Mulan

Long métrage réalisé par Niki Caro, 2020, Etats-Unis, Chine

Mulan est une jeune femme effrontée, qui préfère l’activité physique plutôt que de rester sagement à la maison comme la tradition le voudrait. Quand son père, âgé et affaibli, est mobilisé pour aller au combat, elle se fait passer pour un homme et prend sa place.

Dans la série des remakes de films d’animation Disney en films en prises de vues réelles, Mulan est plutôt une réussite ! Certes, cette version est moins fidèle à la version dessin animé (le personnage de Mushu n’existe pas, il y a moins de « magie » et aucune chanson par exemple), mais cela en fait un film plus mature, davantage destiné aux adolescent.e.s qu’aux enfants. Probablement pour être dans l’air du temps, Disney introduit un personnage secondaire féminin assez intéressant, même si son histoire est finalement assez limitée. On aime aussi que les décors (magnifiques) soient plus réalistes et moins exotisés et que l’ensemble des acteurs et actrices du casting soit chinois.es ou d’origine chinoise (ouf), même si ce n’est pas le cas de la réalisatrice.

Cependant, plusieurs polémiques accompagnées d’appels au boycott ont éclaté à la sortie du film, qu’il nous a semblé important d’évoquer ici : le soutien de l’actrice principale aux répressions policières à Hong-Kong ; le tournage dans la région de Xinjiang, où Pékin est accusé de violations des droits des Ouïghours ; la suppression de l’icône bisexuelle Li Chang (remplacé par 2 personnages masculins, avec quand même de fortes allusions homosexuelles à notre avis !). Bref, à vous de voir si vous souhaitez visionner ce film ou pas, et sur quelle plateforme !

Away

Série créée par Andrew Hinderaker, 2020, Etats-Unis

L’astronaute américaine Emma Greene s’apprête à prendre le commandement d’une mission en direction de la planète Mars, avec 4 autres astronautes : Kwesi, botaniste anglo-ghanéen, Lu, chimiste chinoise, Ram, copilote indien et Misha, ingénieur russe. Chacun.e laisse derrière elle/lui une famille, pour 3 ans et un éventuel non retour…

Away, c’est une série de science fiction loin des films du genre, qui enchainent catastrophe sur catastrophe. Ici, on s’attache plutôt à la psychologie des personnages : comment Emma (jouée par la convaincante Hilary Swank) va-t-elle supporter l’éloignement de son mari et de sa fille adolescente ? Comment les 5 astronautes aux parcours et sensibilités bien différentes vont-ils/elles réussir à s’entendre pour atteindre leur objectif commun ? Away est aussi une série qui met en valeur la diversité, et c’est très plaisant ! On entend parler anglais, mais aussi mandarin, russe, fanti et marathi. Visibilité, aussi, et notamment visibilité du handicap : 2 personnages, dont un personnage principal, sont en fauteuil roulant. La série montre aussi une adolescente atteinte de trisomie 21, jouée par une actrice elle-même concernée. Le difficile équilibre entre une telle mission et la vie familiale et amoureuse (y compris lesbienne) est un fil rouge de la série, avec des personnages féminins comme masculins (ceux qui partent vers Mars comme ceux qui restent sur Terre)) qui expriment leurs émotions. Enfin, la religion a une place importante dans la série (ça vous plaira, ou non), ce qu’on a également trouvé intéressant : à quoi se raccrocher quand on est plus éloigné.e.s de la planète que jamais, sans aucune certitude de revenir un jour ? Malheureusement, la série a été annulée après seulement une saison…

Les nouvelles aventures de Sabrina

Les nouvelles aventures de Sabrina

Série créée par Roberto Aguirre-Sacasa, depuis 2018, Etats-Unis

Sabrina est une adolescente mi-humaine, mi-sorcière. Le jour de ses 16 ans, elle va devoir faire un choix difficile : celui d’abandonner sa vie mortelle pour se consacrer à son coven, sa communauté de sorcières et sorciers.

Nous allons vous dévoiler un secret : à 1001 héroïnes, nous sommes un peu des trouillardes alors les films à suspens et les films d’horreur, ce n’est pas trop notre truc. La série Les nouvelles aventures de Sabrina allie juste ce qu’il faut d’épouvante et de créatures terribles pour nous faire un peu peur… sans complètement nous décourager à regarder la suite ! On a bien aimé le côté très rock’n’roll et adolescent de la série tout en évoquant des sujets occultes. Les personnages secondaires sont chouettes et on a hâte de savoir si certain.e.s sont davantage développé.e.s dans les saisons suivantes (résumé rédigé après le visionnage de la première partie uniquement).

I May Destroy You

I may destroy you

Série créée par Michaela Coel, 2020, Royaume-Uni

Arabella est une jeune adulte, écrivaine à succès, voix de sa génération et… en panne d’inspiration pour sa nouvelle œuvre. Un soir dans un bar, elle est droguée et violée, sans rien se rappeler le lendemain, à part quelques flashs qu’elle va tenter d’exploiter pour retrouver l’homme qui l’a violée.

