Christmas Flow

Film Noël féministe

Mini série créée par Nadège Loiseau, 2021, France

Lila, Alice et Jeanne sont trois copines féministes, qui ont créé un média engagé : Les Simones ! Actives sur les réseaux sociaux et via des actions de rue, leur média peine à décoller… En parallèle, le rappeur Marcus est critiqué et condamné pour le sexisme de ses chansons. C’est alors que Lila et Marcus se rencontrent, un peu par hasard…

Chaque année, on cherche une comédie de Noël qui renverserait les clichés. Celle-ci le fait… mais vraiment un tout petit peu. Son originalité : des personnages féministes, engagées, avec des actions de rue (comme les collages de noms de rue !) qu’on reconnait bien quand on a un peu milité ! Ça, c’est drôle, ça fait plaisir (même si bon, parfois le féminisme est un peu moqué…). Pour le reste : la trame reste la même que celle de toutes les comédies de Noël, pas de surprise, pas de remise en question des clichés. Bref, trois épisodes sympathiques mais pas révolutionnaires !

Et pour un autre film de Noël qui remet (un peu) en cause les clichés, on vous conseille Happiest Season.

Un mètre vingt

Série handicap féminisme

Mini série créée par Rosario Perazolo Masjoan, Maria Belén Poncio et Damian Turkieh, 2021, Argentine

Après un déménagement, Juani, 17 ans, handicapée moteur, débarque dans un nouveau lycée. Elle est pleine de désirs et d’envies d’explorer sa sexualité. Elle fait alors la rencontre de Julia et Felipe, qui luttent pour obtenir des séances d’éducation à la sexualité dans leur établissement…

Encore une chouette découverte que nous permet ArteTV, gratuitement ! Cette mini-série aux 6 épisodes courts (15 min maximum) aborde les questions de handicap, d’inclusivité, de préjugés, de sexualité, d’avortement… C’est très riche, plein de peps, les personnages sont chouettes, et ça pulvérise les clichés ! Le tout sur fond de lutte pour le droit à l’avortement en Argentine. A noter : la série s’inspire du vécu de la co-autrice et co-réalisatrice Rosario Perazolo Masjoan.

Pour voir Un mètre vingt, c’est par ici !

Dietland

Dietland série grossophobie sexisme

Série créée par Marti Noxon, 2018, Etats-Unis (1 saison)

Plum est grosse, mal dans sa peau, et elle s’apprête à recourir à de la chirurgie bariatrique. C’est alors qu’elle rencontre plusieurs femmes qui vont l’amener à progressivement changer d’avis… En parallèle, on suit un groupe de féministes vengeresses, résolues à assassiner des violeurs pour contrer l’impunité.

Une série originale qui détonne, et on regrette d’autant plus qu’elle ait été annulée après seulement une saison ! Comme Shrill, elle aborde les questions de grossophobie… mais est définitivement plus radicale dans son propos ! La série parle aussi de violences sexuelles, des diverses injonctions qui pèsent sur les femmes, du monde cruel de la mode… Et l’actrice principale, Joy Nash, est absolument géniale !

Fleabag

Série féministe Fleabag

Série créée par Phoebe Waller-Bridge, 2016-2019, Royaume-Uni (2 saisons)

“Fleabag” a une trentaine d’année, elle vit à Londres et elle essaie tant bien que mal de faire tourner son café, seule depuis la mort accidentelle de sa meilleure amie. Sa vie amoureuse et sexuelle est chaotique, et les relations avec sa sœur, son père et sa belle-mère également…

Fleabag est une pépite ! Acclamée comme un des exemples de female gaze à l’écran, la série suit le quotidien de cette jeune femme piégée par les injonctions de la société : être en couple et réussir sa vie professionnelle, notamment. Elle livre ses émotions aux spectateurs et spectatrices en s’adressant directement à elles et eux, face caméra. C’est à la fois drôle et émouvant, l’héroïne est touchante et les personnages secondaires sont également intéressants. Bref, foncez !

Mixte

Mixte série féministe

Série créée par Marie Roussin, France, 2021

En 1963, le lycée Voltaire devient mixte et accueille pour la première fois des filles. Elles ne sont que 11, mais leur arrivée suffit à bouleverser le quotidien…

On a trouvé très chouette cette série française, la toute première financée par Amazon Prime. L’idée de départ est simple, mais ça fonctionne très bien, c’est frais et drôle ! Les personnages sont attachants, autant les jeunes que les adultes membres du corps enseignant. On a aimé que la série aborde des sujets résolument politiques, notamment l’avortement, l’homosexualité et la culture du viol. Malheureusement, la série n’a pas été renouvelée car elle n’a pas eu le succès escompté… Vraiment dommage !

Même époque (l’effervescence des années 60 en France) et style similaire, on vous conseille également le film La bonne épouse.

Bombay Begums

Bombay Begums série féministe

Série créée par Alankrita Shrivastava, 2021, Inde

Rani, cinquantenaire, est cheffe d’une grande banque. Lily, quarantenaire, doit se prostituer et rêve d’un avenir plus digne. Fatima, trentenaire, travaille avec Rani et a du mal à équilibrer ses ambitions professionnelles et la vie de famille voulue par son mari. Ayesha, dans sa vingtaine, galère au travail à la banque tout en découvrant sa bisexualité. Et enfin Shai, adolescente et belle-fille de Rani, essaie de trouver sa place.

