Enquêtes codées / The Bletchley Circle

Série créée par Guy Burt, 2012-2014 (2 saisons), Royaume-Uni 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Susan, Millie, Lucy et Jean travaillaient toutes les 4 au sein de Bletchley Circle, site de décryptage du Royaume-Uni. En 1952, alors que chacune a repris une vie « normale », une série de meurtres de femmes secouent les actualités. Susan découvre un code qui pourrait permettre de résoudre ces crimes… Mais la police est sceptique face à ses hypothèses. Elle fait alors appel à ses anciennes collègues.

Une enquête policière passionnante, par un groupe de 4 femmes expertes en décryptage : voici de chouettes ingrédients pour cette série courte (7 épisodes en 2 saisons) et prenante. Les héroïnes, que l’après-guerre a ramenées à une vie domestique morne sans travail, sont super fortes et vraiment attachantes ! Attention cependant, certaines scènes sont très violentes, montrant les corps des femmes assassinées et violées. Une suite intitulée « Bletchley Circle San Francisco » est également sortie.

Vida

Série créée par Tanya Saracho, depuis 2018, États-Unis

À l’annonce de la mort de leur mère, Emma et Lyn reviennent au domicile familial à East Los Angeles. Elles découvrent alors que leur mère était mariée avec Eddy, une lesbienne butch. Emma n’accepte pas cette situation, refuse qu’une partie de l’héritage aille à cette femme, et cherche à résoudre les problèmes d’argent laissés par sa mère. De son côté, Lyn recroise son ancien amant… Et on croise aussi le chemin de Marisol, très engagée contre la gentrification du quartier qui tend à remplacer la communauté mexicaine américaine.

Beaucoup d’héroïnes, des personnages d’origine mexicaine, des lesbiennes, une végane… Si Vida est une belle surprise côté représentation, une grosse déception concernant le traitement de la sexualité… très très pornifiée. Les deux sœurs sont ultra sexualisées, surtout Lyn.

Sugar Rush

Série d’après le livre de Julie Burchill, 2005-2006 (2 saisons), Royaume-Uni

Kim, une ado de 15 ans, déménage à Brighton avec sa famille. Quand elle rencontre Sugar, une ado de son lycée… elle en tombe follement amoureuse.

Que dire de cette série pour ado ? D’un côté, on aurait tellement voulu avoir plus, étant jeune, de représentations d’adolescentes lesbiennes qui se cherchent et cherchent l’amour, tout en faisant face à plein de petits problèmes de la vie familiale. D’un autre côté, les deux héroïnes sont ultra-stéréotypées (et sexualisées), leur amitié est parfois malsaine, et bon, les étoiles dans les yeux et l’obsession sexuelle de Kim pour sa copine sont parfois un peu lourdes (oui, même si c’est justement ça le scénario de départ). Bref, n’oublions pas que cette série date déjà de 2005 (!). Dites nous ce que vous en pensez 🙂

Supergirl

Série réalisée par Greg Berlanti et Ali Adler, depuis 2015, États-Unis

Kara Danvers, aka Kara Zor-El, aka Supergirl, est cousine du fameux Superman. Venue sur Terre pour protéger son cousin, elle est fort démunie en aprenant qu’il peut parfaitement se débrouiller tout seul… à moins qu’il y ait besoin d’une nouvelle super-héroïne pour traquer de nouveaux méchants ?

Certes, plusieurs perches de réflexion féministe sont tendues. Cependant, on reste ici dans l’image d’une femme parfaite classique (blonde, mimi, jeune, mince… même si moins sexualisée que sa consoeur Wonder Woman) et l’ambiance est assez gnangnan. Autre déception, s’il y a un autre personnage féminin majeur dans la série, ses deux « meilleurs amis/alliés » sont des hommes, d’ailleurs bien stéréotypés pour cet univers (le techos et le prince-charmant-meilleur-pote-de-son-cousin-Superman). Il paraît que la 2ème saison est meilleure !

Dead to me

Série réalisée par Liz Feldman, depuis 2019, États-Unis

Jen est dévastée : son mari vient de mourir, renversé par une voiture. Aux réunions de thérapie de groupe pour personnes en deuil, elle fait la rencontre de Judy… qui devient tout de suite sa meilleure amie.

Dead to me est une curieuse surprise. On pressent dès le début que la relation entre Jen et Judy (qui semble sortir de nulle part) est fragile et on devinerait presque le dénouement de la série dès le premier épisode. Oui mais, est-ce que l’important ne serait pas la construction de cette amitié forte, avec ses hauts et ses bas au fil des épisodes ? Les deux héroïnes sont attachantes et la série alterne humour et scènes plus émotionnelles, de bonnes raisons de la regarder !

Unbelievable

Mini-série créée par Susannah Grant, Ayelet Waldman et Michael Chabon, 2019 (une saison), États-Unis 

2008. Marie Adler, jeune femme de 18 ans, passe de famille d’accueil en famille d’accueil depuis son enfance. Elle vit aujourd’hui en résidence visant à l’autonomisation. Une nuit, un homme s’introduit chez elle et la viole. Elle porte plainte, mais les policiers trouvent peu de preuves… La mère d’accueil de Marie fait également part de ses doutes concernant la véracité des faits auprès de policiers. Ceux-ci font alors pression sur Marie qui, acculée, finit par revenir sur sa déclaration. Trois ans plus tard, 2 inspectrices travaillant sur 2 cas de viols présentant de nombreuses similitudes unissent leurs forces pour identifier le violeur.

