La princesse et la grenouille 

Dessin animé réalisé par Ron Clements et John Musker, 2009, États-Unis

Années 1920, Nouvelle-Orléans. Un prince se retrouve transformé en grenouille par un sorcier… Il se met en tête de trouver une princesse acceptant de l’embrasser, et rencontre Tiana, une serveuse noire américaine qui s’apprête à acheter son propre restaurant. Mais quand elle l’embrasse, elle se transforme elle aussi en grenouille…

Tiana, c’est la première héroïne noire de Disney (même si elle passe finalement la plus grande partie du film en grenouille à la peau verte…). Déterminée et courageuse, elle est aussi ancrée dans une réalité plus proche de la nôtre, elle est moins “princesse gnangnan”. Dommage que dans ce dessin animé en 2D, qui tente un peu trop de renouer avec les classiques d’antan, on n’échappe pas au schéma du prince charmant qui permettra l’accomplissement.

Minga et la cuillère cassée

Film d’animation réalisé par Claye Edou, 2017, Cameroun (inspiré d’un conte camerounais)

Minga, orpheline, vit chez sa belle-mère Mami Kaba avec sa belle-soeur Abena. Elle est contrainte d’effectuer de nombreuses tâches domestiques… Mais un jour, en sortant chercher de l’eau, elle casse une cuillère à laquelle Mami Kaba tient beaucoup. Elle est donc chassée de la maison, avec l’interdiction de revenir si elle ne trouve pas la même cuillère en remplacement. Elle se lance alors à la recherche de cette cuillère…

Inspiré d’un conte camerounais, ce film est le premier long-métrage d’animation entièrement réalisé au Cameroun, avec un bien petit budget comparé aux grosses productions américaines, canadiennes ou françaises… On suit les aventures de Minga, l’héroïne, et ses rencontres avec de nombreux personnages qui vont l’aider ou l’empêcher d’atteindre son objectif. L’aider, voire faire à sa place… malheureusement, l’arrivée d’un prince charmant prend rapidement le dessus sur les aventures de Minga. Et puis, les seules autres femmes de l’histoire sont des méchantes, dommage. Bref, une chouette découverte, mais qui est fortement marquée par les stéréotypes !

Wardi 

Film d’animation réalisé par Mats Grorud, 2018, Palestine, Liban, Norvège, Suède, France

Wardi est une petite fille palestinienne, qui vit dans un camp de réfugié.e.s au Liban. Elle y est née, ainsi que ses parents et même ses grands-parents. Un jour, son arrière-grand-père Sidi, le seul né en Galilée, lui confie les clés de son ancienne maison. Wardi craint qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour… Alors, elle part à la recherche de cet espoir perdu, auprès de chacun.e des membres de la famille.

Wardi grimpe les étages de sa maison, construite sur 4 générations de vie au camp de réfugié.e.s, pour rencontrer son arrière-grand-père, son grand-père et sa grand-mère, sa tante, son oncle… qui témoignent chacun.e de la manière dont ils/elles sont arrivé.e.s ou sorti.e.s du camp et des atrocités qu’ils/elles ont traversé pour survivre. C’est un très beau film, qui alterne deux techniques d’animation en fonction de la temporalité des différentes scènes : le présent en stop-motion, le passé en dessins animés. Accessible dès 10 ans, très pédagogique, certaines scènes sont cependant particulièrement violentes et nécessiteront un accompagnement.

Tout en haut du monde

Long métrage d’animation réalisé par Rémi Chayé, 2016, Russie, France

Sasha est une jeune fille de l’aristocratie russe de la fin du XIXème siècle. Son grand-père, explorateur du Grand Nord qu’elle adore et admire, est porté disparu et mort. Elle décide de fuir à sa recherche pour tenter de le retrouver.

Déjà, les dessins sont magnifiques, et c’est une bonne raison d’apprécier ce film. Ensuite, il met en scène une “princesse” téméraire, courageuse, qui n’a pas peur de partir à l’aventure et de faire des rencontres pendant son périple. On apprécie aussi sa rencontre avec un autre personnage féminin fort, qui devient son modèle et son alliée. Un récit initiative inspirant à regarder avec plaisir !

