The Crown

Série créée par Peter Morgan, depuis 2016, Etats-Unis, Royaume-Uni

Dans cette série, on suit la vie de la reine d’Angleterre Elisabeth II, à partir de son mariage avec le prince Philip. On découvre les conditions de son accession au trône, ses déplacements à l’international, ses relations avec le gouvernement (notamment Churchill au début de son règne) et avec sa famille, le poids du protocole, etc.

S’il ne faut pas s’attendre à autant de rebondissements, trahisons et passion que dans d’autres séries historiques, on s’attache rapidement à l’héroïne et aux autres personnages. Certes, il faut aimer les intrigues politiques et cette ambiance feutrée, assez sombre, très millimétrée. Mais la réalisation est belle, les actrices et acteurs excellent.e.s ! Claire Foy, qui joue la reine dans les deux premières saisons, est particulièrement impressionnante. Et puis, la série s’intéresse beaucoup aux rapports de la reine, en tant que jeune femme au début de la série, avec les hommes de son entourage (son mari, les politiciens) ; à la manière dont elle va affirmer sa position vis-à-vis d’eux. Au total, 6 saisons de 10 épisodes chacune sont prévues, avec des changements d’acteurs toutes les deux saisons.

Dix pour cent

Série créée par Fanny Herrero et Dominique Besnehard, depuis 2015, France 

C’est la crise à l’agence artistique ASK : son fondateur vient de mourir… Andrea, Mathias, Gabriel et Arlette tentent de sauver leur agence !

Dans chaque épisode de cette série, des acteurs et actrices jouent leur propre rôle… avec humour ! On suit donc à la fois les aventures des membres de l’équipe, composée de plusieurs femmes aux personnalités affirmées, et la vie privée et professionnelle des stars qu’ils/elles accompagnent. L’équipe en charge de l’écriture est très féminine, la créatrice est féministe, et cela se ressent dans les sujets abordés : gestion de la maternité, sexisme, discriminations contre les actrices considérées comme « trop vieilles », mais aussi homosexualité (Andrea est l’une des premières héroïnes lesbiennes d’une série française) et racisme.

Sex Education

Série créée par Laurie Nunn, depuis 2019, États-Unis, Royaume-Uni 

La série suit 2 personnages : Otis, un jeune garçon dont la mère est sexologue, complexé car il n’a jamais eu de rapport sexuel et ne parvient pas à se masturber, et Maeve, jeune fille qui vit seule dans un mobile-home, rebelle et décomplexée. Otis se retrouve à aider un autre lycéen qui a des problèmes d’éjaculation, ce qui pousse Maeve à lui proposer de mener des consultations payantes de sexologie au sein du lycée…

Dans chaque épisode, un.e lycéen.ne exprime un problème lié à la sexualité. La série parle donc d’homosexualité, d’avortement (un bel épisode sur le sujet), de harcèlement, de diffusion d’images à caractère pornographique… En plus d’aborder ces sujets importants, la série aurait pu afficher un vrai point de vue féministe sur les sexualités. Oui, mais… la série parle surtout des garçons et de sexualité masculine ! Le clitoris est quasiment absent de la série (il apparaît très rapidement sur un dessin) et le plaisir est abordé quasi uniquement via la pénétration (la sexualité est d’ailleurs définie comme : « un homme met son pénis dans le vagin d’une femme », ce qui est pour le moins restrictif…), sauf dans un épisode centré sur le plaisir féminin. L’injonction à avoir des rapports sexuels est assez omniprésente, avoir couché à 15 ans est présenté comme la normalité et le contraire comme l’anormalité (alors que c’est une série pour ados, ce qui peut avoir comme conséquence de les complexer davantage). Plusieurs scènes sont très gênantes, avec nudité et scènes de sexe proches de la pornographie. Pire épisode à notre avis (attention spoiler) : celui sur 2 lycéennes en couple lesbien. Otis les « aide » en leur faisant tester de nouvelles façons de faire l’amour, notamment dans une piscine, en mode ciseaux (coucou le cliché), devant lui (!!). Il s’inspire évidemment d’un site pornographique. Bref, quand même pas une série si parfaite à nos yeux !

