Tempura

Tempura film

Long métrage réalisé par Akiko Oku, 2020, Japon

Célibataire trentenaire dans l’immense ville qu’est Tokyo, Mitsuko se fixe des défis au quotidien pour trouver sa place dans la société, accompagné de “A”, son double imaginaire, à qui elle parle toute la journée.

On a beaucoup aimé cette héroïne, joyeusement décalée, avec ses petits bonheurs et ses failles, et le fait qu’elle ait des amies précieuses sur qui compter et alimenter ses réflexions. Tempura est aussi un film qui explore la vie quotidienne en solitaire d’une femme, qui n’a pas forcément besoin d’un homme pour passer du bon temps (même si une histoire d’amour tout en douceur est au rendez-vous). C’est drôle, touchant et on sent régulièrement que le film est bel et bien porté par une réalisatrice (bien loin du “male gaze“).

En voiture Camille !

En voiture camille !

Long métrage réalisé par Bindu De Stoppani, 2018, Suisse

Epuisée par son père Edoardo, ex-reporter de guerre, atteint de la maladie d’Alzheimer, Camille décide de l’emmener en Bosnie où ses souvenirs semblent continuellement le ramener.

Dans ce film très chouette, ce n’est pas le père qui est au centre du récit, mais bien sa fille Camille, une comptable trentenaire, timide et peu sûre d’elle mais qui tient à garder le contrôle de toutes situations. On a beaucoup aimé l’évolution de son personnage, de prise de décisions en craquages quand elle en a besoin.

En voiture Camille ! est disponible en accès libre sur arte.tv jusqu’au 31 décembre 2022.

Et pour une autre héroïne qui part en road trip, on vous conseille Crash test Aglaé.

Crush

crush film

Long métrage réalisé par Sammi Cohen, 2022, Etats-Unis

Paige, artiste en herbe, est contrainte de rejoindre le club d’athlétisme du lycée, tout en démasquant qui est la personne qui réalise des tags humoristiques sur les murs du lycée (dont elle est accusée). Heureusement, son crush est dans les parages.

Un film pour ado à la sauce Disney et avec des lesbiennes dedans ? On dit oui. Ok, après 10 minutes de film, vous savez déjà comment ça va se finir (pour l’histoire d’amour et pour l’enquête) mais le principal, c’est de passer un bon moment, non ? Bref, c’est drôle (et ça parle de sexualité de manière décomplexée, avec cette mention de la digue dentaire en début de film !), c’est mignon tout plein et ça donne plein d’espoir et de visibilité pour les ados d’aujourd’hui et de demain.

Pour une autre héroïne lycéenne contemporaine avec une mère peu classique, on vous conseille Moxie, et pour une autre histoire d’amour LGBT qui donne des papillons dans le ventre, regardez Heartstopper.

Emma.

Emma Jane Austen 2020

Long métrage réalisé par Autumn de Wilde, 2020, Royaume-Uni, d’après le roman Emma de Jane Austen

Emma Woodhouse est une riche jeune femme qui vit avec son père. Son passe-temps favori ? Former des couples et les inciter au mariage. Jusqu’à ce que la situation lui échappe.

Piquante, pop et pertinente, cette nouvelle adaptation de Jane Austen est un vrai plaisir à regarder. L’actrice Anya Taylor-Joy (déjà vue dans Le jeu de la dame) tient parfaitement son rôle de jeune femme légèrement hautaine et bien sous tout rapport. On a beaucoup aimé les quelques touches de sensualité que la réalisatrice a inséré tout au long du film, ainsi que les petits détails historiques (?) du décor et de la vie quotidienne qui piquent notre curiosité. Un premier long métrage réussi de la réalisatrice Autumn de Wilde.

Pour d’autres adaptations de Jane Austen en films et séries, nous vous conseillons Orgueil et préjugés.

Miss Marx

biopic marx féministe

Long métrage réalisé par Susanna Nicchiarelli, 2022, Belgique, Italie

Née en 1855, Eleanor Marx va grandir aux côtés de son célèbre père. Elle en tire de fortes convictions politiques et sera l’une des premières à mettre sur la table certains sujets de société : les inégalités femmes-hommes, le travail des enfants. Mais à côté de ses engagements, Eleanor tombe amoureuse… et cette relation toxique la perdra.

On connait Karl Marx… mais pas sa fille, Eleanor Marx, pourtant brillante théoricienne politique, militante, féministe, syndicaliste, traductrice, actrice… Il fallait bien un film pour remédier à cela, et la réalisatrice Susanna Nicchiarelli l’a fait. Résultat : un beau film d’époque, avec une mise en scène (et des choix musicaux !) modernes, à l’image de cette femme à l’avant-garde. Romola Garai, qui joue l’héroïne, est très convaincante. 15 ans de vie très riche en 110 minutes, c’est finalement peu : il aurait presque fallu en faire une série, pour mieux comprendre tous les combats d’Eleanor Marx !