Prix du public du Festival d’Annecy (2015)

Parvana, une enfance en Afghanistan

Long métrage d’animation réalisé par Nora Twomey, 2017, Canada, Irlande, Luxembourg, Afghanistan

Parvana a 11 ans, elle habite à Kaboul, en Afghanistan, territoire encore en guerre et contrôlé par les talibans, avec sa famille. Un jour, son père est arrêté. Parvana se coupe alors les cheveux et se fait passer pour garçon pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille et essayer de retrouver son père.

Parvana est un véritable bijou. Beaucoup d’émotions sont au rendez-vous : on rit avec quelques scènes très drôles et malines, comme on pleure lorsque la tension et la tristesse sont trop fortes. Si le film peut être adapté à des enfants à partir de 9-10 ans, prenez quand même peut-être le soin de rassurer et d’expliquer avant, pendant et après le film des scènes qui pourrait impressionner les plus jeunes.

Rebelle

Long métrage d’animation réalisé par Mark Andrews et Brenda Chapman, 2012, États-Unis, Ecosse

La princesse Merida est une jeune femme indépendante qui… refuse de se marier. Alors que ses parents convoquent les chefs des clans voisins pour départager lequel de leurs fils pourrait être marié à Merida, celle-ci les ridiculise et s’enfuit. Sur son chemin, elle croise une sorcière et change accidentellement sa mère en ourse…

Ce film Disney a beaucoup fait parler quand il est sorti, et pour cause. Adieu les princes charmants ! Ici, la princesse ne doit pas trouver l’amour de sa vie mais se réconcilier avec sa mère pour vaincre son sort. Autre élément phare de l’héroïne : ses cheveux. Merida est loin du stéréotype de princesse sage aux cheveux blonds et lisses : sa tignasse rousse, bouclée et mal coiffée est une illustration parfaite de sa rébellion. Une belle histoire d’héroïne à regarder en famille !

Mulan

Long métrage d’animation réalisé par Tony Bancroft et Barry Cook, 1998, États-Unis, Chine

Fa Mulan est une jeune femme en âge d’être mariée, ce qui l’intéresse bien peu… La guerre contre les Huns étant déclarée, elle s’habille en homme et prend les armes à la place de son père, trop âgée pour combattre. Il lui faudra alors s’intégrer et passer inaperçue au milieu des hommes de l’armée.

Grand classique de Disney, Mulan est une des premières héroïnes pour les enfants à n’en faire qu’à sa tête et à vouloir s’affranchir des traditions. Elle est courageuse, parfois hésitante, parfois absolument résignée, elle est en fait une héroïne à qui il est facile de s’identifier. On regrette qu’elle n’ait pas plus de femmes alliées au cours de son histoire et qu’il lui faille absolument son histoire d’amour. Elle reste pourtant une de nos héroïnes Disney préférées !

Vaiana

Long métrage d’animation réalisé par John Musker et Ron Clements, 2016, États-Unis

Vaiana est la fille du chef du village, destinée à devenir cheffe à son tour. Mais elle aspire à voyager, à voguer loin du lagon… Impossible, répond son père, c’est trop dangereux ! Pour sauver son île menacée et avec l’aide de sa grand-mère conteuse, elle part à la recherche d’un demi-dieu…

Vaiana fait partie de ses héroïnes modernes, qui se battent pour leur liberté ! Les autres personnages féminins (mère, grand-mère, déesse) sont forts aussi, et les relations entre elles sont très belles. Pas de prince « charmant » ici, et même pas d’histoire d’amour du tout ! Et en plus : des chouettes chansons !

Zootopia

Long métrage d’animation réalisé par Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush, 2016, États-Unis

Judy Hopps est une lapine. Depuis toute petite, elle n’a qu’un rêve : entrer dans la police. Oui, mais jamais une lapine, un animal aussi petit, mignon et inoffensif, n’est entrée dans la police ! En réussissant le concours haut la main, elle pourrait bien changer la donne, notamment lors d’une enquête concernant d’étranges disparitions…

Pour un Disney, on ne s’attend au premier abord pas à voir se dérouler une intrigue policière. Et quand elle est menée par un personnage féminin, c’est encore plus savoureux ! Le film est à double message comme souvent, et les plus âgé.e.s pourront observer des parallèles dans les inégalités entre les animaux dits forts et puissants et les autres petits et mignons, échos aux stéréotypes qui justifient les inégalités entre les femmes et les hommes. Un chouette moment pour jeunes et moins jeunes.