A mon âge je me cache encore pour fumer

A mon age je me cache encore pour fumer

Long métrage réalisé par Rayhana Obermeyer, 2016, Algérie

Alger, 1995. Fatima tient un hammam. Quelques minutes avant l’ouverture, une jeune femme, enceinte, s’y précipite en lui demandant son aide.

Adapté d’une pièce de théâtre, le rythme du film s’en ressent (et ça vous conviendra ou pas). Cependant, ça serait vraiment dommage de se priver de ce superbe huis clos entre femmes, dans un hammam : c’est un lieu idéal pour parler des actualités en Algérie dans les années 90 et de la vie des femmes de tous les âges. Mariages attendus ou forcés, viol ou plaisir féminin, religion, beauté des corps… des dizaines de sujets de conversation s’entrelacent, dévoilant tour à tour des tensions ou des moments de complicité intense.

Même époque, même endroit, on vous conseille également Papicha.

Un vent de liberté

Long métrage réalisé par Behnam Behzadi, 2016, Iran

Niloofar vit à Téhéran avec sa mère. Mais à cause de la forte pollution dans la ville, cette dernière est de plus en plus malade. Le frère et la soeur de Niloofar décident alors d’envoyer leur mère dans le nord du pays, et que leur soeur l’accompagnera… sans jamais lui demander son avis.

Un vent de liberté est le portrait touchant d’une femme active, qui va progressivement s’élever contre la décision de sa famille. Car pour quelle raison elle seule, en raison de son célibat, serait déracinée et empêchée de travailler ?

La mariée du diable

La mariée du diable devil's bride

Long métrage réalisé par Saara Cantell, 2016, Finlande, Suède

Finlande, XVIIème siècle. Anna est une jeune femme qui cherche l’amour (pas forcément au bon endroit) tout en apprenant les savoirs de sa mère, guérisseuse du village. Village dont la tranquillité et toute la vie s’apprête à être bousculée par une chasse aux sorcières.

La chasse aux sorcières ou l’élimination systématique de milliers de femmes en Europe au XVI et XVIIème siècle est dans ce film très bien illustrée. On voit la méfiance s’installer entre voisines et voisins, et la communauté se détricoter minutes après minutes. Avec sa personnage principale Anna, le film retrace bien le processus patriarcal qui a fait se monter les femmes les unes contre les autres, et se dénoncer. Heureusement, l’héroïne en question se rend compte de son erreur et la solidarité entre femmes finit par triompher (enfin presque). La mariée du diable n’est pas LE film du siècle mais une suggestion intéressante si vous cherchez un film historique sur cette thématique.

Dhalinyaro (jeunesse)

Dhalinyaro

Long métrage réalisé par Lula Ali Ismail, 2018, Djibouti

Deka, Asma et Hibo sont trois lycéennes, trois amies issues de classes sociales différentes dont on suit le quotidien à Djibouti et leurs réflexions sur l’avenir, alors qu’elles se préparent à passer le bac.

Amitié, complicité, secret, histoires de cœur et de famille, on s’attache rapidement aux trois jeunes femmes. La lumière et la réalisation sont vraiment belles. Dhalinyaro (jeunesse) est le premier long métrage de fiction de Djibouti, et en plus, réalisé par une femme. Bref, si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez pas !

Fucking Åmål

Fucking Amal

Long métrage réalisé par Lukas Moodysson, 1998, Danemark, Suède

Agnès va fêter ses 16 ans. Elle n’a pas beaucoup d’ami.e.s, elle écoute du rock très fort dans sa chambre fermée à double tour, et elle sait une chose : elle est amoureuse d’Elin, la fille la plus populaire de son lycée.

Bienvenue dans une adolescence lesbienne. Fucking Åmål c’est LE film que beaucoup les lesbiennes auraient aimé voir à l’adolescence, pour comprendre que c’est normal, que ça existe, que c’est possible d’être une femme et d’aimer une autre femme. Certes, le film a un peu vieilli mais il garde ce fil rouge universel de la première histoire d’amour. On aime l’évolution du personnage d’Elin, et si vous cherchez une illustration imagée de l’expression « sortir du placard », ce film contient une scène culte qui devrait vous satisfaire.

