Dead to me

Série réalisée par Liz Feldman, depuis 2019, États-Unis

Jen est dévastée : son mari vient de mourir, renversé par une voiture. Aux réunions de thérapie de groupe pour personnes en deuil, elle fait la rencontre de Judy… qui devient tout de suite sa meilleure amie.

Dead to me est une curieuse surprise. On pressent dès le début que la relation entre Jen et Judy (qui semble sortir de nulle part) est fragile et on devinerait presque le dénouement de la série dès le premier épisode. Oui mais, est-ce que l’important ne serait pas la construction de cette amitié forte, avec ses hauts et ses bas au fil des épisodes ? Les deux héroïnes sont attachantes et la série alterne humour et scènes plus émotionnelles, de bonnes raisons de la regarder !

Unbelievable

Mini-série créée par Susannah Grant, Ayelet Waldman et Michael Chabon, 2019 (une saison), États-Unis 

2008. Marie Adler, jeune femme de 18 ans, passe de famille d’accueil en famille d’accueil depuis son enfance. Elle vit aujourd’hui en résidence visant à l’autonomisation. Une nuit, un homme s’introduit chez elle et la viole. Elle porte plainte, mais les policiers trouvent peu de preuves… La mère d’accueil de Marie fait également part de ses doutes concernant la véracité des faits auprès de policiers. Ceux-ci font alors pression sur Marie qui, acculée, finit par revenir sur sa déclaration. Trois ans plus tard, 2 inspectrices travaillant sur 2 cas de viols présentant de nombreuses similitudes unissent leurs forces pour identifier le violeur.

Inspirée de faits réels, cette série est résolument féministe. Elle montre comment la parole des victimes peut être remise en cause de manière violente, par des personnes non formées sur la question des violences masculines. Au contraire, les 2 policières sont empathiques et sorores avec les victimes, elles sont engagées et résolues à résoudre l’affaire. On suit le viol du point de vue de l’enquête qu’elles réalisent, ce qui est très intéressant. Les 3 actrices principales (Marie Adler et les 2 inspectrices) sont excellentes. Autre point à souligner, la série parle des violences conjugales commises par les policiers sur leurs conjointes. Il est par contre peut-être dommage de montrer une nouvelle fois un viol commis par un inconnu, alors que la majorité des agresseurs sont connus des victimes.

Un énorme warning toutefois concernant le premier épisode, qui montre de manière très (trop) frontale le viol de Marie et la violence des policiers contre elle. Alors que la série est basée sur l’idée que les victimes ne sont souvent pas crues, pourquoi vouloir absolument montrer ce viol et ces violences, comme si ne pas les montrer risquait de nous empêcher d’y croire nous aussi ? La série peut très bien se regarder sans ce premier épisode, il suffit de lire le synopsis et (attention spoiler) de savoir que le deuxième épisode commence au moment où Marie tente de se suicider, puis rentre chez elle, dans la résidence où elle vit.

Good Girls

Série réalisée par Jenna Bans, depuis 2018, États-Unis

Ruby apprend qu’un nouveau traitement est disponible pour sa fille gravement malade mais n’a pas les moyens de le payer. Annie veut à tout prix conserver la garde de sa fille sans avoir de quoi payer un avocat. Beth, 4 enfants et un mari à charge, apprend que ledit mari la trompe et a hypothéqué leur maison. Le seul moyen de s’en sortir pour ces trois copines ? Braquer un supermarché.

Oh waw, Good girls est une série qu’on attendait depuis longtemps. Ou comment des femmes de classe moyenne complètement débordées reprennent les choses en main ! Le scénario est vraiment bien ficelé et les héroïnes, apprenties bad women, vraiment attachantes. Leurs discussions et exploits donnent lieu à de nombreuses scènes très drôles ! Un point est intéressant à souligner : si elles ont parfois des comportements de jalousie/rivalité/mauvaises actions contre d’autres femmes, le fait est souvent contrebalancé… par leurs regrets à ce sujet ! De quoi entamer une réflexion sur la sororité ? Si cette histoire vous a plu, allez aussi voir le film français Rebelles, qui reprend les mêmes codes.

Trinkets

Créée par Amy Andelson, Emily Meyer et Kirsten Smith, depuis 2019, États-Unis (adapté du livre Trinkets de Kirsten Smith)

Suite à la mort de sa mère, Elodie déménage chez son père. Aux réunions des cleptomanes anonymes auxquelles elle est obligée d’assister suite à plusieurs vols, elle rencontre Moe et Tabitha, 2 autres jeunes femmes de son lycée. Toutes les trois radicalement différentes, elles s’ignorent royalement… avant de nouer une véritable amitié.

