Emma.

Emma Jane Austen 2020

Long métrage réalisé par Autumn de Wilde, 2020, Royaume-Uni, d’après le roman Emma de Jane Austen

Emma Woodhouse est une riche jeune femme qui vit avec son père. Son passe-temps favori ? Former des couples et les inciter au mariage. Jusqu’à ce que la situation lui échappe.

Piquante, pop et pertinente, cette nouvelle adaptation de Jane Austen est un vrai plaisir à regarder. L’actrice Anya Taylor-Joy (déjà vue dans Le jeu de la dame) tient parfaitement son rôle de jeune femme légèrement hautaine et bien sous tout rapport. On a beaucoup aimé les quelques touches de sensualité que la réalisatrice a inséré tout au long du film, ainsi que les petits détails historiques (?) du décor et de la vie quotidienne qui piquent notre curiosité. Un premier long métrage réussi de la réalisatrice Autumn de Wilde.

Pour d’autres adaptations de Jane Austen en films et séries, nous vous conseillons Orgueil et préjugés.

Miss Marx

biopic marx féministe

Long métrage réalisé par Susanna Nicchiarelli, 2022, Belgique, Italie

Née en 1855, Eleanor Marx va grandir aux côtés de son célèbre père. Elle en tire de fortes convictions politiques et sera l’une des premières à mettre sur la table certains sujets de société : les inégalités femmes-hommes, le travail des enfants. Mais à côté de ses engagements, Eleanor tombe amoureuse… et cette relation toxique la perdra.

On connait Karl Marx… mais pas sa fille, Eleanor Marx, pourtant brillante théoricienne politique, militante, féministe, syndicaliste, traductrice, actrice… Il fallait bien un film pour remédier à cela, et la réalisatrice Susanna Nicchiarelli l’a fait. Résultat : un beau film d’époque, avec une mise en scène (et des choix musicaux !) modernes, à l’image de cette femme à l’avant-garde. Romola Garai, qui joue l’héroïne, est très convaincante. 15 ans de vie très riche en 110 minutes, c’est finalement peu : il aurait presque fallu en faire une série, pour mieux comprendre tous les combats d’Eleanor Marx !

Frances Ha

Frances Ha film féministe

Long métrage réalisé par Noah Baumbach, 2012, Etats-Unis

Frances habite à New-York en coloc avec sa meilleure amie Sophie. Elle danse, rêve de devenir danseuse, sort et tourbillonne dans la vie. Une vie qui va changer quand Sophie décide de déménager.

Frances Ha est un de ces films dont on a tout de suite adoré l’héroïne principale. Avec ses hauts, ses bas, ses amitiés, ses bizarreries et son élan dans la vie, on suit pas à pas la longue transition de cette femme de 27 ans vers le véritable âge adulte (… ou pas !). L’héroïne est interprétée par la géniale Greta Gerwig, parfaite dans ce rôle, déjà vue dans Maggie a un plan, réalisatrice de Lady Bird et des Filles du docteur March.

Bonne nouvelle, le film est disponible en replay sur le site de France tv jusqu’au 31 mai 2022.

L’événement

Film féministe avortement

Long métrage réalisé par Audrey Diwan, 2021, France

En 1963, Anne découvre qu’elle est enceinte. Etudiante désirant poursuivre ses études, elle décide alors d’avorter… 12 ans avant que la loi ne l’y autorise.

Adapté du roman autobiographique d’Annie Ernaux, L’événement nous montre le parcours dangereux (risques pour la santé, risques juridiques…) des femmes qui choisissaient d’avorter clandestinement avant la loi. Un film bouleversant aux scènes crues (tout comme dans le livre d’ailleurs), vous voilà prévenu.e.s. On s’est quand même demandé pourquoi ajouter une scène d’avortement clandestin aux aiguilles à tricoter, scène qui n’est pas dans le livre et qui est particulièrement éprouvante à regarder.

Easy girl

Long métrage réalisé par Will Gluck, 2010, Etats-Unis

Olive invente un mensonge basée sur un rencard avec un garçon pour éviter un week-end avec la famille de sa meilleure amie. Quand le lundi matin, cette dernière la harcèle pour savoir comment ça s’est passé, Olive ment une nouvelle fois et fait comprendre qu’elle a eu sa première relation sexuelle. A partir de là, le mensonge s’emballe et se propage dans tout le lycée.

Sous ses airs de teen movie avec en actrice principale la brillante Emma Stone (déjà vue dans Battle of the sexes et Cruella), Easy A aborde la question du harcèlement, de l’hypersexualisation et de l’obligation de “bonne réputation” que les femmes doivent tenir dans ce monde patriarcal. Le film illustre parfaitement combien les femmes sont toujours perdantes (soit trop gentilles et donc non-désirantes du point de vue des hommes, soit trop sexy et donc méprisées par ces mêmes hommes).

