Compartiment pour dames

Roman écrit par Anita Nair, 2001, Inde

Publié en 2001, Compartiment pour dames raconte l’histoire d’Akhila, qui décide à 45 ans d’entreprendre un voyage à l’autre bout de l’Inde pour faire le point sur sa vie. Dans le train de nuit qui la conduit à destination, elle rencontre ses 5 compagnes de voyage, à qui elle pose la question suivante : « pensez-vous qu’une femme peut arriver à se débrouiller toute seule ? ».

Au fil du livre, chaque femme livre son histoire, bien souvent faite de rêves abandonnés, d’empêchements, de violences masculines, mais aussi de beaucoup d’espoir.

Lady Driver. Stories of women behind the wheel

Recueil de témoignages édité par Jayawati Shrivastava et coécrit par 6 autrices, 2017, Inde

En 2008, l’ONG Azad Foundation a formé plus de 300 Indiennes à devenir conductrices de véhicules privés et commerciaux, dans un pays où bien peu de femmes travaillent, surtout dans l’espace public. Coécrit par 6 féministes et édité par Zubaan, une maison d’édition indépendante et féministe basée à New Delhi, ce livre raconte les histoires de 12 de ces femmes conductrices.

Quel bol d’air féministe que les histoires de ces 12 héroïnes ! Alors qu’elles doivent parfois faire face à des violences conjugales ou intrafamiliales, à des familles conservatrices, elles se battent pour accéder à un métier quasiment 100% masculin. A travers leurs récits transparaît également l’incroyable travail de l’association, qui leur permet d’accéder à des séances sur les droits des femmes ou de self-défense en plus des cours de conduite ou d’anglais. En anglais seulement. 

Insoumises

Roman écrit par Conceção Evaristo, 2018, Brésil

Dans Insoumises, la narratrice part à la rencontre de 13 femmes afro-brésiliennes qui racontent leurs histoires…

Et quelles histoires ! Ces 13 portraits superbement sorores sont ceux d’héroïnes qui résistent au sexisme, au racisme, à la lesbophobie, aux violences machistes, au validisme… Le livre est écrit par Conceção Evaristo. Née dans une favela, l’autrice  a réalisé sa scolarité tout en travaillant comme domestique, dès 8 ans. Après une carrière d’institutrice, elle reprend des études de littérature à 50 ans et obtient un doctorat en 2011. Elle est également très engagée politiquement et socialement. Une héroïne, comme ses personnages !

Par la même autrice, on vous conseille L’histoire de Poncia. Aux éditions Anacaona, découvrez aussi Gaia changera le monde, 1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes et le Petit manuel antiraciste et féministe.

Trois jours en automne

Roman écrit par Pak Wan-seo, 2001, Corée du Sud

A la veille de sa retraite, une gynécologue revient sur sa carrière dans un quartier de Séoul, à l’origine très populaire, qu’elle a vu changer décennies après décennies. Elle se replonge dans ses souvenirs à travers sa dernière patiente, qui lui rappelle ses débuts.

Trois jours en automne est un beau témoignage d’une docteure qui a choisi, finalement un peu par hasard, de s’occuper de la santé et du corps des femmes. La traduction française est très agréable à lire, ce qui donne en plus à ce court roman une portée et une âme certaines.

Le jour de la gratitude au travail

Recueil de nouvelles écrites par Itoyama Akiko, 2006, Japon

Kyôko a 36 ans, n’est pas mariée et qui plus est, est au chômage : toute la société japonaise lui suggère des efforts à faire, alors qu’elle est très contente de sa situation. Oikawa, elle, revient sur sa carrière croisée avec un de ses collègues de la première heure, aujourd’hui disparu.

Ces deux nouvelles de Itoyama Akiko sont étonnamment très drôles et mettent en scène des personnages féminins atypiques dans une société japonaise très codifiée. C’est un plaisir d’accompagner Kyôko dans un moment absurde de sa vie et de la voir s’en sortir. Tout comme la deuxième nouvelle est intrigante par son sujet et son déroulé.

La Colère des aubergines

Recueil de nouvelles écrites par Bulbul Sharma, 1997, Inde

Un recueil de nouvelles, composé de 13 succulents récits culinaires… et de 20 recettes qui leur sont attachées !

Les femmes, qui bien souvent sont les cuisinières, sont à l’honneur dans chacun des récit de cette autrice et peintresse indienne. Attention, la lecture donne très faim !

La déclaration des droits des garçons

Album écrit par Élisabeth Brami et illustré par Estelle Billon-Spagnol, 2014, France (à partir de 7 ans)

Les filles comme les garçons ont le droit d’être débraillées, agitées, de choisir le métier qu’elles veulent, d’aimer qui elles préfèrent : garçon ou fille (ou les deux). Les garçons comme les filles ont le droit de pleurer, de jouer à la poupée, de porter du rose, d’aimer lire, d’aimer qui ils préfèrent : fille ou garçon (ou les deux).

Un ouvrage des éditions Talents Hauts pour déconstruire les stéréotypes ! La version pour les filles existe aussi. Les illustrations, très fournies, prolongent le texte : on a plaisir à dénicher les situations les plus drôles. Allez, pour une prochaine étape : garçons comme filles ont aussi le droit de ne pas tomber amoureux/ses… du tout.

Trop n’est pas assez

Bande dessinée écrite et illustrée par Ulli Lust, 2010, Autriche

1984 en Autriche. A l’âge de 17 ans, une jeune punk décide de suivre la tendance de l’époque : traverser la frontière pour partir en Italie, sans argent ni papiers. Accompagnée d’une autre jeune femme, rencontrée peu de temps avant, elles s’embarquent dans un voyage fait de harcèlement, de mendicité et de violences.

Un récit autobiographique qui s’ouvre sur une prise de conscience de l’héroïne sur ce qu’est être une femme dans un monde où les hommes ont tous les pouvoirs.

Le bleu est une couleur chaude

le bleu est une couleur chaude

Bande dessinée écrite et illustrée par Julie Maroh, 2010, France

Le bleu est une couleur chaude est une belle histoire d’amour lesbienne avec deux héroïnes, Emma et Clémentine. Elle est émaillée de lesbophobie et de militantisme.

A l’origine de La vie d’Adèle, il y a une bande dessinée, dont l’histoire n’a pas grand chose à voir avec son adaptation… Si vous ne connaissez pas encore cette bande dessinée émouvante, n’hésitez plus et plongez-vous entièrement dedans (attention, mouchoirs conseillés pendant la lecture).

Mauvaises filles

Bande dessinée écrite et illustrée par Ancco, 2016, Corée du Sud 

“Mauvaises”, ce ne sont pas les filles qui le sont, mais les hommes qui ont construit et font perdurer cette société. Jin-joo est collégienne et enchaîne les “bêtises” : elle fume, elle voit des garçons et traîne avec sa bande de copines, les “mauvaises filles” à toute heure de la journée. Alors, les coups pleuvent pour la “punir” : de son père, des enseignant.e.s, des garçons amis-amants vite violents…

Mauvaises filles est un tableau saisissant de la violence vécue par les filles et jeunes femmes en Corée du Sud à la fin des années 90.