Funan

Film d’animation réalisé par Denis Do, 2018, Cambodge, Belgique, France, Luxembourg, à partir de 12 ans

En 1975, Chou, Khuon et leur famille sont chassés par les Khmers rouges et doivent quitter Phnom Penh. Mais sur la longue route qui les mène jusqu’à un camp de travail, la famille est séparée : Sovanh, le fils de 4 ans, et sa grand-mère, sont emmenés dans un autre camp. Commencent alors des années de lutte pour Chou, qui refuse de perdre l’espoir de retrouver un jour son fils.

Un excellent premier film, très beau (autant les personnages que les paysages), dans lequel on suit une famille détruite par les crimes du régime totalitaire des Khmers rouges. Même si ces crimes et le génocide ne sont pas le sujet principal du film, on comprend très bien le déroulé des événements et les conséquences pour les habitant.e.s. Un autre point très fort du film : Funan se centre sur les émotions des personnages face à la violence, sans montrer la violence directement (ou très peu). N’hésitez pas à lire des interviews du réalisateur sur internet, sa démarche est vraiment très intéressante !

Kiki la petite sorcière

kiki la petite sorcière

Film d’animation réalisé par Hayao Miyazaki, 1989, Japon (adaptation des livres de l’autrice Eiko Kadono)

Kiki, une jeune sorcière, fête ses 13 ans. Elle quitte le domicile familial pour s’installer dans une nouvelle ville, avec son chat Jiji et son balai magique, et crée un service de livraison à domicile. 

Kiki, la petite sorcière est un vrai coup de cœur. On aime cette héroïne débrouillarde et le fait qu’elle rencontre sur son chemin d’autres femmes alliées : une qui lui permet de s’installer, ses premières clientes sont des femmes, une autre qui lui fait prendre du recul sur ses aventures et lui remonte le moral. Certes, en arrivant dans sa nouvelle ville, elle est harcelée par un garçon qui deviendra ensuite son ami, et on a tendance à voir un peu trop sa culotte ultra-bouffante, mais ce récit reste un voyage initiatique mignon, à regarder à tout âge.

La reine des neiges

Film d’animation réalisé par Jennifer Lee et Chris Buck, 2013, États-Unis

Elsa et Anna sont deux soeurs, princesses du royaume d’Arendelle. Petites filles, elles adorent jouer ensemble et profitent des pouvoirs d’Elsa, capable de créer glace et neige. Mais un jour, Elsa blesse accidentellement sa soeur… Leurs parents décident de les séparer et de faire porter des gants à Elsa pour qu’elle ne crée plus de magie. Plusieurs années plus tard, après la mort du roi et de la reine, une fête est organisée au château en l’honneur de la majorité d’Elsa. Par mégarde, elle dévoile ses pouvoirs et plonge le royaume dans l’hiver… Elle prend alors la fuite, et Anna part à sa recherche.

Libérééééée, délivréééée… Un chouette film des studios Disney, avec pour la première fois DEUX héroïnes fortes. Leur relation est très développée et centrale dans le film, c’est assez rare pour être souligné ! Bon, les autres personnages sont tous des hommes, et on n’échappe ni à l’extrême minceur des princesses Disney, ni bien sûr à une histoire d’amour hétéro bien comme il faut (et aux chansons qui vont avec)… Heureusement, Elsa y échappe, elle chante surtout sur l’amour de soi (et certain.e.s la verraient bien lesbienne !).

La princesse et la grenouille 

Dessin animé réalisé par Ron Clements et John Musker, 2009, États-Unis

Années 1920, Nouvelle-Orléans. Un prince se retrouve transformé en grenouille par un sorcier… Il se met en tête de trouver une princesse acceptant de l’embrasser, et rencontre Tiana, une serveuse noire américaine qui s’apprête à acheter son propre restaurant. Mais quand elle l’embrasse, elle se transforme elle aussi en grenouille…

Tiana, c’est la première héroïne noire de Disney (même si elle passe finalement la plus grande partie du film en grenouille à la peau verte…). Déterminée et courageuse, elle est aussi ancrée dans une réalité plus proche de la nôtre, elle est moins “princesse gnangnan”. Dommage que dans ce dessin animé en 2D, qui tente un peu trop de renouer avec les classiques d’antan, on n’échappe pas au schéma du prince charmant qui permettra l’accomplissement.

Minga et la cuillère cassée

Film d’animation réalisé par Claye Edou, 2017, Cameroun (inspiré d’un conte camerounais)

Minga, orpheline, vit chez sa belle-mère Mami Kaba avec sa belle-soeur Abena. Elle est contrainte d’effectuer de nombreuses tâches domestiques… Mais un jour, en sortant chercher de l’eau, elle casse une cuillère à laquelle Mami Kaba tient beaucoup. Elle est donc chassée de la maison, avec l’interdiction de revenir si elle ne trouve pas la même cuillère en remplacement. Elle se lance alors à la recherche de cette cuillère…

Inspiré d’un conte camerounais, ce film est le premier long-métrage d’animation entièrement réalisé au Cameroun, avec un bien petit budget comparé aux grosses productions américaines, canadiennes ou françaises… On suit les aventures de Minga, l’héroïne, et ses rencontres avec de nombreux personnages qui vont l’aider ou l’empêcher d’atteindre son objectif. L’aider, voire faire à sa place… malheureusement, l’arrivée d’un prince charmant prend rapidement le dessus sur les aventures de Minga. Et puis, les seules autres femmes de l’histoire sont des méchantes, dommage. Bref, une chouette découverte, mais qui est fortement marquée par les stéréotypes !

