L’événement

Roman autobiographique écrit par Annie Ernaux, 2000, France

Annie a 23 ans, ses règles n’arrivent pas. Elle attend le verdict du docteur N. : est-elle enceinte ? Quand elle apprend que oui, elle décide de faire pratiquer un avortement clandestin, malgré les risques.

Comme la plupart des romans d’Annie Ernaux, L’événement est autobiographique. Il mélange les ressentis de la jeune femme de l’époque et ceux du présent. Écrit avant la légalisation de la contraception et de l’avortement, ce témoignage parfois cru est essentiel pour comprendre le parcours long et difficile auquel étaient alors confrontées les femmes qui souhaitaient contrôler leur maternité. Il rappelle aussi la nécessité de se battre pour le droit à l’IVG, partout dans le monde. Par la même autrice, on vous conseille aussi La femme gelée et Les années.

Sula

Roman écrit par Toni Morrison, 1973, États-Unis 

Sula et Nel sont deux petites filles noires qui grandissent dans un quartier réservé aux Noir.e.s de l’Ohio, dans les années 20. L’histoire les suit ensuite pendant 46 ans, pendant lesquels elles font des choix différents qui les éloignent : Nel se marie, Sula parcourt le pays. Avant de se retrouver…

Sula, c’est le portrait de ces deux femmes, sur fond de racisme et de ségrégation, de patriarcat, de violences. C’est un court roman puissant par les thèmes abordés, bien que parfois ardu à lire : les personnages sont très nombreux, le récit est très dense, la temporalité est parfois difficile à suivre. À lire pour découvrir la grande autrice et militante Toni Morrison.

Moi, Tituba sorcière…

Roman écrit par Maryse Condé, 1986, Guadeloupe, Ghana, Barbade, États-Unis 

Fille d’une esclave violée par un marin anglais, Tituba naît à la Barbade au XVIIème siècle. À la mort de sa mère, elle est recueillie par une femme qui l’initie aux pouvoirs de guérisseuse. Puis, après son mariage avec l’esclave John Indien, elle est envoyée à Boston puis à Salem… juste avant le célèbre procès des “sorcières” de Salem.

Maryse Condé propose une version romancée de la vie de Tituba, connue grâce aux archives des procès en “sorcellerie” de la fin du XVIIème siècle. Elle lui donne une voix de femme forte, qui se heurte au racisme, au patriarcat, au classisme et à l’hystérie de la religion catholique.

No home

Roman écrit par Yaa Gyasi, 2016, Ghana, États-Unis, Royaume-Uni 

Nées sur la Côte-de-l’or, Effia et Esi sont demi-soeurs mais ne se connaissent pas. L’une est contrainte d’épouser un colonisateur esclavagiste anglais, pendant que la seconde est envoyée comme esclave en Amérique.

Du XVIIIème siècle à aujourd’hui, Yaa Gyasi raconte le destin des 2 lignées brisées par la mise en esclavage et le racisme. Les héros et héroïnes survivant.e.s, descendant.e.s d’Effia et d’Esi, s’enchaînent au fil des chapitres, nous faisant découvrir les obstacles auxquels chacun.e se heurte. L’arbre généalogique permet heureusement de suivre plus facilement cette saga familiale sur plusieurs siècles !

Moi, Phoolan Devi, reine des bandits

Autobiographie de Phoolan Devi (avec l’aide de Marie-Thérèse Cuny et Paul Rambali), 1996, Inde

Phoolan Devi naît en 1963 dans un petit village de l’Uttar Pradesh, dans une famille pauvre de caste basse. À 11 ans, elle est mariée à un cousin de trois fois son âge qui la bat et la viole. Elle décide de s’enfuir… S’ensuivent d’autres violences, avant son enlèvement par des bandits. Elle deviendra alors la célèbre reine des bandits.

L’histoire ne s’arrête pas là : accusée de 48 crimes, Phoolan Devis est emprisonnée pendant 3 ans, avant d’être libérée. Illettrée, elle devient pourtant députée, défendant les droits des femmes et des basses castes… et écrit son autobiographie. En 2001, elle est assassinée, à seulement 37 ans. Quelle vie ! Quelle survivante incroyable ! On a peine à croire qu’une telle personne ait réellement existé. À noter que tout comme sa vie, le texte, symbole de sa révolte et de ses combats, est parfois très violent. On peut aussi découvrir cette héroïne dans Les Culottées de Pénélope Bagieu.

