Fleur du désert

Long métrage réalisé par Sherry Hormann, Allemagne, Autriche, France, Royaume-Uni, 2009 (basé sur l’autobiographie de Waris Dirie publiée en 1998, Fleur du désert : du désert de Somalie à l’univers des top models)

L’histoire vraie de Waris Dirie, une femme somalienne qui a survécu à l’excision quand elle avait 5 ans, aux menaces d’un mariage forcé avec un homme beaucoup plus âgé quand elle avait 13 ans, à 6 ans d’esclavage à l’ambassade de Somalie à Londres. Elle est ensuite “découverte” par un célèbre photographe de mode, rejoint une agence de mannequins et devient l’une des plus grandes top models au niveau international.

Fleur du désert retrace le parcours d’une femme devenue militante engagée, une des premières à prendre publiquement la parole pour dénoncer les mutilations sexuelles en 1997, avant de devenir “ambassadrice de bonne volonté” de l’ONU puis de créer sa propre fondation. Le film montre également l’amitié et la sororité qui unissent Waris et Marilyn, une jeune femme qui rêve de devenir danseuse, qui l’héberge et l’aide à trouver un emploi. Enfin et même si ce n’est pas forcément l’objectif, le film montre la violence du monde du mannequinat dans lequel est projeté Waris, à travers plusieurs scènes de nudité très gênantes… Attention aussi à la violence d’une scène qui montre l’excision.

Juanita

Long métrage de Clark Johnson, 2019, États-Unis

Juanita, la cinquantaine, est mère de 3 grands enfants désormais adultes, l’un en prison, un autre sur le chemin pour y entrer et une troisième peu indépendante. Juanita est épuisée. Un jour, elle décide de renouer avec ses rêves de jeunesse et de partir en voyage à travers les États-Unis, seule, pour se changer les idées.

Juanita est un chouette film qui raconte l’importance pour une femme de s’accorder du temps pour soi et de se recentrer, notamment après avoir été mère, à la tête d’un ménage, avec toute la charge mentale que cela implique. Le scénario est simple et efficace, pas beaucoup de suspens quant à son déroulé mais on passe un bon moment à suivre cette femme forte écouter ses envies et trouver un nouveau chemin dans sa vie.

Kings

Long métrage réalisé par Deniz Gamze Ergüven, 2018, France, États-Unis

En 1992, Millie vit dans un quartier populaire de Los Angeles. Elle accueille chez elle de nombreux enfants, dont les parents sont absents car victimes de violences policières racistes. Quand les émeutes suite à l’acquittement de 4 policiers blancs accusés d’avoir tabassé Rodney King commencent, elle devra se débrouiller pour veiller sur toutes et tous, avec l’aide inattendue de son voisin, seul blanc du quartier.

Kings est un film saisissant, qui évoque la “petite” histoire de quelques personnes du quartier durant cette semaine d’émeutes à Los Angeles, entrée dans la “grande” histoire des États-Unis. Halle Berry joue son rôle de mère courageuse avec conviction. On regrette peut-être l’introduction d’une romance dans la deuxième partie du film, à moins qu’elle ne soit là pour dénouer la tension qui règne en fil rouge dans le film. Deniz Gamze Ergüven est aussi la réalisatrice du film Mustang.

Séraphine

Long métrage réalisé par Martin Provost, 2008, France

En 1912, quand le collectionneur d’art allemand Wilhelm Uhd s’installe à Senlis, Séraphine devient sa femme de ménage. Il découvre alors que cette femme d’une cinquantaine d’années est une artiste peintre méconnue et décide de la prendre sous son aile.

C’est sûr, le grand mérite de ce film réside dans le fait de nous faire découvrir cette femme artiste, peu connue du grand public, et de nous introduire à son art et ses techniques supposées (très pauvre, elle fabriquait elle-même ses couleurs avec des mélanges de produits divers). Yolande Moreau, comme souvent, est saisissante ! Dommage cependant que le point de vue adopté soit surtout celui du collectionneur, ce qui laisse souvent les spectateurs/trices à distance de Séraphine et de ses émotions. On vous laisse vous faire votre avis !

Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga

Long métrage réalisé par Shelly Chopra, 2018, Inde

Poursuivie par son frère aîné, Sweety fait la rencontre de Sahil, un dramaturge sans succès. Celui-ci tombe amoureux d’elle… sans que ce soit réciproque, car Sweety n’est pas très intéressée par les hommes.

Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga est la première grosse production de Bollywood avec une lesbienne comme héroïne, ce qui est suffisamment remarquable pour s’y attarder. L’histoire est assez simple et reste dans les codes du film romantique indien (une héroïne qui doit se marier mais dont les envies vont contre les attentes de sa famille et/ou de la société), mais les personnages sont très attachants, et quel symbole moins de 6 mois après la dépénalisation de l’homosexualité en Inde ! Il dénonce le harcèlement homophobe dont sont victimes les jeunes à l’école, et termine (sans surprise !) par une belle leçon de tolérance de la part du père de l’héroïne. Certes, ne vous attendez pas à des effusions sentimentales (on se contentera de quelques étreintes), mais il s’agit d’un film à gros budget, avec des têtes d’affiche très connues en Inde. Bref, à voir !

