Suzanne 

Réalisé par Katell Quillévéré, 2013, France

Maria et Suzanne, deux soeurs, sont élevées par leur père chauffeur routier. A 17 ans, Suzanne devient mère d’un petit garçon. Sa soeur et son père prennent soin d’eux comme ils peuvent, jusqu’au jour où Suzanne quitte le domicile pour suivre son petit-ami délinquant.

25 ans de vie pendant lesquelles 4 vies s’entremêlent, se croisent, se démêlent. Il y a les 2 soeurs, jouées par les lumineuses Sara Forestier et Adèle Haenel. Il y a le père, épatant François Damiens. Et puis le fils de Suzanne, qui grandit plus ou moins sans sa mère. Suzanne plonge, manque de se noyer, refait surface. C’est puissant et émouvant. Bon, définitivement pas le film le plus joyeux qu’on vous propose sur ce site !

Bliss

Réalisé par Drew Barrymore, 2009, États-Unis

Bliss a 17 ans. En conflit avec sa mère, elle travaille comme serveuse pour gagner de l’argent de poche. C’est alors qu’elle découvre, un peu par hasard, le roller derby. Elle se passionne pour ce sport de contact en roller sur piste, et intègre une équipe…

Ellen Page et du roller derby. A-t-on vraiment besoin d’en écrire plus !? Le premier film réalisé par Drew Barrymore est drôle et dynamique. Sport, esprit d’équipe et sororité au programme ! Et si vous aimez les héroïnes sur roulettes, on vous conseille également la série Les filles du rink.

Juno

Réalisé par Jason Reitman sur un scénario de Diablo Cody, 2007, États-Unis

A 16 ans, Juno apprend qu’elle est enceinte de son ami Paulie… Elle pense d’abord avorter, puis décide de faire adopter le futur bébé. Avec son amie Leah, elle se met en quête du couple adoptant idéal…

Un film frais et drôle sur l’adolescence, loin du conformisme des “teen movies” souvent très masculins. Certes, on peut regretter le non choix de l’avortement fait par la jeune fille… Mais Juno (la géniale Ellen Page) fait ses choix et les assume, elle n’a pas sa langue dans sa poche ! Une chouette bande-son accompagne le film.

Oscar du meilleur scénario original

Mustang

Réalisé par Deniz Gamze Ergüven, 2015, Allemagne, Turquie, France, Qatar

Cinq soeurs sont élevées par leur grand-mère et leur oncle. Après un jeu avec des garçons à la plage, jugé obscène, leur oncle les enferme dans la maison. Progressivement, celle-ci se transforme en véritable prison, pendant que les mariages des 5 jeunes soeurs (elles ont entre 11 et 17 ans) sont organisés peu à peu… Animées par une soif de liberté, les soeurs résistent, chacune à leur manière.

Un film extrêmement fort, dans lequel la réalisatrice a souhaité montrer la condition des femmes en Turquie, pays marqué par un retour en force très violent du patriarcat. Les 5 jeunes actrices sont absolument incroyables. Attention, certaines scènes sont très violentes (mariage forcé, violences physiques et sexuelles, suicide).

L’esquive

Réalisé par Abdellatif Kechiche, 2004, France

Dans le cadre de leur cours de français, un groupe d’ados répète Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux. Krimo, amoureux de Lydia, tente d’obtenir le rôle d’Arlequin pour séduire la jeune fille…

Avant La vie d’Adèle (et on espère dans de meilleures conditions de tournage que celles qu’il a fait subir à Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux…), Kechiche a réalisé cette pépite, avec des acteurs débutants et un tout petit budget. Si Lydia n’est pas la personnage principale, son interprète crève littéralement l’écran ; Sara Forestier a d’ailleurs reçu le César du meilleur espoir féminin en 2005 pour le rôle. Sans tomber dans les clichés sur les jeunes de banlieues, L’Esquive dénonce les injustices sociales.

