Ma mère était une très belle femme

Ma mère était une très belle femme cover

Bande dessinée écrite et dessinée par Karlien de Villiers, 2006, Afrique du Sud, Suisse

Karlien de Villiers est née en 1975 en Afrique du Sud. Elle raconte son enfance dans une famille d’afrikaners, du divorce de ses parents à la maladie de sa mère, avec en toile de fonds la ségrégation et les événements politiques des années 80 en Afrique du Sud.

C’est peu souvent qu’on a l’occasion de découvrir l’histoire contemporaine de l’Afrique du Sud en bande dessinée. Ma mère était une très belle femme est l’occasion de creuser le sujet du point de vue d’une petite fille blanche : elle raconte son quotidien, vu à travers ses yeux d’enfants et très subtilement de ce qu’il se passe dans le pays à travers plein de détails et d’informations distillées au fil des pages.

Une vie avec Alexandra David-Néel

Bande dessiné scénarisée par Frédéric Campoy, illustrée par Mathieu Blanchot et Frédéric Campoy, 4 tomes (série en cours), depuis 2017, France

En 1924, Alexandra David-Néel est la première femme occidentale à entrer à Lhassa, capitale du Tibet. On suit son parcours, depuis son enfance jusqu’à ses explorations les plus incroyables. On découvre aussi la moins connue Marie-Madeleine Peyronnet, qui fut la secrétaire personnelle de l’exploratrice pendant les 10 dernières années de sa vie, jusqu’à sa mort (et même après !).

Voici une autre manière de découvrir l’aventurière, philosophe et autrice Alexandra David-Néel ! La BD est adaptée de la biographie de Marie-Madeleine Peyronnet. Elle alterne couleurs et noir et blanc, pour marquer les flashbacks qui la ponctuent.

A lire également : Voyage d’une parisienne à Lhassa, un des journaux de voyage d’Alexandra David-Néel.

Sur la route de West

Bande dessinée écrite et illustrée par Tillie Walden, 2020, Etats-Unis

Béa, part de chez elle avec son sac à dos… Elle croise Lou et sa petite caravane, et elles décident de faire route ensemble. Une dizaine d’années les séparent, mais elles se ressemblent beaucoup. Lors d’une pause, elles découvrent Diamond, une chatte blanche perdue, et décident de la ramener chez elle.

On est désormais habituées au talent de Tillie Walden, et cette BD n’y fait pas défaut ! 300 pages au cours desquelles les 2 héroïnes apprennent à se connaitre et à se faire confiance, se livrent sur leurs histoires douloureuses, se soutiennent. Après un démarrage très terre à terre, le road trip se fait plus mystérieux, surréaliste, un peu fantastique et magique. La BD aborde le deuil et les violences sexuelles.

On adore aussi Spinning et J’adore ce passage par la même autrice !

Mon gras et moi

Mon gras et moi

Bande dessinée écrite et dessinée par Gally, 2008, France

L’héroïne de cette bande dessinée et grosse, très grosse. Elle raconte son quotidien, fait du regard réprobateur des autres et de la culpabilité.

Autrice et dessinatrice du blog-BD « Le blog d’une grosse » (aujourd’hui fermé) dans les années 2000, Gally a rassemblé et complété ses planches en cette bande dessinée. Précurseuse parmi les prises de paroles de femmes grosses de ces dernières années, la BD reste très sombre. Pendant le confinement en avril 2020, sa bande dessinée a été diffusée en ligne gratuitement par l’éditeur : elle en a profité pour contextualiser cette oeuvre, avec 10 ans de recul. Ses tweets sont à lire ici pour des éléments de compréhension supplémentaires.

Les sentiments du prince Charles

Bande dessinée écrite et illustrée par Liv Strömquist, 2010, Suède

Liv Strömquist dénonce la société patriarcale, en prenant comme point de départ le couple Prince Charles – Lady Diana. Elle aborde de nombreux sujets : modèle de la famille hétérosexuelle, mariage et droit de propriété sur le corps des femmes, stéréotypes de genre, toute puissance des hommes, violences contre les femmes…

Suivre la pensée de l’autrice prolifique Liv Strömquist n’est pas toujours évident… Son style ironique et destructuré, mais toujours très documenté, ne plaira pas à tou.te.s. Nous on l’aime bien ! A lire aussi : L’origine du monde et I’m every woman.

