Dans un rayon de soleil

Bande dessinée écrite et illustrée par Tillie Walden, 2019, Etats-Unis

Mia s’engage sur un vaisseau qui parcourt l’univers pour réparer des bâtiments du passé, qui semblent flotter dans l’espace. Alors qu’elle trouve à bord celles qui deviendront sa nouvelle famille, des souvenirs d’internat lui reviennent. Cinq ans auparavant, elle avait fait la rencontre de Grace…

On aime beaucoup Tillie Walden, son talent, ses BD aux ambiances uniques et aux couleurs magnifiques, ses histoires prenantes… Dans un rayon de soleil, c’est même plus de 500 pages de Tillie Walden, dont des planches absolument époustouflantes ! Cette fois-ci, l’autrice-illustratrice nous plonge dans un univers de science-fiction assez mystérieux, qui ne semble habité… que par des femmes (et une personne non-binaire). On retrouve certains des thèmes récurrents des BD de Tillie Walden : l’adolescence, la quête de soi, l’amitié et la sororité, l’homosexualité.

Par la même autrice, (re)découvrez aussi Spinning, J’adore ce passage et Sur la route de West.

Saison des roses

Bande dessinée écrite et illustrée par Chloé Wary, 2019, France

Barbara habite dans une banlieue de Rosigny-sous-Bois. Sa vie, c’est surtout son club de foot ! Mais cette année, les dirigeants du club décident que seuls les garçons pourront participer au championnat… Avec leur coach, les filles vont alors se battre pour avoir le droit de jouer.

Une chouette histoire, qui met en lumière des filles qui font du foot, qui luttent pour la survie de leur équipe ! On sent que l’autrice-illustratrice vit son récit (et pour cause : elle a elle-même rejoint une équipe de foot avant d’écrire cette BD) et on le vit avec elle d’autant plus. On a aussi aimé le style particulier avec la mise en couleurs aux feutres, qui donne (entre autres) des ciels particulièrement magnifiques.

Pour d’autres histoires de filles qui se battent pour avoir le droit d’exercer leur sport préféré, on vous conseille les séries Betty et Les filles du rink.

On vous conseille aussi Pas pour les filles, le témoignage de Mélissa Plaza, ancienne internationale de football.

Adieu, mon utérus

Adieu mon uterus

Manga autobiographique écrit et dessiné par Yuki Okada, 2013, Japon

Yuki, autrice de manga de 33 ans, aprs qu’elle a un cancer du col de l’utérus et qu’elle va être opérée. Du diagnostic à la sortie de l’hôpital, on la suit dans son aventure.

Adieu, mon utérus est une belle histoire d’une femme qui a souhaité documenter et faire connaître sa maladie et la façon de lutter contre en se servant de son métier. Loin d’être plombant, le manga est léger, le ton est enjoué quand l’héroïne détaille les changements dans sa vie quotidienne, sa vie familiale, dans le regard de ses proches. On a bien aimé également sa vie à l’hôpital, entre prise en charge et empathie médicale aléatoire selon les médecins, et solidarité des patientes en gynécologie entre elles.

Ma mère était une très belle femme

Ma mère était une très belle femme cover

Bande dessinée écrite et dessinée par Karlien de Villiers, 2006, Afrique du Sud, Suisse

Karlien de Villiers est née en 1975 en Afrique du Sud. Elle raconte son enfance dans une famille d’afrikaners, du divorce de ses parents à la maladie de sa mère, avec en toile de fonds la ségrégation et les événements politiques des années 80 en Afrique du Sud.

C’est peu souvent qu’on a l’occasion de découvrir l’histoire contemporaine de l’Afrique du Sud en bande dessinée. Ma mère était une très belle femme est l’occasion de creuser le sujet du point de vue d’une petite fille blanche : elle raconte son quotidien, vu à travers ses yeux d’enfants et très subtilement de ce qu’il se passe dans le pays à travers plein de détails et d’informations distillées au fil des pages.

Une vie avec Alexandra David-Néel

Bande dessiné scénarisée par Frédéric Campoy, illustrée par Mathieu Blanchot et Frédéric Campoy, 4 tomes (série en cours), depuis 2017, France

En 1924, Alexandra David-Néel est la première femme occidentale à entrer à Lhassa, capitale du Tibet. On suit son parcours, depuis son enfance jusqu’à ses explorations les plus incroyables. On découvre aussi la moins connue Marie-Madeleine Peyronnet, qui fut la secrétaire personnelle de l’exploratrice pendant les 10 dernières années de sa vie, jusqu’à sa mort (et même après !).

