Colette

Long métrage réalisé par Wash Westmoreland, 2018, Royaume-Uni, Etats-Unis, Hongrie

Gabrielle vit en Bourgogne, loin de Paris, avant d’épouser un Parisien mondain de 14 ans son aîné, Willy. Celui-ci est journaliste, critique et romancier… mais n’écrit en réalité par grand-chose, s’appuyant sur des collaborateurs qui écrivent à sa place. Il convainc Gabrielle d’écrire pour lui les histoires de son enfance à la campagne : c’est ainsi que nait la série des Claudine. Mais progressivement, Gabrielle (qui se fait désormais appeler Colette) s’affirme…

Il aura fallu un réalisateur américain pour s’emparer d’un morceau de l’histoire de Colette, l’une des plus célèbres romancières de la littérature française… Le film s’attache à dépeindre sa vie pendant cette période d’imposture où elle se découvre écrivaine, mais également comédienne… et bisexuelle. Si Colette tire parfois en longueur, c’est globalement un pari réussi : jeu des acteurs (Keira Knightley et Dominic West entre autres), décors et costumes complètent un scénario qui rend « femmage » à l’écrivaine.

Pour découvrir une autre histoire d’imposture, on vous conseille le film Big Eyes.

Orgueil et préjugés

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Long métrage réalisé par Joe Wright, 2005, Royaume-Uni, d’après le roman Orgueil et préjugés de Jane Austen

Dans un village de la campagne anglaise, Mrs. Bennet ne cherche qu’à marier ses 5 filles. Lorsque Mr. Bingley, accompagné de son ami Mr. Darcy, devient son nouveau voisin, elle fera en sorte de caser à tout prix au moins l’une de ses deux aînées, Jane et Elizabeth.

Orgueil et préjugés est une chouette adaptation d’un des romans cultes de Jane Austen. Les héroïnes et actrices principales sont fraîches, pleines de caractère, notamment Elizabeth dite Lizzie qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et n’hésite pas à éconduire le riche Mr. Darcy, chose impensable à cette époque. Certes, toutes les femmes n’ont pas le beau rôle et certains personnages sont stéréotypés (la mère et les sœurs hystériques, la marâtre, etc.) mais l’héroïne principale vaut à elle seule le détour.

Anna Karénine

Anna Karenine Keira Knighley

Long métrage réalisé par Joe Wright, 2012, Royaume-Uni, France, Russie, d’après le roman du même nom de Léon Tolstoi

En rendant visite son frère à Moscou, Anna Karénine rencontre le Comte Vronsky. Les deux tombent immédiatement et irrémédiablement amoureux l’un de l’autre, malgré leurs engagements respectifs et les regards de la bonne société russe.

Dans la catégorie des adaptations cinématographiques qui ne rendent vraiment pas hommage à leur roman d’origine, ce film a une belle place. Certes, ce n’est pas facile de condenser les plus de 1000 pages du roman en un film de 2h. Le réalisateur a fait le choix de garder quasiment tous les personnages, même secondaires, ce qui laisse peu de place pour construire et faire comprendre la personnalité de chacun et chacune, notamment celle de l’héroïne principale, Anna Karénine, dont les traits et les émotions sont grossies et perdent en subtilité. La mise en scène et la réalisation sont très étranges et vous plairont… ou pas. Bref, si ce film permet tout de même de vous donner envie de lire le roman, tant mieux. C’est vraiment dommage quand on sait que Joe Wright (le réalisateur) et Keira Knighley (l’actrice principale) ont déjà travaillé ensemble sur une adaptation très réussie d’Orgueil et Préjugés, roman écrit par Jane Austen.

Wild

Long métrage réalisé par Jean-Marc Vallée, 2014, Etats-Unis, d’après l’autobiographie de Cheryl Strayed

En 1995, sans aucune expérience en randonnée, Cheryl s’attaque à une longue marche en solitaire : le Pacific Crest Trail, long de 1700 km. Après avoir tout quitté, famille, mari, ami.e.s, entre vie marquée par les addictions et les souvenirs douloureux, Cheryl arrivera-t-elle à se retrouver ?

En plus des paysages magnifiques, ce film est connu pour la très belle interprétation de Reese Witherspoon dans le rôle principal. Wild, c’est surtout l’histoire d’une renaissance, celle d’une femme qui cherche à mettre la lumière sur ce qui la ronge, et trouve la force et la volonté d’analyser et de tourner le dos à son passé. Le film raconte à mi-mots les traumatismes de l’enfance et de la perte d’un être cher, et comment l’héroïne trouve le moyen de les surmonter, sur le court et le long terme. On la suit dans sa marche et dans sa quête d’elle-même, on l’encourage, et on vibre d’émotion à chacun de ses pas. Un beau voyage.

Pour découvrir une autre héroïne qui randonne, nous vous conseillons le film Edie.

La saison des femmes

La saison des femmes

Long métrage réalisé par Leena Yadav, 2015, Inde

Dans un village au cœur du Rajasthan, les vies de 4 femmes se font et se défont, entre mariage, histoires d’amour et rêves d’indépendance.

