Billy Elliot

Long métrage réalisé par Stephen Daldry, 2000, Royaume-Uni

Nous sommes en 1984 dans une ville minière du comté de Durham. Billy a 11 ans et vit avec son père et son grand frère, mineurs, et sa grand-mère ; sa mère est décédée. Le père de Billy le pousse à faire de la boxe… mais Billy découvre les cours de danse classique de Mme Wilkinson, qui croit en lui et le pousse à continuer. 

Un classique, au message anti-stéréotypes toujours d’actualité. Les personnages sont fort.e.s, chacun.e avec une personnalité affirmée. La bande originale est un régal pour les oreilles ! Attention cependant, certaines scènes qui montrent la répression des mineurs en grève sont violentes.

Jusqu’à la garde

Long métrage réalisé par Xavier Legrand, 2018, France

Miriam et Antoine divorcent. Pour protéger leur fils de 11 ans de son ex-mari qu’elle décrit comme violent, Miriam demande la garde exclusive. Malgré sa demande, la garde est partagée : Antoine récupère donc Julien un weekend sur deux.

Attention, le film comporte un avertissement (“des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs”). Très réaliste, filmé du point de vue de l’enfant dont on ressent la peur, la tension montante peut en effet être difficilement soutenable.

Io e lei

Long métrage réalisé par Maria Sole Tognazzi, 2015, Italie

Marina et Federica, la cinquantaine, sont en couple depuis 5 ans. La première, expansive, revendique son homosexualité. Pour Federica, c’est plus compliqué. Auparavant, elle était en couple avec un homme ; elle est mère d’un garçon. Il lui est difficile de revendiquer son orientation sexuelle, et elle exprime d’ailleurs des doutes…

Chouette, un film, qui plus est italien, qui représente une histoire d’amour lesbienne, qui plus est dans la cinquantaine ! Oui, mais… on assiste rapidement au fameux twist qui veut qu’il faille forcément un homme dans l’histoire.

Winnie Mandela

Long métrage réalisé par Darrell James Roodt, 2011, Afrique du sud, Canada 

“Derrière chaque grand homme se cache une femme”, dit-on… Si nous connaissons généralement Nelson Mandela et son combat contre l’apartheid en Afrique du sud, on connaît moins son épouse, Winnie Madikizela-Mandela. Une grande partie du film se déroule entre 1964 et 1990, période d’incarcération de son mari, pendant laquelle elle continue à militer…. et est plusieurs fois incarcérée, y compris lors d’une période de 491 jours d’isolement total et de torture…

Un film intéressant pour découvrir cette grande femme, figure controversée pour certaines de ses actions à la fin de la période d’apartheid. Vivante lors de la réalisation du film (elle est morte en 2018), Winnie Madikizela-Mandela a critiqué le fait qu’elle n’ait pas été consultée.  Le film n’est pas sorti en France.

Carol

Long métrage réalisé par Todd Haynes, 2016, Royaume-Uni, États-Unis

New-York, 1952. Thérèse, passionnée de photo, travaille dans un grand magasin au moment des fêtes de fin d’année. Elle rencontre Carol, une riche cliente en instance de divorce, qui cherche à obtenir la garde de sa fille. Une relation amoureuse se noue entre les deux femmes.

Adapté du roman éponyme de Patricia Highsmith, Carol est un film très beau, à l’ambiance sensuelle, feutrée, lente. Le jeu de regards est saisissant, et on suit comme dans un rêve l’histoire d’amour lesbienne naissante entre Carol et Thérèse.

Les femmes du bus 678

Long métrage réalisé par Mohamed Diab, 2012, Égypte

Au Caire, en Égypte, on suit d’abord Fayza dans un de ses nombreux trajets en bus… dans lequel elle est victime d’une agression sexuelle. Deux autres femmes, de milieux sociaux et croyances différentes, sont également les héroïnes de ce film égyptien qui dénonce les violences masculines commises contre les femmes.

On suit ici le destin de trois femmes qui s’unissent pour combattre les violences dont elles sont victimes au quotidien, et parviennent à ébranler le machisme de la société. Un film fort, empli de sororité, qui donne envie d’agir.

Le viol

Long métrage réalisé par Alain Tasma, 2017, France, Belgique

En 1974, 2 femmes lesbiennes belges en vacances dans le sud de la France sont victimes d’un viol collectif. Or, le viol n’est pas reconnu comme un crime aux yeux de la loi… S’ensuit leur bataille judiciaire, notamment aux côté de Gisèle Halimi dans ce qui deviendra l’un de ses plus célèbres procès, en 1978.

Un film très pédagogique, qui montre très bien les enjeux de ce procès qui permettra au crime de viol d’être reconnu comme tel en 1980. Attention, certaines scènes du début du film sont très violentes (le viol, les examens gynécologiques, les entretiens avec la police ou d’autres “spécialistes”).

Seven sisters

Long métrage réalisé par Tommy Wirkola, 2017, États-Unis, France, Royaume-Uni, Belgique

Nous sommes dans un monde futuriste où est mise en place une politique d’enfant unique. Or, les héroïnes sont 7… soeurs. Elles sont donc contraintes de se faire passer pour une seule femme, et sortent chacune un seul jour de la semaine. Jusqu’à ce qu’une d’entre elles disparaissent…

Tout plein d’héroïnes, interprétées avec brio par une seule actrice : ça partait bien, et on pouvait s’attendre à de belles scènes de sororité… Sauf que : le père a clairement orchestré la séquestration de ses filles, les poussant à abandonner leurs personnalités (ou leurs doigts !) pour survivre. La sororité n’est pas au rendez-vous : au contraire, les soeurs se déchirent… pour des motivations super essentialistes.

Edie

Long métrage réalisé par Simon Hunter, 2017, Royaume-Uni

A plus de 80 ans et quelques mois après la mort de son mari, Edie ne se voit pas aller en maison de retraite… C’est pourtant ce que semble planifier sa fille. Elle décide alors de réaliser l’ascension du mont Suilven en Écosse, ce que son mari lui avait interdit…

Des beaux paysages et de grands moments d’optimisme dans ce film, qui parle aussi des relations (et des incompréhensions) entre générations. Savoir que Sheila Hancock, brillante actrice de 83 ans au moment du film, est devenue la plus vieille personne à réellement ascensionner le mont Suilven, ne fait que renforcer le coup de coeur ! Dommage que le film ne soit pas sorti en France… 

Pour découvrir une autre héroïne qui randonne, nous vous conseillons le film Wild.

On vous parle aussi d’Edie dans un podcast sur Euradio ! Rendez-vous ici !

3 billboards : les panneaux de la vengeance

Long métrage réalisé par Martin McDonagh, 2017, Royaume-Uni, États-Unis

7 mois après le viol et le meurtre de sa fille, pour lesquels la police n’a trouvé aucun coupable, Mildred loue 3 énormes panneaux publicitaires, sur lesquels elle accuse directement le chef de la police d’inaction. Ces panneaux vont déclencher de nombreuses réactions dans la petite ville.

Beaucoup de violences dans ce film aux personnages acerbes, qui a malgré tout le mérite de présenter une héroïne très forte, mais aussi hyper cynique et désabusée, jouée par la talentueuse Frances McDormand. Son désir de vengeance grandit au fur et à mesure du film… sans que jamais justice ne soit réellement rendue.