Winnie Mandela

Long métrage réalisé par Darrell James Roodt, 2011, Afrique du sud, Canada 

“Derrière chaque grand homme se cache une femme”, dit-on… Si nous connaissons généralement Nelson Mandela et son combat contre l’apartheid en Afrique du sud, on connaît moins son épouse, Winnie Madikizela-Mandela. Une grande partie du film se déroule entre 1964 et 1990, période d’incarcération de son mari, pendant laquelle elle continue à militer…. et est plusieurs fois incarcérée, y compris lors d’une période de 491 jours d’isolement total et de torture…

Un film intéressant pour découvrir cette grande femme, figure controversée pour certaines de ses actions à la fin de la période d’apartheid. Vivante lors de la réalisation du film (elle est morte en 2018), Winnie Madikizela-Mandela a critiqué le fait qu’elle n’ait pas été consultée.  Le film n’est pas sorti en France.

Carol

Long métrage réalisé par Todd Haynes, 2016, Royaume-Uni, États-Unis

New-York, 1952. Thérèse, passionnée de photo, travaille dans un grand magasin au moment des fêtes de fin d’année. Elle rencontre Carol, une riche cliente en instance de divorce, qui cherche à obtenir la garde de sa fille. Une relation amoureuse se noue entre les deux femmes.

Adapté du roman éponyme de Patricia Highsmith, Carol est un film très beau, à l’ambiance sensuelle, feutrée, lente. Le jeu de regards est saisissant, et on suit comme dans un rêve l’histoire d’amour lesbienne naissante entre Carol et Thérèse.

Les femmes du bus 678

Long métrage réalisé par Mohamed Diab, 2012, Égypte

Au Caire, en Égypte, on suit d’abord Fayza dans un de ses nombreux trajets en bus… dans lequel elle est victime d’une agression sexuelle. Deux autres femmes, de milieux sociaux et croyances différentes, sont également les héroïnes de ce film égyptien qui dénonce les violences masculines commises contre les femmes.

On suit ici le destin de trois femmes qui s’unissent pour combattre les violences dont elles sont victimes au quotidien, et parviennent à ébranler le machisme de la société. Un film fort, empli de sororité, qui donne envie d’agir.

Le viol

Long métrage réalisé par Alain Tasma, 2017, France, Belgique

En 1974, 2 femmes lesbiennes belges en vacances dans le sud de la France sont victimes d’un viol collectif. Or, le viol n’est pas reconnu comme un crime aux yeux de la loi… S’ensuit leur bataille judiciaire, notamment aux côté de Gisèle Halimi dans ce qui deviendra l’un de ses plus célèbres procès, en 1978.

Un film très pédagogique, qui montre très bien les enjeux de ce procès qui permettra au crime de viol d’être reconnu comme tel en 1980. Attention, certaines scènes du début du film sont très violentes (le viol, les examens gynécologiques, les entretiens avec la police ou d’autres “spécialistes”).

Seven sisters

Long métrage réalisé par Tommy Wirkola, 2017, États-Unis, France, Royaume-Uni, Belgique

Nous sommes dans un monde futuriste où est mise en place une politique d’enfant unique. Or, les héroïnes sont 7… soeurs. Elles sont donc contraintes de se faire passer pour une seule femme, et sortent chacune un seul jour de la semaine. Jusqu’à ce qu’une d’entre elles disparaissent…

Tout plein d’héroïnes, interprétées avec brio par une seule actrice : ça partait bien, et on pouvait s’attendre à de belles scènes de sororité… Sauf que : le père a clairement orchestré la séquestration de ses filles, les poussant à abandonner leurs personnalités (ou leurs doigts !) pour survivre. La sororité n’est pas au rendez-vous : au contraire, les soeurs se déchirent… pour des motivations super essentialistes.

Edie

Long métrage réalisé par Simon Hunter, 2017, Royaume-Uni

A plus de 80 ans et quelques mois après la mort de son mari, Edie ne se voit pas aller en maison de retraite… C’est pourtant ce que semble planifier sa fille. Elle décide alors de réaliser l’ascension du mont Suilven en Écosse, ce que son mari lui avait interdit…

Des beaux paysages et de grands moments d’optimisme dans ce film, qui parle aussi des relations (et des incompréhensions) entre générations. Savoir que Sheila Hancock, brillante actrice de 83 ans au moment du film, est devenue la plus vieille personne à réellement ascensionner le mont Suilven, ne fait que renforcer le coup de coeur ! Dommage que le film ne soit pas sorti en France… 

3 billboards : les panneaux de la vengeance

Long métrage réalisé par Martin McDonagh, 2017, Royaume-Uni, États-Unis

7 mois après le viol et le meurtre de sa fille, pour lesquels la police n’a trouvé aucun coupable, Mildred loue 3 énormes panneaux publicitaires, sur lesquels elle accuse directement le chef de la police d’inaction. Ces panneaux vont déclencher de nombreuses réactions dans la petite ville.

Beaucoup de violences dans ce film aux personnages acerbes, qui a malgré tout le mérite de présenter une héroïne très forte, mais aussi hyper cynique et désabusée, jouée par la talentueuse Frances McDormand. Son désir de vengeance grandit au fur et à mesure du film… sans que jamais justice ne soit réellement rendue.

Ocean’s 8

Long métrage réalisé par Gary Ross, 2018, États-Unis

Debbie Ocean est la soeur de Daniel, le héros des 3 premiers Ocean’s. Elle sort de 5 ans de prison, avec un plan ambitieux : dérober un collier à 150 millions de dollars…

Un film de casse finalement assez classique, mais avec une équipe 100% féminine. En soi, c’est déjà presque une prouesse ! Avec en prime, des actrices de haut vol : Sandra Bullock, Rihanna, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Awkwafina, Cate Blanchett, Helena Bonham Carter et Sarah Paulson. Bon, dommage qu’elles soient pour la plupart hyper sexualisées.

Je ne suis pas un homme facile

Long métrage réalisé par Eléonore Pourriat, 2018, France

Un homme ultra-macho se retrouve propulsé dans un monde parallèle où les rapports de domination sont inversés : les femmes détiennent le pouvoir.

Si le film présente quelques amusantes trouvailles (la Mère Lachaise, les fliQUEs, la position de l’accouchement…), on a regretté :

  • les inversions non réalisées (les femmes conservent grossesse et accouchement ; elles restent plus petites et fluettes que les hommes)
  • que les hommes supposés dominés ne montrent pas de peur face à cette domination (plusieurs scènes où des hommes haussent tout de suite la voix en situation d’oppression, se révoltent)
  • qu’il n’y ait aucune remise en question de la part du macho, qui apprécie même le harcèlement dont il est victime
  • l’usage de la violence physique uniquement par des hommes, notamment sur des femmes qui en portent les traces.

Malgré tout, une possible porte d’entrée vers une compréhension du patriarca(ca)t.

Woman at war

Long métrage réalisé par Benedikt Erlingsson, 2018, Islande, France, Ukraine

A 50 ans, Halla se bat contre l’implantation d’une multinationale d’aluminium en Islande, en sabotant des lignes électriques. En parallèle, elle apprend que sa demande d’adoption a été acceptée…

Très chouette film, très drôle, avec une superbe mise en musique ! L’histoire d’une activiste écolo, avec de la sororité dedans (le personnage de la soeur d’Halla est jouée par la même actrice, Halldóra Geirharðsdóttir, dont on salue d’ailleurs la performance).