Virgin Suicides

Virgin Suicides

Long métrage réalisé par Sofia Coppola, 1999, Etats-Unis

Années 70. Dans une ville américaine tranquille, Cecilia, une adolescente de 13 ans tente de se suicider. Incompréhension des parents et rumeurs dans la ville s’ensuivent, et les parents finissent à interdire toute sortie non nécessaire aux cinq sœurs de la famille.

Premier long métrage de la réalisatrice Sofia Coppola (qui a aussi réalisé le film Marie-Antoinette), Virgin Suicides ne laisse pas indifférent.e. Certes, l’histoire est raconté par des hommes, anciens amis et amoureux des sœurs. Mais malgré cette tentative de point de vue masculin, les spectatrices et spectateurs sont directement plongé.e.s dans le quotidien et l’intimité de ces cinq sœurs. Le film retranscrit magnifiquement bien la mélancolie de l’adolescence et toutes les difficultés à être une jeune femme de cette âge. Même si le film aborde un sujet douloureux et mérite un avertissement avant de le regarder, ça reste un classique des années 90.

Autre pays, autres sœurs, on vous recommande le film Mustang.

Victoria, les jeunes années d’une reine

Long métrage réalisé par Jean-Marc Vallée, Royaume-Uni, 2009

Elevée par sa mère qui la surprotège, la jeune Victoria grandit isolée. A l’aube de ses 18 ans et de son accession au trône, son entourage multiplie les projets matrimoniaux aux objectifs très politiques. L’un de ses prétendants, Albert, lui plait plus que les autres… 

Avec une durée de 63 ans et sept mois, le règne de la reine Victoria est le deuxième plus long de toute l’histoire du Royaume-Uni après celui d’Élisabeth II (qu’on découvre dans la série The Crown). Ce film retrace ses jeunes années, depuis la fin de son adolescence à son mariage, en passant par son couronnement. Intrigues et complot, romance et émancipation sont au programme de ce film, qui finalement s’attarde beaucoup sur les réalisations communes de Victoria (la convaincante Emily Blunt) et de son époux. Mais si vous aimez les films historiques et les histoires d’amour, foncez ! 

A noter : Jean-Marc Vallée a aussi réalisé la série Big Little Lies.

Margarita with a straw

Long métrage réalisé par Shonali Bose, Inde, 2014

Laila est lycéenne, elle étudie à l’université de Delhi. Elle est atteinte d’infirmité motrice cérébrale, ce qui ne l’empêche pas d’écrire, notamment des chansons pour le groupe de musique dont elle fait partie. Un jour, elle apprend qu’elle a obtenu une bourse pour partir étudier à New-York ! Malgré les réticences de son père, elle traverse la planète et s’y installe, accompagnée de sa mère. Là, elle rencontre Jared, un étudiant chargé de l’aider pendant les cours d’écriture créative, et Khanum, une jeune femme non-voyante dont elle tombe amoureuse… 

Margarita with a straw, c’est un très chouette film qui aborde plein de sujets différents : le handicap et les problématiques d’accessibilité, l’exil et l’intégration dans un nouveau pays, la bisexualité et le coming out, la maladie et le deuil, l’acceptation de soi… A noter : la réalisatrice Shonali Bose est elle-même bisexuelle. On a quand même regretté que les 2 héroïnes ne soient pas jouées par des femmes en situation de handicap, même si on salue la performance des actrices valides qui jouent leurs rôles.

La bonne épouse

Long métrage réalisé par Martin Provost, France, 2020

En 1967, Paulette Van Der Beck dirige avec ardeur son école ménagère à destination des jeunes filles de la région. Elle est assistée de sa belle-soeur professeure de cuisine et d’une religieuse. Quand le mari de Paulette décède, elle découvre que l’école souffre de dettes… Dans le même temps, les nouvelles jeunes filles accueillies dans l’école ont envie de liberté !

L’émancipation des femmes est au programme de ce film très drôle qui évoque mai 68. Certes, ce n’est pas le film de l’année, mais le scénario est bien trouvé, les acteurs et actrices convaincant.e.s dans leurs rôles (Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky sont excellentes) : on passe clairement un bon moment ! 

Martin Provost a aussi réalisé Séraphine

Comme des garçons

Long métrage réalisé par Julien Hallard, France, 2018

En 1969 à Reims, Paul Coutard est journaliste sportif au quotidien Le Champenois. Pour provoquer son directeur, ce séducteur décide d’organiser un match de football féminin pour la kermesse annuelle du journal, aidé de la secrétaire de rédaction (et footballeuse !) Emmanuelle Bruno. 

Mais pourquoi ce film, au synopsis attractif et inspiré de l’histoire vraie de l’équipe féminine de Reims, n’est pas resté plus près de la réalité ? Pourquoi changer les noms des pionnières du football féminin déjà invisibilisées, plutôt que de choisir de valoriser le matrimoine ? Au final, un film potache (mais pas vraiment drôle) dont l’objectif semble surtout de mettre en lumière Max Boublil, des personnages féminins qui restent hyper stéréotypés et n’ont pas vraiment leur mot à dire sur quoi que ce soit, et un manque cruel de sororité… Bref, on a été déçues !

