Aya de Yopougon

Série de bandes dessinées écrites par Marguerite Abouet et dessinées par Clément Oubrerie, 2005-2010, France, Côte d’Ivoire (6 tomes)

A la fin des années 70, à Abidjan (“Yop-city”), Aya, Adjoua et Bintou ont 19 ans. Aya souhaite devenir médecin quand son père la préfèrerait mariée, pendant que ses deux copines sont de grandes fêtardes. Autour d’elles gravitent de nombreux personnages : parents, petits copains, voisin.e.s, ami.e.s… Un jour, Adjoua apprend qu’elle est enceinte…

Un chouette univers, des héroïnes qui n’ont pas leur langue dans leur poche, et des destins traditionnels de femmes remis en question. C’est un peu tout ça qu’évoque la série Aya de Yopougon ! Une série pleine d’humour, d’espoir, de rêves. Un film d’animation adapté des bandes dessinées existe également.

Tous tes enfants dispersés

Roman écrit par Beata Umubyeyi Mairesse, 2019, France, Rwanda

Blanche, rwandaise métisse, vit en France avec son mari et son fils Stokely depuis sa fuite du Rwanda pendant le génocide des Tutsis en 1994. Sa mère Immaculata est restée au Rwanda. Leurs récits croisés parlent de mémoire, de transmission, de traumatismes, d’exil, de reconstruction, de pardon.

Un très beau et émouvant premier roman, par l’autrice franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse. Chaque chapitre est rédigé du point de vue du ressenti d’un.e personnage : la mère, la fille, puis le petit-fils. Comment renouer les liens malgré la distance et les secrets ? Comment trouver sa place quand on a été exilée, quand on vit entre deux pays, quand on a vécu un traumatisme ?

Le pouvoir

Roman écrit par Naomi Alderman, 2016, Royaume-Uni 

Un jour, des adolescentes découvrent qu’elles possèdent “le pouvoir”. Du bout des doigts, elles peuvent créer des arcs électriques, détruire des objets, infliger de fortes douleurs, voire tuer. Progressivement, toutes les femmes découvrent qu’elles le possèdent également. Elles apprennent à le maîtriser. Une nouvelle religion se crée, des écoles non mixtes ouvrent pour protéger les garçons, des armés de femmes se mettent en marche. Car certaines femmes sont bien décidées à se venger du pouvoir masculin auparavant en place…

Le récit s’articule autour de 4 personnages : 2 adolescentes, une mairesse américaine et un journaliste nigérian. Dans la lignée des dystopies féministes comme La servante écarlate, Le pouvoir se lit vite, se dévore. Toutefois, on s’interroge : dans le livre, les femmes au pouvoir reproduisent très exactement les violences commises par les hommes (manipulation, violences physiques et sexuelles, dictature politique, doctrine religieuse violente…). On préfèrerait largement imaginer un monde féministe utopique, qui ne reproduirait pas à l’identique le pouvoir patriarcal en place. Par la même autrice, découvrez aussi La désobéissance !

I’m every woman

Roman graphique écrit et dessiné par Liv Strömquist, 2018, Suède 

Qui sont les “pires petits amis de l’histoire” ? Edvard Munch, Mao Zedong, Ingmar Bergman, Elvis Presley, Joseph Staline ? Difficile de les départager…

Liv Strömquist décortique le comportement de ces hommes célèbres avec leurs compagnes, et au-delà nous parle de la misogynie des hommes, de l’origine des inégalités, de religion, de conservatisme… Alors oui, ça part un peu dans tous les sens ! Mais c’est drôle, cynique, plein de sources bibliographiques pour aller plus loin dans la réflexion. A lire aussi : L’origine du monde.

Joséphine Baker

Roman graphique écrit par Bocquet et dessinée par Catel, 2016, France

Née dans le Mississipi aux Etats-Unis, mariée pour la première fois quand elle avait 13 ans, d’abord artiste de rue, Joséphine Baker arrive à Paris à 20 ans. Elle devient alors une chanteuse et danseuse star, qui va parcourir le monde. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage dans la Résistance française. Puis, elle lutte contre le racisme et la ségrégation. Elle a aussi adopté douze orphelins, qui forment sa “tribu arc-en-ciel”.

Avec les biographies de Ainsi soit Benoîte Groult, Olympe de Gouges et Kiki de Montparnasse, Catel et Bocquet nous offrent encore une fois un roman graphique magnifique, hyper documenté ! Les 564 pages (!) nous permettent de nous passionner pour le parcours extraordinaire de cette héroïne, qu’on réduit souvent à une image sexiste et raciste, ultra-stéréotypée (et qui d’ailleurs est celle de la couverture).