Enquêtes codées / The Bletchley Circle

Série créée par Guy Burt, 2012-2014 (2 saisons), Royaume-Uni 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Susan, Millie, Lucy et Jean travaillaient toutes les 4 au sein de Bletchley Circle, site de décryptage du Royaume-Uni. En 1952, alors que chacune a repris une vie « normale », une série de meurtres de femmes secouent les actualités. Susan découvre un code qui pourrait permettre de résoudre ces crimes… Mais la police est sceptique face à ses hypothèses. Elle fait alors appel à ses anciennes collègues.

Une enquête policière passionnante, par un groupe de 4 femmes expertes en décryptage : voici de chouettes ingrédients pour cette série courte (7 épisodes en 2 saisons) et prenante. Les héroïnes, que l’après-guerre a ramenées à une vie domestique morne sans travail, sont super fortes et vraiment attachantes ! Attention cependant, certaines scènes sont très violentes, montrant les corps des femmes assassinées et violées. Une suite intitulée « Bletchley Circle San Francisco » est également sortie.

Vida

Série créée par Tanya Saracho, depuis 2018, États-Unis

À l’annonce de la mort de leur mère, Emma et Lyn reviennent au domicile familial à East Los Angeles. Elles découvrent alors que leur mère était mariée avec Eddy, une lesbienne butch. Emma n’accepte pas cette situation, refuse qu’une partie de l’héritage aille à cette femme, et cherche à résoudre les problèmes d’argent laissés par sa mère. De son côté, Lyn recroise son ancien amant… Et on croise aussi le chemin de Marisol, très engagée contre la gentrification du quartier qui tend à remplacer la communauté mexicaine américaine.

Beaucoup d’héroïnes, des personnages d’origine mexicaine, des lesbiennes, une végane… Si Vida est une belle surprise côté représentation, une grosse déception concernant le traitement de la sexualité… très très pornifiée. Les deux sœurs sont ultra sexualisées, surtout Lyn. A noter, les 3 premiers épisodes sont disponibles gratuitement sur YouTube (en espagnol/anglais uniquement) !

Sugar Rush

Série d’après le livre de Julie Burchill, 2005-2006 (2 saisons), Royaume-Uni

Kim, une ado de 15 ans, déménage à Brighton avec sa famille. Quand elle rencontre Sugar, une ado de son lycée… elle en tombe follement amoureuse.

Que dire de cette série pour ado ? D’un côté, on aurait tellement voulu avoir plus, étant jeune, de représentations d’adolescentes lesbiennes qui se cherchent et cherchent l’amour, tout en faisant face à plein de petits problèmes de la vie familiale. D’un autre côté, les deux héroïnes sont ultra-stéréotypées (et sexualisées), leur amitié est parfois malsaine, et bon, les étoiles dans les yeux et l’obsession sexuelle de Kim pour sa copine sont parfois un peu lourdes (oui, même si c’est justement ça le scénario de départ). Bref, n’oublions pas que cette série date déjà de 2005 (!). Dites nous ce que vous en pensez 🙂

Supergirl

Série réalisée par Greg Berlanti et Ali Adler, depuis 2015, États-Unis

Kara Danvers, aka Kara Zor-El, aka Supergirl, est cousine du fameux Superman. Venue sur Terre pour protéger son cousin, elle est fort démunie en aprenant qu’il peut parfaitement se débrouiller tout seul… à moins qu’il y ait besoin d’une nouvelle super-héroïne pour traquer de nouveaux méchants ?

Certes, plusieurs perches de réflexion féministe sont tendues. Cependant, on reste ici dans l’image d’une femme parfaite classique (blonde, mimi, jeune, mince… même si moins sexualisée que sa consoeur Wonder Woman) et l’ambiance est assez gnangnan. Autre déception, s’il y a un autre personnage féminin majeur dans la série, ses deux « meilleurs amis/alliés » sont des hommes, d’ailleurs bien stéréotypés pour cet univers (le techos et le prince-charmant-meilleur-pote-de-son-cousin-Superman). Il paraît que la 2ème saison est meilleure !