Souvenirs de Marnie

Film d’animation réalisé par Hiromasa Yonebayashi, 2014, Japon

Pendant les vacances d’été, alors qu’Anna est envoyée à la campagne au bord de la mer pour soigner son asthme, elle fait la rencontre d’une étrange jeune fille, Marnie.

Souvenirs de Marnie est un film d’animation étonnant. Tout en poésie et en douceur, comme c’est souvent le cas dans les films du studio Ghibli, il nous montre la naissance d’une amitié et presque d’une histoire d’amour entre les deux adolescentes. Tous les codes amoureux de la rencontre aux premiers émois, sont là et pourtant, la fin déstabilise. Une belle découverte quelle que soit votre appréciation de la fin du film.

A peine j’ouvre les yeux

A peine j'ouvre les yeux

Long métrage réalisé par Leyla Bouzid, 2015, Tunisie

Farah a 18 ans, elle vit à Tunis avec sa mère, est un brin rebelle et amoureuse, chante dans un groupe de rock, fait la fête. Mais quelques mois avant la révolution, les textes qu’elle chante et sa liberté en tant que femme sont de plus en plus difficiles à affirmer.

Déjà, rien que pour les passages musicaux, ce film est à voir (et à écouter). Ensuite, c’est ici un beau portrait d’une jeune femme qui est raconté, qui grandit et s’affirme en même temps que le contexte politique se précise dans la capitale tunisienne.

Scénario de départ similaire, on vous conseille le court métrage Black Mamba. Pour d’autres jeunes femmes qui résistent pour atteindre leurs rêves, allez voir Papicha et qui jouent du rock, lisez la BD La nuit est mon royaume.

Colette

Long métrage réalisé par Wash Westmoreland, 2018, Royaume-Uni, Etats-Unis, Hongrie

Gabrielle vit en Bourgogne, loin de Paris, avant d’épouser un Parisien mondain de 14 ans son aîné, Willy. Celui-ci est journaliste, critique et romancier… mais n’écrit en réalité par grand-chose, s’appuyant sur des collaborateurs qui écrivent à sa place. Il convainc Gabrielle d’écrire pour lui les histoires de son enfance à la campagne : c’est ainsi que nait la série des Claudine. Mais progressivement, Gabrielle (qui se fait désormais appeler Colette) s’affirme…

Il aura fallu un réalisateur américain pour s’emparer d’un morceau de l’histoire de Colette, l’une des plus célèbres romancières de la littérature française… Le film s’attache à dépeindre sa vie pendant cette période d’imposture où elle se découvre écrivaine, mais également comédienne… et bisexuelle. Si Colette tire parfois en longueur, c’est globalement un pari réussi : jeu des acteurs (Keira Knightley et Dominic West entre autres), décors et costumes complètent un scénario qui rend « femmage » à l’écrivaine.

Pour découvrir une autre histoire d’imposture, on vous conseille le film Big Eyes.

Orgueil et préjugés

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Long métrage réalisé par Joe Wright, 2005, Royaume-Uni, d’après le roman Orgueil et préjugés de Jane Austen

Dans un village de la campagne anglaise, Mrs. Bennet ne cherche qu’à marier ses 5 filles. Lorsque Mr. Bingley, accompagné de son ami Mr. Darcy, devient son nouveau voisin, elle fera en sorte de caser à tout prix au moins l’une de ses deux aînées, Jane et Elizabeth.

Orgueil et préjugés est une chouette adaptation d’un des romans cultes de Jane Austen. Les héroïnes et actrices principales sont fraîches, pleines de caractère, notamment Elizabeth dite Lizzie qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et n’hésite pas à éconduire le riche Mr. Darcy, chose impensable à cette époque. Certes, toutes les femmes n’ont pas le beau rôle et certains personnages sont stéréotypés (la mère et les sœurs hystériques, la marâtre, etc.) mais l’héroïne principale vaut à elle seule le détour.

Anna Karénine

Anna Karenine Keira Knighley

Long métrage réalisé par Joe Wright, 2012, Royaume-Uni, France, Russie, d’après le roman du même nom de Léon Tolstoi

En rendant visite son frère à Moscou, Anna Karénine rencontre le Comte Vronsky. Les deux tombent immédiatement et irrémédiablement amoureux l’un de l’autre, malgré leurs engagements respectifs et les regards de la bonne société russe.

Dans la catégorie des adaptations cinématographiques qui ne rendent vraiment pas hommage à leur roman d’origine, ce film a une belle place. Certes, ce n’est pas facile de condenser les plus de 1000 pages du roman en un film de 2h. Le réalisateur a fait le choix de garder quasiment tous les personnages, même secondaires, ce qui laisse peu de place pour construire et faire comprendre la personnalité de chacun et chacune, notamment celle de l’héroïne principale, Anna Karénine, dont les traits et les émotions sont grossies et perdent en subtilité. La mise en scène et la réalisation sont très étranges et vous plairont… ou pas. Bref, si ce film permet tout de même de vous donner envie de lire le roman, tant mieux. C’est vraiment dommage quand on sait que Joe Wright (le réalisateur) et Keira Knighley (l’actrice principale) ont déjà travaillé ensemble sur une adaptation très réussie d’Orgueil et Préjugés, roman écrit par Jane Austen.