Légère

légère roman anorexie

Roman écrit par Marie Claes, 2022, France

Annabelle, 16 ans, va bien. Mais un jour, elle a une révélation : elle doit manger moins, moins de viande, de gras, de sucre. Ses stratégies s’affinent en même temps que sa silhouette.

Légère, comme Petite, est un roman sur l’anorexie chez une adolescente. On suit son cheminement et son fonctionnement, mais aussi les inquiétudes de sa mère Violette, les répercussions sur son petit frère, l’indifférente absence de son père. En plus du point de vue de l’héroïne, on découvre aussi l’incompréhension et le désespoir de la famille, et le “jeu” de regards entre adolescentes, qui encourage à maigrir toujours plus. Un roman poignant qui se lit d’une traite.

La sixième

La sixième

Roman écrit par Susie Morgenstern, 1985, France

Ça y est : Margot entre dans la cour des grand.e.s et va démarrer son année de sixième. Arrivera-t-elle à se faire des ami.e.s ? A se retrouver parmi les couloirs de son collège ? En bref, à traverser cette année tant attendue et redoutée ?

La sixième est l’un des romans les plus connus de l’autrice jeunesse ultra-prolifique Susie Morgenstern, et pour cause. Ecrit en 1985, il semble pourtant intemporel (si on oublie l’absence de téléphone portable à l’époque !) sur les appréhensions de sa jeune héroïne et les dynamiques de groupe. On aime que Margot, a priori discrète, se retrouve être une personne motrice de sa classe, et que, dans sa famille, ce soit son père qui tienne lieu de personne ressource. Ecrit du point de l’héroïne, celle-ci relate une agression verbale de la part d’un des grands du collège : en lisant ce passage en 2021, on ne saurait dire s’il marque un temps où une telle agression était banalisée ou s’il illustre parfaitement le peu d’écoute qu’on accorde aux enfants.

Poupée volée

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Roman écrit par Elena Ferrante, 2006, Italie

Leda, enseignante de pas tout à fait 50 ans, passe des vacances en solitaire au bord de la mer. Sur la plage, une famille l’intrigue et notamment le trio composé d’une jeune mère, sa fille et sa poupée. Un jour, Leda vole la poupée.

C’est le premier roman de cette célèbre autrice anonyme que nous lisons après sa saga L’amie prodigieuse et l’élément déclencheur est assez perturbant. Cette pulsion de l’héroïne et le regard qu’elle porte sur cette famille et le trio mère-fille-poupée sont détaillés de son point de vue. Ces quelques jours la renvoient à de nombreuses situations de sa propre vie et de son vécu de femme, d’universitaire, de mère au fil des années… que la société patriarcale pousse à jalouser ses propres filles quand elles deviennent adolescentes puis adultes. Un vrai mélange de réflexions intimes tout aussi intéressantes qu’inquiétantes.

Nos jours brûlés

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Roman écrit par Laura Nsafou, 2021, France

Nous sommes en 2049. Depuis vingt ans, le soleil a disparu et le monde est plongé dans l’obscurité… Elikia a 20 ans, et elle n’a jamais connu le soleil. Avec sa mère Diba, elles quittent leur maison pour arpenter le continent africain, en quête d’informations sur une ancienne cité ayant abrité des divinités, dont la disparition serait liée à celle du soleil…

Après trois albums jeunesse qu’on adore (Comme un million de papillons noirs, Le chemin de Jada et La demeure du ciel), Laura Nsafou nous offre son premier roman ! Et quel roman : un roman de science-fiction, en Afrique, avec une héroïne forte ! On ne pouvait qu’adorer, et on a effectivement adoré. L’univers est très riche, on découvre de nombreuses divinités, esprits et créatures inspirées de la mythologie africaine, de plein de pays différents (un glossaire permet d’ailleurs de s’y retrouver, à la fin du roman). Bref, foncez !

Attention : seul le tome 1 de Nos jours brûlés est sorti pour le moment !

Pour un autre roman fantastique pour ados en Afrique, on vous conseille aussi la saga De rage et de sang.

Salomé et les femmes de parole

Roman écrit par Nathalie Charles, 2019, France

Salomé entre en 6ème, dans un tout nouveau collège… qui n’a même pas encore de nom ! Et justement, un concours est organisé pour lui trouver un nom. La timide Salomé, souvent qualifiée d’ « intello » par certains de ses camarades, va relever le défi. Elle se lance alors dans des recherches pour trouver le nom d’une personne célèbre… et si possible, une femme !

