Quatre soeurs

4 couvertures des Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh

Série de 4 romans écrits par Malika Ferdjoukh, 2003, France

Tout comme les trois mousquetaires étaient en fait quatre, les quatre soeurs (Enid, Hortense, Bettina et Geneviève) de Malika Ferdjouk sont au nombre de cinq, sous la tutelle de l’aînée Charlie depuis la mort de leurs parents. Du collège au lycée, à travers amitié, tempête, amour et recettes de cuisine réconfortantes, on suit les aventures quotidiennes de ces 5 soeurs et de la ribambelle de personnages qui les entoure.

Quatre tomes (un par soeur, sauf une) composent cette série touchante et pleine d’humour à faire lire aux adolescent.e.s de votre entourage. Elle met en scène des relations humaines très justes et fait grande place à… la sororité, bien évidemment ! Tout n’est pas rose, mais toutes les situations trouvent des dénouements qui font grandir les personnages et les lecteurs et lectrices avec. Un véritable coup de cœur, de notoriété publique d’ailleurs car la série a déjà eu droit à sa réédition et son adaptation en bande dessinée. Deux bémols : le traitement décevant d’une agression sexuelle et l’hétérocentrisme omniprésent et assez central. 

La petite fille sur la banquise

Roman autobiographique écrit par Adélaïde Bon, 2018, France

Adélaïde Bon nous raconte son histoire, depuis petite fille jusqu’à aujourd’hui. Que sont ces “méduses” qui l’envahissent régulièrement et qui l’empêchent de vivre sereinement sa vie ? Les psy s’enchaînent mais le processus est long avant de comprendre ce que sont ces méduses… Avant, peut être, d’envisager d’aller mieux.

L’autrice raconte superbement les longues années qui suivent son enfance violée. Le récit est très pédagogique, permettant d’appréhender les conséquences psychotraumatiques des violences sexuelles et les étapes nécessaires à la reconstruction. Indispensable.

Kiffe kiffe demain

Roman écrit par Faïza Guène, 2004, France

Doria, 15 ans, raconte son quotidien dans la cité de Livry Gargan. Elle évoque son père qui a déserté le foyer pour se remarier, sa vie avec sa mère, la grève des femmes du Formule 1 de Bagnolet, les assistantes sociales qui défilent dans son appartement, ses échanges avec sa psychologue, ses échanges avec ses ami.e.s du collège…

A seulement 19 ans, Faïza Guène nous livre ici un premier roman sous forme de journal intime, plein d’humour, de tendresse et d’espoir, adapté aux ados. On a kiffé !

La désobéissance

Roman écrit par Naomi Alderman, 2018, États-Unis

A la mort de son père, dirigeant d’une communauté juive orthodoxe new-yorkaise, Ronit est rappelée vers sa famille qu’elle n’a pas vue depuis 10 ans. Elle y retrouve Esti, son ancienne amante, désormais mariée au cousin de Ronit, destiné à devenir grand rabbin à son tour…

La désobéissance, c’est celle de Ronit, qui s’est libérée des carcans imposés par sa communauté… La confrontation des modes de vie choisis par Ronit et Esti est d’ailleurs particulièrement intéressante et prenante. Le livre a été adapté au cinéma. 

Le coeur battant de nos mères

Roman écrit par Brit Bennett, 2016, États-Unis

Le récit se déroule à Oceanside, en banlieue de Californie. Les personnages évoluent autour de l’église protestante locale et sa communauté de fidèles. Nadia, 17 ans, qui a perdu sa mère quelques mois plutôt, s’ennuie et papillonne en attendant d’entrer à l’université du Michigan… Elle rencontre Aubrey qui devient son amie. Enceinte de Luke, le fils du pasteur, elle choisit d’avorter. A la fin de l’été, c’est le départ. Nadia effectue de brillantes études, avant de revenir 3 ans plus tard quand son père tombe malade.

Le coeur battant de nos mères est le premier roman de l’Afro-Américaine Brit Bennett, qui a été encensé par la critique. Toutefois, si l’écriture est très fluide, délicate, subtile, facile à lire, on reste un peu sur notre faim… Tout tourne autour du choix de l’avortement, avec une culpabilité qui pèse sur l’héroïne pendant toutes ces années et un “bébé” (nommé ainsi dans l’ouvrage) qui reste présent tout au long de l’histoire. L’héroïne est également prise dans un semblant de triangle amoureux, où amitié et amour ne font pas bon ménage.