Voici une autre manière de découvrir l’aventurière, philosophe et autrice Alexandra David-Néel ! La BD est adaptée de la biographie de Marie-Madeleine Peyronnet. Elle alterne couleurs et noir et blanc, pour marquer les flashbacks qui la ponctuent.

A lire également : Voyage d’une parisienne à Lhassa, un des journaux de voyage d’Alexandra David-Néel.

Sur la route de West

Bande dessinée écrite et illustrée par Tillie Walden, 2020, Etats-Unis

Béa, part de chez elle avec son sac à dos… Elle croise Lou et sa petite caravane, et elles décident de faire route ensemble. Une dizaine d’années les séparent, mais elles se ressemblent beaucoup. Lors d’une pause, elles découvrent Diamond, une chatte blanche perdue, et décident de la ramener chez elle.

On est désormais habituées au talent de Tillie Walden, et cette BD n’y fait pas défaut ! 300 pages au cours desquelles les 2 héroïnes apprennent à se connaitre et à se faire confiance, se livrent sur leurs histoires douloureuses, se soutiennent. Après un démarrage très terre à terre, le road trip se fait plus mystérieux, surréaliste, un peu fantastique et magique. La BD aborde le deuil et les violences sexuelles.

On adore aussi Spinning, J’adore ce passage et Dans un rayon de soleil par la même autrice !

Mon gras et moi

Mon gras et moi

Bande dessinée écrite et dessinée par Gally, 2008, France

L’héroïne de cette bande dessinée et grosse, très grosse. Elle raconte son quotidien, fait du regard réprobateur des autres et de la culpabilité.

Autrice et dessinatrice du blog-BD « Le blog d’une grosse » (aujourd’hui fermé) dans les années 2000, Gally a rassemblé et complété ses planches en cette bande dessinée. Précurseuse parmi les prises de paroles de femmes grosses de ces dernières années, la BD reste très sombre. Pendant le confinement en avril 2020, sa bande dessinée a été diffusée en ligne gratuitement par l’éditeur : elle en a profité pour contextualiser cette oeuvre, avec 10 ans de recul. Ses tweets sont à lire ici pour des éléments de compréhension supplémentaires.

Les sentiments du prince Charles

Bande dessinée écrite et illustrée par Liv Strömquist, 2010, Suède

Liv Strömquist dénonce la société patriarcale, en prenant comme point de départ le couple Prince Charles – Lady Diana. Elle aborde de nombreux sujets : modèle de la famille hétérosexuelle, mariage et droit de propriété sur le corps des femmes, stéréotypes de genre, toute puissance des hommes, violences contre les femmes…

Suivre la pensée de l’autrice prolifique Liv Strömquist n’est pas toujours évident… Son style ironique et destructuré, mais toujours très documenté, ne plaira pas à tou.te.s. Nous on l’aime bien ! A lire aussi : L’origine du monde et I’m every woman.

NOIRE. La vie méconnue de Claudette Colvin

Bande dessinée illustrée par Emilie Pleateau, d’après le livre de Tania de Montaigne, 2019, France, Etats-Unis

L’histoire a retenu le combat de Rosa Parks, qui a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus, en 1955. Mais quelques mois plus tôt, une jeune fille de 15 ans, Claudette Colvin, avait également refusé de céder sa place…

Cette BD raconte l’histoire de cette jeune fille, expliquant aussi pourquoi ce n’est pas son cas qui a fait date dans l’histoire des Etats-Unis. Pourquoi, parce qu’elle était enceinte d’un homme marié, elle n’a pas été considérée assez respectable pour être la figure de proue du combat contre la ségrégation. A lire en complément de l’autobiographie de Rosa Parks, qui explique elle aussi les raisons de ce choix.

Banana Girl

Bande dessinée écrite et illustrée par Kei Lam, 2017, France, Chine

A l’âge de 6 ans, Kei arrive en France depuis Hong Kong avec sa mère pour rejoindre son père. Élevée entre culture chinoise et culture française, elle raconte son histoire.

Banana Girl est un beau témoignage d’une adulte qui revient sur son enfance et sur ce qu’est d’être une petite fille asiatique en France. Elle raconte le racisme, contre elle, contre ses parents, mais également intériorisé. Entre souvenirs et questions identitaires, des superbes planches dessinées parsèment le livre. Une belle découverte, on aurait même aimé qu’il y ait plus de pages !