NOIRE. La vie méconnue de Claudette Colvin

Bande dessinée illustrée par Emilie Pleateau, d’après le livre de Tania de Montaigne, 2019, France, Etats-Unis

L’histoire a retenu le combat de Rosa Parks, qui a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus, en 1955. Mais quelques mois plus tôt, une jeune fille de 15 ans, Claudette Colvin, avait également refusé de céder sa place…

Cette BD raconte l’histoire de cette jeune fille, expliquant aussi pourquoi ce n’est pas son cas qui a fait date dans l’histoire des Etats-Unis. Pourquoi, parce qu’elle était enceinte d’un homme marié, elle n’a pas été considérée assez respectable pour être la figure de proue du combat contre la ségrégation. A lire en complément de l’autobiographie de Rosa Parks, qui explique elle aussi les raisons de ce choix.

Banana Girl

Bande dessinée écrite et illustrée par Kei Lam, 2017, France, Chine

A l’âge de 6 ans, Kei arrive en France depuis Hong Kong avec sa mère pour rejoindre son père. Élevée entre culture chinoise et culture française, elle raconte son histoire.

Banana Girl est un beau témoignage d’une adulte qui revient sur son enfance et sur ce qu’est d’être une petite fille asiatique en France. Elle raconte le racisme, contre elle, contre ses parents, mais également intériorisé. Entre souvenirs et questions identitaires, des superbes planches dessinées parsèment le livre. Une belle découverte, on aurait même aimé qu’il y ait plus de pages !

Green mechanic

Green mechanic

Manga réalisé par Yami Shin, 2017, Suisse

Misha survit dans la Mégapole, ville géante où cohabitent humains et robots. Grâce à son empathie sur-développée, elle peut lire les émotions des autres, souvent sans pouvoir contrôler ce don. Un jour, dans une décharge, elle trouve un « morphing », un robot capable de prendre n’importe quelle l’apparence. Et ses aventures commencent…

Un manga de science-fiction avec une héroïne ? Voilà qui est intéressant ! Certes, le robot principal de l’histoire est présenté comme un jeune homme (à l’effigie du meilleur ami disparu de l’héroïne) et son protecteur officiel. Mais les deux autres nouveaux ami.e.s de Misha cassent les stéréotypes et présentent un équilibre intéressant : Setsuna, une jeune femme qui n’a pas sa langue dans sa poche et possède une armure de combat, et Neil, un jeune homme aux bras robotiques fragiles qui réduisent son champ d’action et de protection de l’héroïne (contrairement aux schéma narratifs habituels). Le premier tome est très dense en informations sur l’univers et en aventures. En bref, on a hâte de savoir la suite (ce résumé a été écrit à partir du tome 1 uniquement).

Même style d’univers, mais tout autre génération, on vous conseille le mythique manga Gunnm (bientôt sur le site).

La vie hantée d’Anya

La vie hantée d'anya le fantome

Bande dessinée réalisée par Vera Brosgol, 2013, Etats-Unis

Anya est une adolescente un peu rebelle mais pas trop, qui n’arrive pas à trouver sa place au lycée, et globalement mal dans sa peau. Un jour, elle sèche les cours pour aller au parc, tombe dans un trou profond et… se retrouve nez à nez avec un squelette et son fantôme, du nom d’Emily. Une fois sortie d’affaire, elle trouve dans cette fantôme sa première véritable amie, pour le meilleur ou pour le pire.

Cette bande dessinée est une chouette découverte, avec de très beaux dessins. On aime bien le personnage de l’héroïne, Anya, immigrée russe aux Etats-Unis qui a lutté pour s’intégrer et est en pleine crise d’ado face à sa mère. Le personnage de la fantôme Emily, qui évolue dans le temps, peut parfois laisser sceptique mais le suspens est suffisant pour vouloir savoir quel sera le dénouement de l’histoire.

Un tout petit bout d’elles

Bande dessinée écrite par Zidrou et dessinée par Raphaël Beuchot, 2016, France, Belgique, République Démocratique du Congo

Yue Kiang travaille dans une exploitation forestière tenue par une entreprise chinoise en RDC. Pendant son temps libre, il fréquente Antoinette et sa fille Marie-Léontine. Or, Antoinette cache une blessure : elle a été excisée étant petite.

L’air de rien, cette bande dessinée amène les lectrices et lecteurs vers un sujet important : les mutilations sexuelles, qui concernent 200 millions de femmes dans le monde. D’ailleurs, des pages explicatives figurent à la fin de la BD, avec des chiffres, une carte du monde, des sources et des associations vers lesquelles se tourner. Dommage que l’ensemble de l’intrigue soit vue du point de vue de l’homme et non pas de la femme (mais pour une BD réalisée par deux hommes, ce n’est pas si surprenant), et que la relation entre Yue Kiang et Antoinette ne soit jamais questionnée.