Chez soi – Une odyssée de l’espace domestique 

Essai écrit par Mona Chollet, 2015, France

Ode au foyer, lieu de repos, de protection, de rêves. Mais comment faire dans ce monde où trouver un logement est si compliqué, où tant d’entre nous n’y ont pas accès ? Comment faire quand le foyer devient lieu d’enfermement des femmes, contraintes à une vie de couple et de ménagères accomplies (coucou Titiou Lecoq !) ?

Dans cet ouvrage, Mona Chollet réhabilite les casanier.e.s et invite à repenser l’espace domestique. Pour qu’enfin il soit un vrai refuge, pour toutes et tous, sans mécanismes de domination. La lecture est fluide, drôle… à lire bien au chaud dans son canapé ! A lire également : Beauté fatale – Les nouveaux visages d’une aliénation féminine et Sorcières – La puissance invaincue des femmes.

Beauté fatale – Les nouveaux visages d’une aliénation féminine

Essai écrit par Mona Chollet, 2012, France

Obsession du corps parfait et de la minceur, chirurgie esthétique, concours de beauté pour petites filles, crèmes blanchissantes… Comment la presse “féminine”, la publicité et l’industrie “de la beauté” véhiculent des normes inatteignables, provoquent haine de soi et de son corps, enferment les femmes dans un besoin de perfection et de séduction permanentes ? C’est de tout cela qu’il est question dans Beauté fatale.

Mona Chollet enquête sur les injonctions sexistes à une “féminité” parfaite, qui pèsent sur les femmes et les aliènent. Un essai essentiel, très dense, très documenté, engagé et souvent drôle, qui fait du bien… et qui propose des pistes pour avancer et sortir des carcans imposés. De la même autrice, à lire également : Sorcières – La puissance invaincue des femmes et Chez soi – Une odyssée de l’espace domestique.

Les filles ont-elles un cerveau fait pour les maths ?

Essai écrit par Catherine Vidal, 2012, France

Vraiment, les garçons seraient meilleurs en maths, seuls capables de lire une carte routière ? Les femmes seraient seules capables de faire deux choses à la fois, mais seraient d’incorrigibles bavardes ? Et tout ça, viendrait de nos cerveaux, fondamentalement différents ?

Heureusement, la neurobiologiste Catherine Vidal est là pour remettre les choses à l’endroit ! Elle rappelle que les clichés n’ont aucune justification physiologique, et que la plasticité du cerveau permet d’acquérir de nouvelles compétences tout au long de la vie. Un petit ouvrage très facile à lire, à mettre dans les mains de tous les sceptiques ! Dans la même collection, Hommes, femmes : avons-nous le même cerveau ? est construit un peu différemment mais reprend les mêmes arguments.

Hommes, femmes : avons-nous le même cerveau ?

Essai écrit par Catherine Vidal, 2012, France

Les inégalités salariales et l’inégale répartition des tâches domestiques s’expliquerait-elle par une différence dans le cerveau des filles et des garçons, dès la naissance ?

Non, pas du tout ! Catherine Vidal, neurobiologiste, explique de manière simple les recherches scientifiques récentes sur nos cerveaux, rappelle que les clichés n’ont aucune justification physiologique et que la plasticité du cerveau est égale pour les toutes et tous ! Un ouvrage très accessible et facile à lire. Dans la même collection, Les filles ont-elles un cerveau fait pour les maths ? est construit un peu différemment mais reprend les mêmes arguments.

Un troussage de domestique

Essai coordonné par Christine Delphy, 2011, France

DSK, victime du puritanisme ? Les femmes, toutes des menteuses ? Les États-Unis, confondraient-ils sexualité et violences sexuelles ?

Un vingtaine d’autrices, journalistes, éditrices, historiennes, militantes, réunies par Christine Delphy, analysent les réactions à l’arrestation puis à l’inculpation de Dominique Strauss-Kahn, en mai 2011 à New-York. Rokhaya Diallo, Mona Chollet, Gisèle Halimi, Titiou Lecoq, Emmanuelle Piet, Audrey Pulvar… toutes remettent en cause les propos des amis de DSK, hommes politiques et journalistes, qui ont assimilé viol et libertinage. Plusieurs années avant #MeToo, elles affirment que la présomption d’innocence ne doit pas empêcher de croire les victimes, que le consentement ne doit jamais être piétiné. Un livre important.