La reine des neiges

Film d’animation réalisé par Jennifer Lee et Chris Buck, 2013, États-Unis

Elsa et Anna sont deux soeurs, princesses du royaume d’Arendelle. Petites filles, elles adorent jouer ensemble et profitent des pouvoirs d’Elsa, capable de créer glace et neige. Mais un jour, Elsa blesse accidentellement sa soeur… Leurs parents décident de les séparer et de faire porter des gants à Elsa pour qu’elle ne crée plus de magie. Plusieurs années plus tard, après la mort du roi et de la reine, une fête est organisée au château en l’honneur de la majorité d’Elsa. Par mégarde, elle dévoile ses pouvoirs et plonge le royaume dans l’hiver… Elle prend alors la fuite, et Anna part à sa recherche.

Libérééééée, délivréééée… Un chouette film des studios Disney, avec pour la première fois DEUX héroïnes fortes. Leur relation est très développée et centrale dans le film, c’est assez rare pour être souligné ! Bon, les autres personnages sont tous des hommes, et on n’échappe ni à l’extrême minceur des princesses Disney, ni bien sûr à une histoire d’amour hétéro bien comme il faut (et aux chansons qui vont avec)… Heureusement, Elsa y échappe (et certain.e.s la verraient bien lesbienne !).

La princesse et la grenouille 

Dessin animé réalisé par Ron Clements et John Musker, 2009, États-Unis

Années 1920, Nouvelle-Orléans. Un prince se retrouve transformé en grenouille par un sorcier… Il se met en tête de trouver une princesse acceptant de l’embrasser, et rencontre Tiana, une serveuse noire américaine qui s’apprête à acheter son propre restaurant. Mais quand elle l’embrasse, elle se transforme elle aussi en grenouille…

Tiana, c’est la première héroïne noire de Disney (même si elle passe finalement la plus grande partie du film en grenouille à la peau verte…). Déterminée et courageuse, elle est aussi ancrée dans une réalité plus proche de la nôtre, elle est moins “princesse gnangnan”. Dommage que dans ce dessin animé en 2D, qui tente un peu trop de renouer avec les classiques d’antan, on n’échappe pas au schéma du prince charmant qui permettra l’accomplissement.

Minga et la cuillère cassée

Film d’animation réalisé par Claye Edou, 2017, Cameroun (inspiré d’un conte camerounais)

Minga, orpheline, vit chez sa belle-mère Mami Kaba avec sa belle-soeur Abena. Elle est contrainte d’effectuer de nombreuses tâches domestiques… Mais un jour, en sortant chercher de l’eau, elle casse une cuillère à laquelle Mami Kaba tient beaucoup. Elle est donc chassée de la maison, avec l’interdiction de revenir si elle ne trouve pas la même cuillère en remplacement. Elle se lance alors à la recherche de cette cuillère…

Inspiré d’un conte camerounais, ce film est le premier long-métrage d’animation entièrement réalisé au Cameroun, avec un bien petit budget comparé aux grosses productions américaines, canadiennes ou françaises… On suit les aventures de Minga, l’héroïne, et ses rencontres avec de nombreux personnages qui vont l’aider ou l’empêcher d’atteindre son objectif. L’aider, voire faire à sa place… malheureusement, l’arrivée d’un prince charmant prend rapidement le dessus sur les aventures de Minga. Et puis, les seules autres femmes de l’histoire sont des méchantes, dommage. Bref, une chouette découverte, mais qui est fortement marquée par les stéréotypes !

Wardi 

Film d’animation réalisé par Mats Grorud, 2018, Palestine, Liban, Norvège, Suède, France

Wardi est une petite fille palestinienne, qui vit dans un camp de réfugié.e.s au Liban. Elle y est née, ainsi que ses parents et même ses grands-parents. Un jour, son arrière-grand-père Sidi, le seul né en Galilée, lui confie les clés de son ancienne maison. Wardi craint qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour… Alors, elle part à la recherche de cet espoir perdu, auprès de chacun.e des membres de la famille.

Wardi grimpe les étages de sa maison, construite sur 4 générations de vie au camp de réfugié.e.s, pour rencontrer son arrière-grand-père, son grand-père et sa grand-mère, sa tante, son oncle… qui témoignent chacun.e de la manière dont ils/elles sont arrivé.e.s ou sorti.e.s du camp et des atrocités qu’ils/elles ont traversé pour survivre. C’est un très beau film, qui alterne deux techniques d’animation en fonction de la temporalité des différentes scènes : le présent en stop-motion, le passé en dessins animés. Accessible dès 10 ans, très pédagogique, certaines scènes sont cependant particulièrement violentes et nécessiteront un accompagnement.

Elisa y Marcela

Film réalisé par Isabel Coixet, 2019, Espagne

A la fin du XIXème siècle, Marcela rencontre Elisa dans une école religieuse. Une amitié très forte se noue, une histoire d’amour se crée. Quelques années plus tard, les deux jeunes femmes se retrouvent, s’aiment, vivent ensemble… mais comment faire pour éviter les commérages ? Elisa se fait alors passer pour un homme pour pouvoir épouser Marcela…

Elisa y Marcela a le très grand mérite de nous faire découvrir l’histoire vraie de ces deux femmes lesbiennes, qui se sont mariées un siècle avant les débats sur le mariage pour toutes et tous. Esthétiquement parlant, il offre quelques très belles séquences, le tout en noir et blanc. Mais si le jeu des actrices est plutôt bon, les longueurs se font sentir rapidement. Une scène de sexe impliquant un poulpe est franchement ridicule. Bref, un film qui ne nous a pas totalement convaincues !