Frances Ha

Frances Ha film féministe

Long métrage réalisé par Noah Baumbach, 2012, Etats-Unis

Frances habite à New-York en coloc avec sa meilleure amie Sophie. Elle danse, rêve de devenir danseuse, sort et tourbillonne dans la vie. Une vie qui va changer quand Sophie décide de déménager.

Frances Ha est un de ces films dont on a tout de suite adoré l’héroïne principale. Avec ses hauts, ses bas, ses amitiés, ses bizarreries et son élan dans la vie, on suit pas à pas la longue transition de cette femme de 27 ans vers le véritable âge adulte (… ou pas !). L’héroïne est interprétée par la géniale Greta Gerwig, parfaite dans ce rôle, déjà vue dans Maggie a un plan, réalisatrice de Lady Bird et des Filles du docteur March.

Bonne nouvelle, le film est disponible en replay sur le site de France tv jusqu’au 31 mai 2022.

L’événement

Film féministe avortement

Long métrage réalisé par Audrey Diwan, 2021, France

En 1963, Anne découvre qu’elle est enceinte. Etudiante désirant poursuivre ses études, elle décide alors d’avorter… 12 ans avant que la loi ne l’y autorise.

Adapté du roman autobiographique d’Annie Ernaux, L’événement nous montre le parcours dangereux (risques pour la santé, risques juridiques…) des femmes qui choisissaient d’avorter clandestinement avant la loi. Un film bouleversant aux scènes crues (tout comme dans le livre d’ailleurs), vous voilà prévenu.e.s. On s’est quand même demandé pourquoi ajouter une scène d’avortement clandestin aux aiguilles à tricoter, scène qui n’est pas dans le livre et qui est particulièrement éprouvante à regarder.

Easy girl

Long métrage réalisé par Will Gluck, 2010, Etats-Unis

Olive invente un mensonge basée sur un rencard avec un garçon pour éviter un week-end avec la famille de sa meilleure amie. Quand le lundi matin, cette dernière la harcèle pour savoir comment ça s’est passé, Olive ment une nouvelle fois et fait comprendre qu’elle a eu sa première relation sexuelle. A partir de là, le mensonge s’emballe et se propage dans tout le lycée.

Sous ses airs de teen movie avec en actrice principale la brillante Emma Stone (déjà vue dans Battle of the sexes et Cruella), Easy A aborde la question du harcèlement, de l’hypersexualisation et de l’obligation de “bonne réputation” que les femmes doivent tenir dans ce monde patriarcal. Le film illustre parfaitement combien les femmes sont toujours perdantes (soit trop gentilles et donc non-désirantes du point de vue des hommes, soit trop sexy et donc méprisées par ces mêmes hommes).

Mrs Dalloway

Mrs Dalloway film féministe

Long métrage réalisé par Marleen Gorris, 1997, Etats-Unis, Royaume-Uni, adaptation du roman Mrs Dalloway de Virginia Woolf

En préparant une réception qui aura lieu le soir-même chez elle et alors que d’anciennes connaissances refont surface dans sa vie, Mrs Dalloway se remémore des souvenirs de sa jeunesse.

Pour celles et ceux d’entre vous qui auraient la flemme de se plonger dans la lecture du roman phare de Virginia Woolf (et pourtant ! Il vaut le détour !), voilà une adaptation assez fidèle. La réalisatrice, féministe et par ailleurs déjà connue pour des films mettant en scène des lesbiennes, n’oublie pas ni me maquille l’histoire lesbienne déjà présente dans le roman. Pour un film de ces années-là, c’est assez intéressant pour le souligner !

Carrie Pilby

Carrie Pilby film féministe

Long métrage réalisé par Susan Johnson, 2016, Etats-Unis, d’après le roman homonyme de Caren Lissner.

Surdouée, Carrie, 19 ans et diplômée d’Harvard, tourne en rond avec elle-même. Son psy lui propose de dresser une liste de choses à faire qui la rendraient plus heureuse et l’aideraient à s’intégrer dans la vie.

Carrie Pilby est au premier abord une comédie romantique comme Hollywood en produit beaucoup. Mais on s’attache facilement à cette héroïne peu ordinaire, qui remet en cause certaines conventions sociales et tombe amoureuse en se posant beaucoup de questions. Etant très jeune lors de ses études, le film aborde également la question de l’emprise que peuvent avoir des adultes (notamment des professeurs) sur de très jeunes femmes. On regrette juste que, au milieu de nombreux dénouements positifs, il faille qu’un personnage masculin use de violence pour la “venger”.