Mes bien chères sœurs

Couverture du livre Mes bien chères soeurs

Essai écrit par Chloé Delaume, 2019, France

Chloé Delaume décrit la quatrième vague du féminisme, cet élan venu de toutes ces femmes qui disent “stop” aux violences, via le mouvement #MeToo et les réseaux sociaux

On lit cet essai manifeste d’une traite, car il fait un bien fou ! Un peu de colère, mais surtout un appel, un cri du cœur, pour une solidarité entre femmes, une sororité qui nous permettra enfin de renverser le patriarcat. A lire et à offrir à nos sœurs de lutte !

Chloé Delaume a également dirigé le très chouette ouvrage collectif intitulé Sororité.

Coming in

Image de la BD Coming in

Bande dessinée écrite par Elodie Font et illustrée par Carole Maurel, d’après le podcast “Coming in” d’Elodie Font, 2021, France

“Quand on évoque l’homosexualité, on pense souvent au “coming out”, ce moment où l’on s’ouvre à nos proches de notre différence. Dans mon cas, le plus difficile a été de me le dire à moi-même, de faire le deuil de tout ce que j’avais projeté, de faire le deuil de mon hétérosexualité.” Elodie Font raconte cette histoire, celle de son “coming in”, ou comment elle est parvenue à être elle-même après un long chemin, une longue quête de son identité.

On avait adoré (et on vous le conseille absolument) le podcast d’Elodie Font, sorti en 2017. La BD reprend ce récit d’utilité publique, qui parlera à de nombreuses personnes pour lesquelles le plus difficile n’a pas été de se dire aux autres, mais à soi-même. Les illustrations toujours aussi formidables de Carole Maurel (qui a aussi écrit et/ou illustré Ecumes, Luisa ici et là et Nelly Bly) sont un atout incontestable. Un coup de cœur, un incontournable !

D’autres BD abordent la question du lesbianisme et de la quête de soi : on aime beaucoup La fille dans l’écran et Luisa ici et là.

L’année de grâce

L'année de grâce roman féministe

Roman écrit par Kim Liggett, 2020, Etats-Unis

A l’âge de 16 ans, toutes les jeunes filles sont envoyées dans la forêt pendant une année pour se libérer de leur magie avant d’être mariées ou placées en tant que domestiques. Tous les ans, à leur retour, une partie d’entre elles manque à l’appel. Que se passe-t-il pendant l’année de grâce dont il est interdit de parler ? L’intrépide et indépendante Tierney, dont l’année de grâce est arrivée, survivra-t-elle à cette année ?

Salué par la critique lors de sa sortie, L’année de grâce est une dystopie féministe accessible pour un public ado/jeune adulte. Du fantastique, un peu d’horreur, un bon fond féministe et une intrigue et héroïne rappelant celles de Hunger Games ou encore La Servante écarlate composent ce roman. On a été impressionnées par la justesse de la description et de la retranscription des mécanismes patriarcaux qui poussent les femmes à être d’éternelles rivales, plutôt que de se serrer les coudes et de cultiver la sororité. La première partie du roman est captivante, et suscite de nombreuses questions et théories (pas toujours élucidées, ce qui est intéressant aussi !) quant à la suite de l’histoire. Du coup, peut-être que la 2ème partie du livre et les partis pris choisis par l’autrice ne vous satisferont pas tout à fait mais L’année de grâce reste un roman définitivement puissant qu’on vous conseille absolument.

Palacinche : Histoire d’une exilée

Palacinche histoire d'une exilée bd

Bande dessinée écrite par Caterina Sansone et dessinée par Alessandro Tota, 2012, Italie, France

Une jeune femme part avec son conjoint sur les traces de sa famille italienne, originaire de Fiume (ville aujourd’hui appelée Rijeka et située en Croatie) et reconstitue leur trajet d’exil.

Palacinche est une bande dessinée très intéressante sur une situation héritée de la Seconde Guerre mondiale souvent oublié de l’histoire européenne : 40 000 Italien.ne.s (environ 70 % de la population avant 1945) ont dû quitter la ville lorsqu’elle a été intégrée à la Yougoslavie. Les deux personnages retracent l’exil, la vie dans des camps de transit et les baraquements, l’intégration de cette population… une histoire qui résonne fort avec l’actualité.

Autre exil, autre retour dans le passé, on vous conseille également la bande dessinée La propriété.

Le réseau Alice

Le réseau Alice roman féministe

Roman écrit par Kate Quinn, 2020, Etats-Unis, Royaume-Uni, France

Quelques mois après la fin de la Seconde guerre mondiale, la jeune américaine Charlie se rend avec sa mère en Suisse pour avorter. Mais en arrivant en Europe, elle a également un autre objectif : retrouver sa cousine Rose, disparue en France pendant la guerre. Sa quête va la mener auprès d’Eve Gardiner, une ancienne espionne de la Première guerre mondiale, alcoolique et vraiment pas commode.

