Viendra le temps du feu

Viendra le temps du feu

Roman écrit par Wendy Delorme, 2021, France

Dans un état totalitaire proche du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, des humains sont divisés en trois groupes : celles et ceux qui vivent dans la cité en étant reconnu.e.s, celles et ceux qui vivent dans la cité en étant considéré.e.s comme des moins que rien et celles et ceux qui vivent en dehors. Des personnages de tous les milieux tentent de lutter contre leur situation.

Au début du roman, les prises de paroles, courtes, de différents personnages (majoritairement des femmes) se mettent en place. Le rythme et l’écriture sont très poétiques, le contexte dystopique se dessine et les zones d’ombres participent harmonieusement au récit. Puis dans la 2ème partie, on a trouvé que le charme se rompt et que les transpositions du monde d’aujourd’hui sur le monde de demain deviennent un peu grossières. A vous de voir si ça vous convient ou pas ! On vous déconseille de lire des articles sur ce roman avant la lecture, ce qui pourrait vous gâcher quelques éléments.

Les rêveurs

Les rêveurs

Roman autobiographique écrit par Isabelle Carré, 2018, France

Une fille, ses parents, ses frères et des souvenirs vécus ou supposés.

Grandir dans les années 70 et dans une famille peu ordinaire, c’est ce qu’écrit Isabelle Carré. Avec douceur et poésie, elle raconte son enfance, son adolescence et les blessures qui traversent les générations (avec des pages magnifiques sur sa mère). L’écriture est sublime et touchante. Un roman à lire et à offrir.

Les livres de Sayuri

Roman écrit par Lucia Hiratsuka, 2016, Brésil

Sayuri est fille de Japonais installés au Brésil. Elle rêve d’apprendre à lire et à écrire. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et les Japonais sont vus comme des ennemis. Toutes les familles doivent cacher leurs livres et fermer leurs écoles pour ne pas être accusées de collaboration.

Les livres de Sayuri est un roman jeunesse émouvant, une ode à la lecture et à l’éducation, avec une héroïne attachante. Les dessins qui illustrent chaque chapitre sont magnifiques. Un roman qu’on a envie de conseiller à tout le monde !
Autre pays, autre histoire de communauté japonaise hors du Japon, on conseille aux plus grand.e.s d’entre vous le magnifique Certaines n’avaient jamais vu la mer.

La nouvelle

La nouvelle roman

Roman écrit par Cassandra O’Donnell, 2019, France

Quand Haya arrive dans sa classe, Gabriel est intrigué. Qu’est-il arrivé à cette nouvelle camarade de classe venue de Syrie ?

La nouvelle est un roman jeunesse qui traite de sujets actuels : l’acceptation de réfugié.e.s (ici syrien.ne.s) et plus globalement d’immigré.e.s dans la société française. Par le point de vue d’un jeune garçon vivant en Bretagne, un tableau assez réaliste est dressé autour d’une histoire d’amitié et de famille assez classique. Une réussite, à faire découvrir aux jeunes et aux plus grand.e.s.

Pour info, le site de l’éditeur propose une fiche pédagogique pour le lire en classe.

Les pointes noires à l’Opéra

Roman écrit par Sophie Noël, 2020, France

Eve est passionnée de danse classique. Elle est désormais élève à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris, une école exigeante… et très conformiste. Eve est la seule élève noire. Face à la compétition et à la solitude, aux attitudes racistes d’élèves et de professeur.e.s, Eve doit doublement se battre pour atteindre son objectif : devenir danseuse étoile. En parallèle, elle cherche à retrouver sa meilleure amie d’enfance, perdue de vue depuis qu’elle a quitté l’orphelinat malien où elle a grandi.

La suite des Pointes noires nous a plu tout autant que le premier tome ! Un roman bouillonnant de l’énergie de son héroïne, dont on suit les aventures avec passion. L’autrice s’emploie aussi à montrer le racisme d’une institution comme l’Opéra, qui, au nom des traditions, perpétue des stéréotypes d’une grande violence.

Pandorini

Roman écrit par Florence Porcel, 2021, France

A la mort de Pandorini, acteur star du cinéma français, la presse s’enflamme. Et puis, une journaliste ose aborder le sujet : Pandorini était-il si parfait que ça ? N’aurait-il harcelé et agressé des femmes au cours de sa carrière ? En parallèle, la narratrice se souvient, 14 années auparavant, alors qu’elle était jeune étudiante, avoir rencontré l’acteur…

Dans Pandorini, Florence Porcel raconte l’emprise d’un homme puissant sur une jeune étudiante. Elle décrit avec force le traumatisme : sidération, dissociation, amnésie traumatique. Les chapitres racontés du point de vue de cette étudiante alternent avec des coupures de presse, qui montrent incroyablement bien les rouages qui se mettent systématiquement en place lorsqu’un homme puissant est accusé de violences sexuelles : remise en question de la parole des victimes, déni des violences, ridiculisation des militantes féministes… Un roman coup de poing, inspiré de la vie de l’autrice, dans la lignée des ouvrages de Vanessa Springora, Camille Kouchner et d’autres survivantes courageuses.

