Chouette pas chouette

Chouette pas chouette

Série animée, 2021, France

Fille ou garçon, c’est plus chouette quand on se respecte !

Derrière ce slogan, une série de 16 épisodes d’1min30 mettant en scène des situations sexistes vécues par des enfants pour lutter contre les stéréotypes. La place dans la cour de l’école, les émotions, être cheffe… des thèmes d’actualités pour les enfants de 4 à 6 ans ! La série a été diffusée sur plusieurs grandes chaînes (TF1, Gulli, France Télévision…) et les épisodes sont disponibles sur Youtube.

Plus d’informations sur le contexte de sa création dans cet article.

Birthcare Center

Birthcare center

Série créée par Park Su Won, 2020, Corée du sud

Hyeon Jin mène une carrière brillante et a gravi tous les échelons pour devenir la plus jeune directrice exécutive de son entreprise. L’arrivée de son premier enfant et les premiers jours dans un paradisiaque centre de soin post-natal vont-ils tout remettre en cause ?

Birthcare center est une très bonne surprise. En mélangeant des sujets très sérieux et émouvants à des situations absurdes, la série lève des tabous liés à la maternité et dénonce les injonctions qui pèsent sur les femmes à ce moment de leur vie. Dépression post-partum, enfanter après 40 ans, l’instinct maternel, vouloir continuer à travailler tout en étant mère, la place des mères et des pères après la naissance… les thèmes sont nombreux. On rit beaucoup (l’épisode sur l’allaitement vs le lait en poudre est extra), on verse même quelques larmes (on ne spoile rien…), les personnages principaux comme secondaires sont attachants. Et si vous avez l’habitude de regarder du cinéma sud-coréen, la série est truffée de références.

Ginny & Georgia

Ginny and Georgia

Série créée par Sarah Lampert, 2021, Etats-Unis

Pour une énième fois et à l’occasion du décès de son époux, Georgia, mère trentenaire et célibataire, déménage et s’installe dans une nouvelle ville avec ses deux enfants, Ginny, adolescente boudeuse, et Austin, jeune garçon décalé.

Ginny & Georgia est une série à la fois classique et assez novatrice. Avec certains codes de la série pour ado, le récit s’accorde autant sur le personnage de Ginny, la fille en rébellion contre sa mère et à la découverte de nouvelles amitiés et amours, que sur la mère, Georgia, beaucoup plus fine, battante et secrète qu’elle ne laisse paraître. Deux personnages au début fusionnels, mais diamétralement opposés, qui se jugent et s’inquiètent l’une pour l’autre. De nombreux sujets féministes dans l’air du temps sont abordés comme les violences contre les femmes, la sororité, la sexualité et le plaisir féminin. Au fil des épisodes, l’histoire gagne en profondeur et on a vraiment hâte de voir la saison 2 : il y aurait beaucoup à dire sur cette série mais on vous laisse vous faire votre avis. Un petit plaisir à bingewatcher sur Netflix.

Autre style, autre époque, pour un autre duo mère-fille qui vient bousculer le quotidien d’une petite ville tranquille, on vous conseille Little Fires Everywhere.

Bhaag Beanie Bhaag

Bhaag Beanie Bhaag

Série créée par Ravi Patel et Neel Shah, 2020, Inde

Beanie, presque 30 ans, en couple depuis 3 ans, se voit demander en mariage par son petit ami. Et là, sans avoir son mot à dire, tout accélère. Oui mais, Beanie aspire à autre chose, notamment tenter une carrière dans le stand-up !

Bhaag Beanie Bhaag est une chouette série courte et dynamique avec une héroïne indienne qui décide de se rebeller contre les traditions (une crise d’ado à 30 ans en somme). On adore ses parents, partagés entre l’amour pour leur fille et le respect de “ce qui est bien et ce qui s’est toujours fait”, ainsi que sa meilleure amie. L’actrice principale est convaincante dans ses hauts et ses bas professionnels, amoureux, familiaux… La série reste tout de même une comédie romantique avec ses codes… mais dont l’issue n’est finalement pas si évidente !

