Sweet/Vicious

Série créée par Jennifer Kaytin Robinson, 2016, États-Unis

Ophelia est une jeune femme pas très sociable, dealeuse et hackeuse. Jules, elle, appartient à une sororité hyper populaire de son campus… mais la nuit, elle change de tenue et s’attaque aux violeurs et agresseurs sexuels non punis de son campus. La rencontre entre les deux promet d’être insolite… et redoutablement efficace !

C’est un grand OUI ! Sweet/Vicious est LA série féministe qui donne envie de se battre contre le patriarcat. On suit la rencontre, la collaboration, les galères et les victoires de ces deux héroïnes à la fois si différentes et si proches. On aime la construction de leur amitié, le fait que l’histoire individuelle de chacune soit mêlée avec l’histoire collective de toutes les femmes de l’université, le focus engagé sur la prise en charge des victimes de viol (tant judiciaire, médical qu’amical) (voir aussi la série Unbelievable) et la dénonciation de l’impunité des agresseurs. La série (inédite en français) date de 2016, avant #MeToo… et malgré une grande appréciation des fanes de la série, celle-ci n’a pas été renouvelée après cette première saison.

Hilda

Série animée créée par Luke Pearson (adaptée de sa série de bandes dessinées), Canada, Royaume-Uni, depuis 2018

Hilda, une petite fille aux cheveux bleus, a passé toute sa vie dans une petite maison isolée loin de la ville, avec sa mère et Brindille, son renard-cerf. Mais un jour, des petits elfes invisibles qui vivent non loin de là décident qu’ils en ont assez de se faire piétiner quotidiennement par ces humaines…

Cette série animée est une pépite, un régal absolu ! L’univers magique est ultra mignon, avec des créatures de toutes tailles et toutes formes, les personnages (dont beaucoup de filles et de femmes) sont hyper attachant.e.s et cassent les stéréotypes (alors qu’Hilda est toujours prête à partir à l’aventure, son ami David est plus timide), chaque épisode est centré sur une aventure toujours originale… Et puis, la série défend des valeurs écologistes et solidaires : respect de la nature et de l’ensemble de ses habitant.e.s, entraide et amitié entre humain.e.s et inter-espèces… La série est parfaite pour petit.e.s et grand.e.s. Bref, on adore !

Derry Girls

Derry Girls

Série créée par Lisa McGee, 2018, Irlande du Nord (2 saisons)

Erin, Michelle, Clare et Orla (et James, le cousin anglais) sont une bande de copines, lycéennes dans la modeste ville de LondonDerry, Irlande du Nord. On suit leurs aventures d’adolescentes dans les années 1990 sur fond de conflit nord-irlandais.

Une bande de copines, beaucoup d’humour (pas celui qui vous fera rire aux éclats, mais celui qui repose sur une bonne couche d’absurde et de situations drôles malgré elles), un contexte historique fort : voilà de quoi apprécier cette série, basée sur des éléments de récits personnels de la réalisatrice ! On aime l’harmonie entre les personnages féminins, le personnage hilarant de la Sœur Michael, directrice de leur école, les relations enfants-parents, notamment dans la famille d’Erin, qu’on voit le plus et dont la panoplie de personnage est insolite et savoureuse à souhait, et surtout cet accent irlandais qu’on a si peu l’habitude d’entendre dans les séries !

Homoscope

Web-série créée et réalisée par Margot Bernard, 2019, France (un seul épisode disponible)

Amane est parisienne, amoureuse, elle organise des soirées chez elle avec ses copines lesbiennes… et cache son homosexualité à sa famille, qui vit au Maroc. Mais lorsque sa petite soeur lui apprend qu’elle va se marier, Amane panique : que faire pour éviter les reproches ?

Homoscope, c’est drôle, bien pensé, très bien réalisé, super bien joué… mais attention : un seul épisode est disponible, les autres ne sont même pas encore tournés. Vous risquez donc une intense frustration en le regardant ! On vous aura prévenu.e.s ! Pour d’autres webséries avec des lesbiennes dedans, on vous conseille Féminin/Féminin et La théorie du Y !

La théorie du Y

Web-série créée par Caroline Taillet et Martin Landmeters, depuis 2016, Belgique (adapté de la pièce de théâtre de Caroline Taillet) 

Anna s’ennuie dans son couple avec Matteo. Après une dispute, elle débarque dans un bar fréquenté par des gays et des lesbiennes, et embrasse Claire…

Dans cette très chouette web-série, on suit Claire, qui se cherche après cet événement remettant en question ses certitudes de vie hétéro bien rangée. Les épisodes sont courts et dynamiques (7 min pour la saison 1, 15 min pour la saison 2), abordant l’homosexualité et la bisexualité à travers de nombreux personnages très attachants : on a envie de connaître la suite de leurs vies ! Pour d’autres webséries avec des lesbiennes dedans, découvrez Homoscope et Féminin/Féminin !

Les filles du rink

Les filles du rink

Série créée par Laura Azemar, Natàlia Boadas, Marta Vivet et Ona Anglada, depuis 2019, Espagne

Emma, Lorena, Flor, Laila, Raquel et Berta sont 6 copines soudées par leur équipe de rink, du hockey sur patins à roulettes. Mais quand leur coach décide d’aller entraîner une autre équipe féminine, leur club menace de fermer leur section féminine : elles vont se battre pour la garder.

