Agent Carter

Série créée par Christopher Markus et Stephen McFeely, 2015 (2 saisons), États-Unis

Après avoir été une grande espionne pendant la Seconde Guerre mondiale et s’être battue aux côté de Captain America (qui était aussi son amoureux), Peggy Carter se retrouve derrière un bureau… Ses supérieurs ne lui confient que des tâches administratives, puisqu’elle est une femme. Heureusement, Howard Stark (le père du futur Tony Stark, aka Iron Man) lui confie une mission secrète… 

Cette série est un dérivé du très masculin univers Marvel ; elle se passe chronologiquement juste après Captain America: Civil War. Elle s’attarde peu sur les conséquences de la mort de Captain America, et tant mieux ! On est directement face à une femme forte, déterminée, bien que faisant face au sexisme de ses collègues et supérieurs. Le personnage masculin d’Edwin Jarvis est aussi intéressant, parce qu’il casse les stéréotypes masculins habituels et qu’il offre une jolie histoire d’amitié sans ambiguïté avec Peggy Carter. Bref, une série sympathique !

The L Word

Série créée par Ilene Chaiken, 2004-2009 (6 saisons), États-Unis

Jenny débarque à Los Angeles, où elle s’installe chez son petit ami dans le quartier de West Hollywood. En arrivant, elle fait la connaissance de ses voisines Bette et Tina, un couple de lesbiennes. Cette rencontre lui ouvre la porte d’un monde qui lui était jusqu’alors inconnu : celui de la communauté lesbienne, qui se réunit bien souvent au fameux café The Planet ! 

The L Word marque un tournant pour la visibilité des lesbiennes dans les séries ! Ilene Chaiken, sa créatrice, est militante lesbienne… alors forcément, ça change tout. La série a des écueils (l’univers est riche et ultra lisse : pas de poils, des corps parfaits, des jobs de rêve), mais elle met en scène des femmes, uniquement des femmes, qui n’ont pas besoin d’hommes pour vivre leur vie. Une nouvelle saison est prévue pour 2019 ! 

The Good Place

Série créé par Michael Schur, 2016, depuis 2016, États-Unis

Eleanor se réveille dans un bureau : elle apprend qu’elle est morte et qu’elle vient d’être admise au “bon endroit” (« the good place »), l’au-delà à destination des personnes ayant accompli des choses extraordinaires. Or, Eleanor était bien loin d’être une “bonne” personne… il semble qu’il y ait eu erreur ! 

Déroutante, étrange, puis addictive, The Good Place fait passer les spectatrices et spectateurs par plusieurs étapes avant de susciter l’adhésion. Doit-on détester ou apprécier pour ce qu’elle est le personnage d’Eleanor ? Une série surprenante qui a pour mérite de nous dépeindre des personnages complexes et des nouveaux profils féminins intéressants en tant qu’héroïnes.

Masters of Sex

Série créé par Michelle Ashford, 2013, 4 saisons, États-Unis

Masters of Sex se déroulé dans les années 50 et 60. La série raconte les recherches de William Masters et Virginia Johnson sur la sexualité, notamment celle des femmes.

L’idée de départ est plutôt bonne : il s’agit ici de parler de l’origine des recherches sur l’orgasme, notamment féminin, en mettant en scène deux scientifiques pionnier.e.s, le tout sans tomber dans la pornification. Virginia Johnson très bien campée par l’actrice Lizzy Caplan, et les sujets abordés divers (avortement, désir ou non-désir de grossesse, suivi médical de femmes en situation de prostitution, place des femmes divorcées dans la société de l’époque…). Cependant, on s’est rapidement lassées : le Docteur Masters conserve son comportement hyper patriarcal et n’est pas vraiment remis en question, le contexte des années 50 n’est pas dépassé, et plusieurs scènes de sexe auraient pu être évitées (oui, même pour en parler). Bref, une approche intéressante mais qui ne permettra pas à toutes et tous d’aller au bout des 4 saisons.

13 reasons why

Série créée par Brian Yorkey (d’après le roman Treize raisons de Jay Asher), depuis 2017, États-Unis

Quand Hannah Baker, se suicide, elle vient bouleverser toute la petite vie de son lycée et de son quartier. Avant de mourir, elle a enregistré 13 cassettes audio, chacune destinée à un personnage, expliquant les raisons de son geste.

On peut penser ce qu’on veut du thème principal de la série, il est indéniable qu’elle a introduit une nouvelle génération de séries pour adolescent.e.s, faisant la part belle à la diversité des personnages, autant filles que garçons, doté.e.s d’histoires complexes (oui, même les jeunes femmes de la série). Harcèlement scolaire, harcèlement moral et sexuel, agression sexuelle, homosexualité tant masculine que féminine, grandir et choisir son camp (celui des meneurs ou celui des suiveurs)… ce sont autant de thèmes que la série détaille épisode après épisode en gardant en fil rouge le mal-être d’Hannah. Un reflet parfois exagéré mais souvent sincère de l’adolescence. 