5 femmes, 5 générations, et pourtant des préoccupations communes. Parmi celles-ci : comment trouver sa place en tant que femme dans la société patriarcale ? A travers ces 5 personnages, de nombreux sujets sont abordés, notamment autour du travail : comment avoir des ambitions et mener carrière quand on est une femme, et plus généralement affirmer ses désirs (professionnels, personnels, sexuels), les agressions sexuelles au travail, la sororité… bref, des thèmes d’actualité pour une série au final sympathique.

Maid

Image de la série Maid

Mini-série créée par Molly Smith Metzler, adaptée des mémoires Maid: Hard Work, Low Pay, and a Mother’s Will to Survive de Stephanie Land, Etats-Unis, 2021

Une nuit, Alex s’enfuit de chez elle avec sa fille de 2 ans et demi, quittant un conjoint violent psychologiquement. Sans revenu, sans logement, elle devient femme de ménage dans l’espoir de redémarrer une vie meilleure.

Maid suit le parcours de cette jeune femme qui lutte pour s’en sortir, et le fait très bien. On a vraiment trouvé très juste cette série qui documente le parcours d’une femme qui quitte un conjoint violent, puis d’une mère célibataire : galères administratives, accès au logement, combat judiciaire pour la garde de l’enfant, sororité dans un centre d’accueil pour victimes de violences dans le couple… Notez qu’Alex quitte son compagnon très tôt, ce qui permet à la série de ne montrer que très peu de scènes de violence physique. La série montre aussi le très frappant contraste entre les maisons incroyables où Alex travaille et les lieux successifs où elle (sur)vit… Inspirée de l’histoire vraie de Stephanie Land, qui en a fait un livre, Maid est portée superbement par son actrice principale Margaret Qualley. On a aussi beaucoup aimé le rôle de la mère d’Alex, d’ailleurs jouée par la mère de l’actrice, la toujours formidable Andie MacDowell.

M’entends-tu ?

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Série créée par Florence Longpré, 2018-2021 (3 saisons), Canada (Québec)

Ada doit suivre une thérapie de gestion de la colère après avoir (encore) frappé quelqu’un. Fabiola bosse dans un fast-food et rêve de chanter dans une chorale. Carolanne parle peu, tente tant bien que mal de gérer des événements passés. Leur amitié les aide à surmonter les obstacles de la vie quotidienne… envers et contre tout ?

Des épisodes courts (22 min), percutants, voire trash : voici ce qui vous attend avec M’entends-tu ! Il faut parfois avoir le cœur bien accroché (la saison 2 nous a semblé particulièrement éprouvante) pour suivre le quotidien de ces trois copines, engluées dans les galères. Grossesse non désirée, violences sexuelles et conjugales, prison… leur vie n’est pas franchement marrante, mais elles surmontent chaque épreuve ensemble, dans une grande sororité qui est le fil rouge de la série. C’est drôle parfois, émouvant souvent, en tous cas ça ne laisse pas indifférent.e !

Anne with an E

Série créée par Moira Walley-Beckett d’après le roman de Lucy Maud Montgomery, 2017-2019 (3 saisons), Canada

Canada, fin du XIXème siècle. Matthew et Marilla Cuthbert, frère et sœur, décident d’adopter un garçon orphelin pour les aider dans les travaux de la ferme. Mais c’est Anne qui se présente à la gare, une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche…

Certes, la durée du premier épisode (89 min) peut rebuter (ce fut notre cas pendant longtemps !). Mais cette série a été pour nous un vrai coup de cœur ! On a été transportées par ses personnages ultra-attachants et particulièrement sa formidable héroïne (excellente prestation d’Amybeth McNulty). On la suit dans ses péripéties amicales et familiales, on passe du rire aux larmes, le tout dans un cadre magnifique. La série est également une véritable tribune de défense de la parole et des droits des enfants et aborde des sujets de société importants : homosexualité, racisme…

Shadow and Bone : La Saga Grisha

Shadow and bone la saga grisha

Série créée par Eric Heisserer, 2021, Etats-Unis, d’après les romans de Leigh Bardugo

Alina, cartographe, est recrutée par l’Armée pour traverser le mystérieux et terrifiant brouillard qui sépare le royaume de Ravka en deux. Quand Mal, son ami d’enfance embarqué sur le même bateau qu’elle, est attaqué, Alina dévoile des pouvoirs insoupçonnés.

La série fantastique pour ado de Netflix de 2021 présente plein d’atouts classiques mais suffisamment accrocheurs pour regarder la saison 1 avec plaisir : une héroïne, des pouvoirs magiques, des personnages secondaires bien travaillés, un environnement inspiré de la Russie (ça change !)… Les huit épisodes passent très vite, presque trop vite, ce qui donne un peu l’impression d’avoir survolé plein de personnages sans avoir eu le temps de complètement découvrir et s’imprégner de l’univers. De plus, malgré la répartition paritaire de personnages ultra-secondaires (dans l’armée par exemple) et la présence d’héroïnes intéressantes, elles sont pour le moment, éloignées les unes des autres, et Alina a peu d’alliées féminines lors de cette première saison. Il y aurait également beaucoup à dire sur la figure du héros-beau-et-ténébreux, en bref, le héros classique des films et romans pour ado, qui se révèle ne pas être si gentil que ça (mais on ne vous spoile pas trop). Un début tout de même prometteur : on a hâte de voir la suite… et de lire les romans dont la série est adaptée ! (résumé écrit d’après la 1ère saison)