Mrs Dalloway

Mrs Dalloway film féministe

Long métrage réalisé par Marleen Gorris, 1997, Etats-Unis, Royaume-Uni, adaptation du roman Mrs Dalloway de Virginia Woolf

En préparant une réception qui aura lieu le soir-même chez elle et alors que d’anciennes connaissances refont surface dans sa vie, Mrs Dalloway se remémore des souvenirs de sa jeunesse.

Pour celles et ceux d’entre vous qui auraient la flemme de se plonger dans la lecture du roman phare de Virginia Woolf (et pourtant ! Il vaut le détour !), voilà une adaptation assez fidèle. La réalisatrice, féministe et par ailleurs déjà connue pour des films mettant en scène des lesbiennes, n’oublie pas ni me maquille l’histoire lesbienne déjà présente dans le roman. Pour un film de ces années-là, c’est assez intéressant pour le souligner !

Carrie Pilby

Carrie Pilby film féministe

Long métrage réalisé par Susan Johnson, 2016, Etats-Unis, d’après le roman homonyme de Caren Lissner.

Surdouée, Carrie, 19 ans et diplômée d’Harvard, tourne en rond avec elle-même. Son psy lui propose de dresser une liste de choses à faire qui la rendraient plus heureuse et l’aideraient à s’intégrer dans la vie.

Carrie Pilby est au premier abord une comédie romantique comme Hollywood en produit beaucoup. Mais on s’attache facilement à cette héroïne peu ordinaire, qui remet en cause certaines conventions sociales et tombe amoureuse en se posant beaucoup de questions. Etant très jeune lors de ses études, le film aborde également la question de l’emprise que peuvent avoir des adultes (notamment des professeurs) sur de très jeunes femmes. On regrette juste que, au milieu de nombreux dénouements positifs, il faille qu’un personnage masculin use de violence pour la “venger”.

La première fois que j’ai eu 20 ans

La première fois que j'ai eu 20 ans film

Long métrage réalisé par Lorraine Lévy, 2014, France, d’après le roman La première fois que j’ai eu 16 ans de Susie Morgenstern

Années 60. Hannah a des parents qui l’aiment, deux sœurs belles et coquettes, est brillante musicienne et pourtant rien de va. La seule chose qui pourrait sauver ses 16 ans ? Qu’elle et sa contrebasse intègrent le groupe de jazz du lycée, jusque là exclusivement réservés aux hommes.

Cette adaptation d’un des nombreux romans de l’autrice jeunesse Susie Morgenstern est vraiment chouette. Hannah, l’anti-héroïne par excellence du film pour ado (brillamment interprétée par Marilou Berry), est ronchon et… absolument attachante. On suit avec plaisir ses aventures pour défier les traditions sexistes de son lycée et finalement accéder à un petit peu de bonheur.

Into the forest

Into the forest film féministe

Long métrage réalisé par Patricia Rozema, 2015, Canada, d’après le roman Dans la forêt de Jean Hegland

Dans un futur proche, toutes les communications et les technologies cessent de marcher du jour au lendemain. Deux sœurs se retrouvent livrées à elles-mêmes dans leur maison au cœur de la forêt.

On attendait cette adaptation du roman de Jean Hegland et le résultat n’est pas trop mal. On préfère vous prévenir tout de suite, il y a du suspens dans ce film, tourné en mode thriller (donc ça fait parfois un peu peur). Malgré quelques ressorts un peu faciles comme dans le roman d’origine, on prend plaisir à voir ces deux sœurs apprendre à se débrouiller et, dans la deuxième moitié du film, au fil des semaines, à apprivoiser la nature qui les entoure. Malheureusement, le film reste inédit en France.

Petite forêt

Petite forêt film féministe

Long métrage réalisé par Yim Soon-rye, 2018, Corée du sud

Après plusieurs échecs, dont un examen important, la jeune Hye-won décide de quitter Séoul sur un coup de tête pour revenir temporairement dans le village où elle a grandit. Les semaines passent, elle retrouve ses ami.e.s d’enfance Jae-ha et Eun-sook, elle prépare les saisons agricoles… et ne semble pas prête à repartir.

Petite forêt est l’adaptation coréenne du manga japonais du même nom. Assez fidèle, on y retrouve une héroïne attachante (la lumineuse actrice Kim Tae-ri, beaucoup plus à son avantage que dans Mademoiselle), perdue, qui se plonge corps et âme dans un quotidien rural pour échapper à ses problèmes. Comme dans le manga, elle cuisine beaucoup (attention ça donne faim !). On aime que dans cette adaptation, ses ami.e.s soient plus présent.e.s et qu’elle semble plus entourée. Un film feel good, une ode à la slow life (ça fait beaucoup de mots anglais pour terminer ce résumé !). Inédit en France après sa brève sortie au cinéma, une édition DVD est enfin disponible aux éditions Borealia.