Inspirée de faits réels, cette série est résolument féministe. Elle montre comment la parole des victimes peut être remise en cause de manière violente, par des personnes non formées sur la question des violences masculines. Au contraire, les 2 policières sont empathiques et sorores avec les victimes, elles sont engagées et résolues à résoudre l’affaire. On suit le viol du point de vue de l’enquête qu’elles réalisent, ce qui est très intéressant. Les 3 actrices principales (Marie Adler et les 2 inspectrices) sont excellentes. Autre point à souligner, la série parle des violences conjugales commises par les policiers sur leurs conjointes. Il est par contre peut-être dommage de montrer une nouvelle fois un viol commis par un inconnu, alors que la majorité des agresseurs sont connus des victimes.

Un énorme warning toutefois concernant le premier épisode, qui montre de manière très (trop) frontale le viol de Marie et la violence des policiers contre elle. Alors que la série est basée sur l’idée que les victimes ne sont souvent pas crues, pourquoi vouloir absolument montrer ce viol et ces violences, comme si ne pas les montrer risquait de nous empêcher d’y croire nous aussi ? La série peut très bien se regarder sans ce premier épisode, il suffit de lire le synopsis et (attention spoiler) de savoir que le deuxième épisode commence au moment où Marie tente de se suicider, puis rentre chez elle, dans la résidence où elle vit.

Good Girls

Série réalisée par Jenna Bans, depuis 2018, États-Unis

Ruby apprend qu’un nouveau traitement est disponible pour sa fille gravement malade mais n’a pas les moyens de le payer. Annie veut à tout prix conserver la garde de sa fille sans avoir de quoi payer un avocat. Beth, 4 enfants et un mari à charge, apprend que ledit mari la trompe et a hypothéqué leur maison. Le seul moyen de s’en sortir pour ces trois copines ? Braquer un supermarché.

Oh waw, Good girls est une série qu’on attendait depuis longtemps. Ou comment des femmes de classe moyenne complètement débordées reprennent les choses en main ! Le scénario est vraiment bien ficelé et les héroïnes, apprenties bad women, vraiment attachantes. Leurs discussions et exploits donnent lieu à de nombreuses scènes très drôles ! Un point est intéressant à souligner : si elles ont parfois des comportements de jalousie/rivalité/mauvaises actions contre d’autres femmes, le fait est souvent contrebalancé… par leurs regrets à ce sujet ! De quoi entamer une réflexion sur la sororité ? Si cette histoire vous a plu, allez aussi voir le film français Rebelles, qui reprend les mêmes codes.

Trinkets

Série créée par Amy Andelson, Emily Meyer et Kirsten Smith, depuis 2019, États-Unis (adapté du livre Trinkets de Kirsten Smith)

Suite à la mort de sa mère, Elodie déménage chez son père. Aux réunions des cleptomanes anonymes auxquelles elle est obligée d’assister suite à plusieurs vols, elle rencontre Moe et Tabitha, 2 autres jeunes femmes de son lycée. Toutes les trois radicalement différentes, elles s’ignorent royalement… avant de nouer une véritable amitié.

3 réalisatrices, des productrices, un scénario basé sur un roman écrit par une femme, Trinkets est une belle surprise ! Plus qu’une série pour ado classique, elle montre 3 héroïnes attachantes, avec des profils variés (la plus belle fille du lycée pour qui tout n’est pas rose, la fausse rebelle brillante en chimie, une lesbienne qui se découvre). C’est frais, la bande son est géniale, et c’est bourré de sororité. Un coup de coeur dans son genre.

Gentleman Jack

Série créée par Sally Wainwright, depuis 2019, Royaume-Uni, États-Unis

En 1832, Anne Lister, propriétaire terrienne, rentre d’un long voyage en Europe, après avoir été quittée par son ancienne amante. Elle décide de reprendre en main son domaine et de se lancer dans l’exploitation minière. Elle fait aussi la rencontre d’Ann Walker, sa riche voisine…

Même si le personnage d’Anne Lister n’est pas forcément facile à apprécier au début de la série (voire pour certaines à apprécier tout court), quel plaisir de découvrir cette figure historique ! Une femme forte, lesbienne assumée, voyageuse, indépendante… qui écrivit un journal de 24 volumes dont est inspirée la série.

Orphan black

Série créée par Graeme Manson et John Fawcett, depuis 2013, Canada 

Sarah, une jeune femme marginale, assiste au suicide d’une femme… qui lui ressemble trait pour trait. Elle décide de prendre son identité et devient donc la détective Beth Childs. Elle découvre alors qu’elles sont deux clones, et que d’autres clones existent dans le monde… Oui, mais elles sont poursuivies par un mystérieux tueur…

Orphan Black, c’est peut-être avant tout la performance magistrale de l’actrice Tatiana Maslany, qui joue jusqu’à 17 personnages, parfois présentes dans une même scène ! Les rebondissements s’enchaînent, c’est le moins qu’on puisse dire (oui, c’est parfois dur à suivre !). La série est également particulièrement marquée par la sororité.