La métamorphose d’Helen Keller

Roman écrit par Margaret Davidson, 1999, États-Unis

En 1882, alors qu’elle n’a qu’un an et demi, Helen Keller devient sourde et aveugle à la suite d’une scarlatine. La communication devient difficile voire impossible avec ses parents, la petite fille s’enferme dans la solitude et la colère. En 1886, ses parents font appel à Anne Sullivan, jeune éducatrice elle-même malvoyante. Grâce à son accompagnement, Helen apprend à communiquer avec le monde. 

La métamorphose d’Helen Keller s’intéresse à l’enfance d’Helen et à la relation particulière qui va l’unir à Anne Sullivan pendant 49 ans. Adulte, Helen Keller sera la première personne en situation de handicap à obtenir un diplôme universitaire. Elle écrira 12 livres au cours de sa vie ! Ce roman plein d’espoir permet de découvrir ces deux héroïnes américaines. 

Le choeur des femmes

Roman écrit par Martin Winckler, 2009, France

Jean Atwood, brillante interne en médecine, doit exercer pendant 6 mois dans l’unité du docteur Franz Karma, dédiée à la médecine des femmes. Alors qu’elle préférerait travailler en chirurgie, elle découvre une médecine à l’écoute, bienveillante et non jugeante (on en rêverait !), bien loin de tout ce qu’elle a appris jusqu’à ce jour… 

Martin Winckler, médecin militant et romancier, nous plonge dans une unité médicale dédiée à la médecine des femmes. A travers une palette de personnages aux situations variées, il aborde l’avortement, la contraception, les violences conjugales, les violences gynécologiques, la situation des personnes intersexes…

Une adaptation en BD du roman est sortie, par Aude Mermilliod.

Martin Winckler a également écrit L’école des soignantes et C’est mon corps ! – Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la santé des femmes

La couleur pourpre

Roman écrit par Alice Walker, 1982, États-Unis, Liberia 

Celie et Nettie sont deux soeurs noires nées au début du XXème siècle en Géorgie. Celie est mariée de force alors qu’elle est adolescente, son mari chasse Nettie… Celie commence alors à écrire de longues lettres à Dieu, puisqu’elle ne peut pas écrire à sa soeur. Elle y parle (parfois crûment) des violences sexuelles et conjugales, de la ségrégation, du racisme, de la pauvreté. Elle raconte aussi son amour pour Shug, maîtresse de son mari qui vient vivre avec eux.

Ce roman épistolaire dégage une force incroyable ! On suit l’évolution et l’épanouissement de Celie, y compris à travers l’écriture qui évolue au fil du roman. Alice Walker peint ici des portraits vibrants et bouleversants de femmes noires dans leur lutte contre le racisme et le patriarcat, emplis de sororité.

Trois femmes puissantes

Roman écrit par Marie Ndiaye, 2009, France, Sénégal

Norah a grandi en France avec sa mère et sa soeur, pendant que son père est retourné vivre au Sénégal ; il la rappelle auprès de lui trente ans plus tard… Fanta a suivi son mari en France, en Gironde… elle s’ennuie. C’est son mari qui raconte l’exil, ne racontant jamais frontalement Fanta. Enfin, Khady est chassée par sa belle-famille et contrainte à l’exil. Elle tente de passer en Europe, se heurtant aux violences des passeurs et à la contrainte à la prostitution. 

Trois récits puissants, bien que parfois la lecture en soit ardue ! Trois femmes qui ont vécu des ruptures fortes, qui luttent contre les oppressions, le patriarcat, la difficulté de l’exil. Le roman a reçu le prix Goncourt. 

20 ans avec mon chat

Roman écrit par Mayumi Inaba, 1999, Japon

Un tout petit chaton, abandonné en haut d’un grillage, est recueilli par la narratrice. S’en suivent 20 années de cohabitation, pendant lesquelles Mî fait découvrir à la narratrice la beauté du monde. Le récit est entrecoupé de poèmes, car la narratrice est aussi écrivaine… 

Un chat, une femme, un roman écrit par une autrice : des ingrédients parfaits à nos yeux ! Le récit est tendre, drôle, poétique, émouvant.