Attention, voilà une nouvelle création puissante et déjantée de Michaela Coel ! On vous prévient : sexe, drogue, viol et traumatisme sont les fils rouges de la série. Certains partis pris sont très intéressants et montrent ce qui n’est jamais (ou rarement) montré au cinéma ou en série, comme le traumatisme de l’héroïne après son viol (comment il se manifeste, comment elle vit avec, et comment son entourage le perçoit et essaie de faire avec), ou encore les rapports sexuels en ayant ses règles. On adore aussi la relation avec ses deux meilleur.e.s ami.e.s. Par contre, il faut avoir le cœur accroché pour certaines scènes, explicites ou trop suggestives (on peut d’ailleurs s’interroger de la différence de traitement entre un viol d’un homme sur une femme qui est suggéré, et un autre viol, d’un homme sur un homme, qui est intégralement montré, de manière assez insoutenable). I May Destroy You et son style unique vous convaincront… ou pas !

Leo & Alex in the Middle of the 21st Century

Leo y Alex

Court métrage réalisé par Eva Libertad et Nuria Muñoz, 2019, Espagne

Après une soirée, Leo se réveille une fois de plus dans le lit de sa colocataire Alex. Mais Alex commence a en avoir marre de cette situation…

Leo & Alex est un chouette court métrage sur le début d’une relation lesbienne, qui évoque à mi-mots la difficulté de se dire, aux yeux de toutes et tous, lesbienne. Un chouette découverte.

Amandine Malabul, sorcière maladroite

Amandine Malabul

Série créée par Emma Reeves, depuis 2017, Royaume-Uni

Amandine, jeune adolescente, vit avec sa mère et s’ennuie un peu. Jusqu’au jour où Pamela, une jeune sorcière de son âge, atterrit par mégarde sur son balcon ! Cette dernière étant en retard pour la rentrée à l’école des sorcières, elle embarque Amandine… qui finalement y trouvera peut-être sa place.

Amandine Malabul, adaptée d’une série de romans jeunesse, est une série toute mignonne, où l’amitié est centrale, une sorte de version d’Harry Potter avec que des filles et des femmes et destinée à un public légèrement plus jeune. Car oui, si la série se regarde agréablement en famille, pour les plus grands et grandes d’entre vous, les intrigues manqueront peut-être d’originalité ou de piquant.

Greta

Greta

Court métrage réalisé par Sparkman Clark, 2019, États-Unis

Rien ne va vraiment dans la vie de Greta, jeune adulte complètement déprimée… jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre d’April.

Greta est un court métrage très touchant et beau, qui évoque sans dramatiser la dépression et un des moyens d’en sortir (tomber amoureuse !). Les deux actrices sont chouettes et la réalisation très belle (avec une belle lumière). Si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez pas ! Merci au festival Cineffable de nous avoir permis de le découvrir.

Seberg

Seberg

Long métrage réalisé par Benedict Andrews, 2019, Etats-Unis

Alors icône du cinéma de la Nouvelle Vague en France, l’actrice Jean Seberg décide de rentrer aux Etats-Unis. A Los Angeles, elle fait la connaissance d’un célèbre activiste des Black Panthers. Ils entament une relation et Jean Seberg est mise sous surveillance par le FBI.

Seberg raconte librement une partie de la vie de l’actrice Jean Seberg et notamment sa période de surveillance illégale par le FBI. Le film montre bien comment cette intimidation a marqué sa vie quotidienne, créant peur et paranoïa, avec de graves conséquences. On a aussi ici un aperçu de la façon dont le réseau d’activistes des Black Panthers se mobilisait et s’organisait.

Les saveurs du palais

Long métrage réalisé par Christian Vincent, 2012, France

Hortense Laborie est une cuisinière réputée. Un jour, on vient la chercher dans son Périgord pour l’emmener à Paris… où on lui propose le poste de cuisinière personnelle du Président de la République.

Les saveurs du palais est un film inspiré librement de l’expérience de Danièle Mazet-Delpeuch, ancienne cuisinière (et première femme à ce poste !) du président de la République française François Mitterrand de 1988 à 1990. C’est une vision inédite du palais de l’Elysée qui est proposée dans ce film, qui montre les coulisses et le fait d’avoir un poste à responsabilité en tant que femme dans ces coulisses. Hortense est confrontée non seulement au protocole (qu’elle arrive à outrepasser au fil des semaines) mais également au machisme du reste de l’équipe de cuisine, composée uniquement d’hommes. Un film sympathique.

Les délices de Tokyo

Long métrage réalisé par Naomi Kawase, 2015, Japon, d’après le roman du même nom écrit par Durian Sukegawa

Sentaro est un vendeur de dorayakis, ces gâteaux japonais moelleux avec de la pâte de haricot rouge au milieu. Un jour, Tokue, une femme de plus de 70 ans qui fait une pâte de haricot rouge exquise, lui demande de l’embaucher.

Les délices de Tokyo dépeint la relation peu courante entre 3 personnages de générations différentes : une vieille femme, un homme et une collégienne, et leur relation à ces dorayakis. C’est peu souvent qu’on a l’occasion de voir des femmes de cet âge au cinéma et le personnage de Tokue est particulièrement touchant et attachant. Le film aborde également la question de la solitude des personnages, pour plein de raisons différentes, notamment celle de l’exclusion sociale face à la maladie (nous n’en disons pas plus pour ne pas vous spoiler !).