Le cercle du dragon-thé

Bande dessinée écrite et illustrée par Katie O’Neill, Nouvelle-Zélande, 2020

Greta est apprentie forgeronne auprès de sa maman. Un jour, elle découvre un petit dragon perdu, et décide de le ramener chez lui. Elle rencontre alors Hesekiel, qui lui propose de l’initier au soin des “dragons-thé”…

Cette BD coup de coeur est un conte peuplé de personnages attachant.e.s. Saison après saison, on suit les aventures de Greta qui apprend à fabriquer le thé grâce à Hesekiel et Erik. Elle rencontre aussi Minette, avec qui elle se lie d’amitié… En toile de fond, il y a une histoire d’amour entre deux hommes, dont l’un des deux est en situation de handicap… et peut-être même les prémices d’une histoire lesbienne ! Bref, une BD fantasy aux couleurs toutes douces, inclusive, bienveillante et super adorable !

Maïana

Maiana

Bande dessinée écrite par Carbone et dessinée par Pauline Berdal, 2019, France

Maïana est une jeune fille métisse. Peu de temps avant Noël, elle trouve chez elle un curieux calendrier de l’Avent à son nom. Qui a pu lui offrir ce cadeau ?

Maïana est une bande dessinée très belle, avec des couleurs chaleureuses et des personnages intéressants. Des thèmes classiques sont abordés (amitié, première histoire d’amour, vie en famille) et d’autres moins classiques (être une petite fille métisse élevée par sa mère blanche et son beau père). Certes, c’est un peu mielleux, mais nous sommes tout de même curieuses de savoir la suite.

Carbone, la scénariste, est également autrice de la bande dessinée Dans les yeux de Lya.

Pucelle

Pucelle BD

Bande dessinée écrite et dessinée par Florence Dupré la Tour, 2020, France

Depuis toute petite, Florence se pose des questions sur ce qu’il y a « en bas », sous la ceinture… selon les interlocuteurs et les situations, les réponses qu’elle trouve sont évasives ou effrayantes.

Pucelle est une bande dessinée très émouvante qui raconte tout le tabou autour de la sexualité et du sexe des femmes. Le point de vue est celui de Florence, alors petite fille, mais les attitudes des différentes personnes (adultes) de la famille sont aussi saisissantes. Il faut noter que la petite fille évolue dans une micro-société très restreinte, marqué par la foi, composante très prenante dans la BD. On a hâte de découvrir le deuxième tome !

Petite forêt

Petite forêt manga

Manga écrit et dessiné par Igarashi Daisuke, 2004, Japon

Revenue de la ville, Ichiko vit dans le hameau de Komori (qui signifie « petite forêt »). Ici, seule dans sa maison et avec l’aide et la solidarité des autres habitant.e.s, elle apprend à passer les saisons avec cuisinant d’après des produits locaux cultivés par ses soins ou trouvés dans la campagne environnante

Petite forêt est un manga poétique et… très appétissant ! Chaque chapitre est associé à une recette que l’héroïne partage, d’après des souvenirs d’enfance, des conseils des autres villageoises et ses propres innovations culinaires. On la voit (ré)apprendre par elle-même ou avec le soutien de ses voisin.e.s (surtout les femmes) comment effectuer les travaux agricoles de toutes sortes, saisons après saisons. Un récit en deux tomes, serein, et qui vous donnera peut-être envie d’être autosuffisant.e vous aussi !

Le manga a fait l’objet d’une adaptation en film en Corée du sud.

Ce qui se passe dans la forêt

Bande dessinée écrite et illustrée par Hilding Sandren, 2014, Suède

Aïda, Tess et Marlène ont 14 ans. Elles vivent en Suède, dans la région du Småland. Mais l’adolescence a des conséquences sur leur corps qui change et leurs relations avec leurs copains : les voici confrontées à de nouveaux comportements de la part des garçons, et même à des agressions…

Hilding Sandren dessine le passage de l’enfance à l’adulte, cette période délicate de l’adolescence, du point de vue de ces trois amies qui tentent de résister aux violences des garçons et de s’en sortir dans la sororité. Des dessins bruts au crayon illustrent cette histoire de temps qui passe, avec des paysages très beaux de la campagne suédoise. L’autrice a écrit une suite, dont les événements se déroulent deux ans plus tard : L’unE pour l’autrE.

L’unE pour l’autrE

Bande dessinée écrite et illustrée par Hilding Sandren, 2016, Suède

Aïda, Tess et Marlène ont désormais 16 ans. Adolescentes, elles se sentent chacune étouffées dans leur sphère familiale, entre violences conjugales, cocon trop étroit ou contrôle du grand frère. Elles rêvent d’indépendance. Une histoire d’amour nait entre deux d’entre elles. Et puis un jour, Marlène est violée par un jeune homme de leur entourage. Les amies vont devoir se serrer les coudes pour aider Marlène à survivre à cette agression.

