A secret love

Documentaire réalisé par Chris Bolan, Etats-Unis, 2020

Pendant 65 ans, Terry et Pat ont expliqué à leurs familles qu’elles vivaient ensemble par convenance, parce que la vie est chère. Pendant 65 ans, elles ont caché qu’elles vivaient en réalité en couple lesbien, qu’elles s’aimaient, depuis 1947 et leur premier baiser. Jusqu’à la révélation…

Quelle histoire incroyable que celle d’un couple lesbien qui a traversé toutes ces décennies… on avait envie d’en savoir plus, de découvrir leurs histoires, leurs ressentis, en savoir plus sur les lieux de rencontres lesbiens et homosexuels, sur le fait de vieillir en tant que personne LGBT aussi. Quel dommage : le film loupe le coche. C’est le petit-neveu de Terry qui a réalisé le documentaire, et ça se sent : le parti-pris est clairement celui de la famille, souvent au détriment du couple lui-même. On voit notamment la nièce de Terry insister (très lourdement, et à plusieurs reprises) pour que les deux femmes déménagent plus proches d’elles, s’éloignant ainsi de leur ami.e.s… qui connaissaient très bien leur situation, avec lesquel.le.s elles pouvaient être elles-mêmes, hors du placard. Ce qui irait presque à l’encontre du pitch de départ et de ce que tente de démontrer le réalisateur : oui, une vie lesbienne et gay était possible dans ces années-là ! Malaise aussi : on a souvent l’impression que la famille en veut à Pat de leur avoir « enlevé » leur tante. Homophobie/lesbophobie ? La question se pose. Et pendant ce temps, les 2 héroïnes n’ont presque pas leur mot à dire…

Si vous lisez l’anglais, ce long article parle plus en détails de ce malaise que nous avons pu ressentir en regardant le film.

The Morning Show

Série dirigée par Kerry Ehrin, depuis 2019, Etats-Unis (en cours)

Depuis 15 ans, la matinale de la chaîne UBA est présentée par Alex Levy et Mitch Kessler. Oui, mais Mitch est accusé de harcèlement sexuel… Pour conserver son poste, Alex désigne une nouvelle binôme, auparavant reporter sur le terrain : Bradley Jackson.

Cette série vibrante d’actualité, jouée et co-produite par deux actrices engagées contre les violences sexuelles (Jennifer Anniston et Reese Witherspoon, toutes les deux excellentes), est implacable. Elle démontre impeccablement comment les enjeux de pouvoir influencent sur les relations interpersonnelles et la culture du silence. Comment, aussi, des hommes blancs puissants maintiennent l’entre-soi au plus haut niveau de la chaîne hiérarchique (un véritable « boys’ club »). Elle évoque la difficulté de se soutenir entre femmes, d’être sorores, dans ce monde d’hommes. La série parle également du traumatisme issu des violences sexuelles et de ses conséquences, y compris des années après. Bref, une vraie démonstration féministe qui fait du bien !

Harriet

Long métrage réalisé par Kasi Lemmons, 2019, Etats-Unis

Dans les années 1840, dans un état du sud esclavagiste des Etats-Unis, Minty se bat pour obtenir sa liberté. Quand elle lui est refusée, elle décide de s’enfuir. Elle deviendra la célèbre Harriet Tubman, femme libre, qui a aidé à faire échapper des centaines d’esclaves des états du sud.

Harriet est un film important pour découvrir une figure historique encore trop peu connue. Il y a parfois quelques longueurs… Pour compenser, Cynthia Erivo, qui joue l’héroïne en titre, tient merveilleusement bien son rôle. Par la même réalisatrice, allez jeter un oeil à la série Self Made.

She-Ra et les princesses au pouvoir

Série animée réalisée par Noelle Stevenson, 2018-2020, Etats-Unis (5 saisons)

Adora est une jeune femme, membre de l’armée de la Horde. Alors qu’elle s’aventure dans la forêt des murmures avec son amie Catra, elle trouve une étrange épée… qui lui donne le pouvoir de se transformer en She-Ra, une puissante princesse guerrière. Elle découvre alors les méfaits de la Horde et décide de rallier le camp des princesses pour sauver la planète Etheria.

De l’aventure, de l’humour, des amitiés fortes et des personnages qui grandissent au fil de leur quête, comment ne pas aimer She-Ra ! Nouvelle version d’une série datant de 1985, celle-ci, mise au goût du jour, vaut vraiment le détour notamment par la diversité des personnages qu’elle propose : caractères bien différents, plusieurs nuances de couleurs de peau, silhouettes diverses, personnages masculins (très peu nombreux !) hors des stéréotypes habituels, histoires d’amour entre personnages de même sexe… Les héroïnes (et leurs costumes) ne sont pas sexualisées et les princesses sont même musclées ! Bref, beaucoup d’atouts pour cette série qu’on vous conseille, même avec des plus jeunes.

Purl

Court-métrage réalisé par Kristen Lester, 2018, Etats-Unis

Purl est une pelote de laine très motivée qui commence un nouveau travail. Oui, mais elle ne semble pas très bien accueillie…

Ce court-métrage développe très intelligemment et subtilement le sujet du sexisme au travail. D’abord ignorée, puis rejetée, Purl essaie tant mieux que mal de s’intégrer dans cette entreprise où il n’y a que des hommes et essaie plusieurs stratégies. Au beau reflet de situations existantes, avec une graine d’espoir à la fin !