Star Wars – Troisième trilogie 2015-2019

Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force, réalisé par J. J. Abrams, 2015, États-Unis

Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi, réalisé par Rian Johnson, 2017, États-Unis 

Star Wars, épisode IX : L’Ascension de Skywalker, réalisé par J. J. Abrams, 2019, États-Unis

30 après la destruction de la seconde Étoile de la mort, le dernier Jedi (Luke Skywalker) a disparu… et tout le monde le cherche, Premier Ordre comme Résistance. Lors d’une bataille, un Stormtrooper déserte et rencontre Rey, une pilleuse d’épaves. Le duo va ensuite rejoindre les rangs de la Résistance, et Rey va progressivement découvrir ses pouvoirs et contrôler la Force…

Si quelques personnages féminins faisaient déjà partie de l’univers des 2 premières trilogies de Star Wars (dont la mythique princesse puis générale Leia Organa, malheureusement réduite en esclave sexuelle pendant un des épisodes…), leur présence est beaucoup plus marquée dans cette nouvelle trilogie. On trouve des pilotes de vaisseaux, des guerrières dans les 2 camps, une sage millénaire… Le film passe même le test de Bechdel ! Comme dans Rogue One: A Star Wars Story, on a droit à une héroïne forte, Rey, qui est très indépendante, affirme qu’elle n’a pas besoin de l’aide de son coéquipier Finn, n’est jamais sexualisée. Elle sait piloter, se battre… et même maîtriser la Force. A noter que c’est une femme, Kathleen Kennedy, qui a pris la succession en 2012 de Lucasfilm, la société de George Lucas, le créateur de Star Wars. Il n’y a pas de hasard…

Rogue One: A Star Wars Story

Long métrage réalisé par Gareth Edwards, 2016, États-Unis 

15 ans après le meurtre de sa mère et l’enlèvement de son père, ingénieur ayant fui l’Empire, Jyn Erso est une femme solitaire qui se retrouve elle-même aux mains de l’Empire… Elle est alors libérée par l’Alliance rebelle, et fait équipe avec le capitaine Cassian Andor pour aider à retrouver son père, aujourd’hui à la tête du chantier de construction de la destructrice Étoile de la mort…

Cette histoire parallèle de l’univers Star Wars se déroule juste avant les événements de Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir, et explique comment l’Alliance rebelle est parvenue à récupérer les plans de l’Étoile de la mort qui serviront à la détruire. Comme dans la nouvelle trilogie, cet épisode est marqué par la présence d’une héroïne forte, ce qui a d’ailleurs fait bondir certains fans (il y aurait désormais trop de femmes dans Star Wars…). Certes, Jyn est un peu seule au milieu des autres rebelles très masculins (comptez quand même sur la présence, certes brève, de la géniale sénatrice Mon Mothma !), mais sa présence est loin d’être anecdotique et n’est pas même entachée d’une histoire d’amour ! Bref, si vous aimez l’univers, vous aimerez certainement Rogue One !

Little Miss Sunshine 

Long métrage réalisé par Jonathan Dayton et Valerie Faris, 2006, États-Unis

Dans la famille Hoover, il y a le grand-père, la mère, le père, l’oncle, le fils adolescent et enfin la fille de 7 ans, Olive, qui rêve d’être Miss. Quand elle obtient une invitation pour participer au célèbre concours de beauté « Little miss Sunshine » en Californie, à 3 jours de route, toute la famille décide de l’accompagner.

Dans ce road movie plein de bonne humeur, on suit les déboires de toute cette famille un peu déjantée, unie pour soutenir Olive. On (re)découvre aussi l’horreur des concours de mini-Miss, interdits en France depuis 2013, et de la pression exercée sur les corps de toutes jeunes filles pour être « la plus belle ». Jonathan Dayton et Valerie Faris ont également réalisé Battle of the sexes.

Yes or no

Film réalisé par Saratswadee Wongsomphet, 2010, Thaïlande

C’est la rentrée à l’université pour Pie. En s’installant dans sa nouvelle chambre d’étudiante, elle découvre qu’elle la partagera avec Kim, une jeune femme au look très « masculin »… Kim serait-elle lesbienne ?!

Si vous cherchez une comédie romantique lesbienne un peu mielleuse et mignonne comme tout, voilà ce qu’il vous faut ! Un peu rétro, parfois surprenant, Yes or no est un bon film du genre si vous l’aimez, et l’un des premiers films lesbiens grand public en Thaïlande. On aime bien la construction de l’amitié puis de l’amour entre les deux personnages principales, la « tante » plus âgée réconfortante quand il le faut, et le fait qu’une personnage secondaire tombe éperdument amoureuse d’une autre femme… sans pour autant que ce soit questionné par son entourage. Et pour prolonger le plaisir et découvrir ce qui arrive aux deux héroïnes dans les années suivantes, deux suites existent : Yes or no 2 et Yes or no 2.5.

Tomb Raider

Long métrage réalisé par Roar Uthaug, 2018, États-Unis, Royaume-Uni

A 21 ans, Lara Croft vit seule à Londres. 7 ans ont passé depuis la disparition de son père, un célèbre explorateur, mais elle refuse de reprendre les rênes de l’entreprise familiale. Persuadée que son père n’est pas mort, elle part à sa recherche sur une île au sud du Japon.

Alors que les jeux vidéo et les précédents films avec Angelina Jolie en avaient fait une icône hypersexualisée, ce n’est pas du tout le parti pris de ce nouveau film. Lara Croft (jouée par la convaincante Alicia Vikander) est ici sportive, téméraire, mais elle n’est pas pour autant une super-héroïne invincible : elle reste très humaine, ce qui la rend très attachante. Même si le film ne nous plonge pas dans des aventures hyper originales (c’est très Indiana Jones !), c’est quand même prenant ! Une suite est prévue pour mars 2021.