Attention cependant, la série n’est pas à conseiller à toutes et tous en raison des thèmes parfois très violents abordés et même montrés.

3 x Manon

Série créée par Jean-Xavier de Lestrade, 2014-2017, 2 saisons, France 

Manon, 15 ans, est pleine de rage et de violence. Après un incident (qu’on vous laisse découvrir), elle se retrouve dans un centre éducatif fermé pour jeunes filles, pour 6 mois. Le temps d’apprivoiser sa violence et de se projeter vers l’avenir. 

Mais pourquoi ne parle-t-on pas plus de cette mini-série de 3 épisodes ? Déjà la scène d’ouverture, magistrale, pose le décor et laisse les spectatrices et spectateurs sans mot, comme en apnée face à la violence et à la tension de la scène. Les 3 épisodes se succèdent tout en subtilité pour aborder l’adolescence, la violence chez les jeunes et notamment les femmes, la sociabilisation chez des jeunes en marge et le regard tour à tour bienveillant ou incompétent des adultes. Alba Gaïa Bellugi, qui joue Manon, est fabuleuse de justesse, tout comme toutes les actrices et acteurs de la série. Une pépite !

On vous déconseille par contre Manon 20 ans, la 2ème saison qui se déroule 5 ans plus tard. Elle enchaîne les clichés et fait perdre toute subtilité et consistance à l’héroïne. Suite aussi décevante que la 1ère saison est bluffante.

Age of youth

Long métrage réalisé par Lee Tae Gon et scénarisé par Park Yeon Seon, 2016, 1 saison, Corée du sud

Eun Jae a tout juste 20 ans. Fraîchement arrivée à Séoul, elle cherche une colocation de femmes. En arrivant à la maison “Belle époque”, elle ne sait pas encore que ses 4 nouvelles colocataires ont autant de secrets que d’amitié à partager.

Age of youth est une série sur la sortie de l’adolescence, le début d’une vie émancipée de ses parents, thème que l’on suit principalement à travers le personnage (affreusement niais) de Eun Jae. Heureusement, les 4 autres femmes ont des personnalités hautes en couleur pour contrebalancer ! Cette série est surtout à voir pour le thème de l’amitié entre femmes qui y est développé, amitié qui devient si forte qu’elle sort certaines d’entre elles de situations compliquées, voire de violences. Il est aussi intéressant de souligner que pour une série coréenne, et même si chacune a un personnage masculin important dans sa vie (petit ami, frère…), ceux-ci ne sont clairement pas des personnages importants : ça change !

Strong Girl Bong-soon

Série créée par Lee Hyeong Min et scénarisé par Baek Mi Gyeong, 2017, 1 saison, Corée du sud 

Bong Soong est une jeune femme qui possède une force extraordinaire, force qui se transmet de mère en fille depuis des générations. Utilisant peu son pouvoir suite à plusieurs catastrophes lors de son adolescence, elle choisit de s’en servir à nouveau pour traquer les méchants suite à plusieurs enlèvements inquiétants de femmes dans son quartier… 

Ah, si seulement le scénario de la série s’arrêtait là ! Mais non, c’est une série coréenne et les romances sont d’usage : en parallèle de cette enquête policière de super-héroïne, Bong Soong aura donc droit à son triangle amoureux. C’est la faiblesse de la série qui fait retomber l’héroïne dans les stéréotypes de jeune femme fragile ayant besoin d’un homme pour la soutenir. Mais elle mérite tout de même le détour, car elle montre un personnage féminin très fort, une femme puissante et en action, avec le thème de la sororité en fil rouge : non seulement elle cherche à secourir d’autres femmes, mais sa meilleure amie est un personnage récurrent et moteur pour le déroulement de l’intrigue : pas si commun pour une série coréenne !

Grey’s anatomy

Série créée par Shonda Rhimes, depuis 2005, États-Unis

Depuis 15 ans, Shonda Rhimes nous transporte dans l’univers d’un hôpital de Seattle, au sein de son équipe de chirurgie. Le pitch de départ : une jeune femme (Meredith Grey) débarque pour y réaliser son internat de médecine.

Au milieu des rebondissements souvent loufoques (on ne compte plus les crash d’avions) et des histoires d’amour dans tous les sens, des personnages féminins très forts, parmi lesquelles des femmes grosses et racisées, à des postes à responsabilités, aux sexualités multiples et affirmées. Féminisme et sororité atteignent des sommets pendant la saison 13 (qui fait suite au mouvement #MeToo), abordant plafond de verre, violences conjugales, harcèlement sexuel, conciliation vie pro/vie perso.