Le court-métrage est disponible en intégralité sur YouTube (vous pouvez activer les sous-titres en français !).

Polichinelles

Web série réalisée par Sandra Parra et Armand Robin, 2019, France

Marion et Salomé sont en couple. Marion veut un enfant, Salomé ne sait pas encore. Une discussion s’en suit…

Attention, coup de cœur ! Drôle, attachante et pleine de justesse et d’amour, Polichinelles est une série aux minis épisodes sur l’homoparentalité, présentée par un couple de lesbiennes. On suit leur parcours, de leur début de réflexion à leur décision commune d’avoir recours à une PMA artisanale. A ne pas manquer si vous avez l’occasion de la voir. On espère très fort qu’il y aura une suite à la première saison !

L’école des petites sorcières

Série animée créée par Yoshinari Yoh, 2017, Japon (2 saisons)

Depuis qu’elle a vu le spectacle de Shiny Chariot étant petite, Akko ne rêve que d’une chose : devenir sorcière elle aussi ! Alors quand la rentrée arrive, elle se rend à l’école Luna Nova avec détermination. Arrivera-t-elle a trouver sa place là-bas, alors qu’elle n’a pas de pouvoirs contrairement aux autres élèves issues de familles de sorcières ?

Cette série est une très bonne découverte : très drôle dans plein de situations, l’héroïne ne baisse jamais les bras et prouve à plusieurs reprises son courage ! On a bien aimé la profonde amitié qui se tisse entre les personnages (quasiment exclusivement féminins) et l’absence d’amourette qui détournerait l’héroïne de ses aventures et quête à accomplir. La rivalité avec une autre élève (très doué en magie contrairement à l’héroïne) peut être agaçante au début mais est approfondie épisode après épisode.

Avant la série, 2 courts-métrages avaient été produits. Il existe également une adaptation en manga !

Rosie Davis

Long métrage réalisé par Paddy Breathnach, 2018, Irlande

Rosie et son mari ont 4 enfants. Travailleurs pauvres, ils ont du mal à joindre les 2 bouts. Un jour, leur propriétaire vend l’appartement… Impossible de trouver un nouveau logement étant donnés leurs faibles revenus. Rosie doit se battre chaque jour, depuis sa voiture, pour trouver un hôtel pour la nuit, tout en amenant ses enfants à l’école et en luttant pour essayer de garder un semblant de vie familiale.

Un film touchant sur le combat d’une famille face à la précarité et à la menace du sans-abrisme. On suit particulièrement le quotidien de Rosie, la mère, qui tente de préserver sa famille. Un film qui rappelle aussi que cette histoire est celle de milliers (millions ?) de familles en Irlande, en France et ailleurs.

Tallulah

Long métrage réalisé par Sian Heder, 2016, Etats-Unis

Lu vit dans son van et voyage à travers les Etats-Unis avec son petit ami, qui commence à en avoir assez de ce quotidien précaire. Une nuit, il part et Lu se retrouve seule. Elle décide d’aller à New-York pour le retrouver. Dans un hôtel, elle rencontre une femme, mère d’une petite fille… petite fille qu’elle décide d’emmener avec elle.

Tallulah est une vraie surprise. La réalisatrice aborde avec intelligence et beaucoup d’humanité le sujet de la maternité. Être mère est loin d’être une question simple, comme le montrent les trois héroïnes du film : une jeune femme a priori sans désir d’enfant, abandonnée par sa propre mère et qui s’attache rapidement à une enfant, une mère « abandonnée » par son grand fils maintenant adulte et par son mari, et une mère biologique qui n’arrive pas à éprouver cet « amour maternel » si souvent présenté comme instinctif. Avec la fantastique Ellen Page dedans, déjà vue dans Bliss, Juno et Free Love.

Jessica Jones

Série créée par Melissa Rosenberg, 3 saisons, 2015-2019, Etats-Unis

La super-héroïne Jessica Jones possède une force incroyable. Mais aujourd’hui, il n’est plus question de sauver le monde, elle est devenue simple détective privée. A moins que son ennemi Kilgrave resurgisse au détour d’une enquête…

Saluée lors de sa sortie, la série Jessica Jones mérite le détour. Il s’agit ici d’une super-héroïne malgré elle, devenue anti-héroïne : elle n’est pas vraiment sympa et ne cherche pas à faire plaisir à son entourage (ça change, ce parti pris vous plaira… ou pas !). Bref, un personnage à l’opposée de sa consoeur super-héroïne Supergirl. Les épisodes prennent le temps de développer plusieurs facettes de sa personnalité, en s’attardant sur le stress post-traumatique qu’elle subit suite à sa relation avec le méchant de l’histoire, qui l’avait mise sous emprise. On aime également la relation qu’elle entretient avec sa soeur Trish, et le développement des autres personnages féminins de la série.

Pour découvrir une autre héroïne de l’univers Marvel en série, on vous conseille Agent Carter.