Je danserai si je veux

Réalisé par Maysaloun Hamoud, 2016, Israël, France

Laïla est avocate, elle revendique des relations très libres avec ses compagnons. Elle partage un appartement avec Salma, DJ lesbienne qui enchaîne les petits boulots et cache son homosexualité à ses parents chrétiens conservateurs. Les deux fêtardes sont rejointes par Nour, étudiante musulmane, qui vient s’installer dans la colocation. Chacune à leur manière, les trois femmes refusent de se soumettre à leurs familles, aux traditions et au patriarcat. Elles revendiquent leur indépendance et leur liberté !

Maysaloun Hamoud s’attaque aux tabous et donne une voix aux femmes palestiniennes… ce qui n’est pas du goût de tout le monde : une fatwa a été lancée contre la réalisatrice, qui a reçu des menaces de mort, tout comme les actrices. Le film aborde de nombreux sujets : homosexualité, sexualité, drogue, mariage forcé, viol… Il est empreint d’une immense sororité entre les 3 héroïnes. Attention, le film comporte un avertissement (“des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs”), notamment en raison d’une scène de viol explicite.

Les figures de l’ombre

Réalisé par Theodore Melfi (adapté du roman Hidden Figures de Margot Lee Shetterly), 2016, États-Unis

Alors que la guerre fait rage entre Américains et Russes pour la conquête spatiale, Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson, brillantes mathématiciennes noires, sont recrutées à la NASA. Reléguées au second plan, dans l’ombre de leurs collègues masculins blancs, se heurtant à la politique ségrégationniste, elles vont faire preuve d’un immense courage et vont fortement contribuer aux programmes aéronautiques et spatiaux.

Inspiré de l’histoire vraie des 3 scientifiques longtemps oubliées, Les figures de l’ombre met en avant le racisme et le sexisme qu’elles ont subi. S’attachant à montrer à la fois les obstacles qu’elles rencontrent dans leur vie professionnelle et dans leur vie personnelle, il montre aussi la sororité qui les unit. Avec un superbe trio d’actrices qui interprètent avec brio les trois femmes !

Joy

Réalisé par David O. Russell, 2015, États-Unis

Dans les années 80, Joy Mangano est une mère célibataire de 2 enfants. Un jour, elle se blesse en ramassant un verre cassé… ce qui lui donne l’idée d’inventer un balai-serpillère essorant.

Joy est un film plein d’espoir et de détermination, qui raconte notamment (une histoire vraie) la bataille d’une femme pour faire reconnaître son invention, malgré les réappropriations des hommes. Une héroïne forte à découvrir !

Naissance des pieuvres

Réalisé par Céline Sciamma, 2007, France

Vacances scolaires dans un quartier résidentiel. Marie s’ennuie et s’occupe en allant voir son amie Anne à ses cours de natation synchronisée. Intriguée par Florine, la leadeuse de l’équipe, Marie tente timidement de se rapprocher d’elle.

On peut le dire : le premier film de Céline Sciamma (également réalisatrice de Tomboy, Bande de filles…) est intriguant. Entre poésie et épisodes plus triviaux du quotidien d’adolescentes, La naissance des pieuvres raconte surtout la naissance du désir sexuel de 3 jeunes femmes, les héroïnes principales, entre contrainte sociale et regard patriarcal sur leurs corps, leurs fréquentations, leurs vies. Un récit qui peut parler à de jeunes lesbiennes qui cherchent des représentations justes. Attention cependant, deux éléments du film peuvent déranger : la manipulation/domination d’une ado plus âgée sur une plus jeune, et une scène de sexe perturbante entre elles deux.

Jackie

Réalisé par Pablo Larraín, 2016, Chili, États-Unis, France

Quelques jours seulement après l’assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy, un journaliste se rend au domicile de son épouse Jacqueline Kennedy, pour une longue interview.

Attention, si vous pensez en apprendre plus sur la vie de Jackie Kennedy avec ce film, passez votre chemin ! Le film est centré sur la dimension psychologique du drame : son vécu du décès de son mari, comment elle tente de préserver ses enfants, comment elle organise des funérailles nationales. Natalie Portman interprète de manière convaincante la douleur et la force de cette femme restée une icône.