Mémoires d’une jeune fille rangée

Écrit par Simone de Beauvoir, 1958, France

De sa naissance à la sortie de l’adolescence, Simone raconte son histoire entre amitié féminine structurante et détachement de son milieu familial. Oui, mais “Simone” n’est pas une anonyme, c’est la future Simone de Beauvoir, philosophe et autrice française majeure du XXème siècle.

C’est indéniablement un classique de la littérature biographique ET de la littérature de Simone de Beauvoir. On ne va pas se mentir : nous sommes plusieurs à avoir commencé Le deuxième sexe et s’être endormies à la vingtième page. Et si pour découvrir cette actrice incontournable du féminisme français, il fallait commencer par son oeuvre littéraire ? Un bon début pour apprécier la force de son écriture, et ça tombe bien car il s’agit seulement du 1er tome de son récit autobiographique.

Parmi les nombreux volumes écrits, ses mémoires (en 5 tomes tout de même, ce 1er texte étant suivi de La force de l’âge, La force des choses I et II, et Tout compte fait) constituent un éclairage fascinant sur sa vie, sa construction en tant qu’écrivaine, philosophe, militante politique et féministe, mais aussi sur toute la société française des années 20 aux années 70.

La saison de l’ombre

Écrit par Léonora Miano, 2013, France, Cameroun

12 hommes, 10 fils aînés et 2 pères, disparaissent lors d’une nuit d’incendie au village du clan Mulungo. 10 mères sont mises à l’écart, plus ou moins accusées d’avoir une part de responsabilité dans ces disparitions. Comment retrouver les garçons ? Où sont-ils passés ? C’est ce que vont tenter de découvrir le chef et sa garde rapprochée, mais surtout 3 femmes du village.

La saison de l’ombre met en scène de nombreuses femmes courageuses, notamment ces 3 mères qui partent à la recherche des hommes disparus, chacune à sa manière. Léonora Miano propose un récit extrêmement puissant, donnant des voix aux trop nombreuses victimes de la traite occidentale d’esclaves noir.e.s.

Impératrice

Écrit par Shan Sa, 2005

Abandonnée au gynécée impérial, voici l’ascension au VIIème siècle d’une jeune femme devenue “empereur”, soit la seule impératrice régnante de l’histoire de la Chine. 

Vengeance, rebondissements, trahison, meurtres… que de pièges et d’aventures au coeur de la Cité Interdite pour cette femme, Wu Zetian, qui ne s’est pas laissée faire et qui a conquis et gardé le pouvoir jusqu’à la fin de sa vie. Impératrice, c’est un récit palpitant et une héroïne extraordinaire. À lire d’une traite !

Une si jolie robe

Écrit par Fan Wu, 2006, Chine

Ming vient d’entrer à l’université. Réservée et studieuse, elle croise le chemin de Yan, étudiante en fin de cycle, aussi belle que provocante. Entre les deux se noue alors une amitié complexe.

Une si jolie robe est un roman déroutant. Les deux personnages principaux sont clairement opposées en caractère et en style de vie. On ne peut pas s’empêcher de penser que l’une “manipule” ou profite de l’autre. Et pourtant, entre les lignes, ne serait-ce pas la découverte de la liberté, l’émancipation et la découverte de l’homosexualité dont il est question ? On vous laisse vous faire votre avis.

Les mandarins 

Écrit par Simone de Beauvoir, 1954, France 

A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, un groupe d’intellectuel.le.s français.es, de gauche, s’interrogent sur la position à prendre : rejoindre le Parti communiste ou rester à distance, quitte à lui nuire ? Deux points de vue alternent : celui de Paule, psychiatre mariée à un écrivain engagé, et un point de vue plus omniscient.

Inspiré de la vie de Simone de Beauvoir, Les mandarins est un roman historique et politique sur l’après-guerre. Il est émaillé de réflexions sur la condition des femmes (mariées, indépendantes, travailleuses). Une bonne manière de découvrir l’oeuvre romanesque de Simone de Beauvoir !

