Julie et Julia

Long métrage réalisé par Nora Ephron, États-Unis, 2009 (d’après Julie & Julia de Julie Powell et My Life in France de Julia Child et Alex Prud’homme)

En 1948, Julia Child et son mari emménagent à Paris. Julia se prend alors de passion pour la cuisine française, et deviendra célèbre grâce à son livre qui propose aux ménagères américaines des adaptations de cette cuisine française. En 2002, Julie Powell vit à New-York… et s’ennuie. Elle décide alors de se donner un défi : cuisiner chacune des 524 recettes du livre de Julia Child… en un an. Elle crée un blog pour relater cette expérience.

Julie et Julia relate les histoires croisées de ces 2 femmes qui… cuisinent ! Pourtant, on ne s’ennuie pas dans ce film très sympathique, et il y a presque du suspense ! Meryl Streep incarne Julia, cette femme très grande et hors du commun, avec brio. Amy Adams n’est pas en reste, et le contraste entre leurs vies si différentes, à 50 ans d’intervalle, est étonnant.

Crash Test Aglaé

Long métrage réalisé par Eric Gravel, 2017, France 

Aglaé adore son métier de technicienne en tests de collisions dans une usine automobile française. Mais un jour, elle apprend que l’usine va fermer et délocaliser à l’autre bout du monde… Elle décide alors de tout quitter et d’accepter le poste équivalent, en Inde. L’entreprise refusant de prendre en charge le billet d’avion, elle part avec ses collègues Liette et Marcelle… en voiture.

Crash Test Aglaé dénonce les absurdités du monde du travail. Mais c’est surtout un road-movie frais, tendre et décalé, qui nous fait notamment traverser les paysages extraordinaires du Kazakhstan. Les 3 collègues, de 3 générations différentes, sont drôles et attachantes. Et puis il restera seulement Aglaé, déterminée à arriver coûte que coûte en Asie… Une héroïne un peu naïve qui devient aventurière malgré elle, enchaîne les rencontres et les moyens de transports, pour finalement trouver un nouveau sens à sa vie. Découvrez aussi le film Prendre le large : un synopsis proche, un style très différent !

Fleur du désert

Long métrage réalisé par Sherry Hormann, Allemagne, Autriche, France, Royaume-Uni, 2009 (basé sur l’autobiographie de Waris Dirie publiée en 1998, Fleur du désert : du désert de Somalie à l’univers des top models)

L’histoire vraie de Waris Dirie, une femme somalienne qui a survécu à l’excision quand elle avait 5 ans, aux menaces d’un mariage forcé avec un homme beaucoup plus âgé quand elle avait 13 ans, à 6 ans d’esclavage à l’ambassade de Somalie à Londres. Elle est ensuite “découverte” par un célèbre photographe de mode, rejoint une agence de mannequins et devient l’une des plus grandes top models au niveau international.

Fleur du désert retrace le parcours d’une femme devenue militante engagée, une des premières à prendre publiquement la parole pour dénoncer les mutilations sexuelles en 1997, avant de devenir “ambassadrice de bonne volonté” de l’ONU puis de créer sa propre fondation. Le film montre également l’amitié et la sororité qui unissent Waris et Marilyn, une jeune femme qui rêve de devenir danseuse, qui l’héberge et l’aide à trouver un emploi. Enfin et même si ce n’est pas forcément l’objectif, le film montre la violence du monde du mannequinat dans lequel est projeté Waris, à travers plusieurs scènes de nudité très gênantes… Attention aussi à la violence d’une scène qui montre l’excision.

Juanita

Long métrage de Clark Johnson, 2019, États-Unis

Juanita, la cinquantaine, est mère de 3 grands enfants désormais adultes, l’un en prison, un autre sur le chemin pour y entrer et une troisième peu indépendante. Juanita est épuisée. Un jour, elle décide de renouer avec ses rêves de jeunesse et de partir en voyage à travers les États-Unis, seule, pour se changer les idées.

Juanita est un chouette film qui raconte l’importance pour une femme de s’accorder du temps pour soi et de se recentrer, notamment après avoir été mère, à la tête d’un ménage, avec toute la charge mentale que cela implique. Le scénario est simple et efficace, pas beaucoup de suspens quant à son déroulé mais on passe un bon moment à suivre cette femme forte écouter ses envies et trouver un nouveau chemin dans sa vie.

Kings

Long métrage réalisé par Deniz Gamze Ergüven, 2018, France, États-Unis

En 1992, Millie vit dans un quartier populaire de Los Angeles. Elle accueille chez elle de nombreux enfants, dont les parents sont absents car victimes de violences policières racistes. Quand les émeutes suite à l’acquittement de 4 policiers blancs accusés d’avoir tabassé Rodney King commencent, elle devra se débrouiller pour veiller sur toutes et tous, avec l’aide inattendue de son voisin, seul blanc du quartier.

Kings est un film saisissant, qui évoque la “petite” histoire de quelques personnes du quartier durant cette semaine d’émeutes à Los Angeles, entrée dans la “grande” histoire des États-Unis. Halle Berry joue son rôle de mère courageuse avec conviction. On regrette peut-être l’introduction d’une romance dans la deuxième partie du film, à moins qu’elle ne soit là pour dénouer la tension qui règne en fil rouge dans le film. Deniz Gamze Ergüven est aussi la réalisatrice du film Mustang.

Séraphine

Long métrage réalisé par Martin Provost, 2008, France

En 1912, quand le collectionneur d’art allemand Wilhelm Uhd s’installe à Senlis, Séraphine devient sa femme de ménage. Il découvre alors que cette femme d’une cinquantaine d’années est une artiste peintre méconnue et décide de la prendre sous son aile.