Pour une autre héroïne qui débute dans le stand-up, jetez un œil aux aventures de Mrs Maisel. Pour une autre indienne qui fait du stand-up, on vous conseille le spectacle de Aditi Mittal : Things They Wouldn’t Let Me Say.

CHEF·FE

CHEFFE

Web-série documentaire réalisée par Camille Ducellier, 2019, France

Lucie Leguay est une jeune cheffe d’orchestre dont on suit les premiers pas et les réflexions après sa remarquable participation au tremplin de jeunes cheffes organisé par la Philharmonie de Paris en 2018.

CHEF·FE est une web-série de 5 épisodes verticaux d’une dizaine de minutes sur un sujet qui nous tient à cœur : les femmes dans la musique (notamment classique). Très belles images, très beau son (heureusement quand on parle de musique !), personnage centrale charismatique, tout est chouette dans cette série dont on vous recommande chaudement le visionnage.

Le Bazar de la charité

Le Bazar de la charité

Série créée par Catherine Ramberg et réalisée par Alexandre Laurent, 2019, France

Paris, mai 1897. Un immense incendie se déclare et ravage le Bazar de la charité, institution caritative où se rendent toutes les dames de la haute société parisienne. Adrienne, Alice et Rose sont trois femmes qui vont voir leur destin changer après ce drame.

Le Bazar de la charité est une série plutôt étonnante et novatrice dans le paysage audiovisuel français. Cette série historique suit pendant plusieurs mois trois personnages féminins principaux, trois femmes qui chacune à leur niveau vont profiter de ce terrible incendie pour changer de vie et se révolter contre leurs possibilités limitées en tant que femmes à cette époque-là. Violences conjugales et même de féminicide, mariages arrangés, luttes des classes… plein de sujets féministes sont abordés de manière plus ou moins approfondie. L’épisode 1, qui montre l’incendie quasiment en temps réel, est impressionnant. La langue parlée par les personnages est volontairement contemporaine (donc assez anachronique) : on aime ou pas. Enfin, on apprécie surtout que ces nouveaux personnages féminins aient été montrés à la télévision sur une grande chaîne auprès d’un large public. A regarder si vous cherchez une série française avec des héroïnes.

Le jeu de la dame

Le jeu de la dame The Queens gambit


Série créée par Scott Frank et Allan Scott, 2020, Etats-Unis

Dans les années 50, après un accident de voiture qui tue sa mère, Beth Harmon est confiée à un orphelinat. Elle fait rapidement la connaissance de l’homme à tout faire qui lui enseigne les échecs. Un jeu dans lequel elle va se plonger corps et âme et exceller…

Cette série, sortie en octobre 2020, a fait sensation, à juste titre : elle montre avec passion et justesse les échecs à l’écran, avec une femme comme héroïne. L’actrice principale, qui joue Beth adulte, est époustouflante dans ce personnage atypique. Elle évolue avec son assurance et ses points faibles dans un monde très masculin, montré comme relativement bienveillant (il l’est beaucoup moins dans la réalité, parait-il…). Dommage à notre avis que les autres personnages féminins soient moins rayonnants comparés aux personnages masculins nombreux et variés, évoluant quasiment tous dans le secteur des échecs ; les autres femmes de la série, au contraire, ne comprennent pas vraiment le jeu.

Pour découvrir une autre héroïne qui joue aux échecs, on vous conseille le film Queen of Katwe.