Un roman sympathique, avec une jeune héroïne qui découvre une grande injustice : les femmes sont largement sous-représentées parmi les noms de rue dans son quartier ! On la suit dans son quotidien au collège et avec sa famille, et on suit également toutes ses recherches de femmes célèbres, ce qui permet aux jeunes lecteur.ice.s de (re)découvrir des noms plus ou moins connus de manière très ludique : Simone de Beauvoir, Simone Veil, Rosa Parks, Megan Rapinoe, Emma Gonzalez…

Le deuxième (et dernier) tome est également paru et raconte la suite de cette aventure.

Les orageuses

Roman écrit par Marcia Burnier, 2020, France

Mia, Inès, Louise, Leo, Lila, Lucie. Toutes ont subi des viols, toutes survivent comme elles peuvent. Toutes ensemble, c’est un peu moins difficile : elles se comprennent, elles se croient, pas besoin d’expliquer ou pire, de se justifier. C’est ensemble qu’elles décident d’agir pour reprendre le pouvoir sur leurs vies, pour ne plus avoir peur, de se rendre justice… puisque personne d’autre n’est disposé à le faire.

Un court roman ancré dans notre époque, qui met des mots sur les conséquences psychologiques des violences sexuelles, sur le traumatisme. Marcia Burnier aborde la question de la justice, souvent dysfonctionnelle en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles. Ainsi qu’une question souvent évitée : si tant de femmes ont subi des viols, où sont les violeurs ?

Pour d’autres gangs de femmes qui pourchassent des agresseurs et des violeurs, on vous conseille les séries Sweet/Vicious et Les justicières.

Les oiselles sauvages

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Roman écrit par Pauline Gonthier, 2021, France

1970, Madeleine quitte sa famille catholique et bourgeoise pour étudier à la Sorbonne… et se plonge corps et âme dans les groupes féministes émergeants qui préfigurent le Mouvement de Libération des Femmes. 2017, Mathilde est en couple avec Aurélien et rencontre Alix, politisée, féministe, lesbienne… qui ne la laisse pas indifférente.

Roman lesbien parfois un peu facile et cliché sur la naissance d’un désir lesbien chez deux héroïnes d’époques différentes, Les oiselles sauvages est également un bon moyen d’en apprendre plus que le MLF et le féminisme des années 70. En effet, l’autrice a pris soin de documenter le contexte et de placer le maximum de références tout au long du roman (un peu trop selon nous d’ailleurs). C’est pour vous si vous êtes en manque de romance lesbienne (auquel cas, on vous conseille également On ne choisit pas qui on aime) et que vous avez besoin de réviser votre histoire du MLF (et la flemme de lire Françoise Picq).

Dans le même style, on vous suggère de vous plonger dans Nos elles déployées.

L’Opoponax

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Roman écrit par Monique Wittig, 1964, France

Ce roman, ce sont des bribes de vie quotidienne d’enfants, des petites filles et petits garçons qui jouent, vivent, vont à l’école, se réjouissent, ont peur, apprennent.

L’Opoponax, salué par le Prix Médicis en 1964, est le premier roman extraordinaire de l’autrice et militante lesbienne Monique Wittig. Au-delà du “je”, la narration alterne entre plusieurs des enfants, dont on suit littéralement les pensées qui vagabondent. On passent ici d’une chose à une autre sans transition et… sans même qu’on s’en rende compte parfois. Difficile de décrire cette écriture fascinante, on vous conseille de tester par vous même la lecture de ce roman pour vous faire une idée.

Black Sunday

Roman écrit par Tola Rotimi Abraham, 2021, Nigéria

Les jumelles Bibike et Ariyike et leurs frères Peter et Andrew sont abandonné.e.s par leurs parents, du jour au lendemain, après un mauvais placement d’argent qui les amène à la pauvreté. Les enfants grandissent à Lagos, (sur)vivent de petits boulots, dans un univers marqué par le pouvoir des hommes (de religion) et la corruption.

Les années passent, de 1995 à 2015 avec des ellipses temporelles, vingt ans de vie à travers les regards des quatre frères et sœurs. Les sœurs surtout, les aînées, qui vont subir de plein fouet les violences des hommes, et qui vont faire des (non)-choix très différents pour y survivre. Un premier roman qui ne laisse pas indifférent.e !

On ne choisit pas qui on aime

Autobiographie de Marie-Clémence Bordet-Nicaise, 2019, France

Issue d’une famille bourgeoise et catholique, Marie-Clémence avait une vie toute tracée, en route pour l’hétérosexualité, le mariage, tout comme il faut. Mais un jour, elle tombe amoureuse d’une femme.

Voilà un roman qui se dévore, comme on lit sans s’arrêter une série de témoignages bien écrits sur un blog ! L’autrice raconte son parcours de combattante pour faire accepter son histoire d’amour aux yeux de sa famille. Un récit parfois glaçant, qui narre de l’intérieur les années “manif pour tous” en 2012-2013, mais surtout plein, plein, plein d’amour. Et ça fait vraiment du bien !