Avant L’unE pour l’autrE, il y a eu Ce qui se passe dans la forêt. Les dessins ont évolué avec les personnages, même si on retrouve cette même patte brute, au crayon. Dans cette suite, qui se déroule deux ans après les faits du premier livre, on retrouve les trois héroïnes qui ont grandi. Elles sont révoltées par ce qu’elles vivent, leurs parents, l’isolement loin de la ville, les violences. Heureusement, leur amitié résiste et les aide à traverser les épreuves.

Flipette et Vénère

Bande dessinée écrite et illustrée par Lucrèce Andreae, 2020, France

Clara, jeune adulte un peu « bobo » et conformiste, peine à trouver du sens à ce qu’elle fait dans la vie : la photographie. Un jour, sa sœur, qu’elle n’a plus vue depuis des années, se blesse. Voici venu le temps des retrouvailles… explosives : Axelle est énervée, en colère contre le système. Clara découvre l’environnement d’Axelle, un mouvement militant alternatif.

Flipette et Vénère, ce sont des 2 sœurs un peu paumées, symboles d’une génération qui hésite entre résignation et rage. Avant une possible réunion, il y a beaucoup d’éclats de voix, des maladresses, des engueulades, des dialogues de sourdes. On est déstabilisées par la violence du milieu militant, mais on comprend les colères d’Axelle, on a envie de secouer un peu Clara. Bref, l’autrice-illustratrice réussit à nous embarquer dans cette histoire, et nous pousse à poser un regard différent sur le monde qui nous entoure.

Dans un rayon de soleil

Bande dessinée écrite et illustrée par Tillie Walden, 2019, Etats-Unis

Mia s’engage sur un vaisseau qui parcourt l’univers pour réparer des bâtiments du passé, qui semblent flotter dans l’espace. Alors qu’elle trouve à bord celles qui deviendront sa nouvelle famille, des souvenirs d’internat lui reviennent. Cinq ans auparavant, elle avait fait la rencontre de Grace…

On aime beaucoup Tillie Walden, son talent, ses BD aux ambiances uniques et aux couleurs magnifiques, ses histoires prenantes… Dans un rayon de soleil, c’est même plus de 500 pages de Tillie Walden, dont des planches absolument époustouflantes ! Cette fois-ci, l’autrice-illustratrice nous plonge dans un univers de science-fiction assez mystérieux, qui ne semble habité… que par des femmes (et une personne non-binaire). On retrouve certains des thèmes récurrents des BD de Tillie Walden : l’adolescence, la quête de soi, l’amitié et la sororité, l’homosexualité.

Par la même autrice, (re)découvrez aussi Spinning, J’adore ce passage et Sur la route de West.

Saison des roses

Bande dessinée écrite et illustrée par Chloé Wary, 2019, France

Barbara habite dans une banlieue de Rosigny-sous-Bois. Sa vie, c’est surtout son club de foot ! Mais cette année, les dirigeants du club décident que seuls les garçons pourront participer au championnat… Avec leur coach, les filles vont alors se battre pour avoir le droit de jouer.

Une chouette histoire, qui met en lumière des filles qui font du foot, qui luttent pour la survie de leur équipe ! On sent que l’autrice-illustratrice vit son récit (et pour cause : elle a elle-même rejoint une équipe de foot avant d’écrire cette BD) et on le vit avec elle d’autant plus. On a aussi aimé le style particulier avec la mise en couleurs aux feutres, qui donne (entre autres) des ciels particulièrement magnifiques.

Pour d’autres histoires de filles qui se battent pour avoir le droit d’exercer leur sport préféré, on vous conseille les séries Betty et Les filles du rink.

On vous conseille aussi Pas pour les filles, le témoignage de Mélissa Plaza, ancienne internationale de football.

Adieu, mon utérus

Adieu mon uterus

Manga autobiographique écrit et dessiné par Yuki Okada, 2013, Japon

Yuki, autrice de manga de 33 ans, aprs qu’elle a un cancer du col de l’utérus et qu’elle va être opérée. Du diagnostic à la sortie de l’hôpital, on la suit dans son aventure.

Adieu, mon utérus est une belle histoire d’une femme qui a souhaité documenter et faire connaître sa maladie et la façon de lutter contre en se servant de son métier. Loin d’être plombant, le manga est léger, le ton est enjoué quand l’héroïne détaille les changements dans sa vie quotidienne, sa vie familiale, dans le regard de ses proches. On a bien aimé également sa vie à l’hôpital, entre prise en charge et empathie médicale aléatoire selon les médecins, et solidarité des patientes en gynécologie entre elles.