Prix Goncourt 1954

Le carnet d’or 

Écrit par Doris Lessing, 1962, Royaume-Uni 

Une romancière est confrontée au syndrome de la page blanche et a très peur de sombrer dans la folie. Dans 4 carnets de 4 couleurs différentes, elle note ses sentiments, son quotidien, son expérience au sein du parti communiste, les fragments d’un roman inspiré de sa vie amoureuse. C’est finalement un cinquième carnet, le carnet d’or, qui sera la clé de son mieux-être.

Doris Lessing propose un puissant roman sur la vie d’une femme en quête d’elle-même, émaillé de réflexions sur la condition des femmes des années 30 à 50. Si l’écriture est fragmentée, le roman long, dense et pas toujours facile à lire, on a plaisir à passer d’un carnet à l’autre, à découvrir progressivement la vie de l’héroïne… et de sa propre héroïne grâce au carnet jaune, véritable roman dans le roman !

Doris Lessing a reçu le prix Nobel de littérature en 2007.

Le corps de ma mère

Écrit par Fawzia Zouari, 2016, Tunisie

En 2007, Fawzia Zouari se rend au chevet de sa mère mourante, avec ses trois soeurs. Les souvenirs des 4 femmes s’affrontent, chacune d’elles détient une part de l’histoire de leur mère… Mais c’est finalement à Naïma, sa domestique, que s’est confiée cette mère forte et autoritaire. Naïma raconte, elle livre ce secret si bien gardé…

Le corps de ma mère est un roman familial fleuve, qui nous fait progressivement découvrir la vie d’une femme forte qui se dresse contre une société patriarcale marquée par la polygamie. Un bel hommage d’une fille à sa mère, écrit juste après la révolution de jasmin.

J’ai pas pleuré

Écrit par Ida Grinspan et Bertrand Poirot-Delpech, 2002, France, Pologne

En 1944, à 14 ans, Ida est arrêtée et déportée à Auschwitz. Elle y passe 17 mois, 17 mois de lutte de chaque instant pour survivre.

Ida Grinspan retourne pour la première fois à Auschwitz en 1988. Elle y rencontre Bertrand Poirot-Delpech qui l’aide à rédiger J’ai pas pleuré. C’est un témoignage d’extrême courage, empreint d’une immense sororité entre filles et femmes enfermées et violentées. Malgré l’horreur, Ida parle de chance, notamment quand elle raconte sa rencontre avec une infirmière polonaise qui la sauve. Bien moins connu que Si c’est un homme de Primo Levi, J’ai pas pleuré mérite pourtant amplement une place dans nos bibliothèques.

Moi, Malala

Écrit par Malala Yousafzai, 2013, Pakistan

Militante pour le droit d’aller à l’école, Malala gêne… En 2012, alors qu’elle n’a que 11 ans, un Taliban lui tire une balle dans la tête. Rescapée, elle raconte son histoire et ses luttes.

Si Moi, Malala n’est pas forcément l’autobiographie la mieux écrite, elle a le mérite de faire connaître la vie et les combats de cette jeune fille pour l’éducation de tous les garçons et de toutes les filles, à travers le monde.

Voyage d’une parisienne à Lhassa

Écrit par Alexandra David-Néel, 1927, France, Tibet

En 1924, pour la première fois, une femme étrangère pénètre dans Lhassa, la capitale du Tibet. Huit mois de périple dans les montagnes tibétaines auront été nécessaires à l’exploratrice de 56 ans pour réaliser ce défi. 2000 km de marche avec son fils adoptif, dans des conditions extrêmes, en se faisant passer pour une mendiante tibétaine…

Alexandra David-Néel, exploratrice mais aussi essayiste féministe, raconte son périple 3 ans après sa réalisation. Elle décrit les paysages qu’elle traverse, fait part de ses observations, de ses émotions. On tremble avec elle, et on a parfois du mal à y croire tant l’aventure est extraordinaire !