Away

Série créée par Andrew Hinderaker, 2020, Etats-Unis

L’astronaute américaine Emma Greene s’apprête à prendre le commandement d’une mission en direction de la planète Mars, avec 4 autres astronautes : Kwesi, botaniste anglo-ghanéen, Lu, chimiste chinoise, Ram, copilote indien et Misha, ingénieur russe. Chacun.e laisse derrière elle/lui une famille, pour 3 ans et un éventuel non retour…

Away, c’est une série de science fiction loin des films du genre, qui enchainent catastrophe sur catastrophe. Ici, on s’attache plutôt à la psychologie des personnages : comment Emma (jouée par la convaincante Hilary Swank) va-t-elle supporter l’éloignement de son mari et de sa fille adolescente ? Comment les 5 astronautes aux parcours et sensibilités bien différentes vont-ils/elles réussir à s’entendre pour atteindre leur objectif commun ? Away est aussi une série qui met en valeur la diversité, et c’est très plaisant ! On entend parler anglais, mais aussi mandarin, russe, fanti et marathi. Visibilité, aussi, et notamment visibilité du handicap : 2 personnages, dont un personnage principal, sont en fauteuil roulant. La série montre aussi une adolescente atteinte de trisomie 21, jouée par une actrice elle-même concernée. Le difficile équilibre entre une telle mission et la vie familiale et amoureuse (y compris lesbienne) est un fil rouge de la série, avec des personnages féminins comme masculins (ceux qui partent vers Mars comme ceux qui restent sur Terre)) qui expriment leurs émotions. Enfin, la religion a une place importante dans la série (ça vous plaira, ou non), ce qu’on a également trouvé intéressant : à quoi se raccrocher quand on est plus éloigné.e.s de la planète que jamais, sans aucune certitude de revenir un jour ? Malheureusement, la série a été annulée après seulement une saison…

Les nouvelles aventures de Sabrina

Les nouvelles aventures de Sabrina

Série créée par Roberto Aguirre-Sacasa, depuis 2018, Etats-Unis

Sabrina est une adolescente mi-humaine, mi-sorcière. Le jour de ses 16 ans, elle va devoir faire un choix difficile : celui d’abandonner sa vie mortelle pour se consacrer à son coven, sa communauté de sorcières et sorciers.

Nous allons vous dévoiler un secret : à 1001 héroïnes, nous sommes un peu des trouillardes alors les films à suspens et les films d’horreur, ce n’est pas trop notre truc. La série Les nouvelles aventures de Sabrina allie juste ce qu’il faut d’épouvante et de créatures terribles pour nous faire un peu peur… sans complètement nous décourager à regarder la suite ! On a bien aimé le côté très rock’n’roll et adolescent de la série tout en évoquant des sujets occultes. Les personnages secondaires sont chouettes et on a hâte de savoir si certain.e.s sont davantage développé.e.s dans les saisons suivantes (résumé rédigé après le visionnage de la première partie uniquement).

I May Destroy You

I may destroy you

Série créée par Michaela Coel, 2020, Royaume-Uni

Arabella est une jeune adulte, écrivaine à succès, voix de sa génération et… en panne d’inspiration pour sa nouvelle œuvre. Un soir dans un bar, elle est droguée et violée, sans rien se rappeler le lendemain, à part quelques flashs qu’elle va tenter d’exploiter pour retrouver l’homme qui l’a violée.

Attention, voilà une nouvelle création puissante et déjantée de Michaela Coel ! On vous prévient : sexe, drogue, viol et traumatisme sont les fils rouges de la série. Certains partis pris sont très intéressants et montrent ce qui n’est jamais (ou rarement) montré au cinéma ou en série, comme le traumatisme de l’héroïne après son viol (comment il se manifeste, comment elle vit avec, et comment son entourage le perçoit et essaie de faire avec), ou encore les rapports sexuels en ayant ses règles. On adore aussi la relation avec ses deux meilleur.e.s ami.e.s. Par contre, il faut avoir le cœur accroché pour certaines scènes, explicites ou trop suggestives (on peut d’ailleurs s’interroger de la différence de traitement entre un viol d’un homme sur une femme qui est suggéré, et un autre viol, d’un homme sur un homme, qui est intégralement montré, de manière assez insoutenable). I May Destroy You et son style unique vous convaincront… ou pas !