CHEF·FE

CHEFFE

Web-série documentaire réalisée par Camille Ducellier, 2019, France

Lucie Leguay est une jeune cheffe d’orchestre dont on suit les premiers pas et les réflexions après sa remarquable participation au tremplin de jeunes cheffes organisé par la Philharmonie de Paris en 2018.

CHEF·FE est une web-série de 5 épisodes verticaux d’une dizaine de minutes sur un sujet qui nous tient à cœur : les femmes dans la musique (notamment classique). Très belles images, très beau son (heureusement quand on parle de musique !), personnage centrale charismatique, tout est chouette dans cette série dont on vous recommande chaudement le visionnage.

Le Bazar de la charité

Le Bazar de la charité

Série créée par Catherine Ramberg et réalisée par Alexandre Laurent, 2019, France

Paris, mai 1897. Un immense incendie se déclare et ravage le Bazar de la charité, institution caritative où se rendent toutes les dames de la haute société parisienne. Adrienne, Alice et Rose sont trois femmes qui vont voir leur destin changer après ce drame.

Le Bazar de la charité est une série plutôt étonnante et novatrice dans le paysage audiovisuel français. Cette série historique suit pendant plusieurs mois trois personnages féminins principaux, trois femmes qui chacune à leur niveau vont profiter de ce terrible incendie pour changer de vie et se révolter contre leurs possibilités limitées en tant que femmes à cette époque-là. Violences conjugales et même de féminicide, mariages arrangés, luttes des classes… plein de sujets féministes sont abordés de manière plus ou moins approfondie. L’épisode 1, qui montre l’incendie quasiment en temps réel, est impressionnant. La langue parlée par les personnages est volontairement contemporaine (donc assez anachronique) : on aime ou pas. Enfin, on apprécie surtout que ces nouveaux personnages féminins aient été montrés à la télévision sur une grande chaîne auprès d’un large public. A regarder si vous cherchez une série française avec des héroïnes.

Le jeu de la dame

Le jeu de la dame The Queens gambit


Série créée par Scott Frank et Allan Scott, 2020, Etats-Unis

Dans les années 50, après un accident de voiture qui tue sa mère, Beth Harmon est confiée à un orphelinat. Elle fait rapidement la connaissance de l’homme à tout faire qui lui enseigne les échecs. Un jeu dans lequel elle va se plonger corps et âme et exceller…

Cette série, sortie en octobre 2020, a fait sensation, à juste titre : elle montre avec passion et justesse les échecs à l’écran, avec une femme comme héroïne. L’actrice principale, qui joue Beth adulte, est époustouflante dans ce personnage atypique. Elle évolue avec son assurance et ses points faibles dans un monde très masculin, montré comme relativement bienveillant (il l’est beaucoup moins dans la réalité, parait-il…). Dommage à notre avis que les autres personnages féminins soient moins rayonnants comparés aux personnages masculins nombreux et variés, évoluant quasiment tous dans le secteur des échecs ; les autres femmes de la série, au contraire, ne comprennent pas vraiment le jeu.

Pour découvrir une autre héroïne qui joue aux échecs, on vous conseille le film Queen of Katwe.

Away

Série créée par Andrew Hinderaker, 2020, Etats-Unis

L’astronaute américaine Emma Greene s’apprête à prendre le commandement d’une mission en direction de la planète Mars, avec 4 autres astronautes : Kwesi, botaniste anglo-ghanéen, Lu, chimiste chinoise, Ram, copilote indien et Misha, ingénieur russe. Chacun.e laisse derrière elle/lui une famille, pour 3 ans et un éventuel non retour…

Away, c’est une série de science fiction loin des films du genre, qui enchainent catastrophe sur catastrophe. Ici, on s’attache plutôt à la psychologie des personnages : comment Emma (jouée par la convaincante Hilary Swank) va-t-elle supporter l’éloignement de son mari et de sa fille adolescente ? Comment les 5 astronautes aux parcours et sensibilités bien différentes vont-ils/elles réussir à s’entendre pour atteindre leur objectif commun ? Away est aussi une série qui met en valeur la diversité, et c’est très plaisant ! On entend parler anglais, mais aussi mandarin, russe, fanti et marathi. Visibilité, aussi, et notamment visibilité du handicap : 2 personnages, dont un personnage principal, sont en fauteuil roulant. La série montre aussi une adolescente atteinte de trisomie 21, jouée par une actrice elle-même concernée. Le difficile équilibre entre une telle mission et la vie familiale et amoureuse (y compris lesbienne) est un fil rouge de la série, avec des personnages féminins comme masculins (ceux qui partent vers Mars comme ceux qui restent sur Terre)) qui expriment leurs émotions. Enfin, la religion a une place importante dans la série (ça vous plaira, ou non), ce qu’on a également trouvé intéressant : à quoi se raccrocher quand on est plus éloigné.e.s de la planète que jamais, sans aucune certitude de revenir un jour ? Malheureusement, la série a été annulée après seulement une saison…

Les nouvelles aventures de Sabrina

Les nouvelles aventures de Sabrina

Série créée par Roberto Aguirre-Sacasa, depuis 2018, Etats-Unis

Sabrina est une adolescente mi-humaine, mi-sorcière. Le jour de ses 16 ans, elle va devoir faire un choix difficile : celui d’abandonner sa vie mortelle pour se consacrer à son coven, sa communauté de sorcières et sorciers.

