Edie

Long métrage réalisé par Simon Hunter, 2017, Royaume-Uni

A plus de 80 ans et quelques mois après la mort de son mari, Edie ne se voit pas aller en maison de retraite… C’est pourtant ce que semble planifier sa fille. Elle décide alors de réaliser l’ascension du mont Suilven en Écosse, ce que son mari lui avait interdit…

Des beaux paysages et de grands moments d’optimisme dans ce film, qui parle aussi des relations (et des incompréhensions) entre générations. Savoir que Sheila Hancock, brillante actrice de 83 ans au moment du film, est devenue la plus vieille personne à réellement ascensionner le mont Suilven, ne fait que renforcer le coup de coeur ! Dommage que le film ne soit pas sorti en France… 

3 billboards : les panneaux de la vengeance

Long métrage réalisé par Martin McDonagh, 2017, Royaume-Uni, États-Unis

7 mois après le viol et le meurtre de sa fille, pour lesquels la police n’a trouvé aucun coupable, Mildred loue 3 énormes panneaux publicitaires, sur lesquels elle accuse directement le chef de la police d’inaction. Ces panneaux vont déclencher de nombreuses réactions dans la petite ville.

Beaucoup de violences dans ce film aux personnages acerbes, qui a malgré tout le mérite de présenter une héroïne très forte, mais aussi hyper cynique et désabusée, jouée par la talentueuse Frances McDormand. Son désir de vengeance grandit au fur et à mesure du film… sans que jamais justice ne soit réellement rendue.

Ocean’s 8

Long métrage réalisé par Gary Ross, 2018, États-Unis

Debbie Ocean est la soeur de Daniel, le héros des 3 premiers Ocean’s. Elle sort de 5 ans de prison, avec un plan ambitieux : dérober un collier à 150 millions de dollars…

Un film de casse finalement assez classique, mais avec une équipe 100% féminine. En soi, c’est déjà presque une prouesse ! Avec en prime, des actrices de haut vol : Sandra Bullock, Rihanna, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Awkwafina, Cate Blanchett, Helena Bonham Carter et Sarah Paulson. Bon, dommage qu’elles soient pour la plupart hyper sexualisées.

Je ne suis pas un homme facile

Long métrage réalisé par Eléonore Pourriat, 2018, France

Un homme ultra-macho se retrouve propulsé dans un monde parallèle où les rapports de domination sont inversés : les femmes détiennent le pouvoir.

Si le film présente quelques amusantes trouvailles (la Mère Lachaise, les fliQUEs, la position de l’accouchement…), on a regretté :

  • les inversions non réalisées (les femmes conservent grossesse et accouchement ; elles restent plus petites et fluettes que les hommes)
  • que les hommes supposés dominés ne montrent pas de peur face à cette domination (plusieurs scènes où des hommes haussent tout de suite la voix en situation d’oppression, se révoltent)
  • qu’il n’y ait aucune remise en question de la part du macho, qui apprécie même le harcèlement dont il est victime
  • l’usage de la violence physique uniquement par des hommes, notamment sur des femmes qui en portent les traces.

Malgré tout, une possible porte d’entrée vers une compréhension du patriarca(ca)t.

Woman at war

Long métrage réalisé par Benedikt Erlingsson, 2018, Islande, France, Ukraine

A 50 ans, Halla se bat contre l’implantation d’une multinationale d’aluminium en Islande, en sabotant des lignes électriques. En parallèle, elle apprend que sa demande d’adoption a été acceptée…

Très chouette film, très drôle, avec une superbe mise en musique ! L’histoire d’une activiste écolo, avec de la sororité dedans (le personnage de la soeur d’Halla est jouée par la même actrice, Halldóra Geirharðsdóttir, dont on salue d’ailleurs la performance).

Rafiki

Long métrage réalisé par Wanuri Kahiu, 2018, Kenya

Kena et Ziki sont lycéennes à Nairobi. Au cours de la campagne électorale dans laquelle s’affrontent leurs pères respectifs, elles se rapprochent… et doivent faire face à la lesbophobie et aux violences lesbophobes.

