Supa Modo

Long métrage réalisé par Likarion Wainaina, 2018, Kenya, Allemagne

Jo est une petite fille passionnée par les super-héros ! Elle rêve de devenir elle-même une super-héroïne. Malheureusement, Jo est malade… Quand elle apprend que sa fille n’a plus que quelques mois à vivre, sa mère décide de la retirer de l’hôpital. Quant à sa grande sœur, elle décide de rendre Jo heureuse en lui faisant croire qu’elle a réellement des super-pouvoirs, grâce à l’aide de tout le village !

Supa Modo est un film plein d’émotions : on rit, on pleure ! On admire aussi le courage de ces 3 femmes : il y a Jo, mais aussi sa sœur et sa maman (la sage-femme du village), qui s’organisent avec l’ensemble de la communauté pour lui faire vivre les plus beaux des derniers instants. Un film enthousiasmant et empreint de solidarité, qu’on vous recommande chaudement.

Papicha

Papicha

Long métrage réalisé par Mounia Meddour, Algérie, 2019

Années 90, Alger. Nedjma est une jeune femme qui rêve d’être styliste. Elle réalise des créations et la nuit, elle s’échappe de sa cité universitaire pour les vendre dans les boîtes de nuit, encore ouvertes en cette période trouble. Période qui voit les libertés de tous, et surtout de toutes, se réduire drastiquement.

Joie et fureur de vivre, c’est ce qui pourrait décrire Nedjma. On pourrait croire au premier abord que ses passions, la mode et la couture, semblent futiles vu le contexte historique qui se met en place, or ici c’est une très bonne illustration de la tension, des restrictions, de l’étouffement des femmes et de la progression de la violence dans la ville, mise en scène d’une manière majestueuse. Heureusement, Nedjma n’est pas seule, entourée d’amies, de soeurs, de mères, qui tissent ensemble un large réseau où la solidarité et la sororité sont de mise. La lumière du film est aussi très belle, offrant parfois quelques secondes de répit. Un film indispensable.

A voir également, pendant la même période et avec des femmes d’une autre tranche d’âge : A mon âge, je me cache encore pour fumer (bientôt sur le site).

En 2020, Papicha a été récompensé par le César du Meilleur premier film, et son actrice principale Lyna Khoudri par le César du Meilleur espoir féminin.

Birds of Prey

Birds of prey

Long métrage réalisé par Cathy Yan, 2020, Etats-Unis

Tout juste séparée de son bien trop connu amant le Joker, Harley Quinn décide de s’émanciper et de faire connaître son nom parmi les méchant.e.s de Gotham…

Quelle bonne surprise ! Bien rythmé, avec une bande originale géniale, des cascades, des explosions et des nouvelles amies-super-héroïnes badass, pour Harley Quinn, c’est ce qu’on attendait ! C’est vraiment jouissif de voir cette femme, tant malmenée et torturée par le Joker, reprendre le dessus et vivre ses propres aventures, certes avec tous ses traumas. Bon ok, c’est parfois peut-être un peu forcé (toutes les finalement-gentilles héroïnes contre tous les méchants hommes) mais ça nous a plu quand même ! Mention spéciale pour l’actrice Margot Robbie qui est exceptionnelle dans ce rôle.

Camille redouble

Camille redouble

Long métrage réalisé par Noémie Lvovsky, France, 2012

Camille, 40 ans, voit son mariage avec l’amour de sa vie, Eric, prendre fin. Lors d’une soirée, elle est brusquement propulsée dans le passé, à l’âge de 16 ans (tout en gardant son corps d’adulte), la fameuse année où elle a rencontré Eric.

Multi-nominé en festival et réalisé par une femme, déjà pour cela, le film mérite qu’on s’y attarde. Le point de départ est intriguant et on se demande tout au long du film où va en arriver cette femme, qui cherche à influencer son futur. On a bien aimé le focus qui est réalisé sur la relation avec sa mère, qu’elle prend alors le temps de chérir. Peut-être que le film a pris un léger coup de vieux et la relation qu’elle construit avec un professeur de l’époque de son adolescente est très déstabilisante.

Gorilles dans la brume

Long métrage réalisé par Michael Apted, 1988, Etats-Unis

En 1967, Dian Fossey est engagée par un anthropologue pour étudier et recenser les gorilles des montagnes, à la frontière du Rwanda et de la République démocratique du Congo. Elle se fascine pour ces animaux et décide de lutter contre le braconnage donc ils sont victimes.

Inspiré de l’autobiographie de la primatologue, réalisé seulement 3 ans après son assassinat, ce film hommage suit toute son aventure, de sa première mission sur le terrain à sa mort. Un film émouvant, qui donne envie de rejoindre le combat de Dian Fossey !