Les filles du rink est une belle surprise. On suit leurs amitiés, leurs histoires d’amour (dont certaines lesbiennes !), leurs histoires de famille et bien sûr, leur évolution sportive. C’est intéressant de voir que les parents sont des personnages secondaires assez détaillés, et ont pour la plupart une vraie ligne narrative (autre que leur statut de parents). Si Sex Education avait été félicitée pour être une des premières séries parlant d’avortement de manière non culpabilisante, Les filles du rink offre ici un épisode très réussi sur le sujet. On aime aussi que la série aborde le sujet de la PMA pour une femme seule, sans que ce soit un sujet remis en cause. En bref, une série très sympathique à regarder.

The Crown

Série créée par Peter Morgan, depuis 2016, Etats-Unis, Royaume-Uni

Dans cette série, on suit la vie de la reine d’Angleterre Elisabeth II, à partir de son mariage avec le prince Philip. On découvre les conditions de son accession au trône, ses déplacements à l’international, ses relations avec le gouvernement (notamment Churchill au début de son règne) et avec sa famille, le poids du protocole, etc.

S’il ne faut pas s’attendre à autant de rebondissements, trahisons et passion que dans d’autres séries historiques, on s’attache rapidement à l’héroïne et aux autres personnages. Certes, il faut aimer les intrigues politiques et cette ambiance feutrée, assez sombre, très millimétrée. Mais la réalisation est belle, les actrices et acteurs excellent.e.s ! Claire Foy, qui joue la reine dans les deux premières saisons, est particulièrement impressionnante. Et puis, la série s’intéresse beaucoup aux rapports de la reine, en tant que jeune femme au début de la série, avec les hommes de son entourage (son mari, les politiciens) ; à la manière dont elle va affirmer sa position vis-à-vis d’eux. Au total, 6 saisons de 10 épisodes chacune sont prévues, avec des changements d’acteurs toutes les deux saisons.

Dix pour cent

Série créée par Fanny Herrero et Dominique Besnehard, depuis 2015, France 

C’est la crise à l’agence artistique ASK : son fondateur vient de mourir… Andrea, Mathias, Gabriel et Arlette tentent de sauver leur agence !

Dans chaque épisode de cette série, des acteurs et actrices jouent leur propre rôle… avec humour ! On suit donc à la fois les aventures des membres de l’équipe, composée de plusieurs femmes aux personnalités affirmées, et la vie privée et professionnelle des stars qu’ils/elles accompagnent. L’équipe en charge de l’écriture est très féminine, la créatrice est féministe, et cela se ressent dans les sujets abordés : gestion de la maternité, sexisme, discriminations contre les actrices considérées comme « trop vieilles », mais aussi homosexualité (Andrea est l’une des premières héroïnes lesbiennes d’une série française) et racisme.

Sex Education

Série créée par Laurie Nunn, depuis 2019, États-Unis, Royaume-Uni 

La série suit 2 personnages : Otis, un jeune garçon dont la mère est sexologue, complexé car il n’a jamais eu de rapport sexuel et ne parvient pas à se masturber, et Maeve, jeune fille qui vit seule dans un mobile-home, rebelle et décomplexée. Otis se retrouve à aider un autre lycéen qui a des problèmes d’éjaculation, ce qui pousse Maeve à lui proposer de mener des consultations payantes de sexologie au sein du lycée…

Dans chaque épisode, un.e lycéen.ne exprime un problème lié à la sexualité. La série parle donc d’homosexualité, d’avortement (un bel épisode sur le sujet), de harcèlement, de diffusion d’images à caractère pornographique… En plus d’aborder ces sujets importants, la série aurait pu afficher un vrai point de vue féministe sur les sexualités. Oui, mais… la série parle surtout des garçons et de sexualité masculine ! Le clitoris est quasiment absent de la série (il apparaît très rapidement sur un dessin) et le plaisir est abordé quasi uniquement via la pénétration (la sexualité est d’ailleurs définie comme : « un homme met son pénis dans le vagin d’une femme », ce qui est pour le moins restrictif…), sauf dans un épisode centré sur le plaisir féminin. L’injonction à avoir des rapports sexuels est assez omniprésente, avoir couché à 15 ans est présenté comme la normalité et le contraire comme l’anormalité (alors que c’est une série pour ados, ce qui peut avoir comme conséquence de les complexer davantage). Plusieurs scènes sont très gênantes, avec nudité et scènes de sexe proches de la pornographie. Pire épisode à notre avis (attention spoiler) : celui sur 2 lycéennes en couple lesbien. Otis les « aide » en leur faisant tester de nouvelles façons de faire l’amour, notamment dans une piscine, en mode ciseaux (coucou le cliché), devant lui (!!). Il s’inspire évidemment d’un site pornographique. Bref, quand même pas une série si parfaite à nos yeux !

Enquêtes codées / The Bletchley Circle

Série créée par Guy Burt, 2012-2014 (2 saisons), Royaume-Uni 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Susan, Millie, Lucy et Jean travaillaient toutes les 4 au sein de Bletchley Circle, site de décryptage du Royaume-Uni. En 1952, alors que chacune a repris une vie « normale », une série de meurtres de femmes secouent les actualités. Susan découvre un code qui pourrait permettre de résoudre ces crimes… Mais la police est sceptique face à ses hypothèses. Elle fait alors appel à ses anciennes collègues.

Une enquête policière passionnante, par un groupe de 4 femmes expertes en décryptage : voici de chouettes ingrédients pour cette série courte (7 épisodes en 2 saisons) et prenante. Les héroïnes, que l’après-guerre a ramenées à une vie domestique morne sans travail, sont super fortes et vraiment attachantes ! Attention cependant, certaines scènes sont très violentes, montrant les corps des femmes assassinées et violées. Une suite intitulée « Bletchley Circle San Francisco » est également sortie.