Dead to me

Série réalisée par Liz Feldman, depuis 2019, États-Unis

Jen est dévastée : son mari vient de mourir, renversé par une voiture. Aux réunions de thérapie de groupe pour personnes en deuil, elle fait la rencontre de Judy… qui devient tout de suite sa meilleure amie.

Dead to me est une curieuse surprise. On pressent dès le début que la relation entre Jen et Judy (qui semble sortir de nulle part) est fragile et on devinerait presque le dénouement de la série dès le premier épisode. Oui mais, est-ce que l’important ne serait pas la construction de cette amitié forte, avec ses hauts et ses bas au fil des épisodes ? Les deux héroïnes sont attachantes et la série alterne humour et scènes plus émotionnelles, de bonnes raisons de la regarder !

Unbelievable

Mini-série créée par Susannah Grant, Ayelet Waldman et Michael Chabon, 2019 (une saison), États-Unis 

2008. Marie Adler, jeune femme de 18 ans, passe de famille d’accueil en famille d’accueil depuis son enfance. Elle vit aujourd’hui en résidence visant à l’autonomisation. Une nuit, un homme s’introduit chez elle et la viole. Elle porte plainte, mais les policiers trouvent peu de preuves… La mère d’accueil de Marie fait également part de ses doutes concernant la véracité des faits auprès de policiers. Ceux-ci font alors pression sur Marie qui, acculée, finit par revenir sur sa déclaration. Trois ans plus tard, 2 inspectrices travaillant sur 2 cas de viols présentant de nombreuses similitudes unissent leurs forces pour identifier le violeur.

Inspirée de faits réels, cette série est résolument féministe. Elle montre comment la parole des victimes peut être remise en cause de manière violente, par des personnes non formées sur la question des violences masculines. Au contraire, les 2 policières sont empathiques et sorores avec les victimes, elles sont engagées et résolues à résoudre l’affaire. On suit le viol du point de vue de l’enquête qu’elles réalisent, ce qui est très intéressant. Les 3 actrices principales (Marie Adler et les 2 inspectrices) sont excellentes. Autre point à souligner, la série parle des violences conjugales commises par les policiers sur leurs conjointes. Il est par contre peut-être dommage de montrer une nouvelle fois un viol commis par un inconnu, alors que la majorité des agresseurs sont connus des victimes.

Un énorme warning toutefois concernant le premier épisode, qui montre de manière très (trop) frontale le viol de Marie et la violence des policiers contre elle. Alors que la série est basée sur l’idée que les victimes ne sont souvent pas crues, pourquoi vouloir absolument montrer ce viol et ces violences, comme si ne pas les montrer risquait de nous empêcher d’y croire nous aussi ? La série peut très bien se regarder sans ce premier épisode, il suffit de lire le synopsis et (attention spoiler) de savoir que le deuxième épisode commence au moment où Marie tente de se suicider, puis rentre chez elle, dans la résidence où elle vit.

Good Girls

Série réalisée par Jenna Bans, depuis 2018, États-Unis

Ruby apprend qu’un nouveau traitement est disponible pour sa fille gravement malade mais n’a pas les moyens de le payer. Annie veut à tout prix conserver la garde de sa fille sans avoir de quoi payer un avocat. Beth, 4 enfants et un mari à charge, apprend que ledit mari la trompe et a hypothéqué leur maison. Le seul moyen de s’en sortir pour ces trois copines ? Braquer un supermarché.

Oh waw, Good girls est une série qu’on attendait depuis longtemps. Ou comment des femmes de classe moyenne complètement débordées reprennent les choses en main ! Le scénario est vraiment bien ficelé et les héroïnes, apprenties bad women, vraiment attachantes. Leurs discussions et exploits donnent lieu à de nombreuses scènes très drôles ! Un point est intéressant à souligner : si elles ont parfois des comportements de jalousie/rivalité/mauvaises actions contre d’autres femmes, le fait est souvent contrebalancé… par leurs regrets à ce sujet ! De quoi entamer une réflexion sur la sororité ? Si cette histoire vous a plu, allez aussi voir le film français Rebelles, qui reprend les mêmes codes.