A thousand girl like me

Documentaire réalisé par Sahra Mani, 2019, Afghanistan, France

Dans la banlieue de Kaboul, Khatera, enceinte, vit avec sa mère et sa fille. Cette dernière, ainsi que son enfant à naître, sont issus des viols de Khatera par son propre père. Khatera est déterminée à faire entendre la vérité, elle veut que son père soit puni de ces viols commis depuis de longues années. Elle saisit la justice, médiatise l’affaire, tout en déménageant régulièrement avec sa famille pour se protéger de la famille du père.

La documentariste Sahra Mani a rencontré Khatera en 2014 et a commencé à la suivre, à filmer son combat épuisant et souvent dangereux, avec beaucoup de sensibilité, de bienveillance. On découvre une héroïne survivante de viols par inceste, au courage incroyable, qui reprend le contrôle sur sa vie. Il y a aussi sa mère, victime elle aussi, qui doute parfois mais la soutient toujours. Et puis la petite fille, qui grandit dans cet univers chaotique. Ce très beau film donne envie de se battre, pour toutes les femmes, contre toutes les violences des hommes.

The Crown

Série créée par Peter Morgan, depuis 2016, Etats-Unis, Royaume-Uni

Dans cette série, on suit la vie de la reine d’Angleterre Elisabeth II, à partir de son mariage avec le prince Philip. On découvre les conditions de son accession au trône, ses déplacements à l’international, ses relations avec le gouvernement (notamment Churchill au début de son règne) et avec sa famille, le poids du protocole, etc.

S’il ne faut pas s’attendre à autant de rebondissements, trahisons et passion que dans d’autres séries historiques, on s’attache rapidement à l’héroïne et aux autres personnages. Certes, il faut aimer les intrigues politiques et cette ambiance feutrée, assez sombre, très millimétrée. Mais la réalisation est belle, les actrices et acteurs excellent.e.s ! Claire Foy, qui joue la reine dans les deux premières saisons, est particulièrement impressionnante. Et puis, la série s’intéresse beaucoup aux rapports de la reine, en tant que jeune femme au début de la série, avec les hommes de son entourage (son mari, les politiciens) ; à la manière dont elle va affirmer sa position vis-à-vis d’eux. Au total, 6 saisons de 10 épisodes chacune sont prévues, avec des changements d’acteurs toutes les deux saisons.

But I’m a cheerleader

Film réalisé par Jamie Babbit, 1991, Etats-Unis

Megan est lycéenne, pom-pom girl et en couple avec un garçon qu’elle n’aime pas vraiment embrasser… Inquiets par ce comportement, ses parents l’envoient dans un centre de thérapie pour jeunes homosexuel.le.s, ayant pour objectif de les convertir à l’hétérosexualité.

Avec beaucoup d’humour et de kitsch, ce film dénonce l’existence et les méthodes de ces centres, très actifs encore aujourd’hui aux États-Unis, en France et ailleurs dans le monde. Le film dénonce aussi les stéréotypes qui pèsent sur les filles et les garçons (le rose/le bleu, le ménage/le sport, etc.). La réalisatrice est une femme lesbienne, ce qui est assez rare pour être précisé ! Sur le même thème, on vous conseille Come as you are.

Come as you are

Film réalisé par Desiree Akhavan, 2018, Etats-Unis, d’après le roman d’Emily M. Danforth The Miseducation of Cameron Post

Cameron Post est une adolescente lesbienne au début des années 90. Surprise en train d’embrasser son amie Coley, elle est envoyé dans un centre évangélique pour être remise “sur le droit chemin”. 

Come as you are est un film essentiel qui rappelle que l’homosexualité n’est ni une anormalité, ni une maladie, et qui dénonce les structures, notamment religieuses, qui tentent de la combattre/guérie (ou plutôt de casser les personnes pour qu’elles ne soient plus en mesure de tout simplement vivre). Quelques passages sont un peu lents, mais l’actrice Chloë Grace Moretz est vraiment touchante : une raison en soit de regarder ce film. Sur le même thème, on vous conseille But I’m a cheerleader !

Dix pour cent

Série créée par Fanny Herrero et Dominique Besnehard, depuis 2015, France 

C’est la crise à l’agence artistique ASK : son fondateur vient de mourir… Andrea, Mathias, Gabriel et Arlette tentent de sauver leur agence !

Dans chaque épisode de cette série, des acteurs et actrices jouent leur propre rôle… avec humour ! On suit donc à la fois les aventures des membres de l’équipe, composée de plusieurs femmes aux personnalités affirmées, et la vie privée et professionnelle des stars qu’ils/elles accompagnent. L’équipe en charge de l’écriture est très féminine, la créatrice est féministe, et cela se ressent dans les sujets abordés : gestion de la maternité, sexisme, discriminations contre les actrices considérées comme « trop vieilles », mais aussi homosexualité (Andrea est l’une des premières héroïnes lesbiennes d’une série française) et racisme.