Attention pépite ! Si vous voulez un aperçu de comment peut s’appliquer le patriarcat dans cette région de l’Inde, La Saison des femmes est un film à voir. On a bien aimé la profonde amitié qui lie les différentes héroïnes tout au long de l’histoire, envers et contre tous, ainsi que la fin du film, pleine d’espoir.

Pour plus d’héroïnes indiennes qui se rebellent, on vous conseille également Love Sonia, Toilet, ek prem katha et Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga.

Hala

Long métrage réalisé par Minhal Baig, 2019, Etats-Unis

Hala est une adolescente musulmane. Jour après jour, regard après regard, elle tombe amoureuse de Jesse. Entre la naissance de ses désirs et les traditions pakistanaises transmises et prônées par sa famille et sa communauté, Hala doit trouver sa place.

Hala est le récit touchant d’une adolescente en quête d’indépendance. Très poétique et avec une réalisation très belle, on suit l’héroïne, entre les heures lumineuses au lycée et au skatepark, et celles, sombres et pleines de malaise, avec sa famille. L’actrice principale, Geraldine Viswanathan, est brillante, une vraie découverte.

Pour une autre histoire avec des skateuses dedans, on vous conseille la série Betty !

Harriet

Long métrage réalisé par Kasi Lemmons, 2019, Etats-Unis

Dans les années 1840, dans un état du sud esclavagiste des Etats-Unis, Minty se bat pour obtenir sa liberté. Quand elle lui est refusée, elle décide de s’enfuir. Elle deviendra la célèbre Harriet Tubman, femme libre, qui a aidé à faire échapper des centaines d’esclaves des états du sud.

Harriet est un film important pour découvrir une figure historique encore trop peu connue. Il y a parfois quelques longueurs… Pour compenser, Cynthia Erivo, qui joue l’héroïne en titre, tient merveilleusement bien son rôle. Par la même réalisatrice, allez jeter un oeil à la série Self Made.

Rosie Davis

Long métrage réalisé par Paddy Breathnach, 2018, Irlande

Rosie et son mari ont 4 enfants. Travailleurs pauvres, ils ont du mal à joindre les 2 bouts. Un jour, leur propriétaire vend l’appartement… Impossible de trouver un nouveau logement étant donnés leurs faibles revenus. Rosie doit se battre chaque jour, depuis sa voiture, pour trouver un hôtel pour la nuit, tout en amenant ses enfants à l’école et en luttant pour essayer de garder un semblant de vie familiale.

Un film touchant sur le combat d’une famille face à la précarité et à la menace du sans-abrisme. On suit particulièrement le quotidien de Rosie, la mère, qui tente de préserver sa famille. Un film qui rappelle aussi que cette histoire est celle de milliers (millions ?) de familles en Irlande, en France et ailleurs.

Tallulah

Long métrage réalisé par Sian Heder, 2016, Etats-Unis

Lu vit dans son van et voyage à travers les Etats-Unis avec son petit ami, qui commence à en avoir assez de ce quotidien précaire. Une nuit, il part et Lu se retrouve seule. Elle décide d’aller à New-York pour le retrouver. Dans un hôtel, elle rencontre une femme, mère d’une petite fille… petite fille qu’elle décide d’emmener avec elle.

Tallulah est une vraie surprise. La réalisatrice aborde avec intelligence et beaucoup d’humanité le sujet de la maternité. Être mère est loin d’être une question simple, comme le montrent les trois héroïnes du film : une jeune femme a priori sans désir d’enfant, abandonnée par sa propre mère et qui s’attache rapidement à une enfant, une mère « abandonnée » par son grand fils maintenant adulte et par son mari, et une mère biologique qui n’arrive pas à éprouver cet « amour maternel » si souvent présenté comme instinctif. Avec la fantastique Ellen Page dedans, déjà vue dans Bliss, Juno et Free Love.

Les filles du Docteur March

Little women greta gerwig

Long métrage réalisé par Greta Gerwig, adapté du roman Les Quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott, 2019, Etats-Unis

Dans les années 1860, le Docteur March part à la guerre, laissant son épouse et ses quatre filles Meg, Jo, Beth et Amy. On suit leurs trajectoires de leur enfance/adolescence lors de leur rencontre avec leur jeune voisin Laurie, à leur mariage.

Pourquoi, pourquoi, pourquoi toutes les adaptations cinématographies des Quatre filles du Docteur March veulent absolument retranscrire à l’écran non pas seulement le célèbre roman, mais également sa suite ? Suite dans laquelle toutes les soeurs March se retrouvent mariées, privées de leur insouciante, de leur liberté et de la fantastique sororité pour laquelle elles sont connues. Greta Gerwig, qu’on aime beaucoup par ailleurs pour ses rôles d’actrice et pour son premier long métrage Lady Bird, n’y coupe pas et c’est bien dommage (d’ailleurs, les hommes sont beaucoup plus présents dans le film que dans le roman). Difficile de résumer en 2h toutes les aventures que les héroïnes vivent. Le film ressemble à un catalogue de leurs aventures, surtout avec le choix d’avoir déstructuré la chronologie des événements. Vraiment dommage car la réalisation est très belle (les lumières sont fantastiques !) et Saoirse Ronan en Jo est éblouissante de vie et d’énergie.