Moi, Phoolan Devi, reine des bandits

Autobiographie de Phoolan Devi (avec l’aide de Marie-Thérèse Cuny et Paul Rambali), 1996, Inde

Phoolan Devi naît en 1963 dans un petit village de l’Uttar Pradesh, dans une famille pauvre de caste basse. À 11 ans, elle est mariée à un cousin de trois fois son âge qui la bat et la viole. Elle décide de s’enfuir… S’ensuivent d’autres violences, avant son enlèvement par des bandits. Elle deviendra alors la célèbre reine des bandits.

L’histoire ne s’arrête pas là : accusée de 48 crimes, Phoolan Devis est emprisonnée pendant 3 ans, avant d’être libérée. Illettrée, elle devient pourtant députée, défendant les droits des femmes et des basses castes… et écrit son autobiographie. En 2001, elle est assassinée, à seulement 37 ans. Quelle vie ! Quelle survivante incroyable ! On a peine à croire qu’une telle personne ait réellement existé. À noter que tout comme sa vie, le texte, symbole de sa révolte et de ses combats, est parfois très violent. On peut aussi découvrir cette héroïne dans Les Culottées de Pénélope Bagieu ainsi que dans la BD qui lui est consacrée Phoolan Devi Reine des bandits.

La métamorphose d’Helen Keller

la métamorphose d'helen keller

Roman écrit par Margaret Davidson, 1999, États-Unis

En 1882, alors qu’elle n’a qu’un an et demi, Helen Keller devient sourde et aveugle à la suite d’une scarlatine. La communication devient difficile voire impossible avec ses parents, la petite fille s’enferme dans la solitude et la colère. En 1886, ses parents font appel à Anne Sullivan, jeune éducatrice elle-même malvoyante. Grâce à son accompagnement, Helen apprend à communiquer avec le monde. 

La métamorphose d’Helen Keller s’intéresse à l’enfance d’Helen et à la relation particulière qui va l’unir à Anne Sullivan pendant 49 ans. Adulte, Helen Keller sera la première personne en situation de handicap à obtenir un diplôme universitaire. Elle écrira 12 livres au cours de sa vie ! Ce roman plein d’espoir permet de découvrir ces deux héroïnes américaines. 

Le choeur des femmes

Roman écrit par Martin Winckler, 2009, France

Jean Atwood, brillante interne en médecine, doit exercer pendant 6 mois dans l’unité du docteur Franz Karma, dédiée à la médecine des femmes. Alors qu’elle préférerait travailler en chirurgie, elle découvre une médecine à l’écoute, bienveillante et non jugeante (on en rêverait !), bien loin de tout ce qu’elle a appris jusqu’à ce jour… 

Martin Winckler, médecin militant et romancier, nous plonge dans une unité médicale dédiée à la médecine des femmes. A travers une palette de personnages aux situations variées, il aborde l’avortement, la contraception, les violences conjugales, les violences gynécologiques, la situation des personnes intersexes…

Une adaptation en BD du roman est sortie, par Aude Mermilliod.

Martin Winckler a également écrit L’école des soignantes et C’est mon corps ! – Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la santé des femmes

La couleur pourpre

Roman écrit par Alice Walker, 1982, États-Unis, Liberia 

Celie et Nettie sont deux soeurs noires nées au début du XXème siècle en Géorgie. Celie est mariée de force alors qu’elle est adolescente, son mari chasse Nettie… Celie commence alors à écrire de longues lettres à Dieu, puisqu’elle ne peut pas écrire à sa soeur. Elle y parle (parfois crûment) des violences sexuelles et conjugales, de la ségrégation, du racisme, de la pauvreté. Elle raconte aussi son amour pour Shug, maîtresse de son mari qui vient vivre avec eux.

Ce roman épistolaire dégage une force incroyable ! On suit l’évolution et l’épanouissement de Celie, y compris à travers l’écriture qui évolue au fil du roman. Alice Walker peint ici des portraits vibrants et bouleversants de femmes noires dans leur lutte contre le racisme et le patriarcat, emplis de sororité.

Trois femmes puissantes

Roman écrit par Marie Ndiaye, 2009, France, Sénégal

Norah a grandi en France avec sa mère et sa soeur, pendant que son père est retourné vivre au Sénégal ; il la rappelle auprès de lui trente ans plus tard… Fanta a suivi son mari en France, en Gironde… elle s’ennuie. C’est son mari qui raconte l’exil, ne racontant jamais frontalement Fanta. Enfin, Khady est chassée par sa belle-famille et contrainte à l’exil. Elle tente de passer en Europe, se heurtant aux violences des passeurs et à la contrainte à la prostitution. 