3 réalisatrices, des productrices, un scénario basé sur un roman écrit par une femme, Trinkets est une belle surprise ! Plus qu’une série pour ado classique, elle montre 3 héroïnes attachantes, avec des profils variés (la plus belle fille du lycée pour qui tout n’est pas rose, la fausse rebelle brillante en chimie, une lesbienne qui se découvre). C’est frais, la bande son est géniale, et c’est bourré de sororité. Un coup de coeur dans son genre.

Gentleman Jack

Créée par Sally Wainwright, depuis 2019, Royaume-Uni, États-Unis

En 1832, Anne Lister, propriétaire terrienne, rentre d’un long voyage en Europe, après avoir été quittée par son ancienne amante. Elle décide de reprendre en main son domaine et de se lancer dans l’exploitation minière. Elle fait aussi la rencontre d’Ann Walker, sa riche voisine…

Même si le personnage d’Anne Lister n’est pas forcément facile à apprécier au début de la série (voire pour certaines à apprécier tout court), quel plaisir de découvrir cette figure historique ! Une femme forte, lesbienne assumée, voyageuse, indépendante… qui écrivit un journal de 24 volumes dont est inspirée la série.

Orphan black

Créée par Graeme Manson et John Fawcett, depuis 2013, Canada 

Sarah, une jeune femme marginale, assiste au suicide d’une femme… qui lui ressemble trait pour trait. Elle décide de prendre son identité et devient donc la détective Beth Childs. Elle découvre alors qu’elles sont deux clones, et que d’autres clones existent dans le monde… Oui, mais elles sont poursuivies par un mystérieux tueur…

Orphan Black, c’est peut-être avant tout la performance magistrale de l’actrice Tatiana Maslany, qui joue jusqu’à 17 personnages, parfois présentes dans une même scène ! Les rebondissements s’enchaînent, c’est le moins qu’on puisse dire (oui, c’est parfois dur à suivre !). La série est également particulièrement marquée par la sororité.

Féminin / Féminin 

Créée par Chloé Robichaud, 2014 (2 saisons), Canada 

Céline, Alex, Léa, Julie, Steph, Anne, Céline, Emilie… Elles vivent toutes à Montréal au Québec, sont toutes lesbiennes ou bisexuelles et forment une bande d’amies !

Une websérie de 2 saisons, des épisodes courts (10 à 20 min), qui nous présentent une diversité de personnages lesbiens tels qu’on les voit rarement (jamais ?) au cinéma ! On suit leur quotidien, leurs désirs, leurs peurs… Une chouette série, avec des beaux portraits de femmes !

Veronica Mars

Créée par Rob Thomas, 2004-2007 (3 saisons) puis depuis 2019, États-Unis

Veronica Mars est élève dans un lycée huppé de Californie. Le bonheur semble être au rendez-vous, entre ses parents, son petit-ami et sa meilleure amie Lilly. Jusqu’au jour où celle-ci est assassinée… Veronica va alors enquêter pour découvrir le meurtrier de Lilly.

Un féminicide et une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, voici les ingrédients de départ de cette série pour ados et jeunes adultes ! Et les thèmes secondaires abordés en font aussi une série féministe : homosexualité, harcèlement, viols… Pour les fan.e.s, un film est sorti en 2014 et une nouvelle saison a même été lancée en juillet 2019.

Girls

Créée par Lena Dunham, 2012-2017 (6 saisons), États-Unis

Girls, c’est l’histoire de 4 jeunes femmes, amies de plus ou moins longue date, qui entrent dans la vie active. On suit leurs galères, leurs amours, leurs prises de tête, leurs avancées, leurs réflexions existentielles, bref, tout ce qui fait partie de la vie des femmes.

Que vous les adoriez ou les détestiez, que vous vous identifiez à l’une d’elles, à toutes, ou à aucune, leurs histoires ne devraient pas vous laisser indifférentes. Lors de sa sortie, cette série, créée par Lena Dunham, a bousculé la représentation des femmes à l’écran (notamment des femmes grosses) et de leur sexualité, et pour ça, elle vaut le détour. Bien sûr, après 6 ans et 6 saisons, il y aurait des choses à questionner (sexualité 100% hétéro, aucune femme noire ou racisée parmi les héroïnes par exemple).

The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate 

Créée par Bruce Miller, depuis 2017, États-Unis

Dans un avenir proche marqué par une diminution drastique de la fécondité, les États-Unis sont devenus la “République de Gilead”. Les hommes détiennent le pouvoir, pendant que les femmes sont catégorisées par fonctions (les épouses, les servantes, les prostituées, les gestatrices). Defred est une gestatrice, mise au service d’une famille. La série suit son parcours…

Difficile d’être passées à côté de La Servante écarlate ces dernières années : c’est LA série d’anticipation ultra-réaliste, qui a une résonance forte après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump… Cette adaptation du roman du même nom de Margaret Atwood mérite le détour ! La tension est palpable, les décors et lumières sont parfaites. Attention, plusieurs scènes sont violentes : à regarder avec un œil averti.