C’est sûr, le grand mérite de ce film réside dans le fait de nous faire découvrir cette femme artiste, peu connue du grand public, et de nous introduire à son art et ses techniques supposées (très pauvre, elle fabriquait elle-même ses couleurs avec des mélanges de produits divers). Yolande Moreau, comme souvent, est saisissante ! Dommage cependant que le point de vue adopté soit surtout celui du collectionneur, ce qui laisse souvent les spectateurs/trices à distance de Séraphine et de ses émotions. On vous laisse vous faire votre avis !

Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga

Long métrage réalisé par Shelly Chopra, 2018, Inde

Poursuivie par son frère aîné, Sweety fait la rencontre de Sahil, un dramaturge sans succès. Celui-ci tombe amoureux d’elle… sans que ce soit réciproque, car Sweety n’est pas très intéressée par les hommes.

Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga est la première grosse production de Bollywood avec un une lesbienne comme héroïne, ce qui est suffisamment remarquable pour s’y attarder. L’histoire est assez simple et reste dans les codes du film romantique indien (une héroïne qui doit se marier mais dont les envies vont contre les attentes de sa famille et/ou de la société), mais les personnages sont très attachants, et quel symbole moins de 6 mois après la dépénalisation de l’homosexualité en Inde ! Il dénonce le harcèlement homophobe dont sont victimes les jeunes à l’école, et termine (sans surprise !) par une belle leçon de tolérance de la part du père de l’héroïne. Certes, ne vous attendez pas à des effusions sentimentales (on se contentera de quelques étreintes), mais il s’agit d’un film à gros budget, avec des têtes d’affiche très connues en Inde. Bref, à voir !

Mia et le Migou

Réalisé par Jacques-Rémy Girerd, 2008, France

Le papa de Mia est parti travailler sur un gros chantier dans un endroit paradisiaque, que l’entrepreneur capitaliste ne semble avoir aucun scrupule à détruire en construisant son complexe hôtelier. Quand il est pris dans un étrange accident, Mia le sent et décide de partir à sa recherche.

Déjà, des dessins tout doux, flamboyants et réconfortants posent le décor. Puis, l’histoire se déroule, présentant deux visions du monde : celle du capitalisme destructeur de toute vie, et celle de la classe populaire et des esprits de la nature (comme le Migou !) qui subissent la destruction et s’y opposent. On aime le personnage adorable de Mia, mais on regrette un peu qu’elle ne rencontre que si peu de femmes dans sa quête, les autres personnages du films étant principalement des hommes ou des garçons. Un conte écologique et social à faire découvrir aux plus petit.e.s de votre entourage. Si vous aimez ce genre d’histoire, on vous conseille également les films de Hayao Miyazaki comme Princesse Mononoké, Nausicaa ou la vallée du vent et Mon voisin Totoro.

Sweet/Vicious

Série créée par Jennifer Kaytin Robinson, 2016, États-Unis

Ophelia est une jeune femme pas très sociable, dealeuse et hackeuse. Jules, elle, appartient à une sororité hyper populaire de son campus… mais la nuit, elle change de tenue et s’attaque aux violeurs et agresseurs sexuels non punis de son campus. La rencontre entre les deux promet d’être insolite… et redoutablement efficace !

C’est un grand OUI ! Sweet/Vicious est LA série féministe qui donne envie de se battre contre le patriarcat. On suit la rencontre, la collaboration, les galères et les victoires de ces deux héroïnes à la fois si différentes et si proches. On aime la construction de leur amitié, le fait que l’histoire individuelle de chacune soit mêlée avec l’histoire collective de toutes les femmes de l’université, le focus engagé sur la prise en charge des victimes de viol (tant judiciaire, médical qu’amical) (voir aussi la série Unbelievable) et la dénonciation de l’impunité des agresseurs. La série (inédite en français) date de 2016, avant #MeToo… et malgré une grande appréciation des fanes de la série, celle-ci n’a pas été renouvelée après cette première saison.

Star Wars – Troisième trilogie 2015-2019

Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force, réalisé par J. J. Abrams, 2015, États-Unis

Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi, réalisé par Rian Johnson, 2017, États-Unis 

Star Wars, épisode IX : L’Ascension de Skywalker, réalisé par J. J. Abrams, 2019, États-Unis

30 après la destruction de la seconde Étoile de la mort, le dernier Jedi (Luke Skywalker) a disparu… et tout le monde le cherche, Premier Ordre comme Résistance. Lors d’une bataille, un Stormtrooper déserte et rencontre Rey, une pilleuse d’épaves. Le duo va ensuite rejoindre les rangs de la Résistance, et Rey va progressivement découvrir ses pouvoirs et contrôler la Force…

Si quelques personnages féminins faisaient déjà partie de l’univers des 2 premières trilogies de Star Wars (dont la mythique princesse puis générale Leia Organa, malheureusement réduite en esclave sexuelle pendant un des épisodes…), leur présence est beaucoup plus marquée dans cette nouvelle trilogie. On trouve des pilotes de vaisseaux, des guerrières dans les 2 camps, une sage millénaire… Le film passe même le test de Bechdel ! Comme dans Rogue One: A Star Wars Story, on a droit à une héroïne forte, Rey, qui est très indépendante, affirme qu’elle n’a pas besoin de l’aide de son coéquipier Finn, n’est jamais sexualisée. Elle sait piloter, se battre… et même maîtriser la Force. A noter que c’est une femme, Kathleen Kennedy, qui a pris la succession en 2012 de Lucasfilm, la société de George Lucas, le créateur de Star Wars. Il n’y a pas de hasard…