Trois récits puissants, bien que parfois la lecture en soit ardue ! Trois femmes qui ont vécu des ruptures fortes, qui luttent contre les oppressions, le patriarcat, la difficulté de l’exil. Le roman a reçu le prix Goncourt. 

20 ans avec mon chat

Roman écrit par Mayumi Inaba, 1999, Japon

Un tout petit chaton, abandonné en haut d’un grillage, est recueilli par la narratrice. S’en suivent 20 années de cohabitation, pendant lesquelles Mî fait découvrir à la narratrice la beauté du monde. Le récit est entrecoupé de poèmes, car la narratrice est aussi écrivaine… 

Un chat, une femme, un roman écrit par une autrice : des ingrédients parfaits à nos yeux ! Le récit est tendre, drôle, poétique, émouvant. 

Une si longue lettre

Roman écrit par Mariama Bâ, 1979, Sénégal 

Ramatoulaye, une femme musulmane sénégalaise, adresse une longue lettre à son amie d’enfance, pendant la période de réclusion qui suit traditionnellement le veuvage. Elle évoque ses souvenirs d’étudiante, de femme mariée, de mère, ainsi que l’arrivée d’une seconde épouse, choisie par son mari décédé, dans son foyer.

Dans ce roman puissant, la grande autrice Mariama Bâ décrit les inégalités entre femmes et hommes, l’évolution de la condition des femmes, le poids des traditions, la polygamie, les rapports difficiles avec sa belle-famille. Le roman est devenu culte au Sénégal et mérite définitivement une belle place dans nos bibliothèques.  

Lady B

Roman autobiographique écrit par Maya Angelou, 2013, États-Unis

Lady B est le dernier d’une série de 7 romans autobiographiques écrits par l’autrice et activiste américaine Maya Angelou (4ème tome traduit en français). Dans cet ouvrage, elle se concentre sur sa relation avec sa mère, Vivian Baxter, depuis l’absence de celle-ci dans son enfance jusqu’à sa mort, en passant par son soutien inconditionnel, notamment quand Maya Angelou a rencontré des difficultés en tant que mère célibataire. 

Quel dommage que l’intégralité de l’autobiographie de Maya Angelou ne soit toujours pas traduite en français ! On se contente de 4 tomes sur les 7 parus en anglais (Je sais pourquoi l’oiseau chante en cage, Tant que je serai noire, Un billet d’avion pour l’Afrique)… Pourtant, ce récit poétique et politique est indispensable pour mieux comprendre le parcours de cette femme exceptionnelle. Ce dernier tome est une belle ode au lien entre une fille et sa mère, une mère et sa fille. 

Un billet d’avion pour l’Afrique

Roman autobiographique écrit par Maya Angelou, 1986, États-Unis, Ghana

Un billet d’avion pour l’Afrique est le 5ème tome d’une série de 7 romans autobiographiques écrits par l’autrice et activiste américaine Maya Angelou (3ème tome traduit en français). On retrouve Maya Angelou au Ghana, où elle s’est installée avec son fils Guy, et où elle restera jusqu’à la fin du récit. 

Quel dommage que l’intégralité de l’autobiographie de Maya Angelou ne soit toujours pas traduite en français ! On se contente de 4 tomes sur les 7 parus en anglais (Je sais pourquoi l’oiseau chante en cage, Tant que je serai noire, Lady B)… Pourtant, ce récit poétique et politique est indispensable pour mieux comprendre le parcours de cette femme exceptionnelle. La maternité est un thème particulièrement important dans ce tome, alors que Guy est maintenant adolescent. L’autrice explore aussi les connexions entre ses identités africaine et afro-américaine. 

Tant que je serai noire

Roman autobiographique écrit par Maya Angelou, 1981, États-Unis, Égypte, Ghana, Afrique du sud

Tant que que je serai noire est le 4ème tome de la série de 7 romans autobiographiques écrits par l’autrice et activiste américaine Maya Angelou (2ème tome traduit en français). Dans cet ouvrage, elle raconte son parcours entre 1957 et 1962. Ces années sont celles de son engagement contre le racisme, au sein du mouvement afro-américain des droits civiques. Elle voyage avec son fils et son compagnon sud-africain, découvrant l’Égypte et le Ghana, où elle rencontre le militant Malcolm X.

Quel dommage que l’intégralité de l’autobiographie de Maya Angelou ne soit toujours pas traduite en français ! On se contente de 4 tomes sur les 7 parus en anglais (Je sais pourquoi l’oiseau chante en cage, Un billet d’avion pour l’Afrique, Lady B)… Pourtant, ce récit poétique et politique est indispensable pour mieux comprendre le parcours de cette femme exceptionnelle. Ce tome nous plonge particulièrement dans le monde militant antiraciste, et c’est passionnant de le découvrir à travers les yeux de Maya Angelou, qui doit aussi concilier engagement et vie familiale.