film documentaire du siècle, mais intéressant tout de même ! Une suite est envisagée sur la vie d’adulte de la jeune femme.

Kiki la petite sorcière

kiki la petite sorcière

Film d’animation réalisé par Hayao Miyazaki, 1989, Japon (adaptation des livres de l’autrice Eiko Kadono)

Kiki, une jeune sorcière, fête ses 13 ans. Elle quitte le domicile familial pour s’installer dans une nouvelle ville, avec son chat Jiji et son balai magique, et crée un service de livraison à domicile. 

Kiki, la petite sorcière est un vrai coup de cœur. On aime cette héroïne débrouillarde et le fait qu’elle rencontre sur son chemin d’autres femmes alliées : une qui lui permet de s’installer, ses premières clientes sont des femmes, une autre qui lui fait prendre du recul sur ses aventures et lui remonte le moral. Certes, en arrivant dans sa nouvelle ville, elle est harcelée par un garçon qui deviendra ensuite son ami, et on a tendance à voir un peu trop sa culotte ultra-bouffante, mais ce récit reste un voyage initiatique mignon, à regarder à tout âge.

Les filles du rink

Les filles du rink

Série créée par Laura Azemar, Natàlia Boadas, Marta Vivet et Ona Anglada, depuis 2019, Espagne

Emma, Lorena, Flor, Laila, Raquel et Berta sont 6 copines soudées par leur équipe de rink, du hockey sur patins à roulettes. Mais quand leur coach décide d’aller entraîner une autre équipe féminine, leur club menace de fermer leur section féminine : elles vont se battre pour la garder.

Les filles du rink est une belle surprise. On suit leurs amitiés, leurs histoires d’amour (dont certaines lesbiennes !), leurs histoires de famille et bien sûr, leur évolution sportive. C’est intéressant de voir que les parents sont des personnages secondaires assez détaillés, et ont pour la plupart une vraie ligne narrative (autre que leur statut de parents). Si Sex Education avait été félicitée pour être une des premières séries parlant d’avortement de manière non culpabilisante, Les filles du rink offre ici un épisode très réussi sur le sujet. On aime aussi que la série aborde le sujet de la PMA pour une femme seule, sans que ce soit un sujet remis en cause. En bref, une série très sympathique à regarder.