Wardi 

Film d’animation réalisé par Mats Grorud, 2018, Palestine, Liban, Norvège, Suède, France

Wardi est une petite fille palestinienne, qui vit dans un camp de réfugié.e.s au Liban. Elle y est née, ainsi que ses parents et même ses grands-parents. Un jour, son arrière-grand-père Sidi, le seul né en Galilée, lui confie les clés de son ancienne maison. Wardi craint qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour… Alors, elle part à la recherche de cet espoir perdu, auprès de chacun.e des membres de la famille.

Wardi grimpe les étages de sa maison, construite sur 4 générations de vie au camp de réfugié.e.s, pour rencontrer son arrière-grand-père, son grand-père et sa grand-mère, sa tante, son oncle… qui témoignent chacun.e de la manière dont ils/elles sont arrivé.e.s ou sorti.e.s du camp et des atrocités qu’ils/elles ont traversé pour survivre. C’est un très beau film, qui alterne deux techniques d’animation en fonction de la temporalité des différentes scènes : le présent en stop-motion, le passé en dessins animés. Accessible dès 10 ans, très pédagogique, certaines scènes sont cependant particulièrement violentes et nécessiteront un accompagnement.

Tout en haut du monde

Long métrage d’animation réalisé par Rémi Chayé, 2016, Russie, France

Sasha est une jeune fille de l’aristocratie russe de la fin du XIXème siècle. Son grand-père, explorateur du Grand Nord qu’elle adore et admire, est porté disparu et mort. Elle décide de fuir à sa recherche pour tenter de le retrouver.

Déjà, les dessins sont magnifiques, et c’est une bonne raison d’apprécier ce film. Ensuite, il met en scène une “princesse” téméraire, courageuse, qui n’a pas peur de partir à l’aventure et de faire des rencontres pendant son périple. On apprécie aussi sa rencontre avec un autre personnage féminin fort, qui devient son modèle et son alliée. Un récit initiative inspirant à regarder avec plaisir !

Prix du public du Festival d’Annecy (2015)

Parvana, une enfance en Afghanistan

Long métrage d’animation réalisé par Nora Twomey, 2017, Canada, Irlande, Luxembourg, Afghanistan

Parvana a 11 ans, elle habite à Kaboul, en Afghanistan, territoire encore en guerre et contrôlé par les talibans, avec sa famille. Un jour, son père est arrêté. Parvana se coupe alors les cheveux et se fait passer pour garçon pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille et essayer de retrouver son père.

Parvana est un véritable bijou. Beaucoup d’émotions sont au rendez-vous : on rit avec quelques scènes très drôles et malines, comme on pleure lorsque la tension et la tristesse sont trop fortes. Si le film peut être adapté à des enfants à partir de 9-10 ans, prenez quand même peut-être le soin de rassurer et d’expliquer avant, pendant et après le film des scènes qui pourrait impressionner les plus jeunes.

Rebelle

Long métrage d’animation réalisé par Mark Andrews et Brenda Chapman, 2012, États-Unis, Ecosse

La princesse Merida est une jeune femme indépendante qui… refuse de se marier. Alors que ses parents convoquent les chefs des clans voisins pour départager lequel de leurs fils pourrait être marié à Merida, celle-ci les ridiculise et s’enfuit. Sur son chemin, elle croise une sorcière et change accidentellement sa mère en ourse…

Ce film Disney a beaucoup fait parler quand il est sorti, et pour cause. Adieu les princes charmants ! Ici, la princesse ne doit pas trouver l’amour de sa vie mais se réconcilier avec sa mère pour vaincre son sort. Autre élément phare de l’héroïne : ses cheveux. Merida est loin du stéréotype de princesse sage aux cheveux blonds et lisses : sa tignasse rousse, bouclée et mal coiffée est une illustration parfaite de sa rébellion. Une belle histoire d’héroïne à regarder en famille !

Mulan

Long métrage d’animation réalisé par Tony Bancroft et Barry Cook, 1998, États-Unis, Chine

Fa Mulan est une jeune femme en âge d’être mariée, ce qui l’intéresse bien peu… La guerre contre les Huns étant déclarée, elle s’habille en homme et prend les armes à la place de son père, trop âgée pour combattre. Il lui faudra alors s’intégrer et passer inaperçue au milieu des hommes de l’armée.

Grand classique de Disney, Mulan est une des premières héroïnes pour les enfants à n’en faire qu’à sa tête et à vouloir s’affranchir des traditions. Elle est courageuse, parfois hésitante, parfois absolument résignée, elle est en fait une héroïne à qui il est facile de s’identifier. On regrette qu’elle n’ait pas plus de femmes alliées au cours de son histoire et qu’il lui faille absolument son histoire d’amour. Elle reste pourtant une de nos héroïnes Disney préférées !