Cléo de 5 à 7

Cléo de 5 à 7

Long métrage réalisé par Agnès Varda, 1962, France

Cléo, jeune chanteuse à succès, attend les résultats d’examens médicaux qu’elle doit récupérer à 19h. Le film se déroule en temps réel, à partir de 17h, et suit Cléo dans ses errances dans Paris et son inquiétude à l’idée d’être gravement malade.

Charmante, stressée, décidée, majestueuse, parisienne… on ne voit qu’elle, Cléo, dans ce film de l’incontournable réalisatrice Agnès Varda. Pendant 2h, on suit ses états d’âme et toutes ses activités. Une bonne référence des années 60.

Numéro une

Numéro Une

Long métrage réalisé par Tonie Marshall, 2017, France

Ingénieure brillante, Emmanuelle Blachey est repérée par un réseau de femmes d’influence, qui lui propose de la soutenir pour qu’elle devienne la 1ère femme à la tête d’une entreprise du CAC40.

Captivant, ce film est une brillante illustration de ce qu’est le plafond de verre et de la difficulté à le percer. L’entresoi masculin et l’énergie que le réseau de femmes s’efforce de mettre en place pour arriver à ses fins sont saisissants. Un bon film sur le patriarcat dans les plus hautes sphères de la société et sur les sacrifices (notamment sur leur vie personnelle) que doivent encore faire les femmes pour atteindre ces postes-là.

Nina

Long métrage réalisé par Cynthia Mort, 2016, Etats-Unis

Nina est un biopic qui retrace les années 90 de la vie de l’incroyable chanteuse, musicienne et militante Nina Simone.

Dans ce film, le parti pris est de montrer la vie privée (et le caractère bien trempé !) de cette artiste incontournable, notamment à travers sa relation avec son assistant. Dommage, la magie ne fonctionne pas complètement dans ce film, on s’est même un peu ennuyées. Le film a été très controversé à cause du choix de l’actrice principale Zoé Saldana, beaucoup plus claire de peau que Nina Simone. Son interprétation est néanmoins impressionnante (et elle a chanté elle-même les chansons du film). Dans un autre style, on vous conseille le documentaire What happened Miss Simone?

Portrait de la jeune fille en feu

Long métrage réalisé par Céline Sciamma, France, 2019

Marianne, artiste peintre à la fin du XVIIIème siècle, arrive sur une île bretonne. Une comtesse lui a commandé le portrait de sa fille Héloïse, afin de le faire envoyer à l’homme qu’elle doit épouser à Milan. Mais Héloïse refuse ce mariage, et refuse donc de poser pour réaliser son portrait… Marianne devra se faire passer pour la dame de compagnie d’Héloïse, mémoriser ses traits et la peindre ensuite en son absence.

Portrait de la jeune fille en feu est une merveille, une œuvre d’art ! En plus d’être une très belle histoire d’amour entre deux femmes, le film est un véritable antidote à l’habituel « male gaze », une ode au « female gaze ». Les jeux de regards entre femmes sont magiques. Dans le film, les hommes sont complètement mis à distance : on les voit à peine, ils n’existent presque pas, ou bien seulement en filigrane, à travers mariage forcé et grossesse non désirée. Marianne, Héloïse et Sophie, la domestique, créent une parenthèse de vie entre femmes, une utopie sorore où elles se tiennent les coudes (face aux douleurs des règles, face à l’avortement) et abolissent les normes sociales. Noémie Merlant et Adèle Haenel sont lumineuses. On rit, on pleure, on ne voudrait plus quitter cette bulle d’amour et de sororité.

Céline Sciamma a également réalisé Naissance des pieuvres, Tomboy et Bande de filles.

Julie et Julia

Long métrage réalisé par Nora Ephron, États-Unis, 2009 (d’après Julie & Julia de Julie Powell et My Life in France de Julia Child et Alex Prud’homme)

En 1948, Julia Child et son mari emménagent à Paris. Julia se prend alors de passion pour la cuisine française, et deviendra célèbre grâce à son livre qui propose aux ménagères américaines des adaptations de cette cuisine française. En 2002, Julie Powell vit à New-York… et s’ennuie. Elle décide alors de se donner un défi : cuisiner chacune des 524 recettes du livre de Julia Child… en un an. Elle crée un blog pour relater cette expérience.

Julie et Julia relate les histoires croisées de ces 2 femmes qui… cuisinent ! Pourtant, on ne s’ennuie pas dans ce film très sympathique, et il y a presque du suspense ! Meryl Streep incarne Julia, cette femme très grande et hors du commun, avec brio. Amy Adams n’est pas en reste, et le contraste entre leurs vies si différentes, à 50 ans d’intervalle, est étonnant.