Grace l’intrépide

Roman écrit par Karine Miermont, 2019, France

Grace l’intrépide, c’est le récit à plusieurs voix du parcours de Grace, une jeune femme nigériane prostituée au Bois de Vincennes, près de Paris. C’est parfois elle qui parle, racontant son parcours d’exil, son quotidien, le réseau de proxénétisme dont elle est victime, la sororité des filles et femmes entre elles. C’est parfois aussi un policier qui traque les réseaux de proxénètes et les clients, ou encore une responsable d’association qui accompagne les victimes.

Après 5 longues années d’enquête, Karine Miermont livre ici un roman (car Grace n’existe pas, même si elle parait si réelle car sa voix est celle de milliers d’autres filles et femmes) puissant, bouleversant, nous livrant une tranche de la réalité de la prostitution nigériane en France.

La tresse

Roman écrit par Laetitia Colombani, 2017, France

Smita, Intouchable indienne, rêve de liberté pour sa petite fille. Giulia, italienne de Sicile, se retrouve du jour au lendemain à la tête de l’entreprise familiale. Sarah, avocate canadienne réputée, apprend qu’elle a un cancer. Trois continents, trois récits croisés de vie, trois femmes qui se battent pour s’assurer un avenir.

Ce court récit se dévore… et même si la fin n’est pas une grande surprise, on a plaisir à cheminer aux côté de ces trois héroïnes du quotidien ! Le roman a été adapté en un très bel album jeunesse !

Les 4 filles du Docteur March

Roman jeunesse écrit par Louisa May Alcott, 1880, États-Unis

Quand le Docteur March part exercer sur le front pendant la guerre de Sécession aux États-Unis, il laisse derrière lui son épouse et 4 filles adolescentes. Elles sont les héroïnes des mois qui vont suivre, toutes avec des caractères différents et des réactions qui leur sont propres face à cette période difficile de leur vie.

Saviez-vous que ce roman, adapté de nombreuses fois à l’écran, avait été écrit par une femme ? Certes, en le relisant, le prosélytisme protestant de la mère et sa volonté de faire de ses filles de bonnes femmes à marier saute aux yeux. Mais avec du recul et en recontextualisant le texte dans son époque, ce roman reste une pièce majeure de la littérature « jeunesse » états-unienne, appréciable pour ses personnages féminins forts (notamment Jo, figure à contre-courant de l’éducation féminine qu’elle est sensée recevoir et intégrer). Plusieurs suites existent, moins centrées sur la sororité… mais plutôt autour du mariage des filles et des débuts de leur vie de famille.

Americanah

Roman écrit par Chimamanda Ngozi Adichie, 2013, Nigéria

Americanah raconte le parcours d’Ifemelu, jeune femme nigériane immigrée à Philadelphie aux États-Unis pour ses études. À son arrivée, elle « découvre » qu’elle est noire : la société américaine la renvoie sans cesse à sa couleur de peau. Elle restera 15 ans dans ce pays encore largement marqué par le racisme et le raconte dans un blog, à travers ses rencontres, ses expériences amoureuses, l’élection de Barack Obama…

Inspiré de l’histoire personnelle de son autrice, Americanah enchaîne récits au passé et au présent, dérision, pessimisme, colère…  Au passage, il permet de s’interroger sur soi-même et ses propres représentations. À lire aussi : Autour de ton cou, Nous sommes tous des féministes et Chère Ijeawele.

Les débutantes

Roman écrit par J. Courtney Sullivan, 2009, États-Unis

Quatre jeunes femmes entrent à l’université féminine et féministe Smith. Elles ne se connaissent pas encore mais créeront une magnifique amitié à une époque de leur vie où elles deviennent indépendantes de leurs parents, tombent amoureuses (pas toujours des bonnes personnes) et se politisent. Des années après, perdues de vue, elles se retrouvent à l’occasion de la disparition de l’une d’entre elles.

Pourquoi il est à conseiller ? Parce qu’on peut tellement se reconnaître en chacune de ces femmes qui construisent leur féminisme (de façon dite ou non) et découvrent la sororité.