Supa Modo

Long métrage réalisé par Likarion Wainaina, 2018, Kenya, Allemagne

Jo est une petite fille passionnée par les super-héros ! Elle rêve de devenir elle-même une super-héroïne. Malheureusement, Jo est malade… Quand elle apprend que sa fille n’a plus que quelques mois à vivre, sa mère décide de la retirer de l’hôpital. Quant à sa grande sœur, elle décide de rendre Jo heureuse en lui faisant croire qu’elle a réellement des super-pouvoirs, grâce à l’aide de tout le village !

Supa Modo est un film plein d’émotions : on rit, on pleure ! On admire aussi le courage de ces 3 femmes : il y a Jo, mais aussi sa sœur et sa maman (la sage-femme du village), qui s’organisent avec l’ensemble de la communauté pour lui faire vivre les plus beaux des derniers instants. Un film enthousiasmant et empreint de solidarité, qu’on vous recommande chaudement.

Papicha

Papicha

Long métrage réalisé par Mounia Meddour, Algérie, 2019

Années 90, Alger. Nedjma est une jeune femme qui rêve d’être styliste. Elle réalise des créations et la nuit, elle s’échappe de sa cité universitaire pour les vendre dans les boîtes de nuit, encore ouvertes en cette période trouble. Période qui voit les libertés de tous, et surtout de toutes, se réduire drastiquement.

Joie et fureur de vivre, c’est ce qui pourrait décrire Nedjma. On pourrait croire au premier abord que ses passions, la mode et la couture, semblent futiles vu le contexte historique qui se met en place, or ici c’est une très bonne illustration de la tension, des restrictions, de l’étouffement des femmes et de la progression de la violence dans la ville, mise en scène d’une manière majestueuse. Heureusement, Nedjma n’est pas seule, entourée d’amies, de soeurs, de mères, qui tissent ensemble un large réseau où la solidarité et la sororité sont de mise. La lumière du film est aussi très belle, offrant parfois quelques secondes de répit. Un film indispensable.

A voir également, pendant la même période et avec des femmes d’une autre tranche d’âge : A mon âge, je me cache encore pour fumer.

En 2020, Papicha a été récompensé par le César du Meilleur premier film, et son actrice principale Lyna Khoudri par le César du Meilleur espoir féminin.

Birds of Prey

Birds of prey

Long métrage réalisé par Cathy Yan, 2020, Etats-Unis

Tout juste séparée de son bien trop connu amant le Joker, Harley Quinn décide de s’émanciper et de faire connaître son nom parmi les méchant.e.s de Gotham…

Quelle bonne surprise ! Bien rythmé, avec une bande originale géniale, des cascades, des explosions et des nouvelles amies-super-héroïnes badass, pour Harley Quinn, c’est ce qu’on attendait ! C’est vraiment jouissif de voir cette femme, tant malmenée et torturée par le Joker, reprendre le dessus et vivre ses propres aventures, certes avec tous ses traumas. Bon ok, c’est parfois peut-être un peu forcé (toutes les finalement-gentilles héroïnes contre tous les méchants hommes) mais ça nous a plu quand même ! Mention spéciale pour l’actrice Margot Robbie qui est exceptionnelle dans ce rôle.

Camille redouble

Camille redouble

Long métrage réalisé par Noémie Lvovsky, France, 2012

Camille, 40 ans, voit son mariage avec l’amour de sa vie, Eric, prendre fin. Lors d’une soirée, elle est brusquement propulsée dans le passé, à l’âge de 16 ans (tout en gardant son corps d’adulte), la fameuse année où elle a rencontré Eric.

Multi-nominé en festival et réalisé par une femme, déjà pour cela, le film mérite qu’on s’y attarde. Le point de départ est intriguant et on se demande tout au long du film où va en arriver cette femme, qui cherche à influencer son futur. On a bien aimé le focus qui est réalisé sur la relation avec sa mère, qu’elle prend alors le temps de chérir. Peut-être que le film a pris un léger coup de vieux et la relation qu’elle construit avec un professeur de l’époque de son adolescente est très déstabilisante.

Gorilles dans la brume

Long métrage réalisé par Michael Apted, 1988, Etats-Unis

En 1967, Dian Fossey est engagée par un anthropologue pour étudier et recenser les gorilles des montagnes, à la frontière du Rwanda et de la République démocratique du Congo. Elle se fascine pour ces animaux et décide de lutter contre le braconnage donc ils sont victimes.

Inspiré de l’autobiographie de la primatologue, réalisé seulement 3 ans après son assassinat, ce film hommage suit toute son aventure, de sa première mission sur le terrain à sa mort. Un film émouvant, qui donne envie de rejoindre le combat de Dian Fossey !