La mauvaise réputation

Long métrage réalisé par Iram Haq, 2018, Allemagne, Norvège, Suède

A 16 ans, Nisha mène une double vie. Elle est partagée entre sa vie familiale, empreinte des traditions pakistanaises, et sa vie d’adolescente norvégienne ordinaire. Une nuit, son père la surprend avec son petit ami. Comme punition, elle est alors envoyée dans sa famille au Pakistan.

Attention, le film a un avertissement (« des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs »), et pas pour rien… Pas beaucoup de positif pendant 1h40 dans ce film construit comme un thriller, vous voilà prévenues. Les humiliations sont très nombreuses (certaines impliquant la nudité de l’héroïne), de la part de personnages masculins comme féminins. Maria Mozhdah, qui interprète l’héroïne, est formidable.

Senses 1&2

Long métrage réalisé par Ryusuke Hamaguchi, 2018, Japon

A travers 5 épisodes liés aux 5 sens, on suit les retrouvailles et vies quotidiennes de 4 femmes, dont la vie (notamment conjugale) est loin d’être rose.

Si l’idée de départ et les personnages sont forts (et les actrices géniales), les personnages masculins prennent vraiment beaucoup de place et sont (à notre avis !) inutilement importants dans le scénario. Résultat, on n’a pas vu la suite (Senses 3&4, Senses 5).

Cart

Cart, film de Boo Ji-young

Long métrage réalisé par Boo Ji-young, 2014, Corée du sud

La direction d’un supermarché décide de licencier son personnel, au désespoir de toutes ses employées. Mères célibataires, intérimaires au long terme, caissières en fin de carrière… toutes ces femmes décident de rassembler leurs forces pour tenir tête à la direction et faire en sorte de récupérer leur travail.

Cart, c’est surtout un témoignage universel et juste du vécu de femmes précaires, et un récit touchant de l’entrée en militantisme. Leur union et le développement de leur activité militante et syndicale est vraiment émouvante et centrale dans le scénario. La violence des rapports de classe est également bien illustrée, entre des femmes qui (sur)vivent difficilement de ce travail, et les managers détenant tous les pouvoirs et à des millénaires de comprendre les problématiques des employées. Un bémol : dans la deuxième partie du film, le chef d’équipe se rallie à la cause des femmes… et devient leur leader syndical. Comme si elles n’étaient pas capables de gagner le combat seules.

Queen

Queen, film de Vikas Bahl

Long métrage réalisé par Vikas Bahl, 2014, Inde

Rani doit épouser Vijay dans 2 jours : tout est prêt, la fête a commencé. Sauf que Vijay annule le mariage… Rani décide malgré tout de profiter de son voyage de noces, déjà tout organisé. Elle part donc toute seule à Paris, puis Amsterdam.

Le film est un peu long à démarrer, mais tient ensuite en haleine : on a vraiment envie de savoir où en sera Rani à la fin du film ! Elle prend du recul sur son couple et construit son indépendance à travers de nombreuses rencontres très éloignées de son mode de vie habituel et des valeurs plutôt traditionnelles de sa famille. Dommage que la plupart des personnages soient construits sur des modèles très stéréotypés (sexistes et racistes). Dommage aussi qu’on ne passe pas à côté des « travers » d’Amsterdam : prostitution, sex shops…

300 mots d’allemand

300 mots d'allemand, de Züli Aladag

Long métrage réalisé par Züli Aladag, 2013, Allemagne

Quand Lale apprend que son père adoré, représentant de la communauté turque en Allemagne, organise la venue de femmes turques pour les marier à l’aveugle à des hommes de la communauté, elle n’est vraiment pas contente… Alors, pour mettre son grain de sel dans l’histoire, elle décide de prendre en main l’accueil de ces femmes déplacées de force, pour leur donner les outils nécessaires à leur défense à leur arrivée en Allemagne. Au programme : des cours de langue (les fameux 300 mots d’allemand nécessaires à l’examen qui leur permettra de rester)… et de l’auto-défense féministe.

300 mots d’allemand part d’un scénario ambitieux et d’actualité et aboutit… à un film plutôt réussi, entre la comédie romantique et film engagé (sur le thème de l’égalité femmes-hommes et des violences contre les femmes, mais aussi sur l’accueil des migrant.e.s en Europe). Un chouette moment, léger et intelligent.

Frida

Long métrage réalisé par Julie Taymor, 2002, États-Unis, Mexique

Un film retraçant la vie de l’artiste Frida Khalo, notamment sa relation avec Diego Rivera.

C’est un film intéressant pour découvrir cette femme à la vie extraordinaire et à l’art complexe. Il est cependant vraiment dommage que celui-ci s’attarde beaucoup trop sur sa vie amoureuse alors qu’on aurait aimé voir davantage de sa vie d’artiste, politique, etc.

Carmen et Lola

Long métrage réalisé par Arantxa Echevarría, 2018, Espagne

L’histoire prend place dans une communauté gitane de la banlieue de Madrid, en Espagne. Carmen, 17 ans, est en cours de fiançailles avec un jeune homme de la communauté quand elle rencontre Lola, 16 ans, qui tombe amoureuse d’elle immédiatement.

Le film a clairement des longueurs mais l’histoire d’amour lesbienne est bien développée, plus d’ailleurs que les obstacles, notamment familiaux, qu’elles rencontrent. Le duo formé par les deux actrices principales fonctionne très bien, elles sont très touchantes. A noter que si l’intérêt du film réside aussi beaucoup dans la description de la communauté gitane, ceci a aussi beaucoup fait débat, la réalisatrice n’étant pas elle-même d’origine gitane.

Love Sonia

Long métrage réalisé par Tabrez Noorani, 2018, Inde

Love Sonia raconte l’histoire de 2 soeurs indiennes vendues par leur père à des proxénètes. Il suit notamment l’atroce parcours de Sonia dans le « quartier rouge » de Mumbai.

Le film a été réalisé en collaboration avec l’association de terrain Apne Aap Women Worldwide, ce qui lui permet d’être particulièrement réaliste. Très poignant et très bien joué, mais plusieurs scènes sont extrêmement violentes. Le film n’a pas de date de sortie en France, mais une avant-première a eu lieu à Londres… On espère donc qu’il arrivera en Europe prochainement !

La Permission

Long métrage réalisé par Soheil Beiraghi, 2018, Iran

Afrooz est capitaine de l’équipe nationale de futsal iranienne, équipe qui se trouve être qualifiée en finale en Malaisie ! Mais arrivée à l’aéroport, Afrooz découvre que son mari lui a interdit de sortir du territoire.

Afrooz va passer tout le film à essayer d’obtenir son droit de sortie (entr’autres et avec notamment l’aide d’une avocate féministe). C’est un plongeon intense qu’on vit avec elle dans ce monde partiarcal, avec tout le poids institutionnel qu’il exerce, la pression psychologique et tous les leviers employés dans les 2 camps.