Mariannes noires

Mariannes noires

Documentaire réalisé par Mame-Fatou Niang et Kaytie Nielsen, 2016, France, Etats-Unis

Elles sont sept : Alice Diop, Maboula Soumahoro, Isabelle Boni-Claverie, Aline Tacite, Bintou Dembélé, Elisabeth Ndala et Fati Niang. Sept femmes noires, nées en France, ayant grandi en France. Qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui d’être française, quand chacune d’entre elles est sans cesse renvoyée à des origines africaines ?

Mariannes noires explore la notion d’identité, celle qui se construit et celle qui est imposée. Les interviews de ces femmes, entrepreneuses, chercheuses, artistes, etc. sont tour à tour saisissantes, émouvantes, et illustrent avec force le racisme (et le sexisme) en France aujourd’hui. Un documentaire ressource !

Pour plus d’info autour du film, le Bondy Blog a interviewée une des réalisatrices.

Et sur le même sujet, on vous conseille également le documentaire Ouvrir la voix.

Chienne

Chienne

Court métrage réalisé par Bertille Zénobie Estramon, 2020, Belgique

Lu a été violée. Quand elle retrouve son agresseur, elle cherche à se venger pour panser ses plaies.

Waw ! Chienne est une très bonne surprise. L’actrice principale, la réalisation, les plans, les lumières, ou encore la musique qui instaure un suspens tout au long des 15 minutes, tout est convaincant. On vous le conseille vivement (même si les plus sensibles devront s’abstenir…).

Un divan à Tunis

Un divan à Tunis

Long métrage réalisé par Manele Labidi, 2019, France, Tunisie

Selma est psy. Après de longues années en France, elle décide de rentrer dans son pays d’origine, la Tunisie, pour ouvrir un cabinet. Mais dans un Tunis post-révolution, les obstacles sont nombreux.

Un divan à Tunis raconte en creux le quotidien des habitant.e.s de la capitale tunisienne après la révolution. Corruption, administration, moeurs à respecter, les thèmes évoqués sont nombreux. Et finalement, on n’apprend pas tant de choses que ça sur l’héroïne, qui n’est finalement pas le sujet principal du film. On aime bien l’actrice principale, Golshifteh Farahani, lumineuse dans ce rôle. Pas le film de l’année selon nous, mais un bon moment tout de même.

Antoinette dans les Cévennes

Antoinette dans les Cévennes

Long métrage réalisé par Caroline Vignal, 2020, France

Antoinette est institutrice parisienne… et amante du père d’une de ses élèves. Quand elle apprend que celui-ci doit finalement partir en vacances dans les Cévennes avec sa conjointe et sa fille, Antoinette décide de les suivre !

Après un début un peu potache, Antoinette dans les Cévennes se transforme en un chouette récit initiatique pour l’héroïne. C’est frais, c’est drôle, c’est surprenant, avec une héroïne en quête de soi, qu’on apprend à adorer tout au long du film… ainsi que l’âne qui l’accompagne ! A voir et à revoir.

Birthcare Center

Birthcare center

Série créée par Park Su Won, 2020, Corée du sud

Hyeon Jin mène une carrière brillante et a gravi tous les échelons pour devenir la plus jeune directrice exécutive de son entreprise. L’arrivée de son premier enfant et les premiers jours dans un paradisiaque centre de soin post-natal vont-ils tout remettre en cause ?

Birthcare center est une très bonne surprise. En mélangeant des sujets très sérieux et émouvants à des situations absurdes, la série lève des tabous liés à la maternité et dénonce les injonctions qui pèsent sur les femmes à ce moment de leur vie. Dépression post-partum, enfanter après 40 ans, l’instinct maternel, vouloir continuer à travailler tout en étant mère, la place des mères et des pères après la naissance… les thèmes sont nombreux. On rit beaucoup (l’épisode sur l’allaitement vs le lait en poudre est extra), on verse même quelques larmes (on ne spoile rien…), les personnages principaux comme secondaires sont attachants. Et si vous avez l’habitude de regarder du cinéma sud-coréen, la série est truffée de références.

Ginny & Georgia

Ginny and Georgia

Série créée par Sarah Lampert, 2021, Etats-Unis

Pour une énième fois et à l’occasion du décès de son époux, Georgia, mère trentenaire et célibataire, déménage et s’installe dans une nouvelle ville avec ses deux enfants, Ginny, adolescente boudeuse, et Austin, jeune garçon décalé.