Qui se souvient des espionnes des deux guerres mondiales ? Qui sait même qu’elles ont existé et combien elles ont été de véritables héroïnes de guerre ? Ce roman, très librement inspiré de personnages historiques, leur rend hommage. Avec une alternance de chapitres entre les deux héroïnes (la jeune Eve, espionne pendant la première guerre, et Charlie, qui mène son enquête peu après la seconde guerre), on est définitivement embarquées dans l’intrigue, qui aborde une variété de sujets intéressants (l’avortement pendant les deux guerres, le rôle des femmes pendant les deux guerres, le traumatisme provoqué par les guerres, etc.). On regrette juste qu’une histoire d’amour (pour émoustiller les lectrices, il faut bien le dire) ait été intégrée dans l’intrigue, déjà riche.

Autre continent, autre guerre, Le réseau Alice rappelle un peu le roman La dernière réunion des filles de la station service, qu’on a adoré.

La naissance en BD

La naissance en BD féministe accouchement

Bande dessinée écrite et dessinée par Lucile Gomez, 2020, France

En 2013, Lucile, enceinte de son premier enfant, est accompagnée par une sage femme. Son accouchement se déroule sans douleur et sans aide médicale. Constatant que ses amies, mères également, n’ont pas du tout la même version de leurs accouchement et accompagnement à la naissance à raconter, elle décide de partager ses connaissances sur une naissance respectueuse de la physiologie.

Quelle pépite ! Loin d’être un ouvrage de niche, cette BD s’adresse à toutes et à tous, mères, mères en devenir, femmes qui n’ont pas l’intention d’être mères mais ont des amies qui le sont, ainsi que conjoints. Entre notions scientifiques et dénonciation d’un système médical patriarcal en place, l’autrice sait expliquer dans un langage accessible et avec beaucoup d’humour son propos. Bonne nouvelle, deux autres tomes suivent ce premier opus, on a hâte de les lire. A partager et à offrir autour de vous !

Awa – Faut qu’on change le monde !

Bande dessinée écrite par Zélia Abadie et illustrée par Gwenaëlle Doumont, 2021, France, Belgique

Awa a 7 ans. Elle vit en Belgique avec ses parents, sa sœur et son chat. A chaque page, elle raconte avec humour une aventure issue de son quotidien.

Awa, paru aux éditions Talents Hauts, est un vrai coup de cœur de cette rentrée 2021 ! On adore cette petite fille curieuse et drôle qui raconte sa vie à l’école, à la maison, au musée… C’est une bulle de bienveillance, avec des personnages divers qui font du bien aux représentations : il y a la maman d’origine guinéenne, le papa qui s’occupe du repassage, les tantes lesbiennes… Dans ces petites histoires, les stéréotypes sont remisés au placard ! On a hâte de découvrir la suite !

En finir avec l’homme – Chronique d’une imposture

Essai écrit par Eliane Viennot, 2021, France

“Homme” est aujourd’hui souvent utilisé en France pour désigner le genre humain tout entier. Pourtant, il ne viendrait à l’idée de personne d’utiliser “femme” pour la même signification. Le masculin est-il vraiment neutre ? Est-ce que tout ça n’aurait pas un petit lien avec le sexisme de notre langue ?

Spoiler alert : en effet. Notre langue est sexiste, comme Eliane Viennot l’avait déjà brillamment démontré dans Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin. Dans ce petit ouvrage très accessible aux éditions iXe, l’autrice enquête, et c’est passionnant, sur cet abus de langage aujourd’hui érigé comme une normalité. A lire !

Le bal des folles

Roman graphique d’après le roman de Victoria Mas, scénarisé par Véro Cazot et illustré par Arianna Melone, 2021, France

Fin du XIXème siècle, à Paris. Eugénie Cléry est une jeune fille de bonne famille. Mais elle possède un don inhabituel : elle entend et voit les morts. Après avoir fait part de ce don à sa grand-mère, sa famille l’enferme à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, au “service des hystériques” dirigé par le célèbre neurologue Charcot.

Adapté très fidèlement du roman du même nom, cette belle BD suit plus particulièrement le parcours d’Eugénie et sa lutte pour s’échapper de la Salpêtrière. Une illustration puissante de cette histoire inspirée de faits réels, quand la société cherchait à se débarrasser des femmes gênantes en les enfermant… tout en exprimant une certaine fascination pour elles, en participant à des événements comme ce Bal des folles où la haute société parisienne venait se divertir en observant les “hystériques”.

Découvrez aussi l’adaptation en long métrage, ainsi que le récit en BD de Nelly Bly dans un asile psychiatrique de New-York.

Le bal des folles

Roman Le bal des folles

Roman écrit par Victoria Mas, 2019, France

Fin du XIXème siècle, à Paris. Louise est internée depuis 3 ans à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Le célèbre professeur Charcot, neurologue et chef du “service des hystériques”, réalise chaque chaque semaine des démonstrations publiques d’hypnose, avec l’appui de Madame Geneviève, infirmière en chef… En parallèle, on suit Eugénie Cléry, jeune fille de bonne famille à mille lieux des enfermées de la Salpêtrière. Jusqu’à ce qu’elle y soit envoyée à son tour.

Le bal des folles est un court roman qui se dévore. L’autrice dépeint des héroïnes très fortes, qui incarnent toutes ces enfermées considérées comme folles pour de raisons multiples : celles en situation de handicap mental, mais aussi souvent celles taxées d’hystériques car elles osaient bouleverser les codes. A lire, ainsi que les deux adaptations qui en ont été faites : une BD et un long métrage. On vous conseille aussi le récit de Nelly Bly internée dans un asile psychiatrique de New-York, adapté en bande dessinée.