On n’a pas souvent l’occasion de voir au cinéma un film aussi beau et fort sur une histoire d’amour lesbienne, qui plus est réalisé par une femme. Il s’agit du 1er film kenyan sélectionné à Cannes (sélection « Un certain regard »). Le film a été interdit au Kenya, où l’homosexualité est passible de 14 ans d’emprisonnement. Afin de lui permettre de briguer les Oscars (il ne sera finalement pas proposé par le comité de sélection kenyan, au profit de Supa Modo), la censure a été levée pendant 7 jours, et le film diffusé dans 5 salles de la capitale.

La mauvaise réputation

Long métrage réalisé par Iram Haq, 2018, Allemagne, Norvège, Suède

A 16 ans, Nisha mène une double vie. Elle est partagée entre sa vie familiale, empreinte des traditions pakistanaises, et sa vie d’adolescente norvégienne ordinaire. Une nuit, son père la surprend avec son petit ami. Comme punition, elle est alors envoyée dans sa famille au Pakistan.

Attention, le film a un avertissement (« des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs »), et pas pour rien… Pas beaucoup de positif pendant 1h40 dans ce film construit comme un thriller, vous voilà prévenues. Les humiliations sont très nombreuses (certaines impliquant la nudité de l’héroïne), de la part de personnages masculins comme féminins. Maria Mozhdah, qui interprète l’héroïne, est formidable.

Senses 1&2

Long métrage réalisé par Ryusuke Hamaguchi, 2018, Japon

A travers 5 épisodes liés aux 5 sens, on suit les retrouvailles et vies quotidiennes de 4 femmes, dont la vie (notamment conjugale) est loin d’être rose.

Si l’idée de départ et les personnages sont forts (et les actrices géniales), les personnages masculins prennent vraiment beaucoup de place et sont (à notre avis !) inutilement importants dans le scénario. Résultat, on n’a pas vu la suite (Senses 3&4, Senses 5).

Cart

Cart, film de Boo Ji-young

Long métrage réalisé par Boo Ji-young, 2014, Corée du sud

La direction d’un supermarché décide de licencier son personnel, au désespoir de toutes ses employées. Mères célibataires, intérimaires au long terme, caissières en fin de carrière… toutes ces femmes décident de rassembler leurs forces pour tenir tête à la direction et faire en sorte de récupérer leur travail.

Cart, c’est surtout un témoignage universel et juste du vécu de femmes précaires, et un récit touchant de l’entrée en militantisme. Leur union et le développement de leur activité militante et syndicale est vraiment émouvante et centrale dans le scénario. La violence des rapports de classe est également bien illustrée, entre des femmes qui (sur)vivent difficilement de ce travail, et les managers détenant tous les pouvoirs et à des millénaires de comprendre les problématiques des employées. Un bémol : dans la deuxième partie du film, le chef d’équipe se rallie à la cause des femmes… et devient leur leader syndical. Comme si elles n’étaient pas capables de gagner le combat seules.

Queen

Queen, film de Vikas Bahl

Long métrage réalisé par Vikas Bahl, 2014, Inde

Rani doit épouser Vijay dans 2 jours : tout est prêt, la fête a commencé. Sauf que Vijay annule le mariage… Rani décide malgré tout de profiter de son voyage de noces, déjà tout organisé. Elle part donc toute seule à Paris, puis Amsterdam.

Le film est un peu long à démarrer, mais tient ensuite en haleine : on a vraiment envie de savoir où en sera Rani à la fin du film ! Elle prend du recul sur son couple et construit son indépendance à travers de nombreuses rencontres très éloignées de son mode de vie habituel et des valeurs plutôt traditionnelles de sa famille. Dommage que la plupart des personnages soient construits sur des modèles très stéréotypés (sexistes et racistes). Dommage aussi qu’on ne passe pas à côté des « travers » d’Amsterdam : prostitution, sex shops…