Enrage contre la mort de la lumière

Roman écrit par Futhi Ntshingila, Afrique du Sud, 2021

Mvelo a 14 ans quand elle se retrouve seule, après le décès de sa mère Zola. Pourtant, la jeune fille n’a pas toujours vécu dans les “townships”, ces bidonvilles de l’Afrique du sud. Autrefois, elle a vécu dans une belle maison avec sa mère et son amant. Et puis avant encore, Zola allait à l’école et elle adorait ça, son avenir semblait plein de promesses…

Enrage contre la mort de la lumière est un roman magnifique, un vrai coup de cœur de ce début 2021. Il suit les parcours de Mvelo, de Zola, mais aussi de Nonceba, de Petra, de Sipho. Des personnages forts, auxquels on s’attache dès les premières lignes. En filigrane, l’autrice aborde le VIH/Sida, les violences sexuelles, la virginité, la pauvreté, le racisme, l’importance des racines… Beaucoup d’obstacles dans la vie de ces héroïnes battantes, mais aussi beaucoup d’espoir !

La discrétion

Roman écrit par Faïza Guène, 2020, France

Née en Algérie à la fin des années 40 dans une Algérie colonisée par la France, Yamina doit quitter l’école qu’elle adore pour aider sa famille. Plus tard, elle suit son mari en France, où ils auront quatre enfants : Malika, Hannah, Imane, Omar. Quatre enfants qui ne comprennent pas toujours la discrétion de leurs parents, qui tentent de s’intégrer sans faire de vagues alors que l’islamophobie grandit.  

Un roman à l’écriture simple et fluide, pleine de douceur, qui traverse les décennies et embarque les lecteurs et lectrices dans les vies de Yamina, femme déracinée. D’un chapitre à l’autre, on découvre un petit bout de son enfance, puis on revient au présent, à l’amour qu’elle porte à ses enfants devenus des adultes. Un roman qu’on quitte avec regret !

Faïza Guène a aussi écrit Kiffe kiffe demain, un roman pour ados qui nous embarque dans la vie de Doria, 15 ans, dans la cité de Livry Gargan.

Chroniques du Pays des Mères

Roman écrit par Élisabeth Vonarburg, 1992, France

Plusieurs siècles après l’effondrement du monde actuel, une nouvelle société s’est mise en place. Dans cette société, peu de garçons naissent et ce sont les femmes qui dirigent les « Capteries » du « Pays des Mères ».  Lisbeï nait dans une des Garderies de ce monde, entourée de « mosta » de son âge. En grandissant, elle découvre progressivement le monde qui l’entoure.

Dans ce roman de 800 pages, paru en 1992, les accords se font au féminin ! C’est une fresque de science-fiction féministe assez incroyable que nous livre ici Elisabeth Vonarburg. On s’y croit vraiment, et le roman se dévore. Difficile d’en dire beaucoup plus, car c’est un vrai plaisir de découvrir le monde inventé par l’autrice. C’est aussi un roman qui interroge et fait réfléchir : religion, tradition, place de l’histoire, division de la société selon les sexes, liberté…

Chroniques du Pays des Mères a été conseillé lors d’un Club des héroïnes !

Mister T et moi

Roman écrit par Elisa Rojas, 2020, France

Quand Elisa rencontre T., c’est le coup de foudre. Sauf que… lui ne semble pas partager ses sentiments, et c’est le râteau. Fin de l’histoire ? Non, le début : alors, comment Elisa en est-elle arrivée là ?

Mister T et moi, c’est une romance fleur bleu, mais aussi très drôle et surtout : politisée ! Car l’avocate Elisa Rojas, autrice, narratrice et héroïne du livre, est en fauteuil roulant. Au fil des pages, elle raconte comment les préjugés sur le handicap impactent les relations humaines, amicales, amoureuses. Elle raconte ce que ça fait d’être une femme handicapée dans une société sexiste et validiste. Et puis comment, au XXIème siècle, on s’attend encore à ce qu’une personne en situation de handicap ne puisse aimer et être aimée que d’une autre personne handicapée.