Nous allons vous dévoiler un secret : à 1001 héroïnes, nous sommes un peu des trouillardes alors les films à suspens et les films d’horreur, ce n’est pas trop notre truc. La série Les nouvelles aventures de Sabrina allie juste ce qu’il faut d’épouvante et de créatures terribles pour nous faire un peu peur… sans complètement nous décourager à regarder la suite ! On a bien aimé le côté très rock’n’roll et adolescent de la série tout en évoquant des sujets occultes. Les personnages secondaires sont chouettes et on a hâte de savoir si certain.e.s sont davantage développé.e.s dans les saisons suivantes (résumé rédigé après le visionnage de la première partie uniquement).

I May Destroy You

I may destroy you

Série créée par Michaela Coel, 2020, Royaume-Uni

Arabella est une jeune adulte, écrivaine à succès, voix de sa génération et… en panne d’inspiration pour sa nouvelle œuvre. Un soir dans un bar, elle est droguée et violée, sans rien se rappeler le lendemain, à part quelques flashs qu’elle va tenter d’exploiter pour retrouver l’homme qui l’a violée.

Attention, voilà une nouvelle création puissante et déjantée de Michaela Coel ! On vous prévient : sexe, drogue, viol et traumatisme sont les fils rouges de la série. Certains partis pris sont très intéressants et montrent ce qui n’est jamais (ou rarement) montré au cinéma ou en série, comme le traumatisme de l’héroïne après son viol (comment il se manifeste, comment elle vit avec, et comment son entourage le perçoit et essaie de faire avec), ou encore les rapports sexuels en ayant ses règles. On adore aussi la relation avec ses deux meilleur.e.s ami.e.s. Par contre, il faut avoir le cœur accroché pour certaines scènes, explicites ou trop suggestives (on peut d’ailleurs s’interroger de la différence de traitement entre un viol d’un homme sur une femme qui est suggéré, et un autre viol, d’un homme sur un homme, qui est intégralement montré, de manière assez insoutenable). I May Destroy You et son style unique vous convaincront… ou pas !

Amandine Malabul, sorcière maladroite

Amandine Malabul

Série créée par Emma Reeves, depuis 2017, Royaume-Uni

Amandine, jeune adolescente, vit avec sa mère et s’ennuie un peu. Jusqu’au jour où Pamela, une jeune sorcière de son âge, atterrit par mégarde sur son balcon ! Cette dernière étant en retard pour la rentrée à l’école des sorcières, elle embarque Amandine… qui finalement y trouvera peut-être sa place.

Amandine Malabul, adaptée d’une série de romans jeunesse, est une série toute mignonne, où l’amitié est centrale, une sorte de version d’Harry Potter avec que des filles et des femmes et destinée à un public légèrement plus jeune. Car oui, si la série se regarde agréablement en famille, pour les plus grands et grandes d’entre vous, les intrigues manqueront peut-être d’originalité ou de piquant.

Shrill

Shrill

Série créée par Alexandra Rushfield, depuis 2019, Etats-Unis, d’après le roman de Lindy West, Shrill: Notes from a Loud Woman

Annie est une jeune femme grosse, pleine d’ambition professionnelle et d’aspirations amoureuses.

Shrill est une vraie belle découverte. Déjà, ce n’est pas souvent que le devant de la scène est donné à une femme grosse. Ensuite, elle n’est pas la seule de la série ! De manière parfois drôle, parfois incisive, on aime que la série dissémine au fil des épisodes des problématiques spécifiques aux femmes grosses (taille et choix des vêtements, perception par des inconnu.e.s, etc.). La complicité avec sa meilleure amie et coloc, Fran, est vraiment chouette et les deux actrices convaincantes. Une très bonne découverte que nous vous conseillons !

Mes premières fois

Série créée par Mindy Kaling et Lang Fisher, Etats-Unis, 2020

Devi Vishwakumar est une ado américaine d’origine indienne. Après une année traumatisante (décès de son père et perte de l’usage de ses jambes pendant plusieurs mois), elle décide de devenir une élève populaire.

En partie inspirée de la vie de sa co-créatrice Mindy Kaling (déjà créatrice de The Mindy Project, également aperçue dans Ocean’s 8), Never have I ever (le titre original) est une série drôle et rafraichissante. Certes, on y trouve des thèmes vus et revus dans les séries pour ados (popularité, conflits entre ados, premiers émois amoureux…). Certes, la série ne dépasse pas certains stéréotypes (concernant la culture indienne et les personnes grosses notamment). Toutefois, l’héroïne est attachante, tout comme les personnages secondaires : les 2 meilleures amies, dont l’une se découvre lesbienne, la cousine qui jongle entre mariage arrangé par sa famille et ses propres désirs, etc. Bref, une série divertissante qui n’oublie pas d’aborder des sujets socio-culturels importants et qui fait un sérieux effort de représentation !

Des années avant Mes premières fois, le film Joue-la comme Beckham abordait aussi les questions de double culture avec son héroïne anglaise d’origine indienne.

Les Justicières

Série créée par Holly Phillips d’après une série de romans écrits par Gretchen McNeil, Royaume-Unis, 2020

Kitty, Bree, Margot et Olivia forment le groupe clandestin « GTC/DGM » (Garde Ton Calme / Don’t Get Mad en VO). Leur objectif : dénoncer les harceleurs et agresseurs de leur lycée ! Mais un jour, l’une de leur cible (un lycéen agressant des jeunes filles notamment via « revenge porn ») est retrouvé mort devant chez lui… et tout semble accuser GTC.

Les Justicières (Get Even en VO) est une série divertissante, qui tient en haleine. Issues de milieux sociaux très différents, réunies on ne sait pas trop comment, les 4 héroïnes sont attachantes. Et même si on regrette un peu que les sujets liés au harcèlement soient seulement survolés, c’est une série bien rythmée, qu’on a plaisir à bingewatcher !

Sur le même thèmes (des jeunes femmes badass qui pourchassent des agresseurs), on vous conseille la géniale série Sweet/Vicious.