Ginny & Georgia est une série à la fois classique et assez novatrice. Avec certains codes de la série pour ado, le récit s’accorde autant sur le personnage de Ginny, la fille en rébellion contre sa mère et à la découverte de nouvelles amitiés et amours, que sur la mère, Georgia, beaucoup plus fine, battante et secrète qu’elle ne laisse paraître. Deux personnages au début fusionnels, mais diamétralement opposés, qui se jugent et s’inquiètent l’une pour l’autre. De nombreux sujets féministes dans l’air du temps sont abordés comme les violences contre les femmes, la sororité, la sexualité et le plaisir féminin. Au fil des épisodes, l’histoire gagne en profondeur et on a vraiment hâte de voir la saison 2 : il y aurait beaucoup à dire sur cette série mais on vous laisse vous faire votre avis. Un petit plaisir à bingewatcher sur Netflix.

Autre style, autre époque, pour un autre duo mère-fille qui vient bousculer le quotidien d’une petite ville tranquille, on vous conseille Little Fires Everywhere.

Anna

Court-métrage réalisé par Johanna Bedeau et Laurent Benaïm, 2013, France

Anna quitte sa maison sans faire de bruit, prenant soin de remettre chaque objet à sa place exacte. Elle se rend chez le médecin, à qui elle explique qu’elle souffre d’aigreurs d’estomac. Au cours de la prise en charge, le médecin lui pose la question suivante : “avez-vous déjà subi des violences au cours de votre vie ?”

Pédagogique, très bien réalisé et joué, ce court-métrage permet d’illustrer les mécanismes des violences, le repérage par le “questionnement systématique” et la prise en charge des femmes victimes de violences. Comme Tom et Léna, Elisa et Protection sur ordonnance, les autres courts-métrages pédagogiques de la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains), la vidéo est accompagnée d’un kit pédagogique. Le tout est téléchargeable en cliquant ici.

Tom et Léna

Court-métrage réalisé par Johanna Bedeau, 2015, France 

A la mort de leur mère, Tom et Léna se retrouvent pour vider la maison familiale. En remplissant des cartons, les souvenirs remontent : leur père exerçait des violences contre leur mère.

Ce court-métrage pédagogique, très bien réalisé et joué, permet d’aborder la question de l’impact des violences dans le couple sur les enfants. Comme Anna, Elisa et Protection sur ordonnance, les autres courts-métrages pédagogiques de la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains), la vidéo est accompagnée d’un kit pédagogique. Le tout est téléchargeable en cliquant ici.

Elisa

Court-métrage réalisé par Johanna Bedeau, 2014, France

Elisa, enceinte de son premier enfant, retrouve son amie Marie pour un verre. Elisa lui raconte son rendez-vous de la veille, avec une sage-femme. Par une simple question posée par cette sage-femme, des souvenirs de violences sont revenus à la mémoire d’Elisa, qui n’en avait jamais parlé à personne.

Ce court-métrage pédagogique, très bien réalisé et joué( avec l’excellente Laure Calamy, également vue dans Aurore et Embrasse-moi), permet d’aborder la question des conséquences des violences sexuelles sur les victimes (notamment l’amnésie traumatique) et le repérage par les professionnel.le.s de santé via le “questionnement systématique”. Comme Anna, Tom et Léna et Protection sur ordonnance, les autres courts-métrages pédagogiques de la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains), la vidéo est accompagnée d’un kit pédagogique. Le tout est téléchargeable en cliquant ici.

Protection sur ordonnance

Court-métrage réalisé par Virginie Kahn, 2015, France

Alors que Marie s’active dans la cuisine et que sa fille Louise fait ses devoirs, Stéphane rentre à la maison. A peine arrivé, il se montre violent verbalement puis physiquement avec son épouse, devant leur fille. Quelques jours après, Marie se rend chez une avocate, à qui elle explique qu’elle souhaite divorcer. Grâce aux questions de l’avocate, elle évoque finalement les violences et son souhait de protéger sa fille et elle-même. L’avocate propose d’engager une procédure d’urgence et de demander au juge aux affaires familiales une ordonnance de protection… 

Pédagogique, très bien réalisé et joué, ce court-métrage permet d’aborder le mécanisme des violences dans le couple, l’accompagnement par la justice et l’ordonnance de protection, outil juridique incontournable pour la protection des victimes (et trop peu utilisé en France). Attention, le début du film est particulièrement violent et peut-être difficile à supporter. Comme Anna, Elisa et Tom et Léna, les autres courts-métrages pédagogiques de la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains), la vidéo est accompagnée d’un kit pédagogique. Le tout est téléchargeable en cliquant ici.